Chapitre 62
Le roulis régulier du carrosse rythmait mon anxiété. Assise sur la banquette de velours, je lissais distraitement les plis de ma robe de satin vert pour masquer le tremblement nerveux de mes mains. En face de moi, Collin vérifiait une dernière fois ses annotations, tandis qu'Aldric ajustait la sacoche. Au-dehors, le martèlement d'une douzaine de gardes ducaux à dos de loup résonnait sur la route rocailleuse, menés par Ronan qui tenait à assurer en personne notre sécurité.
Nous venions de contourner la cité de Mag-Dara. Situé à cinq bonnes lieues du manoir, à l'opposé de la ville dans la campagne proche, le complexe militaire construit par l'Empire s'élevait comme une verrue de marbre et de granit au milieu de nos terres ancestrales.
En approchant, le paysage verdoyant et les habitations locales aux toits de chaume et aux charpentes de bois sculpté cédaient brutalement la place à une rigueur géométrique. La garnison de Castrum Luporum — le Fort des Loups — ne ressemblait en rien aux constructions organiques, circulaires et intégrées à la nature qui caractérisaient le paysage Olcan. C'était une véritable petite ville fortifiée de pierre grise, taillée à angles droits, dressée pour loger la garnison impériale.
Le carrosse ralentit fortement à mesure que nous approchions des abords de la forteresse. Tout avait été pensé selon la discipline martiale de l'Empire : un double fossé profond aux parois abruptes cernait l'enceinte, surmonté d'un talus de terre battue et de palissades renforcées de pieux acérés. Devant la porte principale, un pont de bois massif enjambait le vide, encadré par deux imposantes tours de garde carrées aux pierres parfaitement ajustées.
Aux approches du pont, la circulation était strictly canalisée par des chicanes de bois. Des légionnaires en cuir bouilli et plaques d'acier, la lance au poing et le grand bouclier appuyé contre la jambe, filtraient méthodiquement chaque convoi de ravitaillement.
Le carrosse pila doucement sur le pont de bois, avant de s'immobiliser devant la porte monumentale.
Au-dehors, la voix forte et posée de Ronan s'éleva, couvrant le grondement sourd des montures. Il échangeait quelques mots secs avec l'officier de garde, appuyant ses propos du prestige de son rang et du sceau ducal. Puis, de lourds pas s'approchèrent et Ronan se pencha à la vitre abaissée du carrosse.
— L'escorte ne peut pas entrer dans le camp, dit-il, le visage tendu. Je vous laisse à partir d'ici, Princesse.
Je me tournai vivement vers Collin et Aldric, le sourcil froncé par cette contrainte soudaine. Aldric me répondit d'un court signe de tête rassurant :
— Procédure normale, Princesse. Aucun corps armé provincial n'est toléré dans l'enceinte d'une garnison de la Légion.
Après un court instant de flottement et le grincement de la barrière de bois qu'on tirait de côté, le carrosse franchit seul la porte monumentale.
Je m'approchai de la vitre, posant une main gantée contre le cadre de bois sculpté. Par l'ouverture, j'observais le cœur du camp s'étendre avec une régularité presque effrayante. Tout ici n'était qu'alignement parfait : des rangées de baraquements en pierre grise, bas et identiques, où des soldats à la tunique rouge nettoyaient leurs armures ou s'entraînaient au maniement de la lance sur des mannequins d'exercice. L'odeur de la poussière, de la graisse d'armes et du cuir saturait l'air chaud, me rappelant brutalement à quel point nous étions étrangers sur notre propre sol.
Le carrosse gagna progressivement le centre névralgique de Castrum Luporum. Là, la rigueur purement militaire cédait légèrement le pas au luxe ostentatoire de l'occupant.
Le véhicule ralentit avant d'effectuer un demi-tour propre et de s'immobiliser sur une place pavée. Devant nous se dressait le bâtiment principal du haut commandement : une petite villa d'inspiration impériale, aux murs recouverts d'un enduit blanc éclatant, bordée d'une colonnade austère et coiffée de tuiles rouges. Deux gardes de la légion, le visage dissimulé sous des casques à cimier de crin noir, se tenaient immobiles de chaque côté.
La portière du carrosse s'ouvrit, et la lumière rase du soir vint frapper mes yeux.
Lorsque je descendis enfin du carrosse, la lourdeur du silence ambiant me frappa presque physiquement. Une multitude d'yeux se posèrent sur moi, me scrutant de la tête aux pieds. Soldats aguerris comme jeunes recrues interrompaient leurs tâches pour observer la scène, interloqués par ma présence, ma tenue et ce que j'incarnais au milieu de leur campement de pierre. Aucun d’eux n’était Olcan ; ici, il n’y avait que des humains.
Pendant que Collin et Aldric emboîtaient mon pas en descendant à leur tour du véhicule, un Impérial à la tenue militaire d’apparat soignée descendit les marches de marbre de la villa pour venir à notre rencontre.
— Je suis Quentin, le majordome de cette villa, déclara-t-il d'un ton poli mais dépourvu de toute chaleur. Avez-vous rendez-vous ?
— Non, répondit immédiatement Collin en faisant un pas en avant. Nous sommes venus pour une affaire urgente. Nous voulons voir le général de la garnison.
Quentin me jeta un coup d'œil distant avant de se tourner vers mes conseillers, imperturbable.
— Pouvez-vous préciser le motif de cette urgence ?
— Nous sommes venus demander l'aide de l'armée, tranchai-je d'une voix que je m'efforçai de rendre ferme.
Le majordome resta impassible un instant, puis s'effaça d'un geste mesuré.
— Veuillez me suivre. Je vais vous conduire dans un salon où vous pourrez patienter.
Il nous guida à travers l'entrée fraîche et silencieuse de la bâtisse jusqu'à une pièce baignée de lumière austère, meublée de sièges d'inspiration impériale au confort spartiate. Quelques minutes s'écoulèrent dans une tension presque insoutenable, rythmées par le bruit de mes doigts tapotant le satin de ma robe.
Lorsque la porte s'ouvrit à nouveau, Quentin reparaît. D'un même mouvement, nous nous levâmes tous les trois, mais le majordome leva aussitôt une main pour interrompre notre élan.
— Seule la duchesse est autorisée à entrer.
Stupéfaite, je restai figée, le regard oscillant entre Quentin et mes deux conseillers. Un frisson d'inquiétude me traversa l'échine. Me priver de Collin et d'Aldric, c'était me retirer mon bouclier diplomatique et les esprits aiguisés qui m'épaulaient depuis le début de cette crise. Le stress me serra la gorge, brutal et glacé.
Je ravalai ma nervosité, redressai le menton et franchis seule le seuil du bureau.
Dans mon dos, le lourd battant de chêne se referma avec un clac sec qui me fit sursauter intérieurement. L'enceinte de la pièce m'enveloppa d'une fraîcheur humide désagréable. Le bureau du Général de Silva était l'exact reflet de l'esprit impérial : vaste, rigide et dépouillé de tout superflu. Des murs d'un blanc impeccable, un sol en dalles de pierre parfaitement ajustées, et une grande fenêtre à arcades qui donnait une vue imprenable sur les alignements militaires du camp. Seuls quelques trophées de guerre, des bustes en marbre de figures impériales et une imposante carte du Kaelandor suspendue au mur venaient rompre la nudité des lieux.
Au fond de la pièce, derrière un imposant bureau de bois sombre rectangulaire, le Général Esteban de Silva était assis. Deux piles de parchemins hautes et ordonnées encadraient son espace de travail, témoignage de la lourde bureaucratie militaire qu'il dirigeait.
Ses mains étaient jointes sur la table, ses doigts croisés. Il ne bougea pas d'un pouce à mon entrée, se contentant de fixer sur moi un regard froid, noir et lourd d'agacement. Il ne prit même pas la peine de se lever ou de m'offrir un salut de courtoisie. Sa posture trahissait un dédain mal dissimulé : ma présence ici n'était pour lui qu'une contrariété inutile dans son emploi du temps rigoureusement planifié.
— Duchesse, lâcha-t-il d'une voix grave et monocorde, sans qu'un seul muscle de son visage ne tressaille.
Je remarquai aussitôt qu'aucun siège n'avait été disposé devant son bureau pour m'accueillir. C'était une insulte feutrée, une façon d'indiquer que ma présence n'avait pas vocation à durer. Faisant abstraction de cet affront, je ravalai ma frustration et m'avançai d'un pas calculé.
— Je suis venue faire une requête auprès de l'armée pour qu'elle intervienne dans les plus brefs délais, déclarai-je sans détours. Une masse très importante d'une espèce invasive est…
— Veuillez suivre les procédures légales, me coupa brutalement le Général de Silva d'un ton glacial. Faites un formulaire et transmettez-le à votre gouverneur. Vous pouvez disposer.
Tout en prononçant ces mots, il tendit négligemment la main en direction de la sortie, sans même m'accorder un vrai regard.
Je restai quelques secondes bouche bée devant une telle attitude. Un mépris aussi frontal, asséné avec autant d'aplomb, me laissait sans voix. Mais penser à Edern et à nos rangers qui assiègent le col me remit immédiatement debout. Refusant de m'écraser, j'avançai d'un pas ferme et repris :
— C'est un cas de force majeure ! Aucun centre d'habitation n'a été touché pour le moment, mais nos pertes sont de plus en plus importantes, les choses dérapent et…
Pendant que je parlais, le Général se leva d'un mouvement lourd et mesuré. Ignorant complètement mes paroles, il me contourna sans me jeter un œil, traversa la pièce à pas lents, attrapa la poignée et ouvrit en grand la lourde porte de son bureau.
— Maintenant, sortez de mon bureau, ordonna-t-il, la voix dure comme la pierre de sa forteresse.
Le sang me monta aux joues, brûlant. Je ne bougai pas d'un pouce.
— Non.
Le mot était sorti tout seul, sec, tranchant. De Silva marqua un temps d'arrêt, la main toujours posée sur la poignée de la porte ouverte. Il me jeta un regard d'une froideur mortelle.
— Pardon ?
— Je ne bougerai pas d'ici tant que vous ne m'aurez pas écoutée, dis-je en me redressant de toute ma hauteur, malgré les tremblements de colère qui me parcouraient. Vous me parlez de formulaires et de gouverneur, Général ? C'est l'Empire qui a dissous nos régiments. C'est votre Couronne qui nous a interdit d'avoir une armée de métier ou de réserve, réduisant ma garde à de simples agents de maintien de l'ordre !
J'avançai vers lui, pointant un doigt accusateur :
— En vertu du Traité de Soumission, l'Empire a le monopole de la violence sur mes terres. Vous nous avez retiré le droit de nous défendre nous-mêmes. En contrepartie des taxes que le Kaelandor vous verse, vous avez l'obligation légale d'assurer la défense lourde de ce duché !
Un sourire presque imperceptible, glacial et cruel, étira les lèvres du Général. Il lâcha la poignée de la porte et fit deux pas vers moi, faisant peser toute sa carrure.
— Le Traité de Soumission garantit la protection du territoire impérial contre les ennemis de la Couronne, Duchesse. Pas contre de la vermine sauvage que votre garde locale est trop incompétente pour réguler.
— Ce ne sont pas des bêtes sauvages ! m'écriai-je, le ton montant malgré moi. Ce sont des monstres de sang et d'acide qui massacrent mes hommes au col en ce moment même ! S'ils franchissent la passe, ils fondront sur des villages, puis sur ma cité !
— Alors apprenez à vos paysans à tenir un épieu, rétorqua-t-il d'un ton cinglant. Vous avez seize ans, petite fille. Vous portez une robe de soie et une couronne trop lourde pour votre tête, et vous venez dans mon campement me faire la leçon sur le droit militaire ?
Il s'approcha encore, ne laissant qu'un mètre entre nous.
— Vos "pertes" ne sont que des statistiques provinciales. Si je déplace une seule cohorte hors de ce camp sans l'ordre écrit du Gouverneur, je commets un acte d'insubordination. Et je ne verserai pas le sang de mes légionnaires pour corriger la faiblesse de votre peuple.
— Ce n'est pas de la faiblesse, c'est le résultat de votre occupation ! hurlai-je, hors de moi.
De Silva se figea. L'air dans la pièce devint subitement asphyxiant.
— Gardes ! tonna la voix du Général, faisant vibrer les dalles de pierre.
En une seconde, les deux légionnaires postés devant le péristyle s'engouffrèrent dans le bureau, leur lance en avant, leurs armures cliquetant dans un bruit lourd.
— Reconduisez la Duchesse à son carrosse, ordonna de Silva sans même me regarder, se tournant déjà vers son bureau. Si elle oppose la moindre résistance ou remet les pieds dans cette garnison sans une convocation du Gouverneur, placez-la en détention pour trouble à l'ordre militaire.
— Vous me demandez de former une armée ? rétorquai-je, la voix vibrante de rage. Alors que l'Empire nous l'interdit sous peine de haute trahison ? Votre attitude ne sera pas sans conséquences, Général !
De Silva me fusilla du regard, les mâchoires serrées. Sans honorer mes propos de la moindre réponse, il leva la main et claqua des doigts, désignant le couloir d'un geste sec et méprisant pour ordonner à ses soldats de m'expulser.
Les deux légionnaires s'avancèrent d'un pas lourd. Avant même que je ne puisse reculer, leurs mains gantées de cuir et d'acier me saisirent brutalement les poignets. La douleur de l'emprise me fit hoqueter, et un mouvement de panique me tordit l'estomac.
— Ne me touchez pas ! crachai-je en arrachant mes poignets de leur emprise.
Je n'attendis pas qu'ils me reconduisent. Tournant le dos au Général de Silva, qui s'était déjà rassis derrière sa pile de parchemins, je franchis la porte d'un pas rapide, la tête haute malgré l'humiliation qui me brûlait les joues. Le battant de chêne se referma derrière moi avec un claquement sec et définitif.
Dans le couloir, Collin et Aldric m'attendaient, le visage anxieux. Dès qu'ils me virent apparaître, escortée de près par les deux gardes armés, ils firent un pas vers moi.
— Princesse ? commença Collin, la voix tremblante d'inquiétude. Qu'est-ce qui…
— Nous n'aurons rien, le coupai-je d'un ton sec, le sang bouillonnant dans mes veines. Partons.
Aucun des deux n'osa poser de question. Mon regard, l'étincelle de rage qui y brûlait et la présence oppressive des soldats impériaux suffirent à leur faire comprendre l'ampleur du désastre.
Nous traversâmes le péristyle à grandes enjambées. L'air acre du camp militaire me fouetta le visage, mais il ne parvint pas à rafraîchir la fournaise qui me brûlait la poitrine. Autour de nous, le regard des recrues et des vétérans continuait de nous fixer avec une curiosité déplacée.
Sans attendre que le garde ne m'aide, je grimpai les marches du véhicule et m'engouffrai dans l'habitacle. Collin et Aldric s'installèrent vivement en face de moi, tandis que la portière se refermait brutalement, isolant notre colère du reste de la garnison.
Dans cette ambiance électrique, le carrosse s'ébranla et repassa le pont de bois dans le bruit lourd des roues sur le chêne, laissant derrière nous l'enceinte étouffante de Castrum Luporum.
Pendant de longues minutes, la tension dans l'habitacle resta si dense qu'elle en devenait asphyxiante. Collin et Aldric n'osaient piper mot, craignant sans doute de faire exploser la colère qui se lisait sur mon visage. Les yeux clos, le dos bien droit contre le dossier de velours, je m'efforçai de respirer lentement par le nez. Inspirer. Expirer. Je devais faire le vide, chasser la voix glaciale de de Silva, le souvenir de ces mains d'acier sur mes poignets et l'humiliation d'avoir été jetée dehors comme une mendiante.
Peu à peu, les grondements des loups de l'escorte et le rythme régulier du convoi apaisèrent la fournaise dans ma poitrine. Quand je rouvris les yeux, les structures rectilignes de la garnison impériale avaient définitivement cédé la place au doux vallonnement des terres du Kaelandor. Au-dehors, la campagne s'étendait, baignée par une lumière dorée, bordée de bosquets anciens et de collines verdoyantes.
Je posai le front contre la vitre, observant le paysage défiler, laissant mon esprit flotter pour retrouver sa clarté.
C'est alors que mon regard fut accroché par une silhouette en contrebas de la route, puis une deuxième, et une troisième.
Trois guerrières marchaient au pas lourd le long du sentier qui bordait l'orée du bois. Leurs allures trahissaient une puissance colossale et une discipline absolue. Elles étaient engoncées dans d'imposantes armures de plates en acier poli, gravées de runes et de symboles sacrés qui luisaient faiblement sous la lumière du soleil. De lourds tabards d'un tissu épais et blanc recouvraient leurs plastrons bombés : sur le torse de chacune se détachait un emblème frappant, une croix noire enserrée dans un cercle érisé d'or, rehaussé de fil d'argent.
Chacune portait un grand pavois d'acier en forme de goutte inversée accroché dans le dos, flanqué d'un marteau de guerre à double tête ou d'une épée à deux mains dont le pommeau dépassait au-dessus de leurs épaulières articulées. Leurs visages, encadrés par d'épaisses cottes de mailles et des gambisons matelassés apparents au col, arboraient des expressions sereines.
Des paladines itinérantes ? Des chevalières d'un ordre saint en pèlerinage ou en traque, comme il n'en circulait que très rarement sur nos terres.
L’étincelle de désespoir qui m’écrasait quelques secondes plus tôt s'évapora instantanément, remplacée par une ferveur brûlante. Je me redressai brusquement sur ma banquette et me penchai vers l'avant de l'habitacle.
— Cocher ! ordonnai-je d'une voix haute et sans réplique, frappant la cloison de bois. Direction la demeure du Haut Clerc Lucius Cassian. En ville !
— À vos ordres, Votre Grâce ! me parvint la réponse assourdie du cocher à travers la paroi, immédiatement suivie du claquement des rênes.
Les loups de l'escorte accélérèrent le pas, bifurquant avec agilité sur le chemin menant aux portes de la cité.
En face de moi, Collin et Aldric se redressèrent, totalement interloqués par cette volte-face soudaine. Collin, fronçant ses sourcils épais, me fixa avec un mélange de stupeur et de prudence.
— Vous avez eu une idée, Princesse ? demanda-t-il à voix basse.
Je me rendis compte qu'absorbés par leurs pensées et leurs papiers, ni l'un ni l'autre n'avaient remarqué les trois guerrières à l'emblème de la croix noire bordée d'or qui marchaient sur le bas-côté. Une lueur de malice retorse vint balayer l'ombre d'humiliation qui pesait encore sur mes épaules.
Je leur adressai un simple clin d'œil, un sourire confiant dessinant mes lèvres :
— Vous allez voir... de Silva va s'en mordre les doigts.