Chapitre 58
Le clapotis paisible des deux rivières qui se rejoignaient au creux de la vallée accompagnait notre descente. À mesure que le soleil déclinait, teignant le ciel de nuances pourpres et bleu nuit, les feux du soir s'allumaient un à un dans les habitations d'Aber-Fael.
Le village s'étirait doucement le long des berges. C'était un bourg de style olcan typique de la région, fait de maisons basses aux toits de chaume fumant, entremêlées de quelques bâtisses plus vastes aux toitures d'ardoise abritant les fonctions communes.
Assise sur le dos puissant de Maya, je sentais le mouvement fluide de sa musculature sous mes cuisses à chacun de ses pas feutrés. Derrière nous, la garde ducale avançait au même rythme souple. Mes dix gardes pilotaient de robustes loups géants au pelage épais, leur harnachement de cuir et de métal cliquetant doucement dans le silence du crépuscule. Vêtus de leurs brigandines rehaussées de cuir vert sombre aux épaules et aux garde-bras, mes hommes affichaient la prestance disciplinée de la maison ducale. À ma droite, la sergente Branwen observait le paysage depuis sa monture lupine avec le calme d'un soldat aguerri.
En traversant le pont de bois menant au cœur du bourg, l'odeur du bois brûlé et de la soupe chaude se mêla à la fraîcheur du soir. Des habitants rentrant chez eux s'arrêtèrent le long des maisons. En voyant nos couleurs et l'allure imposante de nos loups, ils s'inclinèrent avec un respect simple, nous saluant d'un signe de tête avant de reprendre leur chemin.
Nos pas nous guidant à travers les ruelles, nous débouchâmes enfin sur la vaste esplanade herbeuse s'étendant entre un fanum calciné et un imposant entrepôt du village. Des vestiges de l'ancien fanum, de sa cella centrale et de la galerie extérieure qui l'encerclait, il ne restait que des pans de murs ébréchés et profondément noircis. Quand les soldats de l'Empire avaient traqué et chassé les druides de ces terres, ils avaient volontairement mis le feu à nos sanctuaires pour les ravager, veillant à ce qu'aucun hommage ne puisse plus y être rendu. Le toit s'était effondré dans le brasier, ne laissant qu'une carcasse de pierre calcinée. C'était là, entre ces deux bâtiments en retrait de la rive, que mon cousin Edern avait dressé son campement de grandes tentes militaires. Les loups géants de sa troupe exigeant de l'espace, les installations s'étalaient largement pour loger les bêtes.
Sur la zone de campement jouxtant l'entrepôt, l'activité de préparation battait son plein. Des charrettes lourdement chargées de pieux taillés, de bidons d'huile combustible et de fagots de bois résineux bordaient les tentes. Des traqueurs s'affairaient à vérifier des caisses de carreaux d'arbalète et de lourdes masses d'armes, bien décidés à tout écraser sur place : il ne s'agissait point de capturer la vermine, mais de l'éradiquer jusqu'au dernier spécimen.
Branwen ajusta ses rênes et jeta un coup d'œil aux préparatifs de destruction, l'air aussi sombre que le mien.
— Edern a l'air bien organisé, on dirait, observai-je à voix basse.
— Votre cousin sait organiser une chasse, Princesse, répondit la sergente avec un léger hochement de tête. Mais l'ambiance n'a pas l'air bonne, fit-elle remarquer.
À mesure que nous approchions des tentes, une effluve âcre vint agresser mes narines, transperçant les odeurs de pin coupé et de sueur. Mon odorat capta une odeur de sueur froide, de peur et de tension qui flottait dans l'air. L'atmosphère du camp était lourde, viciée par une anxiété palpable, confirmant les dires de mon escorte.
Sur un signal bref, Branwen et mes dix gardes mirent pied à terre d'un seul mouvement souple, imités par leurs montures qui s'immobilisèrent dans un cliquetis discret de harnais. Je glissai à mon tour hors du dos de Maya, foulant l'herbe fraîche de l'esplanade.
Averti par un soldat de mon duché qui montait la garde près de l'entrepôt, Edern parut aussitôt sur le seuil de la grande bâtisse de bois et de pierre. Mon cousin affichait une stature calme et assuré. Ses oreilles pointues étai droite à la longue queue fourchue bâtai calmement l’aire.
Il s'approcha de notre groupe à grands pas, esquissant une lueur de surprise en me reconnaissant.
— Bonsoir, Énora, lança-t-il d'une voix grave. Je ne t'attendais pas par ici. Tu es venue évaluer la situation ?
Je secouai la tête, ajustant ma posture avec assurance tandis que Maya venait se poster silencieusement à mes côtés.
— Non je ne suis pas venue inspecter ton travail cousin Edern. Je suis venue participer à la traque, répondis-je sans ciller.
Edern se raidi, fronçant les sourcils tandis que son regard basculait de moi aux bêtes de mon escorte.
— Tu as pris le large pour te jeter au-devant du danger ? expira-t-il, un pli d’agacement sourde creusant ses traits. Je m'étonne qu'on ait pu te confier un tel commandement alors que tu n'as jamais combattu, Énora !
Avant que je ne puisse répliquer à cette remontrance, la sergente Branwen s'avança d'un pas ferme, sa brigandine craquant doucement. Edern plissa les yeux vers elle en demandant d'un ton sec :
— Et qui est-ce ?
— C'est la sergente Branwen, Edern, la présentai-je d'une voix assurée.
L'intéressée exécuta un salut militaire impeccable, toisant mon cousin avec une froide assurance.
— Monseigneur, je suis venue personnellement superviser le groupe dont fait partie la Princesse, déclara-t-elle d'une voix claire et tranchante. Soyez rassuré : elle sera placée sous mes ordres directs, et je veillerai personnellement à sa sécurité à chaque instant de sa participation a la battue.
Edern toisa la sergente, les bras croisés sur son pourpoint, jaugeant l'assurance de la vétérane d'un regard suspicieux.
— Vos états de service, sergente ? interrogea-t-il d'une voix sèche. Je veux savoir à qui l'on confie la vie de ma cousine.
Branwen ne cilla pas sous son inspection.
— J'ai fait mes classes sur la fin de la guerre Olcano-Impériale, Monseigneur, répondit-elle d'un ton monocorde et précis. Après le démantèlement de l'armée par l'Empire, j'ai erré vingt ans en tant qu'aventurière à travers les terres sauvages. Je me suis engagée dans la garde ducale il y a deux ans, et j'ai été promue sergente il y a deux mois.
Edern fixa la sergente un long moment, mesurant le poids de ce parcours forgé dans les épreuves, puis poussa un soupir lourd avant de céder d'un signe de tête.
— Soit... Mais la sous-terre ne pardonne pas. Toute aide sera la bienvenue, et chaque bras armé ne sera pas de trop pour nettoyer ces monstres par le fond.
D'un geste large de la main, il nous invita à le suivre à l'intérieur de l'entrepôt, tandis que Maya et les gardes restaient au-dehors pour tenir nos positions. Je passai la première, franchissant le seuil sombre.
À l'intérieur, l'atmosphère était lourde, saturée d'une odeur de vieux bois, de sueur séchée et d'onguents médicinaux. Au centre de la vaste pièce, une haute table en chêne ou étai étaler une carte de la région grossièrement tracée au charbon. Contre les murs de pierre, allongés sur des lits de paille, des soldats gémissaient en silence. Leurs corps portaient des plaies béantes, des chairs lacérées et rongées dont les pansements souillés de sang marquaient la violence des affrontements.
Ce spectacle brutal me frappa de plein fouet. N'ayant jamais côtoyé la réalité crue des champs de bataille, une vague de nausée me tordit l'estomac, manquant de me provoquer des hauts-le-cœur. Serrant les dents et forçant mes poings à se relâcher, je détournai violemment mon regard de ces corps meurtris pour me forcer à faire abstraction de la souffrance autour de moi. Je m'avançai d'un pas raide jusqu'à la table centrale et plantai les yeux sur la carte pour me donner une contenance.
Certaines zones y étaient minutieusement annotées d'une écriture nerveuse, d'autres grossièrement hachurées à l'encre noire. Mon cousin vint se poster à côté de moi, s'appuyant lourdement des deux mains sur le bois vermoulu.
— Voilà une carte locale que j'ai moi-même dressée, dit-il d'une voix grave en pointant du doigt les zones zébrées de noir. Les secteurs hachurés sont ceux où ces créatures apparaissent sans cesse, encore et encore... malgré nos battues, je ne sais toujours pas d'où elles sortent.
Je passai une main sur le bois rugueux de la table, les yeux rivés sur les méandres tracés à l'encre, avant de relever la tête vers mon cousin.
— Ils n'ont pas de nid, ou de repaire principal ? demandai-je en plissant les paupières.
Edern poussa un grondement sourd, se redressant légèrement tout en croisant les bras.
— Si, bien sûr qu'ils en ont, mais ils reviennent irrémédiablement squatter les mêmes galeries pour une obscure raison inexplicable pour le moment, répondit-il en secouant la tête, l'air sombre.
La sergente Branwen, qui s'était approchée silencieusement pour observer la carte par-dessus notre épaule, croisa les bras à son tour.
— Quel genre de pièges est-ce qu'elles tendent ? demandai-je en plissant les yeux face aux tracés de la carte.
Edern se redressa, les mains à plat sur le bois vermoulu, et pencha un peu plus son visage vers nous, l'air grave.
— Pour ce qui est des pièges, oublie les simples toiles tendues entre deux pierres, expliqua-t-il d'une voix basse. Elles ne font pas que tisser de la soie ; elles utilisent la stridulation et les vibrations de la roche pour tromper l'écho. Elles tendent des nappes de fils invisibles à ras du sol ou le long des parois, enduites d'un venin qui paralyse en quelques secondes. Quand l'une d'elles est prise au piège ou fait mine de fuir, elle attire toute sa meute dans le dos des imprudents en jouant sur la résonance des galeries. Tu crois poursuivre une proie isolée, et tu te retrouves cerné par cinquante paires d'yeux dans une nasse de soie.
— Ces rat araignée son si terrible que cela ?
Il croisa les bras, jetant un regard sombre vers l'entrée de l'entrepôt où l'on devinait l'agitation des hommes.
— Jusqu’à peut on les appelaient les rat-araignées , mais mes hommes leur ont vite trouvé un sobriquet plus digne de ce nom. À force de les voir creuser les parois et tanter de tous dévorer, les ranger les appellent les charognardes des cryptes. Mais ce nom ne reflète pas assez l'horreur de leur étreinte.
— Malgré tous, est-ce que la situation reste gérable avec tes hommes, ou dois-je formuler une demande de renfort formelle ? demandai-je en maintenant mon regard ancré sur la carte.
Edern tourna lentement la tête vers les grabats de paille où gémissaient les soldats, son expression se durcissant encore d'un cran.
— Le plus urgent, c'est de trouver un soigneur digne de ce nom, lâcha-t-il d'une voix rauque. Nous serons bientôt à court de potions et les onguents ne suffisent plus à refermer ces plaies. Mais pour ce qui est de la menace en elle-même... tant que nous ne comprendrons pas d'où elles sortent et comment elles sont apparues, cela risque d'être une guerre sans fin.
— Alors pour l’heure tu n’a pas de solution au problème ?
Il soupira lourdement, ferma un instant les paupières et se masser l'arête du nez avec fatigue avant de replonger ses yeux verts dans les nôtres.
— Et le plus terrible, c'est que... à chaque nid que nous détruisons, les charognardes des cryptes ne ressemblent jamais tout à fait à la génération précédente. C'est comme si chaque couvée évoluait à une vitesse contre-nature, corrigeant les failles de la précédente pour s'adapter à nos tactiques.
Derrière moi, la sergente Branwen écarquilla les yeux, sa discipline de vétérane volant brièvement en éclats face à cette révélation.
— Mais enfin... balbutia-t-elle, cela n'a aucun sens ! Une espèce ne mute pas de la sorte en quelques semaines, ce sont des lois de la nature piétinées !
Un battement de cœur manqué net, un vide glacial qui se creusa soudain au creux de mon estomac. L'artefact. Celui qu'on m'avait dérobé...
Me détournant brusquement de la table de bois , les yeux perdus dans le vide, les avertissements du Grand Druide résonnèrent avec une brutalité insoutenable dans mon esprit : « Reste attentive aux bruits du monde, l’utilisation d’un tel obélisque ne passera pas inaperçue dans la Trame. Tâche simplement d’être attentive aux nouvelles du monde…. »
Si ces créatures s'adaptaient à une vitesse contre-nature, si chaque couvée corrigeait les failles de la précédente, ce n'était pas un simple hasard. C'était le tisage de nouvelle forme de vie par l'objet, une résonance corrompue infâme de la manipulation des âmes que ce voleur était train de manipuler, ou de maltraiter… quelque part, tordant le vivant dans un laboratoire improviser sans même en comprendre la portée.
— Énora ? Qu'y a-t-il, tu as pâli d'un coup... interrogea mon cousin, sa voix perçant à peine le coton de mes pensées.
Je ne l'écoutais déjà plus. Faisant abstraction des soldats meurtris et de l'atmosphère lourde de l'entrepôt, je fis trois pas machinales en direction de la sortie et m'arrêtai net sur le seuil. Fermant les yeux, je tendis mes sens, cherchant à effleurer la trame magique, à scruter le flux invisible de l'éther pour y déceler une anomalie, une signature, quelque chose qui confirmerait mon angoisse.
Un battement de cœur manqué net, un vide glacial qui se creusa soudain au creux de mon estomac. L'obélisque, celui qui est sortie de cette crypte imfame.
Plusieurs secondes s'écoulèrent dans un silence absolu, suspendues au rythme de ma propre respiration. Rien… pas une once d'énergie parasite, pas le moindre frémissement anormal dans les courants de la magie.
Trop loin ? Ou trop tard ?... songea mon esprit en panique.
— Princesse ? Hé, reprenez-vous !
Une main ferme vint brusquement secouer mon épaule, me tirant avec brutalité de ma transe. Je rouvris les paupières pour tomber sur le regard inquiet et perçant de la sergente Branwen.
— Je…
Ma voix se brisa dans un souffle hésitant. Devant moi, Edern et la sergente Branwen me dévisageaient déjà, leurs sourcils froncés par l'incompréhension face à ma subite pâleur.
— J'ai peut-être... une piste sur la résolution du problème, lâchai-je enfin d'une voix plus assurée.
Mais au fond de moi, une tempête d'angoisse me déchirait. Comment avouer à haute voix que je m'étais fait duper si facilement par un misérable escroc, perdant un objet d'une telle magnitude ? Et surtout, admettre que j’etai l’une des source de ce désastre, et que je devrais partir à sa recherche pour reprendre un objet a l’utilisation aussi tabou. Seule, c'était pure folie. Mais s’ils m’accompagne ils découvriront l’objet en même temps que moi.
Pire encore : aux yeux de tous, je n'étais qu'une simple novice en magie, tout juste bonne à lancer quelque sorts offensifs de base. En révélant que j'avais pu scruter la Trame et que je pouvais identifier les perturbation, je pourrais briser le vernis de ma couverture de magus et peut eetre éveiller les soupçons sur ma nature véritable.
— Alors quoi ? Parle, Énora, si tu as une idée ! s'impatienta mon cousin en croisant les bras, ses yeux verts dardés sur moi tandis que l'atmosphère dans l'entrepôt devenait de plus en plus pesante.
Je scrudai le visage fermé d'Edern, mes yeux accrochés aux siens tandis que l'impatience de mon cousin menaçait de briser mon assurance. Pas de choix. Si je disais toute la vérité, je signais mon arrêt de mort politique voir pire. Mais en contournant habilement les faits, en habillant le tout d'un demi-mensonge bien ficelé... je pouvais manipuler leur perception sans éveiller les soupçons.
Je pris une longue inspiration pour calmer les derniers battements erratiques de mon cœur, redressai les épaules, et me lançai.
Non. Révéler l'existence de l'obélisque ici et maintenant ne ferait que semer la panique et soulever des questions auxquelles je ne pourrais répondre sans me condamner. J'aviserai le moment venu, quand j'aurai enfin remis la main sur l'artefact. Pour l'instant, il me fallait guider leur réflexion sans rien trahir de ma propre faute.
— Edern... Tu disais que tu ne comprenais pas d'où elles sortaient ni comment elles étaient apparues, commençai-je d'une voix calme et posée.
Mon cousin fronça les sourcils, intrigué par mon changement de ton.
— Regarde ces créatures, poursuivis-je. Des rats et des araignées fusionnés en une seule abomination... Ça ne te rappelle rien ?
— De quoi tu parles, Énora ?
— De notre propre peuple. Les Olcans. La légende ne dit-elle pas que notre race a été façonnée en mêlant l'essence de l'humain et du loup ? Ce que nous avons face à nous suit la même logique impie.
Edern resta un instant interloqué, repensant à mes paroles. Ses yeux verts s'agrandirent doucement à mesure que la réalisation faisait son chemin.
— Tu... tu penses que quelqu'un est derrière tout ça ? lâcha-t-il, abasourdi. Une sorte de mage aux idées dégénérées qui fabriquerait ces monstres ?
— Oui, répondis-je sans ciller. C'est une certitude.
Edern se tourna brusquement vers la carte étalée sur la table, poings posés sur le chêne vermoulu.
— Si c'est une création expérimentale... nom d'un chien, ça explique bien des choses ! jura-t-il à mi-voix. Je m'échinais à envoyer mes hommes fouiller les grottes et les moindres boyaux rocheux... Alors qu'en réalité, il aurait fallu chercher des installations discrètes et à l'écart !
Je me rapprochai de lui pour observer le tracé. Vues d'ensemble, toutes les zones hachurées au charbon noir où les attaques avaient eu lieu ne se répartissaient pas au hasard : elles formaient une sorte de nuage dense, gravitant autour d'un même secteur.
Saisissant un morceau de charbon tombé sur le rebord de la table, je traçai un cercle net et appuyé au centre exact de ce nuage.
— Il va falloir fouiller cette zone, déclarai-je en reposant le morceau d'énergie noire.
La sergente Branwen se rapprocha à son tour, appuyant ses mains sur la table pour analyser mon tracé.
— Et qu'est-ce que l'on cherche exactement, Princesse ? demanda-t-elle d'un ton pragmatique.
Je relevai les yeux vers elle avec une froide résolution :
— Un endroit discret, à l'abri des regards... mais confortable.
— C'est une superbe déduction, Énora, lâcha Edern, le regard soudain illuminé par une lueur d'admiration et de respect. Tu as l'œil plus aiguisé que tu ne le prétends pour une simple novice.
Un sourire franc et convaincu s'étira sur son visage, achevant de valider mon plan. J'avais réussi à les orienter exactement là où je le voulais sans éveiller le moindre soupçon sur la vérité.
Edern se redressa d'un bloc, toisa la carte une dernière fois avant de reporter son attention sur nous, l'esprit déjà tourné vers la logistique.
— Demain à l'aube, nous lèverons le camp. Je laisserai ici les blessés et les inaptes au combat sous bonne garde, mais j'emmène toute la troupe restante. On ne laisse aucune chance à cette vermine.