Aussi, merci d'arrêter de me spammer avec des « c'est pour quand le chapitre, c'est abandonné ? ». C'est agaçant. Surtout que je n'ai pas disparu, j'ai annoncé la raison de mon absence sur le Discord. Rejoignez le serveur si vous voulez être au courant des annonces et tout le reste. Si vous ne voulez pas, prenez votre mal en patience. Ah, et oui, je suis quasiment rétabli, mon corps est encore un peu plus faible que d'habitude, mais au moins je peux recommencer à traduire. Bref, profitez bien du chapitre !
Chapitre 218 – « Je suis rentré » et « Bon retour »
Jusqu'ici, nos vacances d'été ont été plutôt mouvementées, mais on a réussi à passer du bon temps.
Pendant les cours d'été, on a fini par s'habituer aux regards qu'on nous lançait. Comme on les ignorait complètement et qu'ils ont probablement fini par se lasser de jaser sur notre compte, les chuchotements ont cessé et on a pu se concentrer sur nos révisions.
Dans l'ensemble, j'ai gardé une bonne impression de ces cours d'été, mais je pense qu'il faudra un moment avant que je ne m'inscrive pour de bon dans cette école de soutien scolaire.
« Maki, tu ne trouves pas que le feu est trop doux pour le kinpira ? Je devrais l'augmenter ? » (N/T : Le kinpira est un plat sauté et mijoté)
« Non, c'est très bien comme ça. Attends un peu, ça va finir par grésiller. Quand l'eau sera évaporée, éteins le feu, laisse refroidir, puis transfère le tout dans un bol. »
« Reçu~ »
La semaine suivant la fin des cours d'été. Umi et moi préparions des accompagnements chez moi. Je n'avais plus besoin de préparer le déjeuner pour tout le monde, mais Umi avait dit…
« Je veux apprendre à cuisiner. »
Comme elle me l'avait demandé avec insistance, je n'avais pas eu d'autre choix que d'accepter. On travaillait donc ensemble dans la cuisine.
Bien sûr, Amami-san et Nitta-san n'étaient pas là.
« Voilà, je crois que c'est tout… Je t'enverrai la recette plus tard pour que tu puisses essayer chez toi. Appelle-moi si tu ne comprends pas quelque chose. »
« Merci, Maki. Désolée de t'embêter si tôt le matin. L'autre jour, quand on a préparé nos déjeuners ensemble, j'en ai fait goûter à ma mère et elle m'a tout de suite dit de te demander de m'apprendre à cuisiner… »
Ça avait été un peu la panique l'autre jour quand on cuisinait, mais dans l'ensemble, les filles avaient trouvé le résultat final délicieux.
J'avais préparé divers accompagnements, des légumes aux œufs au plat. C'était un travail assez minutieux, mais grâce à l'aide des filles, ce n'était pas trop épuisant.
Leur réaction a rendu tous mes efforts pour apprendre à cuisiner gratifiants. Même si, au départ, je m'y étais mis plus par nécessité qu'autre chose.
« Mm~ C'est super bon ! Les morceaux de légumes ne sont pas tous de la même taille, mais c'est délicieux. Goûte, Maki, ah~ »
« Ah… Mm… Ouais, c'est très bon. Je pense que si ma mère goûte ça, elle ne se rendra même pas compte que c'est toi qui l'as fait, Umi. C'est dire à quel point c'est réussi. »
Le kinpira de racines de lotus qu'elle avait préparé était une reproduction fidèle du mien. Bon, j'étais là pour surveiller, mais ça ne devrait pas lui enlever son mérite. Quoi qu'il en soit, son kinpira était bien assaisonné et ce goût aigre-doux se mariait parfaitement avec le riz.
Umi n'était pas douée en cuisine, mais elle n'était pas une catastrophe comme Amami-san, donc tant qu'elle s'appliquait, elle s'en sortait très bien.
« Héhé, c'est ce qu'on appelle une évolution de personnage, non ?~ En tout cas, je me souviens de ce que tu m'as appris. Feu moyen et il faut juste que le bout de la flamme touche la poêle ! »
« On peut appeler ça une évolution de personnage, oui… »
C'était un petit pas, mais c'était une évolution quand même…
« Au fait, Maki… »
« Hm ? »
« Tu préfères quoi ? »
« De quoi tu parles ? »
Peut-être qu'elle me demandait ce que je préférais pour le petit-déjeuner ou un truc du genre ? Elle ne m'avait donné aucune option, alors je ne savais pas trop quoi répondre.
Quand je lui ai retourné la question, elle a détourné le regard, timide. Je pouvais voir ses joues commencer à rougir.
Elle voulait probablement que je devine la nature de sa question. Soit ça, soit elle était juste trop gênée pour la poser à voix haute. Ou peut-être les deux.
« T-Tu sais, notre relation se passe bien, non ? O-On a commencé comme amis, puis on est devenus amants, et nos familles ont approuvé notre relation… On est partis en voyage ensemble et on a eu nos… m-moments… T-Tu vois de quoi je parle, hein ?! »
« Ouais… Notre relation se passe très bien, en effet… »
« P-Pas vrai ? D-Du coup, j'y pensais… S-Si on continue comme ça, on sera ensemble à l'université et après aussi… D-Donc, on finira peut-être par vivre ensemble ou se marier, non ? Je me demandais ce que tu préférais ?… E-Euh… »
« Ah, je vois… »
« C-C'est juste une question hypothétique… »
C'était un peu tôt pour parler de ce genre de choses alors qu'on était encore si jeunes. Mais, vu comment notre relation évoluait, cette conversation finirait par arriver dans un futur proche de toute façon. Je veux dire, on était tous les deux très attachés l'un à l'autre. Tant qu'il n'y avait pas d'imprévu, on finirait ensemble, c'est sûr.
Les rôles de genre au sein d'un foyer commençaient à s'estomper. Les hommes n'étaient plus obligés d'être les seuls à ramener l'argent et les femmes n'étaient plus condamnées à être des femmes au foyer. Les rôles étaient interchangeables. Nos parents n'interféreraient pas avec nos décisions non plus, donc nous étions libres de faire ce qui nous plaisait.
« Hm… Je veux dire, ça ne me dérange pas de devenir un homme au foyer. Honnêtement, j'ai pris goût aux tâches ménagères ces derniers temps. Et puis, voir ma mère m'a fait réaliser que devoir ramener l'argent à la maison, c'est un peu effrayant… »
« Je vois. Nina se plaint aussi parfois de son petit boulot. À l'entendre, travailler, c'est vraiment galère. »
Je comprenais que le lieu de travail de ma mère était une exception et non la règle, et je savais qu'il existait des boulots corrects. Mais j'étais encore étudiant. Je ne pouvais juger qu'en fonction de ce que je voyais et entendais autour de moi, c'est-à-dire ma mère, Daichi-san et Riku-san. Tous faisaient passer le travail pour quelque chose de pesant, alors j'hésitais à m'y mettre.
C'est pour ça que je n'avais pas fait d'effort pour postuler à un petit boulot, même si j'y avais pensé. Bien sûr, j'étais aussi occupé par mes études et tout le reste, mais ce n'était qu'une partie de la raison.
« Mais bon… Si je devais t'épouser, je deviendrais certainement celui qui ramène l'argent plutôt que l'homme au foyer. »
« Donc, je serai la femme au foyer ? »
« Tu peux faire ce que tu veux, vraiment… Honnêtement, je veux juste faire de mon mieux pour qu'on puisse vivre une vie heureuse en famille, c'est pour ça que je préférerais travailler plutôt que de rester à la maison… »
Bien sûr, ça ne voulait pas dire que je négligerais tout le reste. J'essaierais de trouver un équilibre parfait entre mon travail et tout le reste. C'est quelque chose que mon père n'avait pas réussi à faire, mais Daichi-san y arrivait très bien.
« Je vois. Donc tu ne veux pas que je t'accueille quand tu rentres à la maison, hein ? Je vois le genre~ »
« Attends, c'est une toute autre histoire. »
Je ne pouvais pas renoncer à ça facilement. Je voulais qu'elle m'accueille à la maison. Je savais à quel point c'était triste sans elle à mes côtés, alors si possible, je voulais qu'elle le fasse tous les jours.
Quel dilemme…
« C'était une question cruelle, Umi… »
« Héhé, désolée~ Mais maintenant que j'y pense, on se salue toujours quand on visite nos maisons respectives, mais on n'a jamais fait ça, si ? Dire « Je suis rentré » et que l'autre réponde « Bon retour ». Dis, pourquoi on n'essaierait pas ? Je reste à l'intérieur et tu entres par la porte d'entrée. »
« On n'a même pas encore de petit boulot et tu penses déjà à faire ce genre de trucs. »
« Je veux le dire juste une fois. Juste une fois. Allez, sors, vite ! »
« C'est ma maison pourtant… Les rôles devraient être inversés… »
Finalement, j'ai cédé à ses caprices. J'ai mis mes chaussures et je suis sorti.
Puis, j'ai entendu le bruit de la porte qui se verrouillait.
Oh, merde. Je n'avais pas les clés de la maison avec moi.
[Asanagi : Laisse-moi me préparer un instant.]
[Maehara : D'accord.]
Je pouvais entendre le chant des cigales au loin et sentir la brise chaude caresser mes joues. Est-ce que ce serait ça, si on se mariait et qu'Umi me mettait à la porte ? Alors que j'imaginais la scène, mon téléphone a vibré.
[Asanagi : C'est bon, sonne à l'interphone.]
[Maehara : Ok.]
Comme convenu, j'ai sonné à l'interphone et j'ai entendu des bruits de pas s'approcher de la porte, suivis du bruit du verrou qui s'ouvre.
« Héhé, bon retour, Maki. »
« Ah… »
Son apparence n'avait pas beaucoup changé depuis qu'elle m'avait mis à la porte un peu plus tôt. Elle portait toujours cette robe bleu clair, la même qu'elle portait pendant le voyage.
Cependant, son expression timide et ses mots ont porté un coup critique à mon cœur. La chaleur que ces gestes ont provoquée était plus que ce que je pouvais supporter.
« Allez, dis ta réplique correctement ! »
« O-Ok… Je suis rentré, Umi. »
« Bien. Bon retour, Maki~ »
Elle a gloussé avant de me prendre la main.
Je savais que ce n'était qu'un jeu de rôle, en quelque sorte, mais ça me semblait tellement réel.
« Umi, je peux te demander un truc ?… »
« Quoi donc ? »
« Je peux te faire un câlin ? »
« Bien sûr. Vas-y~ »
« Je ne vais pas me gêner alors. »
Elle a ouvert grand les bras pour m'accueillir et je n'ai pas hésité à faire un pas en avant pour l'enlacer.
Peut-être que quand on sera adultes, on fera encore la même chose.