Chapitre 217 – Préparation du déjeuner
Dimanche. Aujourd'hui, comme prévu, nous allions préparer des accompagnements pour notre déjeuner à quatre. Rien de trop compliqué, juste des plats que ma mère et moi cuisinons d'habitude.
Comme nous cuisinions chez moi, les trois autres s'occupaient d'acheter les ingrédients. Je devais préparer des portions pour cinq personnes, car il fallait aussi compter celle de ma mère, donc je leur rembourserais les frais plus tard.
« *Bâillement*… »
J'ai lâché un bâillement après avoir fini de ranger la maison. Comme c'était les vacances d'été, je m'étais couché plus tard que d'habitude hier soir. Je savais que j'aurais dû me reposer davantage, surtout avec les cours d'été demain, mais je n'ai pas pu m'en empêcher. J'avais passé la majeure partie de la journée à réviser et, une fois terminé, impossible de trouver le sommeil.
J'ai troqué mon pyjama contre une tenue décontractée et je suis resté là, amorphe, à attendre l'arrivée des filles. Soudain, j'ai entendu le bruit de la porte qu'on déverrouille.
Comme je ne savais pas exactement quand elles arriveraient, j'avais donné un double des clés à Umi pour qu'elles puissent entrer sans attendre.
« Waouh, tu as les clés de chez lui ? Tu es pratiquement déjà sa femme, Umi~ »
« Pourquoi tu n'as pas encore emménagé avec lui ? Et puis, ce ne serait pas le moment de changer ton nom pour Maehara Umi ? »
« T-Taisez-vous ! Vous allez déranger les voisins ! »
« C'est exactement le genre de réplique qu'une femme au foyer sortirait, tu sais ? »
Ma mère avait déjà donné la permission à Umi de venir quand elle le souhaitait. On la considérait déjà comme un membre de la famille. Elle ne s'imposait jamais vraiment à cause de sa nature réservée.
Certes, nos mères étaient amies, mais je doute que ma mère aurait accordé la même liberté à Nitta-san ou Amami-san si elles avaient été à la place d'Umi.
Bref, je devais me lever pour les accueillir.
« Bonjour, Umi. »
« Bonjour, Maki. Hm ? Tu viens de te réveiller ? Tes cheveux sont en bataille. Tu n'es pas resté debout trop tard, j'espère ? »
« Malheureusement, si. Je ne sais pas pourquoi, mais je n'arrivais pas à dormir… Bonjour, Amami-san, Nitta-san. »
« Héhé, bonjour, Maki-kun ! Ça fait un bail que je ne suis pas venue chez toi aussi tôt le matin, non ? »
« Salut~ J'ai les mains en feu, je peux poser ces sacs où ? Ah, j'ai trop soif… »
« Donne-moi ça. Et n'hésite pas à utiliser les serviettes là-bas. »
Je les ai laissées s'essuyer et se reposer pendant que je rangeais les ingrédients dans le frigo.
« Maki, laisse-moi m'occuper de tes cheveux. »
« Vas-y… Ah, attends, Amami-san et Nitta-san… »
« Ne fais pas attention à elles. »
« D'accord. »
Les deux autres étaient de bonnes amies, mais j'étais quand même gêné de leur montrer cette scène. Mais je ne pouvais pas lutter contre Umi, alors je n'avais pas d'autre choix que de subir.
J'ai remarqué que les deux autres étaient en train de nous prendre en photo. Pourquoi elles ne peuvent pas juste nous regarder en silence ? Sérieusement…
« Tes cheveux sont encore plus en désordre que d'habitude. Tu veux que je te recoupe les cheveux plus tard ? »
« Euh, j'irai chez le coiffeur plus tard. Peut-être après la fin des cours d'été. »
« Ok, je préviendrai ma mère. Après les cours d'été, chez moi comme la dernière fois, ça te va ? »
« T'as entendu ce que je viens de dire ? »
« Évidemment. »
« J'abandonne… »
Honnêtement, peu m'importait qui me coupait les cheveux. Je continuais juste à parler pour masquer mon embarras. Si nous avions été seuls, notre conversation se serait normalement déroulée ainsi :
« Tu veux que je te coupe les cheveux ? »
« Bien sûr, je m'en remets à toi. »
Oui, la discussion se serait terminée aussi vite.
Je n'aimais pas particulièrement aller chez le coiffeur, mais ce n'était pas comme si l'idée me répugnait non plus.
C'est juste que je préférais qu'Umi s'en charge.
« Héhé… Voir ces deux-là comme ça, ça me rappelle quand on était petites. On était pareilles quand Umi et moi venions de devenir amies… »
« Eh bien, à l'époque, tu étais une gamine timide, tout comme Maki. Je devais t'inviter tous les jours pour que tu viennes à l'école ou que tu joues avec moi. J'étais une gamine bien envahissante, hein ? »
Je suppose que c'était en partie pour ça qu'Umi m'avait remarqué. Mon apparence n'était pas aussi frappante que celle d'Amami-san, mais ma personnalité rappelait à Umi sa meilleure amie.
Amami-san et moi étions aux antipodes, mais à un moment de nos vies, nous nous ressemblions.
Nous avons toutes les deux été sauvées par Umi et avons réussi à gagner une place dans son cœur, en tant que meilleure amie pour l'une et petit ami pour l'autre.
« À l'époque, je ne pouvais pas te laisser seule… Je pensais que tu serais malheureuse si je te laissais dans ton coin, c'est pour ça que j'ai décidé de t'aider ce jour-là. J'étais comme ça, envahissante, toujours à essayer de faire des trucs inutiles pour les autres. Honnêtement, je suis encore surprise que tu ne m'aies pas repoussée à l'époque, Yuu. »
« C'est l'une de tes vertus, Umi. Et puis, grâce à ce trait de caractère, tu as rencontré Maki-kun~ Tu n'es pas contente, Umi ? »
« Si, bien sûr. Au fait, vous n'avez pas déjà pris assez de photos de nous ? Vous pensez vraiment que je ne remarque rien ? »
Je ne pouvais pas voir le visage d'Umi depuis ma position, mais je pouvais deviner qu'elle affichait une expression douce.
Peut-être que j'avais la même sans m'en rendre compte.
« Au fait, Maki, tu ne me quitteras jamais, n'est-ce pas ? »
« Tu as vraiment besoin de demander ? Bien sûr que non. »
« Héhé, merci. »
Je devrais commencer à envisager de consacrer toutes ces vacances d'été à elle.
Cela faisait six mois que nous sortions ensemble, mais mes sentiments pour elle étaient toujours aussi forts.
« Bon, c'est fini. Assez de repos, les filles, il est temps de cuisiner. On n'est pas doués pour gérer la cuisson, alors on te laisse faire ça, Maki. À part ça, on fera de notre mieux pour t'aider. »
« Exact ! Tu peux nous laisser les légumes, Maki-kun ! On va les découper comme des chefs~ »
« Pas besoin de faire jouer tes biceps pour ça, Yuuchin, c'est pas un boulot si dur. Oh, et je m'occupe de goûter les plats, Rep, compte sur moi~ »
« En fait, j'ai le job parfait pour toi, Nitta-san. Viens avec moi. »
Je devais cuisiner plus que d'habitude, donc ça prendrait plus de temps que prévu. Puisque nous étions tous les quatre, au moins, on ne s'ennuierait pas.
J'ai souhaité bonne chance aux trois autres avant de commencer.
Et c'est ainsi que nous avons commencé à cuisiner et—
« M-Maki ! L-La casserole bouge ! I-Il y a quelque chose dedans ? »
« Héhé, désolée, Maki-kun, j'ai fait une erreur en épluchant les pommes de terre… Je les ai coupées en deux par accident… »
« Bon sang, pourquoi ces légumes ne tiennent pas en place ? Ils sont vivants ou quoi ? Rep, ils sont mutants ces légumes ? »
« … »
Ouais, on ne risquait pas de s'ennuyer avec ces trois-là.