Merci Dodo, JoshuaFeliciano et Neinz pour le café~
Il était 18 heures. Après avoir vérifié que la plupart des invités étaient bien installés autour de leurs tables, la représentante du personnel, Tomoo-senpai, a commencé son discours.
Elle a débuté en remerciant tout le monde pour sa présence, puis a adressé quelques mots d'encouragement aux élèves de terminale qui allaient bientôt être plongés dans la période des examens. Enfin, elle a rapidement détaillé le programme de la soirée et rappelé quelques consignes de sécurité.
Le discours était assez court pour ne pas ennuyer l'assistance. En la voyant faire, je me suis dit que Tomoo-senpai était vraiment impressionnante. Même devant tout ce monde, elle ne semblait pas nerveuse pour un sou.
« Sur ce, tout le monde, levons nos verres ! »
Suite aux paroles de Tomoo-senpai, une vague d'enthousiasme a parcouru la salle.
J'ai balayé la salle du regard pour trouver Umi et Amami-san. Avec leurs bonnets de Père Noël, elles étaient faciles à repérer, comme prévu.
Nitori-san et Houjou-san étaient avec elles. Toutes les quatre souriaient ; j'imagine qu'elles étaient heureuses de pouvoir enfin profiter d'un moment ensemble après tout ce temps.
En voyant ça, j'ai su qu'Umi s'en sortirait très bien sans moi, alors je me suis dirigé vers Tomoo-senpai.
« Beau boulot, senpai. »
« La fête vient à peine de commencer, tu sais ? ...Au fait, c'est le moment ? »
« Oui. Désolé, senpai, je dois m'absenter un moment... »
« T'en fais pas, je prends le relais à l'accueil. Il ne se passe rien de spécial pendant la première heure de toute façon, prends ton temps, mais assure-toi de revenir plus tard. »
Elle m'accordait une heure, ça devrait suffire.
Je lui ai confié mon brassard et je suis sorti.
Il y avait un grand arbre devant la salle municipale, c'est là que j'avais rendez-vous avec mes parents.
« Maki, je suis là. »
« Maman... »
Maman m'a fait signe dès qu'elle m'a vu sortir. Elle semblait essoufflée, elle a dû venir en quatrième vitesse.
« Maki, tu es sûr que tu peux quitter la fête ? Ça vient juste de commencer, non ? »
« Mhm, j'ai eu la permission de la présidente. Désolé de t'avoir fait venir jusqu'ici, maman... »
« Oh, je suis en pause, donc ce n'est pas un problème. Mais pourquoi tu m'as fait venir ? »
« Attends une seconde, maman. L'autre personne devrait bientôt arriver. »
« L'autre personne ? »
« J'ai reçu un appel... »
J'ai sorti mon téléphone de ma poche et j'ai décroché.
L'écran affichait « Minato Kyouka ». J'avais récupéré son numéro lors de notre échange plus tôt dans l'après-midi.
{Bonsoir, Maki-kun. Comme promis, je me suis libérée pour toi.}
« Merci beaucoup. Et papa ? »
{Il est avec moi. Je l'amène tout de suite ?}
« Oui, s'il vous plaît. »
J'ai raccroché et j'ai regardé vers l'entrée. Ils arrivaient tous les deux, en costume.
Maman a suivi mon regard et a semblé comprendre la situation en les voyant.
« Merci d'être venu, papa. Et désolé, j'ai menti. »
« Maki... Je vois... »
Sous l'arbre, pour la première fois depuis une éternité, les membres de la famille Maehara se retrouvaient... Ou plutôt, maman et papa se retrouvaient enfin face à face.
« ...Ça fait un bail. »
« ...Ouais... »
« “...” »
Après ces quelques mots, ils ont détourné le regard, plongeant dans le silence. Peut-être se sentaient-ils mal à l'aise, c'était la première fois qu'ils se revoyaient depuis la signature des papiers du divorce.
« Qu'est-ce qui se passe, maman ? Papa ? Ça fait longtemps, non ? Vous n'avez rien à vous dire ? »
« Même si tu me dis ça... Cette dame, c'est Minato-san ? »
« ...Oui, madame. Je m'appelle Minato Kyouka, enchantée. »
« Je suis Maehara Masaki. Ne vous en faites pas, je ne suis plus sa femme, vous pouvez bien faire ce que vous voulez de lui. »
« ...Je ne pense pas être à la hauteur... »
« C'est ça... Tu ne changes jamais, hein ? Toujours à jouer avec les sentiments des femmes... »
En voyant la réaction de Minato-san, maman a lancé un regard noir à papa.
En réponse, papa a poussé un long soupir.
« ...Tu ne comprends pas... »
« Encore cette rengaine, "tu ne comprends pas". Pourquoi tu es toujours comme ça ? Tu ne fais jamais face à tes problèmes, tu fuis en permanence. Si je t'énerve, essaie au moins de répliquer, espèce de lâche. »
« Maudis-moi autant que tu veux... Maki, si tu n'as rien d'autre à dire, je m'en vais. Je suis occupé... »
« ...Non, s'il vous plaît, attendez une minute, Itsuki-san. »
Papa s'apprêtait à tourner les talons, mais Minato-san lui a attrapé la main.
« Lâche-moi, Minato. Et puis, on est encore aux heures de bureau, appelle-moi Chef. »
« Non. Je ne ferai ni l'un ni l'autre. »
« Minato... »
« Tu vas continuer à fuir ton fils comme ça ? »
« ... »
En entendant ces mots, papa a arrêté d'essayer de se dégager.
« Itsuki-san, écoutez d'abord ce que Maki-kun a à dire... Après ça, vous pourrez fuir si vous le voulez... »
« Je vois... C'est donc ça, ton "urgence" de tout à l'heure... Tu as menti et séché le boulot pour ça ? ...Tu es prête à en assumer les conséquences ? »
« Oui. Je suis prête, Itsuki-san. »
« Toi... »
Minato-san a sorti une enveloppe de sa poche. Ça suffisait à montrer sa détermination.
C'était une femme forte.
« ...Je vous donne dix minutes... »
« Merci. Maki-kun, vas-y. »
« D'accord. »
J'ai remercié Minato-san et je me suis placé entre mes parents.
« Maman, papa, je peux vous prendre la main ? ...Qu'est-ce que je raconte ? Pourquoi j'aurais besoin de votre permission ? »
« Hein ? »
« A-Ah... »
J'ai ignoré mes parents qui avaient l'air confus et j'ai attrapé leurs mains.
C'était la première fois depuis longtemps que je sentais la chaleur de leurs deux mains. Je n'aurais jamais cru pouvoir refaire ça un jour.
Leurs mains ont réchauffé les miennes, qui étaient glacées.
J'ai réalisé une fois de plus à quel point ils étaient précieux pour moi...
« ...Maman... Papa... Vous pouvez vous réconcilier pour moi ?... »
Et voilà, j'avais formulé mon vœu égoïste.
« Vous pouvez arrêter de vous battre et redevenir normaux ? Je ne veux pas avoir à choisir entre vous deux... Je veux qu'on soit ensemble comme avant... »
« ...Maki, tu... »
« Maki... »
J'ai serré leurs mains un peu plus fort.
« Je vais faire plus d'efforts qu'avant... Je vais mieux étudier, je vais me mettre au sport... Je me suis fait des amis récemment, et je vais continuer à en rencontrer et à bien m'entendre avec eux... »
Les émotions que j'avais refoulées ont jailli sous forme de larmes.
« Je vous aime tous les deux... Je ne peux pas choisir, je veux être avec vous deux... »
Je savais que c'était inutile. C'était bien trop tard, et je ne faisais que les mettre dans l'embarras.
Mais si je ne le faisais pas, je ne pourrais jamais tourner la page. J'avais besoin de ça pour laisser le passé derrière moi et créer de nouveaux souvenirs avec Umi et les autres personnes qui comptent pour moi...
« Maki ! Désolée, je suis en retard... »
« Umi... Non, c'est bon, ça commence à peine... Comment ça s'est passé ? »
« C'est réglé. Je leur ai dit que s'ils osaient recommencer, je leur ferais regretter d'être nés. »
« C'est vrai ? »
Je suis content que tout soit rentré dans l'ordre pour elle. Tout ira bien, c'est Umi après tout, elle peut tout surmonter.
Et puis, je serai là pour la soutenir.
« ...Enfin bref, voilà, maman, papa... Désolé de vous avoir sorti ça de but en blanc... »
Je voulais juste leur dire, je n'avais pas l'intention de changer quoi que ce soit. Mais ça m'a fait du bien, je devrais remercier Daichi-san pour son conseil.
« Au fait, papa, à propos de ce dont on a parlé au téléphone... »
« ...À propos du fait de savoir si tu vas vivre avec moi ? »
« Oui, ça. »
J'ai hoché la tête et j'ai lâché les mains de mes parents. Puis je suis allé vers Umi et j'ai pris sa main.
« Papa... En fait, je suis tombé amoureux de cette fille. Je ne sais pas pourquoi elle est tombée amoureuse de moi, mais elle a été à mes côtés pendant mes pires moments... »
Asanagi Umi.
Ma première amie et mon premier amour.
« Minato-san m'a parlé de tes difficultés et je comprends. Tu ne peux même pas en parler à ta famille à cause de la nature de ton travail, mais malgré ça, tu as continué à travailler pour nous et j'apprécie... Mais voilà, je ne veux pas être séparé de cette fille... »
Ce serait la fin de cette histoire.
Bien sûr, j'avais encore des regrets. Si je pouvais remonter le temps, je le ferais, mais en même temps, je ne veux pas être loin d'Umi.
« ...Je vois... Alors tu as trouvé quelqu'un, hein ? »
« Oui. Même si je pense qu'elle est trop bien pour quelqu'un comme moi. »
« ...Tu as changé, Maki. »
« ...J'imagine... »
Il y a trois mois, je n'aurais jamais sorti des phrases aussi fleur bleue.
Eh bien, j'ai changé, après tout.
Papa a poussé un soupir.
« ...D'accord... Alors essaie de ne pas finir comme moi, d'accord ? Qui sait quand on se reverra, mais je souhaiterai toujours ton bonheur, Maki... »
« Merci, papa... Bonne chance pour ton travail... »
« Mhm... Bon, maintenant que tu as décidé ça, je dois payer à ta mère la pension pour ta garde... Être adulte, c'est vraiment une plaie. »
Puis, pour la première fois aujourd'hui, papa a souri.
Ça devait être douloureux pour lui, sachant qu'il ne me verrait peut-être plus, mais il a quand même souri.
Je l'aime tellement.
« Maman, papa, je peux vous demander un truc ? »
« Quoi ? Tu nous as retourné le cerveau et tu as encore quelque chose en tête ? Hm ? »
« Eh bien oui, je n'ai pas fini. Je veux qu'on prenne une photo sous cet arbre. »
Grâce aux décorations et à la neige, l'arbre gigantesque ressemblait à un sapin de Noël, ce qui faisait un super décor pour une photo.
Je voulais prendre une photo là pour remplir la dernière page de l'album de la famille Maehara.
C'était mon dernier caprice, celui que j'avais prévu avec Umi.
« Qu'est-ce que vous en dites ? »
« ...Je ne sais pas... Faire une photo de famille après notre divorce, ça fait bizarre, mais... Bon, puisque c'est le souhait de notre fils, je suppose que je dois l'exaucer, non ? »
« Hehe... J'imagine... »
Pendant un instant, j'ai pu voir l'ombre de ce qu'ils étaient quand ils étaient encore ensemble.
Mais je savais que je ne pouvais pas changer le passé. C'est pour ça que j'ai fait tout ça, pour tourner la page et avancer vers le futur.
« Umi, tu peux nous prendre en photo ? »
« Je peux, mais je suis nulle pour ça... Alors, j'ai amené des renforts~ »
« Hein ? Des renforts ? »
« Ouais. Eh, vous autres, c'est l'heure ! »
« Eh ? »
Umi a appelé vers le jardin voisin et trois silhouettes sont apparues.
« Il faisait froid~ Mais enfin, c'est mon tour ! »
« Je suis venue sans la permission de ma sœur, alors tu devras m'accompagner pour t'excuser après, Maki ! »
« ...Vous êtes sûrs que je peux être là ? Je me sens tellement déplacée... »
C'étaient Amami-san, Nozomu et enfin, Nitta-san.
Je pensais qu'Umi était venue seule, mais on dirait qu'elle a ramené toute la bande.
Enfin, je m'y attendais un peu. Amami-san n'allait jamais laisser Umi traîner dans le froid toute seule.
« Bon, tu peux prendre la photo alors, Nina. Tu es douée pour ça, non ? »
« Ouais, je suis meilleure que la plupart des gens, au moins... Bon, je dois un service au Rep et à son père, alors je le ferai avec plaisir. »
J'ai donc donné nos téléphones à Nitta-san et je me suis placé entre mes parents.
« Maman, papa, vous vous amusez ?... »
« ...J'imagine que oui, ouais. »
« ...Mhm, je m'amuse bien. »
« Haha, c'est quoi cette réponse ? Tu n'as vraiment pas changé, "maman". »
« Ok, tout le monde est prêt ?~ »
Et voilà, les photos étaient enregistrées sur chacun de nos téléphones.
Sur les photos, il y avait les sourires heureux de maman, papa et moi.
« Bon, puisque tout est fait, on devrait se joindre à vous, Umi ! »
« Yuu... Bon, d'accord. Viens là, Seki. »
« Ok. Toi aussi, Nitta. »
« Hein ? Moi aussi ? Alors qui va prendre les photos ? ...Ah, cette grande sœur là-bas, je peux lui demander ?... »
« D'accord. »
Après avoir confié nos téléphones à Minato-san, Nitta-san nous a rejoints.
On était sept, c'était dur de faire tenir tout le monde, mais on s'amusait tellement que ça n'avait pas d'importance.
« Je commence à prendre les photos... Euh, je dois dire quoi pour l'occasion ? »
« Dis juste ce que tu veux, grande sœur ! On te suivra, t'en fais pas ! »
« D'accord, alors... »
Les voix joyeuses des lycéens résonnaient sous la nuit de Noël enneigée.
Alimentez mon addiction au gacha, s'il vous plaît.