Après ça, nous avons laissé les adultes et sommes retournés sur les lieux pour terminer notre travail.
La fête s'est déroulée sans aucun problème majeur, grâce aux instructions précises de Tomoo-senpai.
Même si nous n'avons pas pu participer directement à la fête, nous avons quand même ressenti l'effervescence. Après tout, c'était un événement rare où des élèves de divers lycées pouvaient socialiser, et il y avait plein de jeux avec des prix intéressants, donc c'était assez sympa de les regarder s'amuser.
« Très bien, ça devrait être tout ! Merci beaucoup pour votre coopération à tous ! Vous pouvez rentrer chez vous maintenant. »
Il semblait que nous pouvions laisser le reste du travail au personnel de la salle, nous étions donc libres de partir.
Les élèves demandaient à ce que la fête soit organisée à nouveau l'année prochaine, et après avoir vu Tomoo-senpai courir partout pendant toute la durée de l'événement, je me suis dit que j'adorerais y participer en tant qu'invité plutôt qu'en tant que staff.
« Désolé de t'avoir fait attendre, Umi. »
« Mm. Ça s'est bien passé ? »
« Parfait. On a juste besoin de réchauffer un peu tout ça. »
Je lui ai montré le contenu des sacs en papier que je portais. Tomoo-senpai m'avait donné la permission de prendre les restes de nourriture et de boissons, alors je ne me suis pas privé.
Pour être honnête, après mon retour sur les lieux, j'ai dû bosser comme un dingue, donc je n'avais pas eu le temps de manger pendant la fête.
Il y avait des sodas de marques rares qu'on ne trouvait pas au supérette, alors Umi et moi étions super contents.
Cette quantité de nourriture devrait suffire pour notre after improvisé.
« …Au fait, Umi, où sont les autres ? »
Amami-san, Nozomu et Nitta-san étaient censés nous rejoindre pour l'after, mais ils étaient introuvables.
« Ah… Hum… Yuu et Nina sont allées au karaoké ensemble et Seki a été appelé par la présidente… »
En d'autres termes, nous étions seuls.
« J-je vois… »
« M-mouais… »
Ça signifiait qu'on devait manger la nourriture prévue pour cinq personnes à nous deux.
« …Enfin bref, on devrait d'abord aller chez moi… »
« Mm… Mais, on peut passer chez moi avant ? …J'en ai marre de porter cette robe… »
« Pas de souci. J'en profiterai pour saluer Sora-san. »
C'est ainsi qu'il a été décidé que nous passerions la nuit ensemble.
Nous avons pleuré et ri. Nous avons laissé sortir toutes nos émotions avec ma famille et mes amis, mais tout ce qui s'était passé jusqu'ici n'était qu'un prélude pour moi.
Mon vrai travail commençait maintenant.
* * *
Je suis allé chez Umi pour demander la permission de traîner un peu plus longtemps avec elle, mais à ma grande surprise, ce n'est pas Sora-san qui nous a accueillis à la porte. C'était Riku-san.
« Si vous cherchez maman, elle a dit qu'elle avait reçu un appel d'une amie et qu'elle était sortie boire un verre. Sérieusement, cette vieille peau devrait agir selon son âge. »
« Je vois… »
En plus, elle m'a laissé un message disant « J'emprunte Masaki-san pour un moment », j'imagine que maman est partie avec elle, hein ?
Puisque je l'ai déjà assez embêtée pour aujourd'hui, je devrais laisser maman faire ce qu'elle veut.
J'ai besoin de lui laisser un peu d'espace, moi aussi.
Et puis il y a mon père… Je ne sais pas ce qu'il adviendra de sa relation avec Minato-san. Restera-t-elle la subordonnée de papa ou acceptera-t-il ses sentiments ?
Quoi qu'il en soit, ça ne me regarde plus. Peu importe ce qu'ils décident, j'espère juste qu'ils seront heureux de leur choix.
Et j'espère que ce que j'ai fait aujourd'hui restera un bon souvenir pour mes parents.
« Bon, je vous ai tout dit, je retourne dans ma chambre. »
« Ah, d'accord. Merci, Riku-san. »
« …T'en fais pas pour ça. »
Il avait l'air bourru, mais Riku-san est quelqu'un de gentil aussi. J'imagine que la gentillesse est un trait de la famille Asanagi. Tout ce qu'il lui manque, c'est un boulot et il serait parfait, mais dommage, il n'a pas l'air d'avoir l'intention d'en chercher un.
Après ça, Umi est arrivée. Elle portait sa veste oversize et une longue jupe. C'était pratiquement sa tenue d'intérieur, mais j'imagine que ma maison est devenue sa deuxième maison maintenant.
Je me sentais étrangement heureux.
« On y va. »
« Mm ! »
Nous avons quitté sa maison en nous tenant la main et avons commencé à marcher ensemble dans la rue familière.
La neige avait cessé ce soir et le clair de lune éclairait faiblement notre chemin.
« Qu'est-ce que tu regardes, Umi ? »
« Hm ? Juste les photos qu'on a prises tout à l'heure. Tu veux voir ? »
« Carrément. »
J'avais les photos enregistrées sur mon téléphone, mais pourquoi les sortir à ce moment-là juste pour les regarder ? J'ai jeté un œil par-dessus l'épaule d'Umi.
« …Au moins, j'ai souri correctement… Dieu merci… »
« Celle-là est vraiment réussie. Tu devrais la mettre dans l'album plus tard. »
Sur l'écran, il y avait une photo des membres de la famille Maehara, souriants, entourés par quatre lycéens.
Avant, je détestais qu'on me prenne en photo. C'était gênant d'être exposé au regard des autres parce que j'avais un complexe sur moi-même.
Mais plus maintenant.
Umi est là avec moi. Elle m'a aidé à surmonter ce complexe, elle m'a dit que cette tête un peu terne et maladroite que je faisais sur les photos était sympa, et ça a boosté ma confiance en moi.
Depuis, j'ai commencé à me dire que ce ne serait pas si terrible de se faire prendre en photo si ça pouvait la rendre heureuse.
« Tu sais quoi, Umi ? »
« …Oui ? »
« Je t'aime. »
Alors que nous passions devant le passage à niveau familier, j'ai avoué mes sentiments à Umi.
C'était près de l'endroit où Umi m'avait fait sa confession. Ce n'était pas calculé, c'était une coïncidence si nous étions là.
« …En tant qu'ami ? »
« En tant que fille, évidemment. »
Je n'avais pas réussi à dire ces mots lors de notre premier rendez-vous, et depuis ce jour, il n'y avait jamais eu de bon moment pour le lui dire.
À l'époque, ma nervosité avait pris le dessus et je n'avais pas réussi à m'exprimer correctement, mais là, je me sentais calme.
Je pouvais sentir la chaleur de sa main. Si possible, je ne veux partager cette chaleur avec personne d'autre.
Je voulais la chérir et je voulais qu'elle me chérisse. Je voulais la faire passer avant tout le monde et je voulais qu'elle me fasse passer avant tout le monde.
Après tout ce qui s'est passé ce soir, ce sentiment est devenu encore plus fort.
« Je ne sais pas ce qui arrivera dans le futur… Si on continue à être ensemble pendant longtemps, on finira par se disputer et peut-être qu'il y aura un moment où je ne voudrai plus te voir… Mais, même si ça arrive… Je ferai de mon mieux pour rester à tes côtés… »
J'aurais aimé que ce moment de paix dure éternellement, mais je savais que c'était impossible. La vie n'est pas aussi clémente, après tout.
Tout le monde finit par souffrir à un moment ou à un autre.
« Enfin bref, Umi… Je veux que tu deviennes ma petite amie… Je sais, je suis un mec pleurnichard, gâté et peu fiable, mais si c'est pour toi… Je ferai tout pour te rendre heureuse. »
J'ai serré sa main fermement.
« Et aussi, Umi… Merci de toujours me faire passer en premier… Je t'aime… »
« … »
Umi a hoché la tête doucement.
J'ai remarqué que ses yeux étaient humides.
« Umi, tu pleures ? »
« Snif… Tais-toi, abruti ! Évidemment que je pleure si tu me dis des trucs pareils ! Essaie de te mettre à ma place, je parie que tu pleurerais aussi ! Idiot ! »
« Qui sait~ Mais Umi, approche un peu. »
« Mm… »
J'ai posé les sacs en papier par terre et je l'ai attirée contre ma poitrine.
« …Maki, c'est chaud… »
« Je suis content de l'entendre… Haha… »
En voyant Umi sangloter comme une petite fille dans mes bras, je n'ai pas pu m'empêcher de rire d'elle.
« …Maki, t'es un tyran. Alors que je m'étais retenue de rire à l'époque… »
« Je le savais, tu te moquais de moi en secret. Enfin, ça prouve juste à quel point on est compatibles, tu ne trouves pas ? »
« J'imagine que oui. On est le duo des pleurnichards maintenant. »
« Ton sens des surnoms est toujours aussi nul. »
« Mais ça nous correspond bien ! »
Nous nous sommes taquinés comme d'habitude tout en rapprochant progressivement nos visages.
« Umi… »
« Maki… »
« « —— » »
À cause du mauvais timing du train, nous n'avons pas pu entendre ce que nous nous sommes dit.
Mais nous étions assez proches pour lire sur les lèvres de l'autre à cette distance.
« « Je t'aime. » »
Et ainsi, à partir de maintenant, nous avons cessé d'être amis pour devenir amants.
Alimentez mon addiction au gacha, s'il vous plaît.