Chapitre 101 – Le dernier caprice (3)
Après avoir retrouvé Minato-san, je me suis rendu au centre civique, là où la fête allait avoir lieu.
Il avait commencé à neiger un peu plus tôt, alors les environs du bâtiment étaient devenus tout blancs. Selon les prévisions météo, la neige allait continuer de tomber alors que les températures chutaient.
« J'ai toujours trouvé qu'un Noël blanc était une plaie, à cause des routes glissantes… »
À cause du ciel couvert, les nombreuses décorations lumineuses installées dans la ville étaient déjà allumées.
La lumière orangée des lampadaires, les guirlandes colorées sur les arbres, les bâtiments et les rues, le tout sous une neige qui tombait doucement… C'était vraiment une scène de Noël parfaite.
J'avais toujours gardé les yeux rivés sur mes pieds, mais après avoir vu ça, je devrais peut-être arrêter…
« Oups ! »
Alors que je pensais à ça, j'ai glissé et j'ai failli m'étaler par terre.
J'ai sorti la main de ma poche pour amortir ma chute –
« Attention. Si tu fais ça, tu vas te fouler le poignet, tu sais ? »
Quelqu'un m'a rattrapé par derrière.
« Ah, désolé pour le dérangement… J'étais un peu dans la lune… »
« Avec la neige, le sol est plus glissant que d'habitude, alors tu devrais faire plus attention où tu mets les pieds, Maehara-kun. »
« P-Présidente ? D-Désolé… »
Celle qui m'avait aidé était la présidente du conseil des élèves.
C'était déjà gênant de se faire aider par une inconnue, mais l'être par une connaissance, c'était encore pire. En plus, c'était la sœur de Nozomu, imaginez s'il l'apprenait… Ouais, il ne me lâcherait plus jamais avec ça…
Je sentais la chaleur monter à mes joues.
« A-Au fait, vous n'êtes pas un peu en avance, Présidente ? La réunion ne commence pas avant trente minutes, non ? »
« La salle est déjà prête, donc je dois faire un tour de contrôle. Et puis, c'est toi qui es en avance, Maehara-kun, non ? »
« Eh bien… C'est la première fois que je participe à ce genre d'événement… Je suis un peu nerveux… »
« C'est ça ? Tant que tu y es, pourquoi tu ne te joindrais pas à moi ? Tu t'habitueras plus vite à l'ambiance, et si on peut avancer un peu le travail, on pourra se détendre quand les festivités commenceront. »
« …D'accord, je vais faire ça. »
En réalité, la raison principale de ma nervosité n'était pas la fête elle-même, mais l'autre chose que je devais faire. Je veux dire, je n'aurai qu'à suivre les instructions de la Présidente pendant la soirée, donc pas besoin de stresser. Umi et les autres seront là aussi, je ne serai pas seul.
On avait prévu de se retrouver dans la salle plus tard, donc je devais attendre encore un peu avant de voir la tenue d'Umi et d'Amami-san.
Je suis arrivé sur place avec la Présidente et on a préparé les bureaux d'accueil pour les participants.
D'après elle, environ 200 à 300 personnes allaient venir, donc pour éviter le chaos, ils avaient prévu un bureau d'accueil par école.
« Ah, c'est vrai, tu n'as pas encore reçu ça, Maehara-kun ? »
« Le brassard de staff ? Non, pas encore… Attendez, c'est quoi ça ? »
Elle m'a tendu un bonnet rouge avec un pompon blanc au bout : un bonnet de Père Noël.
« Le brassard ne suffira pas vu la foule, c'est pour ça qu'on va porter ça. Prends-en trois, pour Asanagi-san, Amami-san et… mon idiot de frère. »
« Compris. »
Le bonnet faisait un peu ringard, mais au moins, on nous repérerait facilement dans la foule. Par exemple, la Présidente, comme elle est plus grande que la moyenne, elle sera encore plus visible avec ça, ce sera facile de la retrouver.
« Au fait, Maehara-kun, je peux te demander un truc ? »
« Oui ? »
« Tu peux arrêter de m'appeler "Présidente" ? Je suis peut-être la présidente du conseil des élèves pour l'instant, mais je vais passer la main l'année prochaine, alors… »
Je vois. Une fois que tout le monde commence à l'appeler « Présidente », on dirait que c'est dur de changer, même quand elle n'est plus en poste. Je comprends ce qu'elle veut dire.
« D'accord… Tomoo-senpai ? »
« Oui, quelque chose comme ça… Mais dis donc, Maehara-kun, tu es audacieux. Tu m'appelles par mon prénom comme ça, d'un coup ? »
« C'est que, si je vous appelle par votre nom de famille, je risque de vous confondre avec Nozomu, senpai. »
« Ah, c'est vrai, ce type existe. »
« C'est votre petit frère, vous savez ? »
Au début, je pensais que Tomoo-senpai était coincée, mais après avoir discuté un peu, elle s'est révélée être quelqu'un d'assez taquin.
J'imagine que c'est pour ça que les membres du conseil des élèves ont l'air si proches.
« Alors, je t'appellerai Maki-kun à partir de maintenant. On va assurer aujourd'hui, Maki-kun. »
« Oui, je compte sur vous, senpai. »
Après nous être serré la main, on a continué à installer les bureaux. Pendant ce temps, le nombre de personnes qui arrivaient près de la salle augmentait petit à petit.
« Je suis là, Maki. »
« Hé~ Maki-kun~ »
Nozomu est arrivé le premier, suivi d'Amami-san. Nozomu était en uniforme scolaire parce que Tomoo-senpai l'avait assigné aux coulisses malgré ses protestations. Amami-san, elle, portait une robe bleu clair qui lui allait à ravir. Enfin, c'est Amami-san, je suis sûr que tout lui va bien.
« Purée, regardez-la… »
« Des cheveux blonds… C'est une étrangère ? »
Évidemment, les élèves des autres écoles ont commencé à faire du bruit en la voyant.
Amami-san a dû les entendre, mais elle les a totalement ignorés pour continuer à discuter avec la Présidente. J'imagine qu'elle est habituée à ce genre de situation, hein ? J'aimerais être comme elle.
« Amami-san, où est Umi ? »
« Ah, oui, elle est venue avec moi, mais elle est passée aux toilettes alors je suis passée devant… En parlant du loup, Umi~ On est là !~ »
En nous voyant, Umi a couru vers nous.
« Yuu, tu as encore raconté des bêtises à Maki ? »
« Pas du tout~ Pas vrai, Maki-kun ? »
« Ah, ouais… Elle ne m'a rien dit de spécial… »
Elle a essayé de sous-entendre quelque chose et j'ai bien compris, mais je vais faire comme si de rien n'était.
J'ai donné les brassards et les bonnets aux trois filles et on est allés aux bureaux d'accueil ensemble. On allait rester au stand de notre école pendant que Tomoo-senpai allait aider les autres.
« …Euh, Umi… »
« O-Oui ? »
« Euh… Cette robe te va super bien. »
Je lui ai tenu la main en cachette sous le bureau en lui disant ça.
C'était une robe noire en dentelle, avec les épaules dénudées. Elle dévoilait sa peau du cou jusqu'aux épaules.
Elle avait dit qu'elle ne se mettrait pas autant sur son trente-et-un que lors de notre rendez-vous, mais là… purée.
« Je vois. Bon, ton vocabulaire est limité, mais je l'accepte puisque c'est ton impression sincère. »
« Je veux dire, tu es magnifique, qu'est-ce que je pourrais dire d'autre ? »
« J-J'ai compris, alors arrête de dire ça à voix haute ! »
« Ok, ok. »
J'ai remarqué qu'Amami-san nous regardait avec un sourire en coin, alors j'ai immédiatement lâché la main d'Umi pour retourner au travail.
Amami-san était peut-être superbe ce soir, mais Umi était définitivement la plus belle.
…Je crois que j'aime Umi un peu trop fort…