Chapitre 67
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Traducteur/éditeur : Dionysus
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◈ Xianxia Cultivation with a Dragon Heart ◈
Chapitre 67 : Éveil d’un nouveau pouvoir surnaturel
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Han Yujin finit par comprendre.
La Peinture des Six Voies du samsara était bel et bien une peinture.
Ce n’était ni un remarquable héritage de connaissances empruntant la forme d’un tableau, ni un outil dissimulant une fonction particulière.
C’était une œuvre d’art pure, créée avec les couleurs propres à l’artiste dans le seul but d’être admirée.
C’était aussi pour cela que, malgré sa compréhension transcendante, il n’avait pas réussi à interpréter pleinement les pensées qui avaient résonné dans son esprit.
Il fallait qu’il en soit ainsi pour qu’elle transmette précisément la compréhension nécessaire tout en préservant au mieux le sentiment originel de l’œuvre.
Il fallait également comprendre dans cette perspective l’expérience bouleversante des Six Voies du samsara. Celui qui avait peint cette œuvre souhaitait manifestement montrer aux spectateurs comment il interprétait les émotions humaines et les exprimait.
L’éveil du sens divin et l’acquisition de capacités offensives et défensives n’étaient que des effets secondaires nécessaires à l’appréciation de l’œuvre.
« Alors, ce qu’il me faut maintenant… »
En partie guidé par son intuition instinctive, Han Yujin commença à mêler quelque chose de lui-même aux images des Six Voies qui tournaient sans fin, ainsi qu’aux sensations et aux émotions qu’elles suscitaient.
Il ne recouvrait pas sans réfléchir le style de l’artiste. C’était plutôt comme s’il y ajoutait une interprétation qu’il pouvait raisonnablement proposer en tant que spectateur.
Le bonheur personnel de Han Yujin se mêla à la joie du Royaume de la Félicité céleste.
D’abord, il y avait les souvenirs heureux qu’il ne pouvait nier, même si sa famille s’était brisée alors qu’il était au lycée et que leurs couleurs s’étaient en grande partie fanées.
Sa mère, qui l’avait surpris devant chez eux alors qu’il rentrait de l’école primaire, ouvrant les bras pour le serrer contre elle avec un grand sourire. Son père, qui, en rentrant du travail ivre, éclatait de rire et entraînait soudain toute la famille dehors pour lui acheter des brochettes d’odeng et des pâtisseries en forme de poisson à un étal de rue.
Il y avait aussi des souvenirs de bonheur plus personnels.
Le jour où, pendant un voyage scolaire, il s’était assis à côté de la fille dont il était tombé amoureux pour la première fois, et où ils avaient bavardé en riant pendant un bon moment. La fierté qu’il avait ressentie après avoir parié avec un ami, travaillé dur et obtenu pour la première fois de sa vie au moins quatre-vingt-dix dans toutes les matières. Son premier salaire, reçu sous les félicitations de ses employeurs au petit boulot qu’il avait commencé parce qu’il en avait assez de vivre chez un parent et de devoir constamment ménager son humeur.
Il y avait aussi des souvenirs qui semblaient insignifiants, mais qui ne pouvaient l’être puisqu’ils avaient constitué sa vie.
Gagner à un jeu ou obtenir un bon objet. La lumière du soleil à l’époque où il faisait du vélo avec ses amis. Le paysage d’un sentier où il écoutait sa musique préférée par une journée ordinaire, fraîche et clémente.
Il ne pouvait pas non plus oublier les battements de son cœur quand, après s’être éveillé soudainement à un pouvoir, il avait imaginé son avenir.
Il se plongea dans ces souvenirs avec une profondeur et une vivacité bien plus grandes que s’il avait fouillé un album photo ou relu de vieux échanges, se demandant s’il avait déjà examiné sa vie avec autant de minutie.
Bien sûr, sa vie n’avait pas été faite que de bonheur.
Il avait quantité de souvenirs chargés d’émotions qu’il pouvait mêler aux espoirs du Royaume du Désir humain. Non, il en avait plus qu’assez. En fait, ils étaient bien plus nombreux.
Il avait un jour abordé quelqu’un avec une assurance sans fondement, avant de se faire rejeter. Parfois, il avait soupiré devant le prix d’un objet ou d’un plat qu’il n’avait pas les moyens de s’offrir. Il s’était même lancé dans les actions comme un joueur, à la poursuite du rêve éblouissant de l’indépendance financière, pour finalement y perdre de l’argent.
Malgré tout, il n’avait jamais craqué. Il avait continué d’espérer que les choses finiraient par s’arranger, tenant bon et trouvant du réconfort dans de petits bonheurs.
C’étaient des scènes fugaces qui remplissaient sa vie de moments simples et ordinaires.
Pour mêler ses souvenirs chargés d’émotion au chagrin du Royaume des Âmes défuntes, il ne put s’empêcher de se rappeler l’éclatement de sa famille. L’histoire n’avait peut-être rien d’exceptionnel, mais, pour lui, c’était comme si toute sa vie s’était écroulée.
En vérité, cet événement aurait aussi bien pu nourrir la colère du Royaume des Bêtes, le dégoût du Royaume des Insectes étranges et le désespoir du Royaume des Abysses.
Le chagrin et le sentiment de perte éprouvés quand ses propres parents l’avaient abandonné. La colère et la haine de les voir rejeter leur enfant. Le dégoût de savoir que de telles personnes étaient ses parents, ainsi que le mépris irrationnel qu’il s’inspirait à lui-même, comme s’il méritait d’être abandonné. La peur et le désespoir de se dire qu’il n’y aurait plus personne au monde qui serait sans condition de son côté.
Ces souvenirs n’avaient pu être aussi intenses que parce qu’ils correspondaient aux moments les plus sombres et les plus difficiles de sa vie.
À une moindre échelle, il pouvait y ajouter la sensation d’avoir reçu un coup de poignard lorsque Muyong s’était enfui alors qu’il essayait d’adopter la petite créature.
Pour la colère du Royaume des Bêtes, le désir de vengeance né de sa mort brutale à Ikhapa Pangée, chez les Disciples du Démon, ferait parfaitement l’affaire.
Rien qu’en se rappelant le choc, la douleur et le désespoir qu’il avait éprouvés à l’époque, il sentait encore couver en lui une haine brûlante contre le principal responsable. Elle s’atténuait peu à peu avec le temps, mais il lui faudrait encore très longtemps pour s’éteindre complètement.
Pour le dégoût du Royaume des Insectes étranges, le choc provoqué par la magie insectoïde inconnue qu’il avait rencontrée dans ce monde convenait tout aussi bien.
Il n’avait jamais rencontré de pouvoir plus étrange ou plus effroyable depuis. Ceux qui renonçaient à leur humanité pour vénérer des démons étaient forcément répugnants.
Pour le désespoir du Royaume des Abysses, il ne pouvait omettre le souvenir du regard écrasant qu’il avait senti sur lui pendant le baptême, dans ce monde.
La sensation que son âme était écrasée, broyée, puis réduite en poussière, qu’elle devenait un point infinitésimal avant de disparaître pour de bon, lui hérissait encore les cheveux.
Il devait aussi inclure ses expériences sur la Terre après l’Apocalypse.
Chaque fantôme semblait enveloppé d’une aura insondable qui éveillait instinctivement la peur chez les humains. Rien qu’en se rappelant la course-poursuite avec le fantôme en costume, un frisson lui parcourut le dos.
Et surtout, Wonhui.
Cet être avait inspiré une peur qui dépassait la simple terreur, presque révérencieuse. Wonhui avait laissé une impression si profonde que, parmi toutes les hallucinations qu’il avait eues en progressant vers l’Âme du Dharma, c’était le fantôme qui était apparu le plus souvent.
« L’émotion est subjective. »
Ses expériences pouvaient sembler tout à fait insignifiantes aux yeux d’autrui, mais l’authenticité des émotions qu’il avait ressenties alors était indéniable. Cela resterait vrai même s’il éprouvait plus tard des émotions plus intenses et plus bouleversantes.
Ainsi, tout en appréciant la Peinture des Six Voies du samsara, Han Yujin acheva d’en proposer une interprétation qui lui était propre. Naturellement, il n’oublia pas de respecter le style originel de l’artiste.
Han Yujin, qui était encore trempé de sueur froide peu auparavant, retrouva son calme sans même s’en apercevoir.
* * *
Un mois et quinze jours s’étaient écoulés lorsqu’il sortit de la Salle de la Roue du Dharma. Pour Han Yujin, trois ou quatre jours à peine semblaient s’être écoulés, aussi fut-il plutôt surpris.
La nouvelle de sa sortie avait sans doute été rapidement transmise, car, tandis qu’il se reposait et admirait le paysage quelques instants, l’Abbé Hyegak apparut.
« Il vous reste encore du temps. On dirait que vous avez progressé. »
Han Yujin ne le nia pas et acquiesça avec un sourire.
« Grâce à votre conseil d’étudier les écritures au préalable, j’ai appris quelque chose. »
« Ho… Toutes mes félicitations. Vous êtes assurément devenu un véritable maître suprême du monde martial, qui me dépasse sans aucun doute. »
Le Grand Maître Hyegak sourit doucement en parlant, et Han Yujin ne put s’empêcher de sourire à son tour.
Une idée lui vint alors, et il formula une requête avec sérieux.
« Si cela ne vous semble pas déplacé, pourriez-vous me montrer votre Six Paths of Samsara ? »
« Vous venez à peine de sortir de retraite. Vous n’êtes pas fatigué ? »
« Je vais bien. Au contraire, je me sens plus épanoui que jamais sur le plan mental. »
« Dans ce cas… préparez-vous bien, par précaution. »
Il s’agissait davantage d’une demande pour en être témoin que d’un défi. En tant que maître du Royaume de la Vie et de la Mort, l’Abbé Hyegak devait être curieux de voir comment réagirait quelqu’un confronté à son Six Paths of Samsara.
Quand Han Yujin fut prêt, l’Abbé Hyegak récita doucement une invocation bouddhique et joignit les mains.
À l’instant même, l’illusion des Six Voies du samsara, divisée en six mondes qui tournaient en cycle, jaillit des yeux de l’Abbé Hyegak. Au même moment, la même illusion apparut dans l’esprit de Han Yujin, qui croisait le regard de l’abbé.
Elle était exactement comme dans la peinture.
La technique était digne d’un maître du Royaume de la Vie et de la Mort : elle pouvait s’emparer des émotions de l’adversaire et les bouleverser jusqu’à ce qu’il finisse par se soumettre.
Les images du Royaume de la Félicité céleste, du Royaume du Désir humain, du Royaume des Âmes défuntes, du Royaume des Bêtes, du Royaume des Insectes étranges et du Royaume des Abysses montaient et descendaient sans cesse. On aurait dit que des chants bouddhiques résonnaient de toutes parts. En même temps, l’envie de s’agenouiller, de prendre refuge et d’atteindre la libération en se détachant de chaque vague de sensations et d’émotions montait en lui.
Cependant, c’était bien trop insuffisant pour soumettre un adversaire comme Han Yujin.
« Mon interprétation est très différente. »
Le Grand Maître Hyegak avait certainement interprété la Peinture des Six Voies du samsara uniquement à travers le prisme de la doctrine. Han Yujin sentait clairement que l’abbé la considérait comme les pas et les enseignements d’un sage, auxquels il fallait croire et se conformer autant que possible.
« C’est certain… Ma compréhension transcendante a dû s’activer aussi sur la Peinture des Six Voies du samsara. »
Autrement, il aurait été très difficile de comprendre qu’il s’agissait d’une simple œuvre peinte par un Éveillé libéré. Il n’aurait naturellement pas connu une immersion aussi profonde non plus.
Alors qu’il réfléchissait un instant, l’illusion des Six Voies du samsara qui cherchait à submerger son esprit disparut bientôt, comme balayée. L’Abbé Hyegak avait constaté qu’elle était totalement inefficace et mit fin à la technique.
« Excellent… Excellent… »
Comme s’il se trouvait face à un grand moine de même niveau, l’abbé lui adressa un salut respectueux, quelque peu différent de celui qu’il lui avait présenté auparavant. Han Yujin ne put que le lui rendre.
Ils discutèrent encore un peu.
Après que le Grand Maître Hyegak l’eut raccompagné hors de l’enceinte principale, Han Yujin prit congé de lui et regagna ses quartiers, tout en faisant le point sur ce qu’il avait obtenu.
« J’ai obtenu les Six Voies du samsara comme pouvoir divin. »
Il n’avait voulu qu’un art secret du sens divin, et pourtant, il avait éveillé un pouvoir divin qui ne pouvait qu’être supérieur.
Il pouvait désormais lire les émotions d’autrui comme dans un livre ouvert et même tenter de les manipuler, comme venait de le faire le Grand Maître Hyegak.
En outre, puisqu’il s’était éveillé sous la forme d’un pouvoir divin, celui-ci deviendrait sans aucun doute bien plus puissant qu’il ne l’imaginait à mesure qu’il vivrait, ferait des expériences et ressentirait de nouvelles émotions.
Malheureusement, cela ne suffisait toujours pas à surmonter la Tribulation sans cœur.
« Je crois pouvoir la retarder dans une certaine mesure… mais une tribulation reste une tribulation. »
Heureusement, il avait déjà imaginé quelques moyens d’y faire face et ne se sentait donc pas totalement découragé.
À l’idée de revoir Muyong et les autres, Han Yujin arriva de bonne humeur au bâtiment où se trouvaient ses quartiers.
Il comptait rester ici encore un ou deux jours afin de régler quelques affaires avant de partir.
* * *
De retour au Manoir du Lotus d’or, dans la Ville d’Okhan, le groupe reprit aussitôt son train de vie habituel.
Han Yujin recommença à raffiner le Cœur de dragon, faisant de nouveau rayonner cette présence et cette puissance terrifiantes au-delà de la Ville d’Okhan.
Dok Junseong démantela sans hésiter les arts martiaux qu’il avait appris jusque-là et se consacra à l’entraînement à l’Art du Retour à l’Origine.
Seogwang Gahu et Eun Miryeong s’entraînèrent eux aussi assidûment, le premier à la Méthode du Cœur de la puissance originelle, la seconde à l’Art du Retour à l’Origine. Dès qu’ils rencontraient une difficulté dans leur entraînement, ils venaient voir Han Yujin pendant ses périodes de repos et lui demandaient respectueusement conseil.
Muyong faisait preuve d’une attention admirable : il ne dérangeait jamais Han Yujin, Eun Miryeong ni les autres pendant leur entraînement. À la place, la petite créature se promenait dans le manoir et les environs, s’amusant toute seule.
Muyong n’était peut-être qu’une petite bête, mais il possédait les capacités d’un cultivateur du Stade d’entrée. Han Yujin lui avait enseigné de nombreux sorts adaptés à la fuite ; il ne courait donc aucun danger, à moins qu’un maître du Royaume de la Transformation ou d’un rang supérieur ne décide délibérément de lancer une attaque meurtrière dès qu’il le croiserait.
Au milieu de ces journées paisibles mais enrichissantes, Han Yujin confia à Dok Junseong une petite tâche préparatoire.
Elle concernait un « marché ».
Il avait prévu d’envoyer Dok Junseong ou Seogwang Gahu faire le tour des écoles martiales une fois qu’ils auraient atteint un certain niveau d’entraînement, afin de répandre leur art dans tout le monde martial. Mais il serait encore mieux d’attirer les gens à l’avance, histoire de préparer le terrain.
La rumeur ne s’était-elle pas déjà répandue dans tout le monde martial qu’il cultivait à la Ville d’Okhan un art suprême capable d’ébranler le monde ?
« Si la nouvelle se répand que j’échangerai les bases de cet art suprême contre des manuels d’arts martiaux d’un certain niveau, des plantes spirituelles anciennes, des secrets du Royaume de la Vie et de la Mort et autres choses du même genre, cela suscitera sûrement beaucoup d’intérêt. »
Comme prévu, sa prédiction se révéla juste.
Et même davantage. Bien que ce ne fût encore qu’une rumeur, certaines factions étaient déjà venues à la Ville d’Okhan pour tâter le terrain.
Il s’agissait de factions relativement jeunes et faibles, plutôt que de clans prestigieux ou de grandes sectes, mais Han Yujin ne les repoussa pas dès leur arrivée.
Malheureusement, leurs offres étaient bien trop insuffisantes et aucun marché ne fut conclu.
Ce qui comptait, cependant, c’était que le Vénérable martial du Lotus d’or se fût présenté en personne aux négociations, prouvant que la rumeur n’était pas infondée.
Ainsi, tout le monde martial commença à s’agiter en silence.
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