Chapitre 6
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Traducteur/éditeur : Dionysus
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◈ Cultivation xianxia avec un Cœur de dragon ◈
Chapitre 6 : Le choix du butin
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L’ouverture de la poche était bien serrée et refusait de s’ouvrir, quels que soient ses efforts. Étrangement, la longue épée n’avait pas de tranchant. Elle ne semblait pas s’être émoussée avec le temps : on aurait dit qu’elle avait été fabriquée ainsi dès le départ.
Quand Han Yujin ramassa la dernière gourde, quelque chose clapota à l’intérieur, ce qui éveilla vivement son intérêt.
Il y a encore quelque chose dedans ?
Ce n’était pas difficile à comprendre si la gourde, intacte, était restée parfaitement scellée. Han Yujin retira le bouchon avec précaution et huma légèrement son contenu. Il fronça aussitôt les sourcils.
L’odeur n’était pas insupportable, mais elle était clairement putride. Impossible de boire ça.
Je pensais que ça pourrait étancher ma soif…
S’il en buvait, il aurait probablement mal au ventre et perdrait encore plus d’eau.
Déçu, il devina sommairement l’utilité des deux autres objets.
L’un était évidemment une poche destinée à ranger des choses. C’était peut-être même la fameuse Poche de rangement, une sorte de sac spatial comme on en voyait dans les récits fantastiques.
L’autre avait une lame émoussée, mais c’était sûrement une arme conçue pour le combat. Elle ne devait fonctionner correctement qu’avec le pouvoir du dharma, cette force dont se servaient les cultivateurs.
Sans trop hésiter, il prit les trois objets. Ils ne lui servaient à rien pour l’instant, mais il espérait pouvoir les choisir comme butin une fois cette exploration terminée.
Une fois que j’aurai commencé la cultivation, je pourrai peut-être tous les utiliser.
Il ignorait à quel point la Secte des Cinq Éléments avait été réputée ou puissante, mais si un membre de la Secte intérieure avait gardé ces objets à ses côtés jusqu’au bout, ils ne pouvaient pas être sans valeur.
Han Yujin fourra tant bien que mal le butin dans ses poches, prit le reste dans ses deux mains et reprit son exploration. S’il trouvait autre chose, il comptait enlever son haut pour en faire un baluchon.
Malheureusement, il dut quitter le ravin sans rien trouver de plus.
* * *
Le domaine de la Secte intérieure n’avait rien de petit, comparé à celui de la Secte extérieure qu’il avait exploré en premier.
Pourtant, il en fit le tour étonnamment vite ; non pas parce qu’il était doué ou chanceux, mais simplement parce que les chemins étaient obstrués.
Il n’oubliait pas que la Secte des Cinq Éléments avait été une organisation de cultivateurs. Le domaine de la Secte intérieure, en particulier, devait n’avoir abrité que les membres les plus talentueux de la secte.
C’était peut-être pour cette raison qu’ils s’étaient peu souciés de relier les différents chemins. Même ceux qui l’avaient été autrefois étaient désormais tous brisés, usés et effondrés sous l’effet du temps.
Les bâtiments dressés au sommet de falaises abruptes en étaient un parfait exemple.
À l’époque où l’environnement regorgeait de vie, leur disposition et leur architecture devaient contribuer au charme d’un royaume immortel. À présent, cependant, ils ne semblaient que dangereux, et Han Yujin ne pouvait même pas envisager d’y grimper.
Une autre zone semblait mener à une immense grotte, mais un énorme rocher en bloquait l’entrée. Sans équipement lourd, il paraissait impossible de passer.
Voilà pourquoi son exploration du domaine de la Secte intérieure prit fin si tôt.
Je devrai revenir quand je serai plus fort.
Puisqu’il s’agissait d’un monde où toute vie avait disparu, il n’avait pas à craindre que quelqu’un lui vole ses trésors.
De retour dans le domaine de la Secte extérieure, il poursuivit son exploration malgré une soif et une faim qui ne cessaient d’empirer. Lorsque le jour commença enfin à décliner, il trouva aussi un abri où se protéger du froid nocturne.
La nuit fut longue et misérable.
Il avait passé toute la journée à marcher sans boire une seule gorgée d’eau. Sa soif en était désormais clairement devenue douloureuse. La nuit de ce monde désolé était aussi bien plus froide et plus sombre qu’il ne l’avait imaginé.
Il craignait qu’un danger inconnu ne l’attaque, comme sur la Terre après l’Apocalypse. Même s’il pensait que rien de tel n’arriverait, même s’il savait que mourir ne ferait que le réveiller dans la réalité, il lui était difficile de garder son calme.
Putain…
Il n’avait même pas la force de prononcer le juron qui lui venait à l’esprit.
Combien de temps avait-il tenu dans cet état où il se sentait à moitié conscient, où il aurait presque souhaité s’évanouir pour de bon ?
Quand la lumière du jour commença enfin à poindre, Han Yujin se releva en titubant et reprit son exploration. Il se sentait à l’agonie, mais puisqu’il avait accepté qu’il mourrait qu’il bouge ou non, il parvint à continuer d’avancer.
Heureusement, ses efforts furent largement récompensés.
Le domaine de la Secte extérieure se révéla immense : il comptait plusieurs Pavillons des Écritures et Salles d’alchimie. Dans le deuxième Pavillon des Écritures qu’il trouva, il dénicha quantité de nouveaux ouvrages utiles.
Ils traitaient surtout des arts plutôt que des méthodes de cultivation. Comme l’exemplaire de l’Art du Retour à l’Origine, ils avaient été produits en grand nombre et solidement fabriqués ; ils étaient donc relativement bien conservés. Il mit aussi la main sur trois ou quatre livres contenant des connaissances générales sur le monde de la cultivation et des informations sur la Secte des Cinq Éléments.
C’est ici que je vais mourir.
Han Yujin prit cette décision.
Il aurait été agréable de continuer à avancer et de trouver quelque chose d’encore plus important, mais même si environ une journée seulement s’était écoulée, il se sentait aussi faible qu’une personne qui aurait souffert d’une grave maladie pendant des décennies.
C’était peut-être simplement parce qu’il n’avait jamais vécu pareille expérience. Mais il était également possible que la calamité de la Fin du Dharma qui frappait ce lieu l’affectât.
Il commença naturellement par lire les arts.
Aucun n’était avancé. Tous semblaient être des arts fondamentaux que chaque cultivateur devait connaître. C’étaient bien le genre de livres qu’on devait conserver en grand nombre dans un Pavillon des Écritures de la Secte extérieure, et c’était précisément pour cela qu’ils étaient si utiles à Han Yujin à présent.
Étudier des arts avancés alors qu’il n’avait même pas encore commencé la cultivation ne servait à rien. Ce serait comme jeter des perles aux pourceaux.
Au total, il y avait sept arts.
L’Art du Projectile de flammes, qui permettait d’attaquer les ennemis, de les brûler et de provoquer des explosions.
L’Art de la Peau de jade, qui protégeait des impacts physiques et spirituels extérieurs.
L’Art du Vent et des Nuages, qui permettait de se déplacer rapidement et de voler sur de courtes distances.
L’Art de guérison, qui pouvait soigner les blessures, les maladies, les empoisonnements et bien d’autres maux.
L’Art de Manipulation des objets, qui permettait de déplacer des objets à distance.
L’Art de la Vision spirituelle, qui affinait la vue et permettait de voir les choses spirituelles.
L’Art de Dissimulation, qui cachait la présence spirituelle aux autres.
Attaque, défense, esquive, guérison, utilité… Tout ce qu’il faut pour survivre est là.
Un art permettant de contrôler les foules et de gêner les mouvements de l’ennemi aurait été encore mieux, mais il semblait que ce genre d’art ne comptait pas parmi les techniques fondamentales.
Han Yujin se plongea complètement dans les livres consacrés aux arts. Même si son état se détériorait rapidement, il parvint à se concentrer à un degré qui le surprit lui-même.
Dans la vraie vie, il n’aurait jamais pu faire ça. Mais comme ce n’était pas le cas, la sensation que le temps lui échappait ne fit que renforcer sa concentration.
Bien plus tard, après avoir lu une fois tous les ouvrages consacrés aux arts, il prit ceux qui contenaient des connaissances générales sur le monde de la cultivation et des informations diverses sur la Secte des Cinq Éléments. Ce genre de renseignements pouvait parfois lui être plus précieux que n’importe quel autre art.
Comme il s’y attendait, il avait raison. Han Yujin trouva bientôt des informations utiles.
Il apprit à qui appartenaient les objets qu’il avait récupérés dans le domaine de la Secte intérieure.
La poche était bien la fameuse Poche de rangement. Son espace intérieur ne semblait pas particulièrement vaste, mais comme il s’agissait d’une sorte de sac spatial, elle avait forcément une immense valeur.
L’épée était un artefact magique de grade moyen à élevé appelé Épée des Cinq Éléments. En termes de jeu, c’était un objet magique. En y insufflant du pouvoir du dharma, on pouvait librement puiser dans les attributs des cinq éléments : le feu, le tonnerre, le vent, l’eau et la terre. Elle pouvait servir aussi bien à attaquer qu’à se défendre.
Un point méritait ici qu’on s’y attarde. Dans ce monde de cultivation, les cinq éléments n’étaient pas le feu, l’eau, le bois, le métal et la terre que l’on connaissait sur Terre.
Ici, les cinq éléments — le feu, le tonnerre, le vent, l’eau et la terre — représentaient les cinq états de la matière. Même lorsqu’ils ne les représentaient pas directement, ils étaient étroitement liés à des phénomènes naturels qui, eux, y correspondaient.
La terre, qui représentait les solides.
L’eau, qui représentait les liquides.
Le vent, qui représentait les gaz.
Le tonnerre, qui représentait le plasma.
Enfin, le feu, qui représentait l’énergie accompagnant la destruction de la matière.
Ça paraît effectivement plus intuitif.
Et plus logique aussi. Cette conception pourrait sembler un peu inhabituelle à ceux qui appréciaient les cinq éléments orientaux connus sur Terre.
Quoi qu’il en soit.
La dernière gourde était un artefact magique de grade moyen appelé Gourde de liquide spirituel. Une seule gorgée de ce qu’elle produisait pouvait remplacer une journée de nourriture.
Elle n’était pas particulièrement populaire, car elle était moins bénéfique que les aliments adaptés aux cultivateurs, comme le riz spirituel. Elle pouvait toutefois aider à cultiver en éliminant les impuretés accumulées dans le corps et, en cas d’urgence, permettre de tenir longtemps sans difficulté.
Pour Han Yujin, elle ne pouvait pas être plus utile. À condition, bien sûr, qu’il sache s’en servir correctement.
Après avoir lu au moins une fois tous les livres qu’il avait trouvés, Han Yujin se sentit soudain épuisé et misérable, puis s’effondra sur le sol.
Il voulait les relire encore et encore, et en mémoriser autant que possible, mais son corps refusait de coopérer. Vu tout ce qu’il avait enduré dans le froid de la nuit précédente, c’était un miracle qu’il ait tenu jusque-là.
Reposons-nous un instant.
Sur cette pensée, Han Yujin ferma les yeux.
Peu après…
- Vous êtes mort.
Les lettres argentées familières flottèrent mystérieusement dans l’obscurité.
- Choisissez votre butin.
* * *
C’était une chance, en quelque sorte.
Il semblait que la nuit était tombée tandis qu’il dormait, comme inconscient, et que le froid mordant avait assailli son corps déjà affaibli. Il était mort sans même avoir eu le temps de se réveiller.
Est-ce que… j’ai de la chance ?
S’il s’était réveillé là-bas, il n’aurait fait que souffrir davantage avant de mourir. Au bout du compte, les choses avaient tourné à son avantage.
Laissant ces pensées de côté, il examina l’abondant butin qui flottait devant lui.
En vérifiant la quantité de karma nécessaire pour choisir chaque objet, le visage de Han Yujin s’éclaircit peu à peu. Il fallait bien moins de karma qu’il ne l’avait imaginé pour choisir les livres.
Est-ce parce que les connaissances contenues dans les livres peuvent s’acquérir par des expériences répétées ?
C’était probablement ça.
Comme l’activation de cette capacité ne lui avait déjà pas coûté grand-chose, il était logique que le karma ne serve qu’à lui épargner tout ce travail.
Grâce à cela, il pouvait choisir tous les livres sans hésiter. Plus exactement, juste avant de tendre la main pour les prendre, il découvrit une fonction qu’il ignorait et ouvrit de grands yeux.
En dépensant davantage de karma, il pouvait restaurer un objet récupéré dans son état d’origine !
C’est ça… ! C’est comme ça que ça devrait marcher… !
Submergé de joie, il se trémoussa avec enthousiasme pendant un instant, puis choisit tous les livres en les restaurant chacun à l’état neuf. Comme le coût initial en karma était faible, le supplément nécessaire à leur restauration restait lui aussi abordable.
Les livres anciens, de style oriental, désormais impeccables comme s’ils venaient d’être fabriqués, apparurent près de lui et s’empilèrent soigneusement. Han Yujin sut instinctivement qu’ils apparaîtraient aussi dans la réalité.
Il examina ensuite les trois objets restants qu’il n’avait pas encore choisis.
Il ne réfléchit pas longtemps.
C’étaient des objets extrêmement utiles qu’un membre de la Secte intérieure de la Secte des Cinq Éléments avait gardés jusqu’au bout. Maintenant qu’il pouvait les restaurer dans leur état d’origine, ils valaient la peine d’être acquis comme investissement pour l’avenir.
Ouais, c’est… c’est un investissement. Je ne peux pas laisser tout mon argent dormir sur un compte en banque.
Il ne faisait que commencer à se développer. N’était-il pas de bon sens que plus on investissait tôt, plus les rendements étaient élevés ?
Il dépensa donc sans hésiter plus de la moitié de son karma.
Il acquit la Poche de rangement, l’Épée des Cinq Éléments et la Gourde de liquide spirituel, des artefacts magiques essentiels à sa survie. Une fois enfin détendu, soulagé d’avoir pris cette décision,
« … »
il ouvrit les yeux dans son lit, dans la réalité.
En se redressant, il vit le butin disposé bien proprement autour de son lit. Les objets avaient exactement le même aspect que dans cet espace sombre.
Qu’est-ce que c’est, au juste, que mon pouvoir éveillé… ?
Cette vision surréaliste lui rappela une question qu’il avait repoussée jusque-là.
Il n’avait jamais rencontré de Chasseur doté d’un pouvoir pareil. Il en existait peut-être quelque part, mais ce n’était certainement pas courant.
Il pouvait explorer d’autres mondes selon ses envies, mourir sans subir le moindre effet néfaste et même rapporter dans la réalité le butin de ces mondes.
Han Yujin resta silencieux un long moment, puis secoua vivement la tête et chassa ces pensées.
Il en savait trop peu pour tirer la moindre conclusion, et surtout, il venait de terminer cette exploration éprouvante. Il était épuisé mentalement.
Pris soudain d’une envie de boire de l’eau, il sortit du lit.
Il était temps de se débarrasser de cette sensation persistante de soif et de faim.
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