Chapitre 49
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Traducteur/Éditeur : Dionysus
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◈ Cultivation xianxia avec un Cœur de dragon ◈
Chapitre 49 : Le dragon Casarnox
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Le souffle que Casarnox avait libéré disparut en plein vol, comme si les efforts conjugués de trois Archimages l’avaient démantelé.
Il ne s’évanouit pas tout simplement. Sa force résiduelle fut redirigée et vint renforcer les cercles magiques qu’ils avaient formés.
Neuf cercles magiques lumineux apparurent sur tout le champ de bataille et aspirèrent frénétiquement le mana alentour en s’étendant. Une fois assemblés en formations tridimensionnelles, les trois Archimages les maîtrisèrent pour produire un phénomène incompréhensible.
Des ondes se propagèrent ; l’air vide perdit ses couleurs et se figea. L’énergie violette libérée par Casarnox sembla lutter un instant avant de se faire engloutir.
Enfin, Casarnox lui-même se retrouva pris dans ce temps figé et incolore, immobilisé comme un spécimen conservé. Les trois autres Archimages profitèrent de cette ouverture pour passer à l’attaque.
« Attention ! »
L’un des Archimages qui préparait une attaque poussa un cri d’alarme et lança à la hâte un autre sort.
Un éclair jaillit du cercle magique à neuf couches, qui s’était effondré avant de se reformer. Tout ce que balaya sa lumière se brisa comme un miroir.
Sous l’illusion dissipée, Casarnox déployait largement ses ailes, parfaitement insensible au temps figé.
Sous l’éblouissante lueur, d’innombrables sigils magiques apparurent, fusionnèrent d’eux-mêmes et subirent plusieurs transformations. À peine Han Yujin eut-il le temps de croire qu’il avait tout vu que plus d’une dizaine de faisceaux jaillirent vers les six Archimages.
La seule onde de choc tumultueuse suffisait à révéler leur puissance. Pourtant, aidés par les divers artefacts qu’ils portaient, les Archimages bloquèrent l’attaque sans presque subir de dégâts.
Des barrières éclatantes, aux cinq couleurs, se brisaient et se régénéraient sans cesse, dispersant des gerbes de lumière dans toutes les directions. À l’intérieur, les Archimages lançaient d’autres sorts avec une concentration surhumaine et contre-attaquaient.
Un rayon vert profond jaillit du bâton d’un Archimage. Casarnox déplaça avec grâce son immense corps ; le rayon le manqua de peu et frappa le sol derrière lui, réduisant en poussière une zone de plus de dix mètres de rayon.
Un autre Archimage forma une masse de flammes bleu-blanc extrêmement comprimées et la propulsa vers l’avant. Un troisième entrava la magie de Casarnox, retardant sa riposte.
L’Archimage placé le plus loin à l’arrière traça des sigils magiques avec son bâton et se mit à incanter, faisant se contorsionner les ombres environnantes. Les deux autres tirèrent eux aussi des rayons et des projectiles, chacun porteur d’un effet dangereux.
À cet instant, la lumière violette qui enveloppait tout le corps de Casarnox se mit à scintiller de mille couleurs, et l’espace alentour trembla violemment.
Le champ de bataille, espace clos par le Sceau des Asterions, s’étendit sans fin et se fragmenta chaotiquement, comme les reflets d’un miroir.
Les attaques magiques qui arrivaient semblèrent perdre toute vitesse. Ou peut-être continuaient-elles d’avancer, mais l’espace qui s’étirait à l’infini les retenait avant qu’elles puissent atteindre leur cible.
« Rad, Kratesia ! Ssisma Te, Reoria ! »
Alors, la voix grave de l’Archimage à l’arrière se démultiplia en échos sans fin et fit exploser les ténèbres ombreuses qui se contorsionnaient.
Les espaces fantastiques qui s’étiraient et se chevauchaient sans fin furent teints par ces ténèbres, rongés, puis anéantis. Les attaques, un instant retenues, repartirent de plus belle, obligeant Casarnox à concentrer à la hâte les effets de sa magie autour de lui et à esquiver.
Ce n’était pas une esquive ordinaire. L’espace et le temps ondulaient avec lui, sans qu’on puisse savoir s’il s’agissait d’un phénomène réel ou d’une illusion créée par Casarnox.
Malgré la poursuite du combat, aucun rugissement à faire trembler la terre ni aucune explosion ne secouait les environs.
Pourtant, concentrer à l’extrême une puissance suffisante pour produire de tels effets secondaires, dans un échange d’attaques et de défenses, dépassait la compréhension de quiconque évoluait à un niveau inférieur.
Malheureusement, Han Yujin, qui se cachait sous terre et observait grâce à son sens divin, ne faisait pas exception.
Il comprenait qu’il se déroulait quelque chose d’incroyablement puissant et dangereux, mais n’en savait pas davantage. Avant même de pouvoir en évaluer la force destructrice, les principes mêmes de ces mystères opéraient à un tout autre niveau. Aussi vaste que fût le savoir qu’il accumulait, il était tout naturel qu’il ne puisse pas tout comprendre, au stade où il se trouvait.
Lorsqu’un cultivateur atteignait le Stade de l’Âme naissante, il accédait à une perception nouvelle et supérieure de l’espace et du temps. Tenter de comprendre parfaitement ce combat sans cette faculté revenait à demander à un aveugle d’apprécier pleinement l’art d’une sculpture.
Sans la vue, il y avait une limite évidente à ce qu’on pouvait apprendre par le toucher.
Quoi qu’il en soit.
Leur combat était si avancé qu’il lui facilitait en réalité la survie. Même s’il doutait que cela suffise, Han Yujin poussa l’Art de Dissimulation à ses limites et continua d’attendre une occasion.
Des éclairs et des sphères de toutes sortes jaillissaient les uns vers les autres, s’évanouissaient, puis se reformaient et resplendissaient à nouveau. À mesure que l’espace et le temps se déformaient violemment, le combat auquel assistait Han Yujin semblait revenir en arrière plusieurs fois avant de reprendre son cours.
Puis, à un moment donné.
Un Archimage, protégé par des barrières qui se brisaient sans cesse, fit jaillir de son bâton des rayons qui semblaient déchirer l’air, puis traversèrent soudain l’espace.
L’intention derrière l’attaque était évidente. Même Han Yujin, qui ne comprenait pas la moitié de ce combat, reconnut aussitôt qu’il s’agissait d’entraver les mouvements de Casarnox.
Mais…
Cette attaque, qui aurait dû se limiter à l’immobiliser, trancha l’une des ailes de Casarnox et lui ouvrit une profonde blessure au flanc.
Au milieu des éclats lumineux qui se dispersaient comme la Voie lactée, le sang rouge vif du dragon gicla à son tour. Sa griffe antérieure s’abattit comme l’éclair sur l’Archimage, encore stupéfait malgré la réussite de son attaque.
Ce n’était pas une attaque fondée uniquement sur la force physique.
L’énergie violette qu’elle dégageait réagit d’un seul bloc, brouillant la frontière entre réalité et illusion et plongeant même l’ordre de l’espace et du temps dans la confusion. La griffe de Casarnox, devenue aussi immense qu’une montagne, frappa l’Archimage.
« Non… ! »
Un rugissement, semblable à un cri inachevé, se brisa avec le corps de l’Archimage. L’onde de choc du mana qui éclata fut aussitôt absorbée par le corps de Casarnox, lui permettant de repousser dans une certaine mesure les attaques suivantes.
Mais seulement dans une certaine mesure.
À cause de cette contre-attaque, si téméraire qu’elle en paraissait folle, l’autre aile de Casarnox fut réduite en lambeaux. Plus de la moitié de sa queue fut tranchée, et le sang jaillit de son corps.
« Khahahak… ! »
Bien qu’il souffrît manifestement, le dragon laissa éclater ses ondes mentales dans toutes les directions, comme si quelque chose l’amusait.
« Si je me faisais battre aussi facilement, vous ne seriez pas quatre contre un ? »
Il poursuivit sur cette remarque déconcertante.
Juste après.
L’Archimage à l’arrière, qui avait maîtrisé les ombres, pointa son bâton vers un autre Archimage tout proche et lança un sort.
Les ténèbres s’ouvrirent comme la gueule d’une bête hideuse et engloutirent silencieusement leur cible. Une lumière éclatante jaillit de la robe, du collier et des autres artefacts de l’Archimage pris par surprise, formant des barrières qui furent presque aussitôt déchirées.
« Yankoti, tu es devenu fou ?! »
L’Archimage réussit de justesse à déchirer l’espace et à s’échapper, en criant de rage.
Il avait survécu de justesse, mais plus de la moitié des artefacts qu’il portait s’étaient brisés. Son visage était aussi extrêmement pâle, signe que ses pertes ne se limitaient pas à son équipement.
« Tu as le temps de te mettre en colère contre moi ? »
L’Archimage âgé au teint sinistre, ce traître que l’on appelait Yankoti, répondit sans se presser.
Casarnox ne laissa pas passer cette brève occasion. Rassemblant un mana terrifiant, il se mit à déchaîner toutes sortes de sorts.
Le Sceau des Asterions continuait de confiner l’espace et d’affaiblir sa cible, mais le dragon que six Archimages avaient affronté ensemble n’avait plus que quatre ennemis.
Comme le combat n’avait jamais été facile, le danger avait plus que doublé.
« Ainsi, mon instinct ne m’avait pas trompé, hahahaha… ! »
Malgré ses blessures, le dragon Casarnox railla ses adversaires comme s’il avait désormais l’avantage.
« Vous autres, humains, êtes toujours pareils. Vous êtes des insectes prêts à vendre les vôtres dès qu’il y a quelque chose à y gagner ! »
« Tais-toi ! Tu es né des âmes et des corps de ces humains que tu méprises en les traitant d’insectes ! »
« Même si tu as la bouche de travers, parle franchement. Vos âmes et vos corps ne font qu’augmenter le taux de survie de nos œufs. »
À entendre ces paroles échangées au milieu de la frénésie des attaques et des défenses magiques, Han Yujin, qui ignorait jusque-là toute l’histoire, put déduire bien des choses.
« Nous ne serons plus élevés comme du bétail ! »
« Et pourtant, vous vous êtes alliés aux Asterions ? Tu ne peux pas ignorer que seul changera le mode d’élevage. »
La lumière violette se déchaîna autour du corps de Casarnox comme une tempête. Les sorts qui l’assaillaient furent pris dans ce tourbillon, fondirent et se déformèrent, puis furent renvoyés à leurs lanceurs.
« Ne viens pas jouer les justes devant moi, bande d’insectes ingrats. Vous voulez simplement gravir les échelons pour devenir responsables de l’élevage du bétail, n’est-ce pas ? C’est bien là la méthode des Asterions ! »
Ils n’avaient perdu que deux des leurs, mais leur absence se faisait davantage sentir que prévu.
À mesure que les Archimages cédaient du terrain, le traître Yankoti, resté en retrait, récita un sort et déchaîna les ténèbres contre le dragon. Il s’agissait clairement de l’entraver.
L’équilibre rétabli, Casarnox jeta un regard à Yankoti et ricana.
« Et toi, le plus vil et le plus répugnant adorateur du diable ici présent. Tu ferais mieux de bien peser tes options. Ce serait fâcheux que je meure par hasard à cause de tes manigances, tu ne crois pas ? »
« J’y veillerai. »
Yankoti répondit d’un ton neutre, comme dénué d’émotion. Puis son regard balaya les « petits poissons » qui avaient réussi à survivre dans les environs.
« À ce propos, je devrais réduire le nombre de variables. »
Après être intervenu une nouvelle fois dans le combat pour en rétablir l’équilibre, Yankoti leva haut son bâton.
L’orbe de cristal à son sommet, d’abord transparent, se remplit de ténèbres rouge sang maléfiques, et les ombres environnantes se mirent à se contorsionner.
Des cris éclatèrent aussitôt de toutes parts. Ceux qui s’étaient cachés furent écrasés, comme aspirés dans les ombres, sans même avoir le temps de résister.
Puis le regard de l’Archimage traître se tourna vers le sol.
Han Yujin poussa l’Art de l’Évasion terrestre à ses limites et s’enfonça davantage sous terre. Mais arrivé à une certaine profondeur, il comprit que le Sceau des Asterions lui barrait la route et changea aussitôt de direction.
Les ténèbres se contorsionnèrent dans son sillage et manquèrent de peu de le happer.
Il ne s’était échappé que pour une seconde, mais le sourcil de Yankoti se fronça légèrement lorsque son attaque échoua.
En quête désespérée d’un moyen de survivre, Han Yujin cria :
« Ikhapa Pangée ! J’y suis de passage ! »
Par précaution, il ne dit que la vérité.
Les ténèbres qui étaient déjà arrivées juste devant lui hésitèrent.
*J’ai survécu… ? Yankoti connaît Ikhapa Pangée ?*
Il avait lancé ce nom parce que la mention d’un adorateur du diable lui avait donné une idée, mais il ne s’attendait pas à ce que cela fonctionne vraiment.
Cependant, son cri n’attira pas seulement l’attention de Yankoti.
Les autres Archimages, qui jusque-là avaient complètement ignoré sa présence, lui accordèrent un peu d’attention. Le dragon, engagé contre eux dans un combat à mort, réagit de la même façon.
L’intérêt de Casarnox, en particulier, semblait vivement éveillé. Le dragon devait désespérer de trouver une variable.
L’énergie violette qui scintillait autour de son corps s’enfonça sous terre, malgré le léger coût que cela impliquait. Avant que Han Yujin puisse s’échapper, elle l’enveloppa et l’entraîna d’un geste joueur au centre du champ de bataille.
*Je suis foutu !*
On aurait dit qu’il allait mourir sans même voir comment tout cela finirait. Maintenant qu’il avait été capturé, le jeter simplement à l’extérieur suffirait à le réduire en poussière sous l’effet du choc des magies qui s’entrechoquaient.
« Quel est cet insecte insignifiant… ? »
Casarnox s’interrompit, son regard parcourant rapidement le corps de Han Yujin.
« … Un cultivateur ? »
Juste après ce murmure perplexe, Han Yujin sentit le monde entier virer au violet et tout ce qu’il voyait se brouiller comme dans un rêve.
Il perdit le sens de l’orientation et ne sentit même plus son propre corps. Impossible de savoir si quelques secondes ou plusieurs heures, voire davantage, s’étaient écoulées.
Puis, à un moment donné.
« … »
Il se rendit compte qu’il se tenait dans un jardin splendide et magnifique. Devant lui s’élevait une construction qui faisait office de pavillon, bien que son architecture fût manifestement fantastique. Quelqu’un se tenait à l’intérieur et le regardait de haut.
Leurs regards se croisèrent avant même qu’il ait pu examiner correctement son apparence.
Après cela, il ne parvint plus à se concentrer sur quoi que ce soit d’autre.
Une paire d’yeux, où luisait la lumière de nébuleuses cosmiques, le fixait comme si elle voyait tout ce qu’il était. Il dut mobiliser tout son esprit pour supporter cette pression écrasante.
« Hahahaha… ! »
À un moment donné, un rire joyeux, empreint de vide et d’incrédulité, résonna.
« Tout cela n’est qu’une fausse illusion… ! Comment est-ce possible… ? Hahahahahaha… ! »
Le dragon, ce grand être du Stade du Raffinement du vide, frappa de la paume le pilier à côté de lui en éclatant d’un rire sonore.
* * *
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