Chapitre 38
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Traducteur/éditeur : Dionysus
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◈ Cultivation xianxia avec un Cœur de dragon ◈
Chapitre 38 : Une interférence inattendue
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L’épreuve de télékinésie prit rapidement fin. Le matériel nécessaire avait pratiquement été réduit à l’état de ferraille ; elle ne pouvait donc pas durer bien longtemps.
Crriiiiiii !
Han Yujin démontra même sa force en rassemblant les débris au même endroit, puis en les comprimant pour former plusieurs blocs de métal. Il y en avait plusieurs parce qu’il les avait triés par type ; en procédant ainsi d’un seul coup, il avait aussi montré sa capacité à mener plusieurs tâches de front.
« Rien ne prouve plus clairement que tu es de rang S. »
L’agent administratif, qui avait observé toute la scène, s’exprima avec une admiration presque révérencieuse. C’était compréhensible : le pouvoir éveillé de l’Agent administratif Oh Taemin était lui aussi télékinétique.
Quand on assistait à une démonstration d’un pouvoir du même type que le sien, mais qui semblait dépasser l’entendement, on ne pouvait réagir que de deux façons : soit on était admiratif, comme l’agent administratif, soit on était terrifié.
En tant que fonctionnaire d’élite de grade cinq au Bureau de gestion des capacités spéciales, sa réaction lui allait parfaitement. Elle avait aussi le mérite de mettre Han Yujin de bonne humeur.
J’aime bien ce genre de choses, moi aussi.
Se l’avouant en son for intérieur, il passa aux épreuves suivantes sous la conduite de l’agent administratif.
Comme précédemment, on testa ses capacités défensives grâce à l’Art de la Peau de jade, en mesurant la densité de mana à l’aide d’une machine. Il ne prit pas la peine de montrer l’Art de l’Aura violet-or : l’Art de la Peau de jade suffisait à lui valoir une évaluation de rang S.
De même, l’Art du Vent et des Nuages suffisait amplement à lui assurer un rang S en mobilité, tandis que l’Art de Dissimulation avait obtenu ce rang dès le départ.
Il ne restait donc que l’Art du Projectile de flammes, dont la pleine puissance serait démontrée dehors le lendemain, et l’Art de la Vision spirituelle, qui serait également mis à l’épreuve à ce moment-là.
Et maintenant, il y avait l’Art de guérison, que l’on pouvait tester à l’hôpital.
Après que l’agent administratif eut appelé du personnel pour débarrasser la salle du matériel détruit, tous trois quittèrent la salle d’entraînement et prirent la direction de l’hôpital. En chemin, ils discutèrent de la manière dont Han Yujin allait exercer à l’avenir.
Une telle discussion n’aurait eu aucune raison d’être s’il était resté un simple Chasseur de rang A.
Qu’il signe avec le gouvernement ou une entreprise n’aurait regardé que Han Yujin. Une fois sa formation préliminaire achevée, l’agent administratif aurait simplement pu lui suggérer d’envisager de rejoindre le Bureau de gestion des capacités spéciales.
Mais il était désormais un Chasseur de rang S.
Un talent particulièrement singulier, qui avait commencé au rang A et était passé au rang S avant même d’achever sa formation préliminaire, tout en possédant un pouvoir éveillé prenant la forme de connaissances transmissibles.
Le rapport avait probablement remonté toute la chaîne hiérarchique de l’agent administratif.
La nouvelle n’avait pas été rendue publique à la demande de Han Yujin ; sans cela, il n’aurait pas été étonnant que des éditions spéciales l’annoncent partout depuis le matin.
C’est un peu décevant.
Cette pensée traversa brièvement l’esprit de Han Yujin pendant leur conversation. Il avait choisi de dissimuler sa force de rang S par stratégie, mais cela signifiait qu’il ne pourrait pas goûter à la célébrité qui allait avec. Bien sûr, il n’aurait pas à rester dans l’ombre très longtemps, mais il en éprouvait tout de même une frustration étrange.
À cet instant,
« Que penseriez-vous de signer un accord de soutien à la gestion avec le Bureau de gestion des capacités spéciales ? »
« Pardon ? »
« Vous pouvez voir ça comme une sorte de contrat de gestion. »
L’agent administratif entreprit alors de lui expliquer les grandes lignes.
Les Chasseurs signaient avec des entreprises et partageaient leurs bénéfices plutôt que de travailler à leur compte pour de nombreuses raisons.
Tout d’abord, ils bénéficiaient d’un salaire de base stable. Ils pouvaient aussi toucher des primes en fonction de leurs résultats, de sorte que leurs revenus ne diminuaient pas beaucoup par rapport à ceux d’un indépendant.
Le réseau de l’entreprise leur ouvrait également davantage de possibilités, ce qui pouvait même accroître leurs gains. C’était particulièrement vrai lorsqu’ils pouvaient participer aux campagnes publicitaires de leur employeur.
Ils bénéficiaient d’une prise en charge complète de leur équipement, de leur entraînement et de leurs soins médicaux. Le soutien administratif, notamment pour les impôts et les questions juridiques, constituait aussi un avantage important à ne pas négliger.
Ces raisons suffisaient à justifier la signature avec une entreprise, même sans tenir compte des avantages supplémentaires.
Han Yujin avait naturellement prévu de signer avec une entreprise, précisément pour ces raisons. Il avait écarté le Bureau de gestion des capacités spéciales, car on savait que ses contrats impliquaient des missions liées à la sécurité publique, et il devait accumuler du karma à un rythme soutenu.
Mais la proposition de l’agent administratif le séduisait désormais beaucoup.
Il n’avait aucun besoin de soutien pour l’équipement, l’entraînement ou les soins médicaux. Ce qui lui manquait, c’était un réseau, une assistance administrative et un soutien juridique. Or, l’organisme gouvernemental qu’était le Bureau de gestion des capacités spéciales lui proposait tout cela sans rien lui prendre en échange.
« C’est vraiment autorisé ? »
« Rien ne l’interdit. Nous avons aussi beaucoup à y gagner. »
Ils pourraient entretenir des liens étroits avec un Chasseur de rang S et lui confier des missions stratégiques quand ce serait nécessaire : ils avaient donc, bien sûr, quelque chose à y gagner.
Évidemment, cela signifiait aussi que Han Yujin devrait parfois accepter des missions qui ne l’intéressaient pas particulièrement. Mais c’était une responsabilité à laquelle il ne pourrait échapper, quel que soit son employeur.
« Est-ce que ça ferait de moi un fonctionnaire ? »
« Non. Vous aimeriez ça ? »
« Non, ce n’est pas ça… Hum… »
Cette proposition était tout à fait inattendue. Bien que l’idée lui plaise, Han Yujin hésita un instant. Puis il se souvint soudain de quelque chose et demanda :
« Ce Chasseur, Choi Gangbaek, par hasard… ? »
Choi Gangbaek était un Chasseur âgé d’une bonne soixantaine d’années, qui pouvait prendre sa retraite à tout moment. Il était pourtant actif depuis les débuts de la crise de collision dimensionnelle et passait pour une légende vivante dans le milieu des Chasseurs en Corée.
« C’est exact. Son accord avec nous est identique. »
« Ah. »
À titre indicatif, l’autre Chasseur concerné était un quadragénaire du nom de Park Seryong. Il appartenait à la guilde Exion, incontestable numéro un de Corée, dirigée par Exion, un grand conglomérat mondial coréen.
« Ça m’intéresse vraiment. Je vais y réfléchir sérieusement. »
« Excellent ! »
L’agent administratif semblait si ravi d’avoir mené à bien une nouvelle tâche concernant Han Yujin qu’on aurait dit qu’il allait abattre les mains sur le volant. Il paraissait retenir de justesse son enthousiasme.
Un peu plus tard.
Tous trois arrivèrent à l’hôpital et vérifièrent sans encombre les capacités de guérison de Han Yujin. Comme il avait autrefois été évalué au rang C, il avait craint de ne pas dépasser le rang A, mais il obtint sans difficulté le rang S.
Autrement dit, si les deux dernières capacités recevaient la même évaluation, il aurait décroché le rang S dans presque toutes les catégories.
« Si ça devient public, vous serez célèbre dans le monde entier. »
« Après quelques combats réels, même une place parmi les dix meilleurs du monde ne devrait pas poser problème. »
En quittant l’hôpital, l’agent chargé du dossier renchérit avec enthousiasme aux propos de l’agent administratif. Han Yujin, soudain curieux, demanda :
« Le numéro un actuel, c’est bien Ethan Cross ? »
« Oui. Comme vous le savez, ce Chasseur reste très mystérieux. »
Âgé d’une quarantaine d’années, cet Américain était le Chasseur le plus célèbre au monde et passait aussi pour le plus puissant. Il avait démontré à plusieurs reprises une force inexplicable, qui semblait tuer d’un simple regard tous les monstres qu’il affrontait.
La théorie dominante, c’est qu’il s’agit d’un pouvoir de type mental, mais qui sait ?
Jusque-là, Ethan Cross lui avait paru appartenir à un tout autre monde. Mais apprendre qu’il pourrait lui-même devenir célèbre à l’échelle internationale piqua la curiosité de Han Yujin.
Ce pouvoir mystérieux fonctionnerait-il encore si Ethan Cross affrontait un cultivateur du Stade de l’Âme du Dharma comme lui ?
Bien sûr, il n’avait aucune envie de le vérifier pour de vrai.
Comme il était l’heure du déjeuner, tous trois ne se séparèrent pas tout de suite et allèrent manger ensemble dans un restaurant du quartier.
Pendant le repas, Han Yujin put évoquer naturellement les connaissances qu’il comptait transmettre.
Ils parlèrent aussi de l’accord de soutien à la gestion avec le Bureau de gestion des capacités spéciales. Quand on mentionna qu’il lui faudrait probablement se rendre à la Grande Faille, dans l’ancienne région nord-coréenne, après avoir acquis un peu d’expérience sur le terrain, il en fut même ravi.
De toute façon, aucun Chasseur de rang B ou supérieur affilié à la Corée du Sud ne pouvait y échapper indéfiniment, et c’était manifestement un endroit où il pourrait accumuler davantage de karma.
Le temps passé là-bas fut indéniablement productif.
Après le repas, il prit congé et rentra au refuge sûr, tout en restant attentif à ce qui l’entourait. Le trajet lui permit de préciser ses projets d’avenir.
Cependant,
la vie ne se déroulait que rarement comme prévu.
* * *
Une fois rentré sans encombre au refuge sûr, Han Yujin acheva sans difficulté de préparer les documents destinés à la transmission de connaissances. Le travail qu’il avait accompli par petits bouts ici et là portait enfin ses fruits.
Ensuite, il se reposa longuement sans recourir à son pouvoir éveillé. Pendant ce temps, il donna un nom aux deux artefacts magiques qu’il venait d’acquérir.
Il décida d’appeler l’artefact en forme de bracelet le Bracelet des Cinq Éléments. Comme il s’agissait d’un bracelet qui facilitait le lancement de sorts des cinq éléments, il n’aurait pas pu trouver de nom plus explicite.
Il donna tout aussi simplement le nom de Corde de scellement spirituel à l’artefact en forme de corde, principalement gris clair avec des sections rouge sombre. Elle ne se contentait pas d’entraver physiquement ses cibles : elle scellait aussi leur énergie spirituelle.
Tout en testant soigneusement les deux artefacts fraîchement baptisés, sans rien abîmer autour de lui, il attacha avec la Corde de scellement spirituel une certaine créature qui était mignonne à souhait, mais parfaitement inutile, puis rit tout seul. Il dut ensuite lui offrir du vin spirituel pour la consoler de son humeur boudeuse, mais ce n’était pas une grande perte.
Après cela, il fit circuler l’Art du Retour à l’Origine pour dissiper sa fatigue. Pour les cultivateurs du Stade de l’Âme du Dharma ou d’un stade supérieur, remplacer le sommeil par une récupération grâce à une méthode de cultivation était tout à fait naturel.
Et si je jouais un peu, pour une fois ?
Une fois parfaitement reposé, il jeta un coup d’œil à l’ordinateur dans un coin de la pièce et eut soudain cette idée.
Mais même après l’avoir allumé, il ne lança aucun jeu. À la place, il commanda plusieurs jouets pour Muyong, qui risquait de passer beaucoup de temps seule à l’avenir.
Muyong avait désormais atteint le Stade d’entrée et son intelligence s’était quelque peu développée ; elle s’en lasserait donc rapidement. Mais le moment venu, il pourrait simplement lui commander plein d’autres choses.
« Quand j’aurai assisté à un cours sur le raffinage des artefacts à la Ville des Mille Origines, je te fabriquerai un jouet moi-même. »
Couic ! Couic !
Elle ne semblait pas vraiment comprendre ce qu’il voulait dire, mais elle avait l’air heureuse malgré tout. Cela le rendit heureux, lui aussi.
À force de passer le temps ainsi, l’aube approcha bientôt.
Et, à cet instant,
son smartphone sonna soudain : il venait de recevoir un message de l’agent chargé du dossier.
Après avoir lu rapidement le long message, Han Yujin ouvrit le plus grand portail internet coréen sur l’ordinateur qu’il utilisait. Des articles de dernière minute publiés quelques minutes plus tôt s’affichaient bien en évidence sur la page d’accueil.
– La nouvelle légende coréenne : un nouveau Chasseur de rang S vient de naître !
– Une nouvelle ère commence-t-elle ? Le troisième Chasseur de rang S
– Qui est le troisième Chasseur de rang S de Corée ?
– Un facteur de bouleversement menace de secouer le milieu des Chasseurs, en pleine stagnation
– Park Seryong, poussez-vous ! Le talent de ce nouveau Chasseur de rang S est-il sans précédent ?
… Qu’est-ce que c’est que ça ?
Il resta bouche bée.
Ils s’étaient pourtant clairement mis d’accord pour garder le secret quelque temps. L’information avait-elle fuité ?
C’est comme ça qu’ils gèrent les choses ?
Son incrédulité céda bientôt la place à la déception, puis à une légère irritation.
Ce n’était pas à cause des problèmes que cela risquait de provoquer. C’était parce qu’ils lui avaient promis de garder le secret et qu’ils avaient échoué, révélant leur incompétence.
Pouvait-il vraiment leur confier la transmission de connaissances et signer un accord de soutien à la gestion en leur faisant confiance ? Le secret du refuge sûr pouvait-il vraiment être préservé, comme l’agent chargé du dossier le lui avait assuré ?
« Comment est-ce arrivé ? »
Han Yujin posa la question d’un ton sec, sans ajouter les petits rires désinvoltes qu’il utilisait souvent. Au lieu d’une réponse par message, il reçut un appel.
« Oui, je vous écoute. »
Il répondit d’un ton égal, décidé à entendre au moins leur explication. L’agent chargée du dossier commença aussitôt par s’excuser.
« Je suis désolée. Nous avions convenu de garder ça confidentiel, mais il y a eu un problème de communication au sein du Bureau de gestion des capacités spéciales. Je ne sais vraiment pas quoi vous dire. »
« Quel genre de problème de communication ? Mon souhait n’a pas été transmis correctement à un autre service du Bureau ? »
Il n’avait pas voulu l’interroger, mais ses paroles en avaient pris le ton. Pourtant, au lieu d’ajouter quelque chose pour ménager son interlocutrice, Han Yujin garda le silence.
Et, fidèle à l’image qu’il s’était faite d’elle — une personne compétente —, l’agent chargée du dossier n’aggrava pas la situation en disant quoi que ce soit d’inutile.
Au contraire, comme si elle avait compris ce qu’il pensait, elle s’excusa de nouveau et entreprit d’expliquer clairement la cause de l’incident.
En l’écoutant, Han Yujin prit une expression étrange.
Park Seryong… ? Pourquoi aurait-il fait ça ?
Le deuxième Chasseur de rang S de Corée. Un homme d’âge mûr appartenant à la guilde Exion, considéré comme la figure de proue du milieu des Chasseurs coréens, à la place de Choi Gangbaek, dont le prestige s’était peu à peu terni avec l’âge.
Il avait propulsé sous les projecteurs Han Yujin, qui comptait rester discret quelque temps.
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