Chapitre 12
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Traducteur/éditeur : Dionysus
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◈ Cultivation xianxia avec un Cœur de dragon ◈
Chapitre 12 : De retour aux jours de cultivation
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L’attaque ne fut qu’un début.
Chaque fois que l’Épée des Cinq Éléments résonnait et que son sceau runique s’illuminait, des traînées dorées fusaient comme des éclairs. Elles ressemblaient même à des coups de fouet lancés à toute vitesse.
Les loups qui chargeaient furent taillés en pièces les uns après les autres, et huit ou neuf d’entre eux périrent en un clin d’œil. Ils avaient été tranchés si net que le sang qui giclait semblait presque irréel.
La progression était implacable. Non, dans ce cas, on aurait plutôt dit une vague bleue qui balayait tout sur son passage.
Les loups qui arrivaient derrière tentèrent de s’arrêter en hâte, mais dévalèrent la pente dans une pagaille totale. Seuls ceux qui se trouvaient tout devant comprirent qu’ils ne pourraient pas s’arrêter et se jetèrent sur lui avec encore plus de férocité.
Rrrroar !!
Ils ressemblaient à des loups, mais rugissaient comme des tigres, ce qui lui donna un frisson d’excitation. Mais, dans le même instant, Han Yujin avait déjà modifié le sceau runique de l’Épée des Cinq Éléments.
La lumière dorée vira au bleu et jaillit. Une vague d’énergie en forme d’épée déferla et transforma un loup en bouillie sanglante. Puis, en un instant, elle se divisa en plusieurs courants qui balayèrent les environs.
Le sol fut déchiré, tout comme les corps de deux ou trois loups. Le spectacle de leur sang et de leur chair qui se dispersaient partout comme des feux d’artifice était aussi terrifiant qu’intimidant.
Ce ne fut qu’alors que tous les loups semblèrent comprendre. Ils avaient affaire à un adversaire qu’ils n’osaient pas affronter.
En combat réel, les cultivateurs étaient naturellement plus puissants que ne le laissait supposer l’aura qu’ils dégageaient. Les loups avaient repéré Han Yujin grâce à son odeur, mais l’Art de Dissimulation était toujours actif et masquait une part encore plus grande de son aura.
« Tant mieux. »
Ce fut son bref constat.
S’il n’y avait pas eu de combat, où aurait-il trouvé autant de viande spirituelle ?
Des gémissements retentirent derrière lui tandis que les loups prenaient la fuite. Han Yujin utilisa aussitôt l’Art du Vent et des Nuages pour bondir dans les airs, tandis qu’il faisait monter l’Épée des Cinq Éléments à ses côtés.
Dans un éclat habituel, l’énergie dorée fusa et massacra les loups en fuite les uns après les autres à une vitesse fulgurante. Quelques secondes à peine s’écoulèrent avant qu’il n’en reste plus un seul en vie.
Après avoir atterri sans bruit, il ne bougea pas tout de suite. Les bras écartés et la tête renversée en arrière, il demeura immobile un long moment.
Il savourait le frisson de la victoire.
Que le combat ait paru facile ou non, l’expérience était plus grisante que n’importe quel sport extrême. Il sentait son cœur battre à tout rompre.
« Je les ai déchiquetés, Han Yujin. »
C’était une exclamation, mais il avait bel et bien déchiqueté les loups.
« Bon sang, quelle classe. »
Une réplique tirée d’un film lui échappa sans qu’il s’en rende compte, tandis qu’il regardait autour de lui comme un artiste admirant son œuvre.
Une répugnance à tuer ?
Il n’en éprouvait qu’une infime parcelle. C’était un combat loyal en pleine nature, où la vie des deux camps était en jeu. Et puis, il n’avait pas attaqué le premier. Ces créatures arrogantes avaient commencé par montrer les dents.
Après être resté là un moment à savourer les derniers soubresauts de l’excitation, il finit par se calmer et entreprit de nettoyer les lieux.
Autrement dit, il ramassa son butin.
Il retira les parties impropres à la consommation — têtes, organes, peaux et griffes — puis découpa et rangea le reste de la viande avec l’Épée des Cinq Éléments. Il mit aussi de côté les larges os, se demandant s’il pourrait les faire bouillir pour préparer un bouillon, comme avec des os de bœuf.
La tâche paraissait simple à décrire, mais elle était loin de pouvoir être achevée rapidement. Il n’avait pas l’habitude de ce genre de travail et il y avait plus de vingt loups. Il devait aussi rester sur ses gardes.
Lorsqu’il eut à peu près terminé, la nuit était tombée et le ciel commençait déjà à s’éclaircir. Sans la force physique et l’endurance mentale qu’il avait acquises en devenant cultivateur, il lui aurait fallu encore plus de temps, tant il aurait dû faire de pauses.
« Ouf… »
Il poussa un soupir où se mêlaient épuisement et satisfaction, tout en rangeant la viande préparée dans sa Poche de rangement.
Couic !
La créature qui rôdait dans les parages depuis une heure ou deux finit par se montrer. C’était cette adorable mais effrontée belette-lapin.
Il avait l’impression, sans trop savoir pourquoi, qu’il s’agissait de celle qui l’avait touché et qu’il avait attrapée grâce à l’Art de Manipulation des objets.
La créature s’approcha du tas de restes abandonnés en observant Han Yujin avec méfiance. Après avoir jeté encore quelques coups d’œil autour d’elle, elle saisit un os auquel adhéraient encore des morceaux de viande, puis détala.
« Elle se sert sans permission. »
Il marmonna en laissant échapper un petit rire, mais n’avait pas l’intention de l’en empêcher. Ce n’étaient que des restes, après tout. Qu’ils soient mangés par des insectes ou par cette belette-lapin, ça ne changeait pas grand-chose.
Il quitta les lieux à la recherche d’un endroit où se reposer.
* * *
Après avoir dormi profondément près d’une demi-journée dans un arbre assez grand et bien formé, Han Yujin dévora un copieux repas de viande spirituelle de loup, qu’il avait eu tant de mal à récolter, puis partit aussitôt à la recherche de leur repaire.
Il se hâta à cause de l’arbre dépouillé et des traces de graines de fruits chargées d’énergie spirituelle qu’il avait découvertes dans le repaire des monstres-singe.
« Si je tarde, d’autres bêtes risquent encore de me piquer quelque chose. »
C’était tout ce qu’il avait en tête, mais…
Ils étaient si nombreux qu’il fut facile de remonter jusqu’à leur provenance. Le repaire des loups qu’il finit par trouver était bien plus accueillant et sûr qu’il ne l’avait vaguement imaginé.
Pour commencer, il appréciait que l’un de ses côtés soit bordé par une falaise abrupte. Des arbres serrés et des herbes hautes formaient une barrière naturelle, ne laissant qu’une seule entrée. Un peu plus loin se trouvait un étang d’eau douce de taille respectable, même s’il n’avait aucune idée de l’origine de son eau.
Les poissons qui nageaient tranquillement dans l’étang étaient eux aussi des poissons spirituels, chargés d’une énergie spirituelle considérable.
« Waouh… »
C’était le genre d’endroit qui vous arrachait spontanément une exclamation pareille. Le qualifier de royaume secret n’aurait même pas semblé exagéré.
Les os épars et les touffes de fourrure de loup dans un trou, sur un côté, prouvaient que le lieu avait bien servi de repaire aux loups. Il était tout de même étrange qu’il n’y ait pas la moindre trace de femelles pour garder leur foyer, ni de petits encore trop jeunes pour grandir.
« Ils ont senti quelque chose et se sont enfuis ? »
Han Yujin y réfléchit un instant, puis décida que ce n’était pas important.
Qu’ils aient fui ou non, cet endroit était désormais son territoire. Même si tous les loups morts revenaient à la vie, ils ne pourraient pas le chasser.
Il ajusta la façon dont il activait l’Art du Projectile de flammes et brûla toute trace des loups dans le trou. Ce ne fut qu’après avoir vérifié soigneusement deux ou trois fois qu’il n’y avait plus aucun danger qu’il s’installa, l’esprit tranquille.
Grâce aux connaissances de survie en milieu sauvage qu’il avait pris soin d’acquérir avant de venir, il construisit des murs et un toit avec des arbres, de la boue et des lianes, autour d’un creux dans la falaise. Ses sorts lui permettaient de travailler facilement, même sans outils spécifiques.
Après avoir transplanté sur le toit terminé de la mousse découpée dans le sol comme des plaques de gazon, il obtint une demeure aussi charmante que celles qu’on voyait dans une vidéo sur MyTube.
Elle était peut-être assez rudimentaire selon les critères d’une personne ordinaire, mais lui était cultivateur. Tant que les murs et le toit le protégeaient du vent et de la pluie, il ne manquait de rien.
Ainsi,
la seconde vie de cultivateur de Han Yujin commença.
Il avait en réserve une grande quantité de viande de loup, des poissons vivaient dans l’étang voisin, et il pouvait facilement cueillir de petites baies rouges au goût doux et acidulé en se promenant un peu dehors. Divers champignons parfumés venaient compléter le tout.
Inutile de préciser que tous ces aliments contenaient de l’énergie spirituelle et favorisaient la cultivation.
À part quelques explorations occasionnelles des environs et des vérifications pour repérer d’éventuels dangers, il passait tout son temps dans son nouveau refuge à pratiquer sa méthode de cultivation, ses sorts et le maniement de ses artefacts magiques.
Chaque journée était bien remplie, tandis qu’il sentait son âme s’élever lentement, mais sûrement, vers l’Âme du Dharma.
Lorsqu’il eut consommé environ la moitié de la viande de loup, près d’un mois s’était écoulé.
Son taux d’ascension vers l’Âme du Dharma avait atteint environ sept pour cent. Le chemin était encore long, mais le progrès était notable. À ce rythme, une fois toutes ses provisions consommées, il dépasserait peut-être les dix pour cent qu’il espérait et approcherait les vingt pour cent.
Couic ! Couic !
Un changement notable avait troublé les journées paisibles et bien remplies de Han Yujin : la présence de cette belette-lapin à l’effronterie sans limites.
Elle semblait avoir compris que Han Yujin ne lui ferait pas de mal sans raison. Ou alors, elle était simplement stupide et agissait sans crainte, guidée par une vague intuition.
Quoi qu’il en soit, elle s’était mise à rôder dans les parages. Avant même qu’il s’en rende compte, elle était devenue assez à l’aise pour s’allonger sur le dos à ses pieds.
« … Tu en veux encore ? »
Quand il brandit la Gourde de liquide spirituel et la secoua légèrement, les yeux noirs et la tête de la créature suivirent le mouvement.
Il continua à la faire languir sans montrer la moindre intention de lui en donner, et elle se mit à tirer sur le bas de son pantalon, à tourner autour de ses jambes, à se dresser sur ses pattes arrière pour le dévisager, puis à bondir et retomber comme si elle combattait un ennemi invisible. Elle en faisait tout un numéro.
Han Yujin gloussa, ôta le bouchon et laissa tomber quelques gouttes de liquide spirituel. La belette-lapin entendit on ne sait comment le bouchon s’ouvrir et attrapa les gouttes en plein vol, avant de couiner comme pour en réclamer davantage.
« Non. »
Il éprouva une satisfaction considérable en caressant la tête et le corps de la créature, qui le regardait d’un air si pitoyable.
Un jour, alors qu’il explorait la forêt, il s’était senti seul.
En vérité, ce n’était pas arrivé qu’une fois. Ce sentiment l’avait souvent gagné. Il avait beau aimer la cultivation et y trouver son compte, il ne pouvait pas s’empêcher de regretter les gens qu’il avait laissés derrière lui.
Pourtant,
une belette-lapin inutile, qui ne faisait que voler de la nourriture riche en énergie spirituelle, avait étonnamment réussi à apaiser sa solitude.
Il en était désormais certain.
C’était cette créature qui lui avait touché la joue alors qu’il était inconscient après le combat. C’était aussi la toute première cible de son Art de Manipulation des objets.
« Voulait-elle vraiment me manger, ou s’est-elle simplement dit que je n’étais peut-être pas encore mort et qu’elle ferait mieux de vérifier avant de me dévorer ? »
Ça ne changeait absolument rien.
Après tout, elle ne l’avait pas mordu.
« Je devrais te donner un nom ? »
Incapable de résister à cette envie soudaine, il lui posa la question. La belette-lapin pencha la tête en le regardant, sans comprendre ce qu’il voulait dire.
« … Laisse tomber. Quel nom, de toute façon ? »
Il épousseta ses vêtements et se leva. Lorsqu’il prit la direction de l’étang près du refuge, la belette-lapin le suivit avec enthousiasme, sachant qu’il allait pêcher.
Elle avait l’air de savoir qu’elle aurait droit à une tête de poisson spirituel et à un peu de chair.
* * *
Le temps pouvait sembler s’écouler sans fin, puis filer en un clin d’œil quand on reprenait ses esprits.
Environ deux mois et quinze jours s’étaient écoulés depuis qu’il avait fait du repaire des loups son refuge.
Enfin, il n’y eut plus de viande de loup. Les poissons, autrefois abondants dans l’étang, s’étaient également raréfiés, si bien qu’il était devenu difficile d’en attraper avec l’Art de Manipulation des objets.
Son taux d’ascension vers l’Âme du Dharma avait déjà dépassé les vingt-sept pour cent. Avec un peu plus de cultivation, il pourrait atteindre les trente pour cent. Heureusement, il avait déjà trouvé un endroit où se procurer de nouvelles denrées pour soutenir sa cultivation.
À environ une demi-heure du refuge avec l’Art du Vent et des Nuages se trouvait un lac si vaste qu’il était difficile de croire qu’il s’étendait au cœur d’une forêt primitive.
Bien sûr, un lac aussi immense regorgeait de toutes sortes d’aliments riches en énergie spirituelle.
« Viens avec moi, aujourd’hui. »
Après s’être rendu au lac environ cinq fois, Han Yujin avait vérifié qu’il n’y avait là aucun grand danger. Il pouvait bien protéger une minuscule belette-lapin, qui ne servait à rien et se contentait de voler de la nourriture spirituelle.
À son geste familier, la créature grimpa sur lui comme un écureuil volant et se blottit dans ses bras. Elle était si mignonne qu’il ne put s’empêcher de lui caresser encore la tête.
« Ce serait bien si je pouvais l’emmener sur Terre. »
Pour l’instant, il ignorait si c’était possible. Il devrait faire l’expérience lui-même.
Sur cette pensée, il quitta le refuge et utilisa l’Art du Dieu du Vent pour rejoindre le lac. Dans ses bras, la belette-lapin ne fut pas particulièrement surprise par la vitesse de Han Yujin ; elle l’avait déjà éprouvée plusieurs fois pendant ses rondes autour du refuge.
Un peu plus tard,
arrivé au lac, il posa la belette-lapin à terre. Puis il traversa une étendue de sable qui ressemblait à une plage de sable blanc.
Au loin, il aperçut plusieurs animaux étranges qui buvaient ou se reposaient au soleil.
Estimant qu’ils étaient assez éloignés et qu’il saurait se défendre s’ils l’attaquaient, il se retourna soudain pour regarder la belette-lapin, qui ne l’avait pas suivi.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
Bien sûr, elle ne pouvait pas lui répondre. Elle hésitait simplement, comme si quelque chose la préoccupait.
Par précaution, Han Yujin vérifia de nouveau les environs, mais il n’y avait vraiment aucun danger. Il n’était pas facile de trouver un endroit aussi sûr dans cette forêt primitive.
« Tout va bien. Viens. »
Ce ne fut qu’après son geste que la créature trottina enfin jusqu’à lui et se frotta contre sa jambe.
Après avoir joué un moment avec elle, il s’assit sur un rocher qu’il avait apporté lors d’une visite précédente et contempla le lac. La belette-lapin grimpa à côté de lui et s’y installa.
Une paisible séance de pêche commença. C’était aussi l’heure de cultiver.
Il utilisait l’Art de la Vision spirituelle pour scruter les profondeurs, à quelque distance de là, l’Art de Dissimulation pour masquer sa présence et l’Art de Manipulation des objets pour s’emparer des poissons qui lui faisaient envie et les lancer sur la rive sablonneuse.
Trois ou quatre poissons de la taille de son avant-bras frétillaient au sol, prêts à devenir le repas du jour.
La belette-lapin frémissait en fixant les poissons. Puis elle tourna une fois la tête vers Han Yujin, assis à côté d’elle, avant de détaler. Elle semblait vouloir s’en réserver un avant les autres.
« Regarde-moi cette gloutonne. »
Han Yujin gloussa en la regardant.
Soudain,
le frisson qui lui parcourut l’échine le fit cesser de rire. Son regard se tourna d’instinct vers une partie du lac qu’il n’avait pas surveillée.
À peine eut-il aperçu une forme noire qu’elle jaillit de l’eau dans une gerbe colossale et se rua sur la belette-lapin, qui venait de s’emparer d’un poisson.
Notes de bas de page :
La formule traduite par « une vague bleue qui balayait tout sur son passage » est une variation humoristique d’une expression coréenne évoquant une progression implacable, modifiée pour faire écho à l’attaque bleue de l’épée, semblable à une vague.
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