Chapitre 11
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Traducteur/éditeur : Dionysus
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◈ Cultivation xianxia avec un Cœur de dragon ◈
Chapitre 11 : Ma puissance de combat transformée
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Crac… !
De la viande embrochée sur une branche rôtissait au-dessus d’un feu de camp mal fichu. Chaque fois qu’une goutte de graisse tombait, les flammes montaient un instant, projetant de la suie qui s’accrochait à la viande, mais Han Yujin n’y prêtait guère attention.
À présent qu’il était cultivateur, il n’avait plus à s’inquiéter de ce genre de détails insignifiants. Même le plus minable des cultivateurs ne risquait pas de mourir d’un cancer.
« De ce point de vue, les cultivateurs sont vraiment surpuissants. »
Dès lors qu’on s’engageait sur la voie et qu’on cultivait une méthode, même le plus faible pouvait vivre plus de cent ans sans tomber malade. Après tout, à l’origine, la cultivation ne visait pas la puissance, mais la longévité.
Et Han Yujin aimait beaucoup ce style xianxia. Les méthodes de cultivation, les sorts et les artefacts magiques ne lui semblaient ni ringards ni puérils.
Bien sûr, s’il avait appris une magie de fantasy, il aurait sans doute tout autant apprécié. Mais ce n’était pas comme si cette voie lui déplaisait.
Malgré leur apparence répugnante, les monstres-singe dégageaient une odeur incroyablement appétissante. À vrai dire, il s’était attendu à ce que leur viande empeste, puisqu’il avait dépecé et rôti les bêtes sauvages comme il pouvait. C’était une idée d’une ignorance crasse.
La viande imprégnée d’énergie spirituelle ne pouvait pas être comparable à de la viande ordinaire. Comme celle qui se trouvait devant lui, elle pouvait soit dégager un parfum merveilleux, soit empester au point d’en être insupportable.
« Heureusement qu’elle ne se gâte pas vite. »
La forêt était plutôt fraîche, mais surtout, puisque la viande contenait de l’énergie spirituelle, elle ne se gâterait pas tant que celle-ci ne se serait pas entièrement dissipée.
Grâce à cela, il pouvait entasser sans inquiétude les cadavres des monstres-singe sur le côté. La plupart du sang s’était déjà écoulée, et ils ne salissaient donc pas trop les lieux. Retirer leurs organes avait été un peu désagréable, mais il s’en était sorti.
Un moment plus tard,
lorsque la viande lui parut enfin cuite à cœur, Han Yujin porta la branche à sa bouche et mordit à pleines dents.
Elle était plutôt dure, mais restait facile à mâcher. Plus il mâchait, plus elle semblait s’attendrir. Son goût et son arôme étaient un peu inhabituels, mais absolument délicieux.
Bien préparée, elle pourrait devenir un mets d’exception. Après tout, une bonne viande révélait déjà plus de la moitié de sa saveur rien qu’en étant grillée.
Il dévora toute la viande, bien qu’il en eût fait rôtir plus qu’il ne pensait pouvoir en manger. Ce ne fut qu’après avoir pris une gorgée de l’alcool parfumé de sa Gourde de liquide spirituel pour se rincer le palais qu’il se tapota le ventre, satisfait.
Quelques minutes plus tard, une douce chaleur monta de son ventre. Sans hésiter, il éteignit le feu, regagna son abri et s’assit confortablement.
Lorsqu’il commença à faire circuler l’Art du Retour à l’Origine, la chaleur dans son estomac réagit à l’énergie spirituelle qu’il inspirait. Elle tempérait son corps tout en fortifiant et en développant son âme.
On disait souvent qu’un esprit sain habitait dans un corps sain. Du point de vue de la cultivation, les deux n’étaient pas séparés ; il fallait donc naturellement développer le corps pour développer l’âme.
Après plusieurs cycles de circulation élémentaires, Han Yujin tenta hardiment d’élever son âme au rang d’Âme du Dharma.
Des motifs du Dharma plus complexes apparurent dans le flux d’énergie spirituelle qui suivait un parcours bien défini. Ils déployèrent leurs effets mystérieux et provoquèrent une certaine transformation. Il ne s’agissait plus d’un simple renforcement efficace : la véritable cultivation agissait désormais sur lui.
La sensation était difficile à décrire. C’était à la fois vivifiant et picotant, parfois douloureux, puis cette douleur se changeait bientôt en une nouvelle sensation de fraîcheur.
Les transformations de son corps étaient remarquables, mais celles de son âme l’étaient encore davantage. Depuis son entrée au Stade d’entrée, il avait acquis la capacité de percevoir l’énergie spirituelle ; pourtant, c’était peut-être la première fois qu’il sentait si clairement l’existence de son âme.
Pour accéder au Stade de l’Âme du Dharma, un cultivateur devait avoir élevé au moins quarante pour cent de son âme au rang d’Âme du Dharma.
Si une âme pouvait produire de l’énergie spirituelle par elle-même, une Âme du Dharma pouvait naturellement engendrer du pouvoir du Dharma. Et ce pouvoir du Dharma constituait la véritable force d’un cultivateur.
Quelle était cette force ? Un seul cultivateur au Stade de l’Âme du Dharma pouvait massacrer plus de dix cultivateurs ordinaires au Stade d’entrée comme des moutons.
Mais les cultivateurs du Stade de l’Âme du Dharma n’étaient pas seulement puissants au combat.
Leur intelligence augmentait en gros proportionnellement au taux d’élévation de leur Âme du Dharma. Cela englobait la perception, le calcul, le jugement et la mémoire.
Ils pouvaient ainsi attraper sans effort une flèche surprise du bout des doigts, ou résoudre plusieurs problèmes de mathématiques complexes en même temps.
Ce n’était pas sans raison que les cultivateurs du Stade de l’Âme du Dharma et des stades supérieurs étaient considérés comme de véritables cultivateurs. Comme son nom l’indiquait, le Stade d’entrée n’était que le commencement.
« Plus le taux d’élévation de l’Âme du Dharma est élevé, mieux c’est, tant pour les capacités que pour la progression future, mais… »
Malheureusement, cela s’accompagnait d’un danger proportionnel. Pendant l’élévation de l’Âme du Dharma, les cultivateurs pouvaient subir toutes sortes d’hallucinations et risquaient même de perdre la raison.
Mais Han Yujin ne s’en inquiétait pas.
« Si je deviens fou, je n’aurai qu’à mourir et à recommencer ma cultivation. »
Vu les dégâts terribles que son âme avait subis dans le monde des Disciples du Démon, il pouvait facilement neutraliser les effets secondaires d’une méthode de cultivation.
Son pouvoir éveillé était vraiment absurde. S’il l’utilisait correctement, la voie de l’immortalité ne lui paraîtrait jamais sans espoir.
Fort de cette conviction, Han Yujin poursuivit sa cultivation de l’Art du Retour à l’Origine.
* * *
Il lui fallut environ quinze jours pour finir toute la viande des monstres-singe. À mesure que le temps passait, elle perdait de plus en plus de son énergie spirituelle ; il avait donc dû se dépêcher un peu.
Grâce à cette viande spirituelle, Han Yujin put continuer à élever son Âme du Dharma de façon régulière, malgré quelques légers moments de faiblesse.
Il finit tout de même par découvrir une vérité décevante.
S’il avait perçu l’énergie spirituelle si rapidement, ce n’était pas grâce à un talent exceptionnel pour les racines spirituelles. En testant à plusieurs reprises de petites techniques incluses dans l’Art du Retour à l’Origine, tout en élevant son Âme du Dharma, il comprit que son talent pour les racines spirituelles se situait tout au plus dans la catégorie inférieure des Racines spirituelles véritables.
« Au moins, ce n’est pas une Fausse racine spirituelle. »
Il se consola ainsi, mais chaque fois qu’il s’en souvenait, un soupir lui échappait malgré lui.
En vérité, il avait nourri en secret de grands espoirs depuis qu’il était parvenu à percevoir l’énergie spirituelle aussi rapidement. Non… peut-être s’y attendait-il inconsciemment depuis encore plus longtemps.
On disait que les Racines spirituelles célestes étaient un talent accordé par le Ciel. Espérer en posséder une, c’était évidemment être gourmand.
Mais les êtres humains étaient incapables de ne pas se montrer avides.
Quand il songeait à la différence entre une Racine spirituelle céleste et des Racines spirituelles véritables, ce désir ne faisait que s’intensifier. Une vitesse de cultivation dix fois supérieure, ce n’était pas rien. Plus il y pensait, plus cela lui semblait énorme.
« Avec mon pouvoir éveillé, peut-être que… »
Cette pensée lui traversa l’esprit pendant une courte pause, mais Han Yujin secoua bientôt la tête.
La voie de l’immortalité ne s’obtenait pas en restant assis à attendre. Il fallait la saisir activement. Mais encore fallait-il disposer d’un minimum de force pour la soutenir.
« Même si ce n’est pas très efficace, mieux vaut essayer après avoir acquis la force et la compréhension du Stade de l’Âme du Dharma. »
C’était d’autant plus vrai qu’il ne savait même pas précisément ce qu’il devait tenter. S’il modifiait la porte en souhaitant simplement « un meilleur talent », il risquait de le regretter plus tard, même s’il obtenait un résultat quelconque.
Surtout, il manquerait sans doute de karma après avoir acquis un tel talent. Dépenser ce karma pour louer un terrain de cultivation riche en énergie spirituelle et éviter les dangers comme la déviation du qi serait déjà un investissement intéressant.
Il serait plus sage de se laisser aussi d’autres possibilités.
Ce ne fut qu’après avoir pris cette décision qu’il se sentit un peu plus tranquille. Au lieu de continuer à cultiver ici, il quitta son abri avec l’intention de chercher d’autres viandes spirituelles et des plantes spirituelles.
Cela faisait vraiment longtemps qu’il n’était pas sorti. Grâce à la Gourde de liquide spirituel et à l’Art de Purification, il n’avait aucune raison de quitter son abri ; il était donc resté à l’intérieur comme un ours en hibernation.
Il avait aussi eu la chance qu’aucune bête particulièrement dangereuse ne vienne le chercher. On aurait vraiment dit que cette partie de la forêt lui appartenait désormais.
Mais il était temps d’explorer les environs. Il ne comptait pas rester ici seulement un jour ou deux de plus, et il lui fallait davantage de viande spirituelle et de plantes spirituelles pour cultiver rapidement.
Au-delà de cela, il pourrait trouver un endroit où l’énergie spirituelle était bien plus abondante.
Il rangea tout sauf l’Épée des Cinq Éléments dans la Poche de rangement qu’il portait à la taille. Ses gestes étaient plutôt assurés : durant ces quinze jours, il ne s’était pas contenté de cultiver l’Art du Retour à l’Origine. Il s’était aussi entraîné peu à peu à utiliser des artefacts magiques et des sorts.
« Où est-ce que ces abrutis de La Planète des singes vivaient ? »
La question lui était déjà venue à l’esprit plusieurs fois. Puisqu’il était devenu le maître de ce territoire, il devait naturellement découvrir où vivaient ses anciens propriétaires, à quoi ressemblait le terrain et ce qu’on pouvait y trouver.
Il activa sans difficulté l’Art du Vent et des Nuages et traversa rapidement la forêt, tout en maîtrisant sa vitesse. Il ne se contentait pas de courir au sol. Par moments, il rasait le sol en volant, parcourant ainsi de longues distances.
Il allait facilement plus vite qu’un scooter ordinaire. Dans cette forêt primitive, remplie d’arbres gigantesques et d’herbes épaisses, sa mobilité était exceptionnelle.
Inutile de préciser qu’il avait déjà lancé l’Art de Dissimulation et l’Art de la Vision spirituelle. Après quelques échecs, il était également parvenu à lancer l’Art de la Peau de jade.
« Celui-là est vraiment compliqué. »
Il maugréa intérieurement. Cela dit, réussir à lancer quatre sorts après seulement quinze jours était un excellent résultat.
Il le devait naturellement à sa capacité exceptionnelle à comprendre les langues. Il n’avait besoin d’aucun temps pour saisir les motifs du Dharma, ce qui lui permettait de contourner l’étape qui posait le plus de difficultés aux cultivateurs ordinaires au Stade d’entrée.
« Mon talent pour les racines spirituelles est ordinaire, mais ma compréhension est digne d’un génie. »
C’était peut-être pour cela que son désir d’améliorer son talent pour les racines spirituelles brûlait avec encore plus de force.
Bien qu’il eût passé plus de quinze jours dans cette forêt, il lui suffit de parcourir une courte distance pour avoir l’impression d’entrer dans un lieu totalement inconnu. Il lui semblait qu’il pouvait courir sans fin sans jamais atteindre le bout de cette forêt primitive.
« Je me sens seul. »
Cette pensée lui vint soudain, mais Han Yujin ne relâcha pas sa vigilance. Dès qu’il repérait quelque chose d’intéressant ou qui regorgeait d’énergie spirituelle, il s’arrêtait pour l’examiner.
Au cours de cette courte exploration, plusieurs sortes de champignons et de petits fruits finirent dans sa Poche de rangement.
Il existait plusieurs façons de vérifier si des plantes spirituelles contenant de l’énergie spirituelle étaient toxiques. On pouvait notamment employer des fragments des motifs du Dharma de l’Art de guérison et de l’Art de Purification. Il n’avait plus besoin d’examiner, de toucher et de goûter chaque chose l’une après l’autre, comme lorsqu’il était encore ordinaire.
À vrai dire, il regrettait un peu de devoir simplement passer son chemin lorsqu’il jugeait quelque chose toxique. S’il connaissait l’alchimie, même ces poisons pourraient lui servir.
« Et l’alchimie n’est pas la seule chose qui me manque. »
Le raffinage d’artefacts, la confection de talismans, la culture des plantes spirituelles, le dressage des bêtes, les arts des sceaux, les arts des marionnettes, et bien d’autres choses encore.
Pour suivre la voie de l’immortalité, il existait une quantité immense de compétences et de connaissances utiles. Le problème, c’était qu’on ne disposait pas d’assez de temps de vie pour tout apprendre.
La cultivation d’une seule méthode suffisait à vous occuper. Quand aurait-on le temps d’apprendre toutes les autres disciplines, une par une ? Et elles n’avaient rien de simple.
Si ces spécialistes étaient rares et respectés à juste titre, ce n’était pas pour rien.
Tout en réfléchissant, il découvrit un petit ravin qui lui sembla assez sûr. L’herbe y poussait de façon inhabituelle et, sans l’Art de la Vision spirituelle, il aurait pu passer devant sans le remarquer.
« Hmm. »
En s’approchant pour l’examiner, il perçut une légère odeur animale. Elle lui semblait vaguement familière et, après réflexion, il reconnut celle des monstres-singe.
« C’était leur tanière ? »
Après avoir vérifié l’Art de la Peau de jade et l’Art de Dissimulation, il pénétra dans le ravin.
Quelques minutes à peine lui suffirent pour arriver au bout du passage étroit, qui débouchait sur une vaste clairière, plus loin.
Au centre se dressait un arbre d’un noir sombre et sinistre qui attira son regard. Plus remarquable encore, les cadavres de petits monstres-singe gisaient éparpillés autour, déchiquetés à coups de dents.
« … »
On aurait dit que quelque chose avait attaqué les lieux et massacré les jeunes monstres-singe restés sur place.
Et l’arbre noir au centre ne semblait pas avoir été dénudé depuis le début. Il avait dû porter une sorte de fruit.
Plusieurs objets ressemblant à des pépins de fruit se trouvaient à proximité. Ils contenaient une énergie spirituelle si dense qu’il n’aurait pas pu les manquer.
Grrr… !
À cet instant,
quelque chose gronda depuis les hauteurs du ravin. Han Yujin leva la tête et aperçut une bête semblable à un loup qui le fixait.
Il la qualifia de semblable à un loup parce que ses oreilles étaient plutôt étranges et que sa queue se terminait par un dard acéré qui lui rappelait celui d’un scorpion. Tandis qu’il l’examinait, plusieurs autres bêtes sortirent la tête et le regardèrent d’en haut.
Il avait activé l’Art de Dissimulation, mais il s’était approché trop près et elles l’avaient apparemment détecté à l’odeur. De plus, sa maîtrise de l’Art de Dissimulation n’était pas encore parfaite.
Les bêtes semblables à des loups semblèrent tâter le terrain un instant, puis montrèrent les dents comme si elles se préparaient à attaquer.
Elles devaient croire que leur proie était venue se jeter dans leur gueule.
« Haa… »
En réponse, Han Yujin expira doucement et tira sans la moindre crainte l’Épée des Cinq Éléments de sa taille.
« Si vous comptez m’attaquer, magnez-vous, bande d’abrutis. »
Il n’était plus le minable qu’il avait été auparavant.
Peut-être était-ce pour cela que Han Yujin les considérait aussi comme des proies tout à fait appétissantes.
S’il les chassait et les mangeait toutes, il pourrait sans doute continuer à cultiver jusqu’à ce que le taux d’élévation de son Âme du Dharma atteigne environ dix pour cent.
La voie de l’immortalité ne s’obtenait pas en restant assis à attendre. Il fallait la saisir activement.
À cette pensée, un sceau du Dharma doré apparut sur l’Épée des Cinq Éléments qu’il tenait. Puis l’épée lui échappa et flotta d’elle-même à ses côtés.
La posture de combat d’un cultivateur était plutôt convaincante.
Une légère tension emplit l’air.
Wouf ! Grrr… !
Une bête semblable à un loup dévala la pente du ravin comme si elle volait, tandis que les autres passaient elles aussi à l’attaque. Celles qu’il avait prises pour cinq ou six bêtes formaient en réalité une meute assez nombreuse.
L’Épée des Cinq Éléments résonna en réponse.
Dans un éclair, un trait d’énergie dorée et tranchante jaillit et fendit en deux la bête semblable à un loup qui menait la charge. Il ne s’arrêta pas là et abattit encore deux bêtes derrière elle.
Il n’y eut pas la moindre résistance, comme si une lame infiniment tranchante les avait traversées. Sans le sang qui jaillit, Han Yujin aurait pu croire à une hallucination.
Notes de bas de page :
« La Planète des singes » est le sobriquet moqueur que Han Yujin donne aux monstres-singe.
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