Chapitre 4
Chapitre 4 — Chasser ou être chassé
Face à la dizaine de trolls qui l’entouraient, l’homme ne bougea pas immédiatement, mais son regard, lui, était déjà en mouvement. Il analysait chaque détail avec une précision presque instinctive, observant la position des créatures, la distance qui les séparait, la manière dont elles occupaient l’espace sans jamais vraiment se gêner. Dans un autre contexte, il n’aurait même pas pris le temps de réfléchir. Avancer, frapper, écraser, cela lui avait toujours suffi. Mais ici, les choses étaient différentes, et il le ressentait dans la moindre tentative d’utiliser sa propre énergie. Cette limite invisible qui bridait sa puissance changeait tout, et face à lui, il ne s’agissait pas d’un adversaire isolé mais d’un groupe organisé, visiblement habitué à ce terrain. Il inspira lentement, ajustant légèrement sa posture. Alors qu’il s’apprêtait à bouger, une nouvelle fenêtre apparut devant lui, plus large que les précédentes, avec une présentation légèrement différente, comme si elle cherchait à capter davantage son attention.
┌ ┐ [C] [BCU] 𝚀𝚞ê𝚝𝚎 [C] [C]───────────────── [C] Objectif : Éliminer les ennemis présents [C] [C] Difficulté : Très Haute [C] [C] Récompenses : [C] – Expérience [C] – Argent [C] – Équipement aléatoire [C]───────────────── [C] └ ┘
Il observa la fenêtre quelques secondes, plus intéressé par sa forme que par son contenu. « …Au moins, c’est clair. » La manière dont les informations étaient présentées ne laissait aucune place à l’interprétation. Objectif, difficulté, récompenses, tout était structuré, presque froidement efficace, comme si le système réduisait volontairement la situation à quelque chose de simple à comprendre, voire à exécuter. Il leva légèrement les yeux vers les trolls, puis la fenêtre disparut. Cette fois, il n’y avait plus de doute. Il devait les éliminer. Il ajusta légèrement sa position et se déplaça sur le côté, quittant l’axe direct des trolls pour s’enfoncer entre les arbres. Son mouvement restait fluide, contrôlé, suffisamment rapide pour ne pas rester exposé, mais assez mesuré pour éviter de se précipiter dans un piège évident. Très vite, il comprit qu’il n’était pas le seul à réfléchir. Les trolls ne se contentaient pas de le suivre du regard. Ils s’adaptaient. Certains se repositionnaient déjà, fermant les angles les plus naturels, tandis que d’autres restaient en retrait, comme s’ils attendaient le bon moment. Ils connaissaient cet endroit. Et ils savaient exactement comment l’utiliser. À peine eut-il parcouru quelques mètres qu’un détail attira son attention. Le sol, légèrement différent, semblait plus souple que le reste, comme si la terre avait été remuée récemment. Il ralentit immédiatement, analysant la zone avec plus de précision. Un instant plus tard, la surface céda brutalement. Une fosse s’ouvrit sous l’endroit où il s’apprêtait à poser le pied, révélant une profondeur suffisante pour être mortelle, avec des pieux grossiers mais efficaces plantés au fond. Il se décala juste à temps, évitant la chute de quelques centimètres, puis jeta un regard rapide au piège avant de reprendre son mouvement. « D’accord… » Il n’eut pas le temps d’aller plus loin dans sa réflexion qu’un sifflement fendit l’air. Une lance passa près de son visage, suffisamment proche pour qu’il sente le déplacement de l’air sur sa peau, avant de se planter violemment dans un arbre derrière lui. Il tourna immédiatement la tête vers l’origine du tir. Un troll était positionné en hauteur, partiellement dissimulé dans les branches. Et il n’était clairement pas seul. Une seconde lance suivit, puis une troisième, cette fois beaucoup plus difficile à anticiper. Il se déplaça rapidement pour les éviter, mais l’une d’elles effleura son bras, laissant une entaille nette qui se mit immédiatement à saigner. Il observa brièvement la blessure, sans s’arrêter. La douleur était là. Réelle. Mais supportable. Une autre lance arriva, plus basse cette fois, et il n’eut pas le temps de l’éviter complètement. Elle lui entailla la cuisse en passant, le forçant à modifier légèrement son appui pour ne pas perdre l’équilibre. « Ok… ça pique. » Son ton restait étonnamment calme, mais son attention venait clairement de monter d’un niveau. Il reprit sa progression, cette fois avec une vigilance accrue, ralentissant légèrement pour mieux lire le terrain. Chaque zone devenait suspecte, chaque détail potentiellement dangereux. Sur sa droite, des branches semblaient étrangement alignées, leur position trop régulière pour être naturelle. Sans s’en approcher, il ramassa un morceau de bois et le lança en direction de la zone. Les branches se refermèrent brutalement, révélant un système de cordes tendues qui se resserraient avec violence, suffisamment pour immobiliser ou broyer une cible. Il observa la réaction avec intérêt, puis reprit sa route. Mais cette fois, un bruit lourd retentit derrière lui. Un troll venait de charger. Celui-ci ne cherchait pas à le piéger. Il attaquait directement. L’homme pivota au dernier moment, évitant un coup de massue qui s’écrasa contre un arbre dans un fracas brutal. Le tronc céda sous l’impact, projetant des éclats de bois dans toutes les directions. Certains vinrent heurter son épaule et son flanc, ajoutant une gêne supplémentaire à une situation déjà tendue. Il recula légèrement, mais cette fois, il ne quittait plus l’ensemble du terrain des yeux. Car il avait compris quelque chose d’essentiel. Ce combat ne se limitait pas aux ennemis. Le terrain faisait partie de l’affrontement. Et pour l’instant— Ils en avaient le contrôle. Les lances continuaient de pleuvoir par intermittence, certaines étant évitées de justesse, d’autres laissant des marques superficielles sur son corps. Rien de critique, mais suffisamment pour rendre chaque mouvement plus coûteux, plus exigeant. Ils ne cherchaient pas à le tuer immédiatement. Ils le poussaient. Ils le forçaient à commettre une erreur. Et ils attendaient. L’homme ralentit légèrement, non pas par fatigue, mais pour reprendre le contrôle de la situation. Son regard parcourut rapidement les environs, enregistrant les positions, les angles, les pièges déjà révélés et ceux qui ne l’étaient probablement pas encore. Ils avaient l’avantage. Mais cet avantage reposait sur une chose simple. Il jouait selon leurs règles. Un léger sourire apparut sur son visage. « …Ok. » Cette fois, son regard changea. Il ne cherchait plus seulement à éviter, il cherchait une ouverture et quelque part, au milieu de cette pression constante Il commençait à la trouver.
Le combat ne perdit rien en intensité, bien au contraire, chaque échange devenant plus brutal et plus engagé à mesure que les secondes s’écoulaient. L’homme ne se contentait plus d’éviter ou de contenir la pression imposée par les trolls, il imposait désormais son propre rythme, utilisant leurs attaques contre eux, exploitant leurs trajectoires et leurs erreurs avec une précision qui ne cessait de s’affiner. À plusieurs reprises, il récupéra des lances en plein mouvement, transformant des projectiles destinés à le blesser en armes improvisées, renvoyées avec une précision redoutable. Un coup dévié devenait une ouverture, une ouverture devenait un impact, et chaque impact affaiblissait un peu plus la coordination du groupe. Les trolls continuaient d’attaquer ensemble, tentant de maintenir leur pression, mais leur organisation commençait à se fissurer sous cette adaptation constante. La forêt autour d’eux ne resta pas intacte. Des arbres furent brisés sous la violence des coups, certains arrachés à la racine, d’autres fendus net par les impacts répétés. Le sol, retourné et marqué par les affrontements, devenait irrégulier, instable, et ce terrain qu’ils maîtrisaient auparavant se transformait peu à peu en un chaos difficile à exploiter, même pour eux. Malgré leur nombre, malgré leur expérience du terrain, ils perdaient progressivement leur avantage. L’homme, bien que gravement blessé, continuait d’avancer, ses mouvements devenant plus instinctifs, plus directs, mais aussi plus efficaces. Il ne réfléchissait plus comme au début du combat, il s’adaptait en temps réel, chaque blessure nourrissant sa compréhension plutôt que de la freiner. Un troll tenta de profiter d’une ouverture, chargeant avec une violence renouvelée, mais l’homme se décala au dernier moment, laissant la créature emporter son élan dans un mouvement inutile, avant de frapper avec une précision brutale. L’impact fut suffisant pour déséquilibrer le monstre, et dans la seconde suivante, une lance récupérée au sol vint traverser sa gorge, mettant fin à son mouvement. Un autre tenta d’intervenir immédiatement, mais trop tard. L’homme avait déjà changé de position, évitant une attaque lourde pour répliquer avec une frappe directe, utilisant le poids de la créature contre elle. Le choc résonna dans la forêt, et le troll s’effondra à son tour. Le combat ne s’éternisa pas davantage, mais chaque seconde fut marquée par une intensité constante, jusqu’à ce que, progressivement, les derniers adversaires tombent eux aussi, incapables de suivre ce rythme imposé. Lorsque le silence revint enfin, il ne s’imposa pas brutalement, mais progressivement, comme si la forêt elle-même reprenait son souffle après le chaos. L’homme resta debout quelques instants, immobile, laissant son corps encaisser le contrecoup de l’affrontement. Son souffle était irrégulier, son corps couvert de blessures, le sang coulant encore le long de son torse et de son unique bras restant. La douleur était présente, constante, impossible à ignorer, mais elle ne provoquait ni recul ni hésitation. Au contraire. Elle rendait tout plus réel. Il laissa échapper un rire, d’abord léger, presque surpris, puis plus franc, plus assumé, comme s’il venait de découvrir quelque chose qu’il n’avait jamais réellement expérimenté auparavant. « …Ok… » Sa voix était plus basse, mais clairement marquée par cette sensation nouvelle. « Je comprends mieux… » Il inspira lentement, malgré la gêne, laissant son regard parcourir les corps autour de lui, les traces du combat, la forêt partiellement détruite, comme pour enregistrer chaque détail de ce moment. Puis, comme pour répondre à la situation, une fenêtre apparut devant lui.
┌ ┐ [C] [BCU] 𝚀𝚞ê𝚝𝚎 [C] [C]───────────────── [C] Progression : 10 / 12 [C]───────────────── [C] └ ┘ Son expression changea légèrement lorsqu’il observa les chiffres, prenant le temps de les relire avec attention. Au premier regard, tout semblait cohérent, mais très vite, une incohérence apparut, suffisamment évidente pour attirer toute son attention. Il releva lentement la tête, balayant les alentours du regard, s’attardant sur les corps étendus autour de lui, comme s’il cherchait un détail qui lui aurait échappé dans le feu de l’action. Mais le constat restait le même. Alors qu’il venait à peine de réaliser qu’il manquait encore deux trolls, une présence différente, bien plus lourde, s’imposa devant lui. Ce n’était pas une simple variation de puissance, mais quelque chose de plus structuré, de plus maîtrisé, comme si ces deux entités n’avaient jamais réellement participé au combat, se contentant d’observer jusqu’au moment opportun. Face à lui se tenaient un troll d’élite et un troll chaman. Le premier se distinguait immédiatement par sa stature et son équipement. Plus grand, plus massif, son corps semblait taillé pour le combat, recouvert d’une armure rudimentaire mais efficace, faite de plaques épaisses renforçant ses points vitaux. Dans sa main reposait une épée lourde, large, dont la lame marquée par l’usure témoignait d’innombrables affrontements. Son regard n’était pas celui d’une créature sauvage, mais d’un combattant expérimenté, habitué à tuer sans hésitation. En retrait, le chaman restait immobile. Sa silhouette, plus fine, était entourée de talismans faits d’ossements, de fragments de créatures et de symboles gravés dans la matière. Ses yeux étaient fixés sur lui, attentifs, presque analytiques, comme s’il observait un phénomène plutôt qu’un adversaire. Ils avaient vu. Tout. Et ils attendaient simplement le bon moment pour intervenir. L’homme, de son côté, ne bougea pas immédiatement. Il resta quelques secondes immobile, laissant son regard passer de l’un à l’autre, évaluant sans réellement chercher de solution. Son corps était dans un état critique. Le sang continuait de s’écouler le long de son torse, ses blessures s’accumulaient, et l’absence de son bras gauche déséquilibrait encore davantage ses mouvements. Il n’avait plus grand-chose. Et il le savait. Mais cette fois, au lieu de chercher à s’adapter, à contourner ou à survivre, il comprit simplement ce que cela impliquait. C’était terminé. Ou plutôt— C’était le moment. Un léger sourire apparut sur son visage, non pas par provocation, mais par anticipation. Depuis le début, une chose le travaillait, une question restée en suspens. La mort. Il allait enfin y être confronté. Le troll d’élite ne perdit pas de temps. Sans un mot, sans hésitation, il se mit en mouvement, réduisant la distance avec une efficacité impressionnante. Son pas était lourd mais parfaitement maîtrisé, chaque appui stable, chaque geste précis, comme celui d’un guerrier habitué à ce type d’exécution. L’attaque arriva sans détour. La lame traversa son abdomen avec une facilité déconcertante, l’élan du coup le projetant en arrière jusqu’à ce que son corps soit violemment plaqué contre un arbre. Le tronc encaissa l’impact, mais c’est l’épée qui immobilisa définitivement son corps, l’empalant sans la moindre résistance. La douleur fut immédiate, son souffle se coupa, ses muscles se contractèrent. Chaque sensation devint écrasante. Et pourtant Son regard resta calme. Le troll d’élite le fixa quelques secondes, puis, dans une voix grave et rocailleuse, laissa échapper quelques mots simples. « Va en paix… humain. » L’homme ne répondit pas. Il ferma lentement les yeux. Acceptant.
Puis quelque chose céda.
Pas physiquement. Mais en lui. Un bruit sec résonna dans son esprit, comme des chaînes qui se brisent sous une pression trop longtemps contenue. Ce n’était pas une image, mais une sensation claire, une rupture nette, comme si une limite invisible venait d’être pulvérisée sans avertissement. Ses yeux se rouvrirent brusquement. Et dans l’instant— L’énergie explosa. Une vague dorée jaillit de son corps, violente, incontrôlable, repoussant tout ce qui se trouvait à proximité. Le troll d’élite fut projeté en arrière, son corps glissant sur plusieurs mètres avant de s’arrêter, non pas blessé, mais clairement surpris par la puissance dégagée. L’homme, lui, brillait. Son aura, autrefois contenue, bridée, se libérait désormais sans aucune restriction. Elle débordait autour de lui, s’étendant bien au-delà de son corps, gagnant en intensité à chaque seconde, comme si elle n’avait jamais cessé de croître et venait simplement d’être libérée. Ses yeux laissèrent place à cette même énergie, une lumière dorée intense débordant de ses pupilles, témoignant d’un changement bien plus profond qu’une simple augmentation de puissance. Son corps se détacha lentement de l’arbre, l’épée glissant hors de lui sans résistance, tandis que ses blessures commençaient déjà à disparaître. La chair se reconstruisait sous ses yeux, les plaies se refermaient, et même son bras gauche se reformait progressivement, comme si son corps revenait à son état originel sous l’effet de cette énergie libérée. Il s’éleva lentement dans les airs, porté par cette force qui ne cessait de croître. Une fois stabilisé, il observa sa main quelques secondes, la refermant lentement, comme pour confirmer ce qu’il ressentait. Ce n’était plus limité. Ce n’était plus contenu. Il comprenait. « …Limite Breaker. » Sa voix était calme, mais chargée d’une certitude nouvelle. Il venait de briser les limites imposées par le système. Son énergie n’était plus restreinte. Elle débordait. Son regard se posa sur les deux trolls. Et sans transition— Il disparut. Ou plutôt, il se déplaça à une vitesse telle que le mouvement en devint invisible. Il réapparut directement devant le troll chaman, sa main déjà en mouvement, et sans la moindre hésitation, il saisit sa tête pour l’écraser violemment contre le sol. L’impact fut titanesque. Le sol se fissura sous la violence du choc, se soulevant par endroits, et une onde de choc se propagea dans toute la zone, faisant trembler les arbres et projetant débris et poussière dans les airs. Le corps du chaman ne résista pas. L’écrasement fut total. L’homme se redressa lentement, laissant son aura se stabiliser progressivement, comme s’il reprenait volontairement le contrôle de cette puissance nouvellement libérée. Il compressa son énergie, réduisant son intensité jusqu’à ne laisser qu’une fine couche lumineuse recouvrir son corps. Ses yeux retrouvèrent peu à peu leur apparence normale, laissant réapparaître ses pupilles rouges, encore marquées par l’intensité de ce qui venait de se produire. Un léger rire lui échappa, puis il leva la main. Et fit un geste simple vers le troll d’élite. Un geste clair. Une invitation. « Viens. » Ainsi débuta un affrontement qui, à première vue, aurait pu sembler équilibré. Le troll d’élite possédait une puissance brute impressionnante, une maîtrise du combat évidente et une endurance hors norme, tandis que l’homme, désormais libéré de ses limites, répondait avec une vitesse et une précision qui défiaient toute logique. Mais cette impression d’équilibre ne dura pas. Très vite, la différence réelle apparut. L’homme ne se contentait pas de combattre. Il dominait. Chaque échange devenait une démonstration. Il esquivait avec une facilité presque insolente, anticipant les mouvements du troll avant même qu’ils ne soient totalement exécutés, et lorsqu’il frappait, ses coups n’étaient jamais inutiles. Pourtant, malgré cette supériorité évidente, il ne cherchait pas immédiatement à en finir. Il jouait. Plusieurs fois, il laissa volontairement des ouvertures, permettant au troll d’élite de porter des coups qui, dans un autre contexte, auraient été dévastateurs. Mais à chaque impact, l’énergie dorée qui enveloppait son corps absorbait la force de l’attaque, la dissipant comme si elle n’avait jamais existé. Les frappes du troll, pourtant capables de briser la pierre et de déraciner des arbres, semblaient inefficaces face à cette barrière invisible. Et à chaque fois, la réaction de l’homme était la même. Un léger sourire. Puis une riposte. Il ne frappait pas simplement pour repousser. Il envoyait son adversaire valser, comme si son corps n’avait aucun poids, comme s’il manipulait un objet plutôt qu’un être vivant. Le troll d’élite, pourtant massif, était projeté à travers les arbres, brisant troncs et branches sous la violence des impacts, incapable de reprendre totalement le contrôle du combat. Le duel s’étendit ainsi à travers toute la forêt. Chaque choc marquait le terrain, chaque impact transformait l’environnement, et ce qui restait encore debout quelques instants plus tôt finissait arraché, fissuré ou détruit. Le combat ne suivait plus aucune trajectoire précise, se déplaçant au gré des frappes, des projections, des tentatives du troll pour reprendre l’avantage. Mais il n’y parvenait pas. Jamais. Et puis, après un échange particulièrement violent, l’homme frappa. Son poing s’abattit avec une précision nette, libérant une force bien supérieure à celle utilisée jusque-là. Le troll d’élite fut propulsé en arrière, traversant plusieurs arbres avant de percuter violemment une structure en pierre dissimulée derrière la lisière de la forêt. Le mur céda sous l’impact. Le corps du monstre le traversa dans un fracas brutal, roulant sur plusieurs mètres avant de s’arrêter sur une route principale. C’était l’entrée d’un village. Un village déjà marqué par les affrontements récents. Les traces de combat étaient visibles partout : des structures endommagées, des armes abandonnées, des corps transportés à la hâte. Les habitants, rassemblés à distance, portaient encore les marques de l’attaque des trolls, certains blessés, d’autres épuisés, tous encore sous tension. La présence de chevaliers avait visiblement permis d’éviter le pire. Mais ils n’étaient pas prêts à ça. Voir un troll d’élite surgir ainsi, projeté depuis la forêt sans la moindre explication, fut pour eux un choc brutal, comme si le danger qu’ils pensaient avoir contenu venait de réapparaître sous une forme encore plus violente. Le monstre tenta de se relever. Mais il n’en eut pas le temps. L’air au-dessus de lui se déforma légèrement. Puis l’homme apparut. Suspendu dans le ciel, entouré de cette lumière dorée devenue presque écrasante, il leva simplement le bras, sans précipitation, comme si le geste ne demandait aucun effort particulier. Puis il frappa. Pas directement. Mais dans le vide. Et pourtant, l’impact fut réel. Un rayon d’énergie pure se libéra de son poing, traversant l’espace avec une vitesse fulgurante avant de s’abattre sur le troll. La lumière engloutit la créature en un instant. Il ne resta rien. L’homme redescendit lentement, se posant sur la route avec une légèreté presque irréelle. L’énergie autour de lui se stabilisa progressivement, redevenant plus discrète, bien que toujours présente. Puis il leva les yeux. Face à lui se tenaient les habitants. Les chevaliers. Tous. Immobiles. Figés. Le regard fixé sur lui. Un mélange de peur, d’incompréhension et de fascination. Il les observa quelques secondes, comme s’il réalisait seulement maintenant leur présence. Puis inclina légèrement la tête. « Salut ? »