Chapitre 39
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Traducteur/éditeur : Potter
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◈ Pourquoi mes dramas deviennent-ils tous des succès !? ◈
Chapitre 39 : Vous ne pouvez pas avoir ce scénario ! (7)
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« De l’eau. »
Sans quitter l’écran des yeux, je lâchai un seul mot.
Ji Seo-yoon, qui attendait derrière moi, accourut aussitôt.
« Ah ! Voilà ! »
Elle me tendit un verre d’eau d’une voix extrêmement enjouée. J’en bus une gorgée et fronçai légèrement les sourcils.
« Pas de l’eau froide. De l’eau tiède. »
« … Ah, oui ! Attends un instant ! »
Ses paupières tressaillirent, mais Ji Seo-yoon emporta la tasse et sortit sans un mot.
Un instant plus tard, elle revint avec de l’eau fumante et me la tendit poliment à deux mains. Je la regardai un moment avant de reprendre la parole.
« Pas de l’eau tiède. De l’eau froide. »
« Ah, espèce de petit… ! »
« Hein ? Espèce de petit ? »
Ji Seo-yoon se figea sous mon regard en coin, ravala une insulte féroce et se força aussitôt à sourire.
« Ahahaha ! Je vais vous en chercher tout de suite ! »
Elle repartit vers la cuisine à grands pas, tandis que je restais seul dans la pièce à travailler en retenant un rire.
Le pouvoir, c’est vraiment délicieux.
Cette peste, qui d’ordinaire traitait son propre frère pire qu’un chien et se montrait si arrogante, m’apportait maintenant de l’eau au moindre signe de ma part.
Quel pouvoir doux et puissant.
Pourtant, une partie de moi avait peur.
Peur du jour où je perdrais ce pouvoir…
D’ici là, autant en profiter au maximum.
Quoi qu’il en soit, les négociations de contrat avec Miracle s’étaient bien passées.
Pour l’instant, nous n’avions qu’un accord verbal, mais nous signerions sans doute le contrat officiel bientôt. Bien sûr, je voulais que le drama soit diffusé sur MBS, mais MBS et Miracle formaient pratiquement un tout. Inutile donc de chercher une autre société de production.
« Voilà votre bonne eau bien fraîche ! »
Ji Seo-yoon posa devant mon écran un verre d’eau glacée, avec des glaçons qui flottaient à la surface.
Je lui jetai un bref coup d’œil, puis déclarai d’un ton solennel :
« Très bien. Merci. Mais ça va, alors bois-la. Tu dois avoir soif après avoir couru partout. »
« … »
« Hein ? Qu’est-ce que tu as ? Tss ? »
« Je vais la boire, mon cher frère. Hé hé hé. »
« Très bien. »
Ji Seo-yoon but l’eau froide avec un sourire doux, comme si elle ne m’avait pas lancé un regard meurtrier un instant plus tôt.
En la regardant, une idée me vint soudain.
« Au fait, les gens de ta boîte ne savent pas que je suis ton vrai frère ? »
« Non. Pas du tout. »
« Tu ne leur as jamais dit ? »
« À quoi bon ? S’ils l’apprenaient, ils me demanderaient de te passer de la pommade pour eux et je devrais supporter tous ces regards. Ce serait pénible à tous les niveaux. »
Ji Seo-yoon donna une explication plutôt raisonnable, puis plissa les yeux et me retourna la question.
« Et toi ? Tu ne l’as pas dit aux gens de notre boîte non plus ? »
« Non. »
« Oh, quelle surprise. Tu avais peur que ça me complique la vie ? »
Elle avait l’air assez touchée, mais je secouai fermement la tête.
« Non. J’ai honte que tu sois ma sœur. »
« … »
L’émotion de Ji Seo-yoon s’évapora en une seconde.
Très précautionneusement, elle leva son majeur juste devant mon visage.
« Va te faire foutre. »
« Maintenant que j’y pense, tu as de sacrées narines. Sers-toi de ce majeur pour te curer le nez. »
« Va te faire doublement foutre. »
« Je parie que tu pourrais en mettre deux dans ta narine droite. »
Je continuais à échanger des piques sans intérêt avec Ji Seo-yoon quand mon téléphone, sur le bureau, vibra brièvement.
[Réalisateur Woo Young-taek]
À la vue du nom qui s’afficha, mon regard se glaça.
Ça y est.
Après m’être raclé la gorge, je fis signe à Ji Seo-yoon du menton.
« Sors, maintenant. Je dois prendre cet appel. »
« Non. Je ne bouge pas. »
« Ah, c’est vrai. Studio Red Sun m’a aussi proposé des conditions absolument incroyables… »
« D’accord, ça va ! Tu me menaces vraiment avec ça ? J’y vais, j’y vais ! »
Ji Seo-yoon sortit en tapant du pied et claqua la porte.
Je pris alors le téléphone et décrochai.
« Ah, Writer Ji Yeon ! Vous avez pu vous reposer ? »
« Oui. Grâce à vous, j’ai eu tout le temps de me reposer. »
À la salutation amicale de Woo Young-taek, je dissimulai mon inquiétude et lui répondis chaleureusement.
Après quelques banalités, je tâchai prudemment de sonder le terrain.
« Mais qu’est-ce qui vous amène ? »
« Ah, je voulais juste vous parler de la cérémonie de remise des prix. Vivre avec mon ex-petit ami, c’est pas si mal a eu un tel succès que vous allez décrocher un prix cette fois, ha ha ! »
À cette réponse, je poussai intérieurement un profond soupir de soulagement.
En vérité, j’avais surveillé très attentivement la réaction de Woo Young-taek.
tvM et moi avions réussi ensemble à faire de mon premier drama, Vivre avec mon ex-petit ami, c’est pas si mal, un succès. Quoi qu’il en soit, il était normal d’être mal à l’aise à l’idée de confier soudain mon prochain projet à MBS, une autre chaîne, sans même lui en parler.
« Oh, et tant qu’on y est… Je voulais aussi savoir ce que vous prépariez ensuite. »
« … !! »
Mon cœur se serra.
Peut-être cherchait-il à jauger ma réaction au téléphone, car le rire gêné qui me parvint de l’autre côté de la ligne sonnait particulièrement forcé.
« Ha ha ha ! C’est encore trop tôt pour vous parler du prochain projet ? J’espère ne pas vous mettre la pression. Prenez tout votre temps pour y réfléchir, vraiment ! »
« … Je suis désolé. »
À ma réponse grave, le rire à l’autre bout du fil s’interrompit.
« Pardon ? Qu’est-ce que vous venez de… ? »
« Je suis désolé. Vraiment. »
« A-Attendez un instant ! Writer Ji Yeon ! Ne me dites pas que vous avez déjà confié votre prochain projet à quelqu’un d’autre… ?! »
La voix de Woo Young-taek se brisa comme s’il venait d’être foudroyé.
Il me posa la question encore et encore, d’un ton désespéré, mais je ne pouvais répondre qu’une chose.
« Je suis désolé… »
#
Bureau du directeur du département des dramas de MBS.
Un silence pesant envahissait la pièce. Assis en bout de table, le directeur Bae Seong-hwan fixait un point précis.
Le scénario posé sur la table.
La nouvelle œuvre de Writer Ji Yeon, [Sans titre].
« … »
Jusqu’à l’épisode trois, l’histoire s’était déroulée à un rythme effréné.
Un ordre venu d’en haut : infiltrer la gigantesque organisation chinoise, la Mante.
Le protagoniste, Tae-yeol, s’était naturellement montré sceptique et avait refusé le plan. Mais la police l’avait pressé, qualifiant cette mission d’occasion parfaite pour faire tomber de l’intérieur l’organisation criminelle spécialisée dans la drogue.
Après l’avoir acculé avec toutes sortes de justifications plausibles et de promesses de soutien, elle avait fini par le convaincre d’infiltrer la Société de la Mante.
Heureusement, il y avait une pièce utile sur l’échiquier en Corée.
Bang Jin, chef de salle du Gang des Nuages Vertueux, affilié à la Société de la Mante.
Bang Jin avait purgé une peine de prison en Corée pour trafic de drogue et venait tout juste d’être libéré. Mieux encore, il était secrètement en contact depuis longtemps avec le Gang de l’Étoile Noire.
Après s’être mis d’accord sur leur version des faits, Tae-yeol entra au quartier général de la Société de la Mante en se faisant passer pour un subordonné direct de Bang Jin.
L’épisode trois s’achevait là.
Et l’épisode quatre qui suivait était tout aussi démentiel.
L’air était lourd et poisseux comme du mucus.
Tae-yeol et les membres du Gang des Nuages Vertueux se tenaient en rang devant une immense porte de fer.
Bang Jin, le chef de salle du Gang des Nuages Vertueux, qui transpirait à grosses gouttes, menaça Tae-yeol à voix basse.
« À partir d’aujourd’hui, tu es muet : on t’a coupé la langue. C’est moi qui accueille les invités, alors ne va même pas respirer trop fort à côté de moi. Compris ? »
« … »
« Bien. Reste planté là, aussi silencieux qu’une souris morte. »
Crrrrr… !!
L’immense porte de fer s’ouvrit dans un grincement strident.
Un groupe de membres de la Société de la Mante sortit de l’obscurité.
Les membres du Gang des Nuages Vertueux s’inclinèrent aussitôt devant eux.
« Vous voilà ! »
Le regard de Tae-yeol, qui était rivé au sol, se leva lentement.
« … ?! »
Les pupilles de Tae-yeol tremblèrent.
Le chef marchait au milieu d’une escorte d’hommes robustes.
L’identité de la Mante, la redoutable souveraine des ruelles du continent, était…
« Une femme… ? »
Incroyable, c’était une jeune femme qui venait à peine de perdre son allure de gamine.
Le choc ne dura qu’un instant.
À mesure qu’elle s’approchait, un sourire grotesque se dessina sur les lèvres de la Mante.
Au même moment, sa main se porta à sa taille.
Fsching !
Les deux haches qu’elle tira fendirent les airs.
Fouuu !
Tae-yeol tressaillit en voyant la hache foncer vers lui.
Mais sa cible était Bang Jin, qui se tenait à côté de lui.
« Aaaah !! »
Elle n’hésita pas une seconde.
La hache s’enfonça profondément dans la clavicule de Bang Jin, qui s’effondra au sol en crachant du sang.
« Argh, tousse ! M-Mante ! Qu’est-ce que… ?! »
La Mante s’avança lentement et saisit Bang Jin par les cheveux.
Puis elle leva la hache qui lui restait et l’abattit sans pitié.
« Argh ! Attendez ! P-Pitié, épargnez… ! »
« Ferme ta putain de gueule, espèce d’enculé. »
Crac !
« Tu veux vivre, mais tu m’as piqué ma came ? Tu crois que je plaisante quand je parle, espèce de sale clébard ? »
« Argh, tousse… ! »
Du sang rouge sombre éclaboussa le visage pâle de la Mante.
On était plus près de la boucherie que du meurtre.
Face à cette terreur écrasante, les subordonnés de Bang Jin ne pouvaient que trembler.
« Grrrk… ! »
Dans un dernier râle, la tête de Bang Jin retomba mollement sur le côté.
Même après que Bang Jin eut perdu la vie, la Mante continua longtemps de taillader son cadavre.
Flac ! Crac !
Laissant derrière elle le corps réduit à un amas de chair, la Mante se redressa lentement.
Couvert de sang frais, elle cracha au sol celui qui lui emplissait la bouche.
Puis elle s’essuya d’un revers de main. Son regard s’arrêta soudain.
Ses yeux de serpent se fixèrent sur Tae-yeol, pétrifié.
Sous ce regard meurtrier, le corps de Tae-yeol trembla malgré lui.
La Mante ricana devant sa réaction et s’approcha en pataugeant dans le sang.
« Qu’est-ce que tu as à faire cette tête d’ahuri ? »
« … »
« Ah, tu es le connard de Coréen ? »
La Mante posa le tranchant ensanglanté de sa hache contre la gorge de Tae-yeol.
Le sang tiède de Bang Jin s’infiltra dans le col de sa chemise.
Malgré l’odeur métallique et écœurante, Tae-yeol soutint le regard de serpent de la Mante.
Sa main droite s’approcha lentement du couteau à sa taille.
Puis…
« Je te donne trois jours. »
La Mante retira sa hache en laissant échapper un petit rire grave.
« Retrouve d’ici là ce que cet amas de chair m’a volé. Sinon, eh bien… tu pourras toujours me donner ta tête à la place. »
« … »
« Pourquoi tu ne réponds pas ? T’es tellement con, Coréen, que tu ne comprends pas le coréen ? »
Tae-yeol serra les dents et hocha la tête.
La Mante tourna les talons sans y penser davantage.
« Hé. Bande de bons à rien. »
Les membres de la Société de la Mante se retirèrent comme la marée descendante.
Crrrrr ! Boum !!
L’immense porte de fer se referma, ne laissant derrière elle que l’odeur épaisse du sang dans la salle de réunion.
Tae-yeol resta figé sur place, tel une statue de pierre.
« … »
C’était une zone de non-droit hors de portée de la police coréenne.
Bang Jin, le seul allié de Tae-yeol dans ce pays étranger qu’il ne connaissait pas, était mort.
Et si Tae-yeol ne retrouvait pas la drogue volée par Bang Jin, il mourrait lui aussi.
« Putain… »
Même sa voie de fuite était désormais coupée. Tae-yeol avait envie de mourir.
Après avoir lu la dernière phrase, Bae Seong-hwan laissa échapper un profond soupir sans même s’en rendre compte.
Ce n’étaient que des mots imprimés sur du papier, pourtant il avait l’impression que l’odeur poisseuse du sang lui emplissait les narines.
C’était un polar noir brut, d’une violence absolument explicite.
Sans même parler des sanctions du régulateur de l’audiovisuel, les dirigeants conservateurs et les annonceurs allaient forcément s’étrangler de rage.
Malgré tout, Bae voulait désespérément en faire un drama.
Un drama portant le nom de MBS.
C’est donc la scénariste qui a écrit cette comédie romantique.
Bae Seong-hwan recommença à lire chaque phrase et à analyser le scénario.
D’abord, ce personnage nommé Bang Jin.
Dès le début, Bang Jin avait occupé une place importante dans l’histoire. En tant que cadre de l’organisation, il avait son propre récit et possédait même le charisme d’un solide personnage secondaire. Une mort aussi brutale et soudaine aurait facilement pu décevoir profondément les lecteurs et les téléspectateurs.
Pourtant, Bae Seong-hwan ne ressentait pas la moindre déception devant la mort de Bang Jin.
La raison était simple.
La Mante.
Une cheffe qui se délectait de massacres, brandissant deux haches derrière le visage d’une jeune fille.
La présence qui émanait de ce personnage étrange et écrasant était tout simplement trop intense.
La folle qu’était la Mante avait instantanément comblé le vide laissé par Bang Jin, un personnage secondaire plutôt bien construit, et elle avait encore de la marge.
Et ce n’était pas tout.
Le déroulement de l’histoire avait également complètement déjoué les attentes de Bae Seong-hwan.
Ce n’était pas une histoire d’espionnage clandestin classique.
Bae s’était attendu à ce que Tae-yeol s’intègre peu à peu à la Société de la Mante aux côtés de Bang Jin, tout en recueillant des informations en secret.
Au lieu de cela, la scénariste avait réduit à néant cette attente superficielle, au vu et au su de tous.
Avant même que l’infiltration ait réellement commencé, dès leur toute première rencontre, elle avait supprimé de la manière la plus cruelle qui soit le seul allié et soutien de Tae-yeol.
L’histoire avait complètement dévié de sa trajectoire.
Impossible de deviner comment le protagoniste, isolé dans un pays étranger qu’il ne connaissait absolument pas, allait survivre à cet enfer.
À ce stade, je ne peux pas supporter de ne pas connaître la suite.
Un petit rire admiratif échappa à Bae Seong-hwan.
Il resta longtemps plongé dans l’impression persistante laissée par le scénario.
Puis un coup pressant retentit à ses oreilles.
Avant même que Bae ait pu répondre, la porte s’ouvrit à la volée et le producteur en chef Gong Myeong-ho se précipita dans la pièce.
« Ah, ça me rend dingue. La scénariste refuse catégoriquement de céder. »
Gong Myeong-ho se frappa la poitrine de frustration.
« Chef, vous vous rendez compte de la situation ? J’ai dit à la scénariste que je pouvais lui obtenir une case de diffusion bien meilleure. Je lui ai même expliqué plusieurs fois que ce serait plus facile pour elle d’obtenir des financements. Mais elle refuse de m’écouter. »
« Hum… »
« Pourquoi s’obstiner à foncer droit dans la gueule du tigre… ? Je ne comprends vraiment pas. Ça n’a aucun sens. »
Les plaintes désespérées de Gong Myeong-ho résonnèrent dans le bureau du directeur.
Mais Bae Seong-hwan, assis en bout de table, face à Gong, garda le silence.
« … »
Son regard était posé sur le scénario [Sans titre] de Ji Yeon-woo, soigneusement déposé sur la table.
Après l’avoir contemplé un long moment, Bae Seong-hwan prit enfin la parole.
« Il y a longtemps… »
« … ? »
« Il y avait une jeune scénariste. Une parfaite débutante, sur le point de faire ses débuts. »
À cette histoire d’autrefois qui tombait soudain du ciel, Gong Myeong-ho regarda Bae Seong-hwan d’un air absent.
De quoi s’agissait-il ?
Mais le regard de Bae était si grave que Gong n’osa pas l’interrompre.
Bae poursuivit d’un ton posé :
« Puis, juste avant les débuts de cette scénariste, elle a reçu un coup de tonnerre. La diffusion de son drama devait tomber pile en même temps que celle de deux scénaristes vedettes, considérées comme les meilleures de leur époque. »
« … »
« Alors je l’ai fait venir pour lui dire qu’elle n’avait aucune chance. C’était comme lancer un œuf contre un rocher, alors je lui ai proposé d’avancer ou de retarder la diffusion. »
Bae Seong-hwan marqua une pause, puis laissa échapper un léger rire.
Comme si l’expression audacieuse de cette jeune scénariste se trouvait encore sous ses yeux.
« Mais vous savez ce qu’elle m’a répondu ? Elle a refusé net. »
« Quoi ? Elle a refusé ? »
« Hé hé. Elle m’a regardé droit dans les yeux et n’a pas voulu céder. Elle a dit qu’il n’y avait aucune raison de changer quoi que ce soit puisqu’elle pensait qu’elle allait gagner. »
Un rire incrédule échappa à Gong Myeong-ho.
Une débutante qui n’avait même pas encore fait ses débuts et prétendait battre deux scénaristes vedettes de l’époque… C’était bien au-delà de ce qu’il pouvait comprendre.
Bae Seong-hwan secoua la tête, comme s’il partageait profondément ce sentiment.
« Au début, j’ai cru qu’elle avait perdu la tête. Ce n’était pas une sorte de chien enragé, obsédé par la bagarre. Elle allait forcément se faire écraser en se jetant tête baissée dans le combat, alors j’ai pensé qu’elle souffrait d’un sérieux délire artistique. »
Bae Seong-hwan s’exprima longuement avec un sourire détendu.
Puis il s’adossa soudain profondément à son fauteuil et poussa un long soupir.
« Mais vous savez ce qui est drôle ? Tout s’est vraiment passé comme elle l’avait dit. »
« … Vraiment ? »
« Oui. Tout le monde, dans la chaîne comme à l’extérieur, riait en disant que le scénario de cette débutante allait se faire piétiner. Mais les deux dramas ont fait grimper l’audience en flèche. Au bout du compte, le sien a raflé toute l’audience de ces deux scénaristes vedettes et s’est hissé fièrement en tête de sa case horaire. »
Lorsque son histoire prit fin, un silence étouffant s’installa dans le bureau du directeur.
Gong Myeong-ho avala sa salive, face à ce récit incroyable qui semblait tenir de la légende, puis demanda avec hésitation :
« … Chef. Qui était cette débutante ? »
Bae Seong-hwan répondit sans la moindre hésitation :
« Seo Eun-hye. »
« … ? Quoi ? S-Seo Eun-hye ? »
Seo Eun-hye.
La reine légendaire qui avait régné sur l’industrie des dramas coréens et atteint régulièrement les cinquante pour cent d’audience.
À l’apparition de ce nom immense, un sourire impuissant se dessina sur le visage crispé de Gong Myeong-ho.
« Ahaha ! Chef, allez. C’était possible uniquement parce que c’était Seo Eun-hye. Ça n’a rien à voir avec une scénariste qui vient tout juste d’achever un seul projet. »
Gong Myeong-ho balaya la remarque, comme s’il s’agissait d’une plaisanterie absurde.
La scénariste de Vivre avec mon ex-petit ami, c’est pas si mal ?
C’était certes une génie, mais elle était encore loin de pouvoir rivaliser avec Seo Eun-hye.
Pourtant, Bae Seong-hwan ne rit pas à la plaisanterie lancée à la légère par Gong Myeong-ho.
C’était possible parce que c’était Seo Eun-hye ?
Bae Seong-hwan caressa les poils rêches de sa barbe le long de sa mâchoire, tout en fixant silencieusement le scénario de Ji Yeon-woo sur la table.
Pourquoi donc ?
Plus il lisait ce scénario, plus le visage de cette femme lui revenait nettement en mémoire.
Le visage de la scénariste qui avait déclaré avec assurance qu’elle gagnerait à coup sûr.
« Pourquoi ? Vous n’avez pas confiance, producteur-réalisateur ? Moi, je suis absolument certaine de gagner. »
En se remémorant les paroles de Seo Eun-hye, Bae Seong-hwan vit une étrange courbe se dessiner sur ses lèvres.
Il ne le dit pas à voix haute, mais le frisson éprouvé quelques instants plus tôt à la lecture du scénario lui picotait encore le cœur.
Comme lorsqu’il avait lu le premier scénario de Seo Eun-hye.
Non, peut-être encore davantage.
J’ai l’impression… que cette fois, ça ira encore plus loin que Seo Eun-hye.
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