Chapitre 26
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Traducteur/éditeur : Potter
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◈ Pourquoi mes dramas deviennent-ils toujours des succès ?! ◈
Chapitre 26 : Le scénariste qui a écrit ça, c’est ton frère
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Le lundi matin, après la fin du week-end, le département des dramas de tvM débordait d’énergie.
Le bureau aurait dû être plongé dans la fatigue du lundi, mais il n’y en avait pas la moindre trace. Non, on se serait cru moins dans un bureau que dans un festival.
« Beau boulot, équipe B de <Vivre avec mon ex, c’est pas si mal> ! La fin d’hier était complètement dingue ! »
« Waouh, je savais que ça marcherait, mais je n’aurais jamais cru que l’audience dépasserait les quinze pour cent d’un coup. C’est pas complètement fou ? »
« Ha ha ha ! Je vous l’avais dit ! Impossible que ce scénario fasse un flop ! »
Les employés s’étaient regroupés un peu partout dans les bureaux. Ils buvaient du café et bavardaient avec enthousiasme.
Il n’y avait qu’un seul sujet de conversation : <Vivre avec mon ex, c’est pas si mal>, qui avait enflammé les soirées du week-end.
« Les réactions sur les réseaux sociaux et les forums ont complètement changé, elles aussi. Tous ceux qui criaient au piston et au favoritisme au début se sont tus d’un coup. »
« C’est clair. Le groupe de discussion de mes amis est en ébullition, lui aussi. Ils disent que le jeu de Do Jae-hyun est incroyable. »
« Si ça marche aussi fort dès la première diffusion, qu’est-ce qu’on va faire pour la suite ? C’est un vrai succès. »
« Oh ? Le réalisateur Woo est là ! »
Au cri de l’un d’eux, tous les regards se tournèrent vers l’entrée.
Le réalisateur Woo Young-taek se tenait là, avec une aura qui rappelait le grand prince Suyang[1].
Dès qu’il apparut, des acclamations et des applaudissements éclatèrent de toutes parts, comme si tout le monde s’était donné le mot.
« Waouh ! Réalisateur Woo ! Félicitations pour cette première place à l’audience ! »
« Allez, on continue jusqu’à vingt-cinq pour cent ! Il faut écrire une nouvelle page de l’histoire des chaînes câblées ! »
Au milieu des félicitations et des vivats, Woo Young-taek ne put retenir le sourire qui lui étirait les lèvres.
Il se racla la gorge et essaya de prendre un air détaché, mais ses pommettes tressautaient comme si elles allaient crever le plafond.
« Bon sang. Pourquoi tout ce tapage dès le matin ? On n’a diffusé qu’une seule semaine. »
« Justement, c’est énorme ! Quinze pour cent dès la première diffusion ! Waouh ! »
« Même les grandes chaînes ont du mal à atteindre les deux chiffres dès la première diffusion, de nos jours. Vous êtes entré dans l’histoire ! »
Woo Young-taek les repoussa d’un geste, le visage faussement sévère, tout en accueillant avec joie chaque félicitation.
Alors qu’il s’enfonçait dans le bureau, d’excellente humeur, son regard s’arrêta soudain quelque part.
Un grand tableau blanc dans le couloir, devant la salle de repos.
Un groupe inhabituellement nombreux d’employés s’était rassemblé autour, murmurant entre eux.
« Qu’est-ce qu’ils fabriquent, là-bas ? »
Intrigué, Woo Young-taek s’approcha à pas feutrés et passa la tête au milieu de la foule.
À la vue du tableau blanc, ses yeux vacillèrent légèrement.
Il était couvert de Post-it et d’aimants, où figuraient les paris sur l’audience qu’ils avaient faits pour plaisanter l’autre jour.
« Regardez-moi ça ! Le producteur-réalisateur Kim a parié sur douze pour cent ? Il est déjà hors course, ha ha ha ! »
« Hyun-seok a choisi quinze pour cent ? Hé, hé, la première diffusion a atteint les quinze pour cent. Toi aussi, tu es éliminé dès le début. »
« Ah, merde. J’aurais dû fermer les yeux et choisir vingt-cinq pour cent. À ce rythme-là, ça paraît tout à fait possible. »
Les employés comparaient avec animation leurs paris à ceux des autres.
Alors qu’ils bavardaient joyeusement autour de ces paris, leurs regards se tournèrent peu à peu vers un aimant placé tout en haut du tableau blanc.
Un nom, suivi d’un chiffre incroyable.
[Dieu : 30 %]
Il appartenait à Ji Yeon-woo, le scénariste actuellement considéré comme un dieu à tvM.
« Waouh, le scénariste ne manque pas d’audace, avec ses trente pour cent. »
« C’est clair. Quelle confiance ! Il faut avoir un ego pareil pour réussir comme scénariste ? »
« Quand même, trente pour cent, c’est un peu exagéré. Même vingt-cinq pour cent, ce n’est pas facile à atteindre sur une chaîne câblée, surtout avec la part d’audience des grandes chaînes qui diminue. »
« On ne sait jamais. Le scénariste n’a pas sorti ce chiffre au hasard. »
Un débat animé éclata autour de ce chiffre de rêve : trente pour cent.
En regardant la scène en silence, Woo Young-taek ravala un rire nerveux.
« Producteur-réalisateur Woo ! Vous tombez à pic. Qu’est-ce que vous en pensez ? »
« De quoi ? »
« De l’audience ! Vous croyez qu’on atteindra vraiment les trente pour cent à la fin, comme l’a dit le scénariste ? »
Devant le regard pétillant de l’employé, Woo Young-taek renifla.
« Hé. Avec ou sans bonnes ondes, les trente pour cent, ce n’est pas un objectif facile. »
Il secoua fermement la tête.
Aussi impressionnante que fût la dynamique du succès, trente pour cent restait un objectif déraisonnable pour une chaîne câblée.
Bien sûr, l’audience de la première diffusion avait déjà été exceptionnelle. Mais c’était parce que le drama avait suscité un engouement proche de la frénésie générale. Il était évident qu’une part de ces chiffres venait de tout ce bruit.
Et au fil des seize épisodes, cet engouement finirait sans doute par retomber de lui-même.
« Allez, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Et ce n’est pas comme si le scénariste avait mauvais instinct. »
Celui qui avait redressé ce drama malgré tous ses problèmes et toutes les polémiques, ce n’était autre que Ji Yeon-woo.
Son incroyable clairvoyance et son jugement donnaient l’impression qu’il pouvait lire l’avenir.
Puisqu’un homme comme lui avait garanti un chiffre aussi improbable que trente pour cent, il était naturel que les gens se mettent à y croire.
« Et si ça arrivait ? Et si une première œuvre dépassait les trente pour cent ? »
« Hmm… »
Woo Young-taek se gratta le menton et jeta un coup d’œil au chiffre « 30 % » inscrit sur le tableau blanc.
Puis il répondit en laissant échapper un rire.
« Alors, ce serait dingue. Je devrais dire qu’il a surpassé son mentor. Et puis… »
Après une courte pause, il poursuivit lentement :
« Ce serait la plus grande œuvre de toute la carrière du scénariste. »
Une première œuvre, et le plus grand succès de toute la vie d’un scénariste.
Quels que soient les scénarios que Ji Yeon-woo écrirait par la suite, il était impossible d’imaginer une gloire plus grande.
#
Dans un café d’enseigne de Sangam-dong, le doux soleil de l’après-midi entrait par les fenêtres.
Yoon Dong-woo mâchouillait la paille de son Americano glacé et vérifia machinalement l’heure.
« Quel genre de scénariste peut bien la mettre dans un état pareil ? »
Ji Seo-yoon était la sœur cadette de Ji Yeon-woo, l’un de ses amis les plus proches.
Elle lui demandait rarement des services, alors il était curieux.
Ding !
À ce moment-là, la porte du café s’ouvrit et un visage familier se précipita à l’intérieur.
C’était Ji Seo-yoon, qui reprenait son souffle, ses cheveux courts volant dans tous les sens.
« Seo-yoon, par ici ! »
« Pfiou, pfiou… Dong-woo, tu attends depuis longtemps ? »
« Non, je viens d’arriver aussi. Tu as couru tout le chemin ? C’était si urgent ? »
Ji Seo-yoon ne rit pas à la plaisanterie de Yoon Dong-woo.
Au contraire, à peine assise, elle sortit précipitamment une tablette et la posa sur la table.
« Désolée de t’avoir fait venir alors que tu es occupé. Mais je ne connais personne qui ait autant de contacts que toi. »
« Ha ha. Ça va. Si Yeon-woo ne s’occupe pas de toi, c’est à moi de le faire. Alors, c’est quoi, ce scénario ? »
Ji Seo-yoon retourna la tablette et la fit glisser vers Yoon Dong-woo.
À l’écran s’affichait un fichier de scénario sans titre ni nom d’auteur. Il était simplement indiqué [Sans titre].
« Tu peux trouver qui l’a écrit ? »
« Bon, je vais d’abord le lire. Mais Seo-yoon, tu n’as aucune idée de qui ça pourrait être ? »
« Vraiment aucune… L’écriture est clairement celle d’un scénariste confirmé, mais elle va à l’encontre de toutes les conventions auxquelles les scénaristes confirmés se conforment d’habitude. »
« Vraiment ? »
« Oui. La tension, surtout, est incroyable. Là où la plupart des scénaristes s’arrêteraient, celui-ci va encore plus loin et nous tient en haleine. Et, d’une manière ou d’une autre, ça marche. C’est pas incroyable ? »
C’était la première fois qu’il voyait Ji Seo-yoon, d’ordinaire si exigeante, aussi emballée et prodigue en compliments.
« Maintenant, je suis encore plus curieux. Passe-moi ça. Je vais le lire tout de suite. »
« Ah, oui ! Dis-moi immédiatement si quelqu’un te vient à l’esprit. »
Yoon Dong-woo prit la tablette et se mit à faire défiler le texte lentement.
Quelques minutes à peine après avoir tourné la première page, son expression changea peu à peu.
Le scénario commençait sur un ton lourd et dépouillé.
L’histoire se déroulait au sein du Gang de l’Étoile Noire, la plus grande organisation criminelle du pays, qui contrôlait un vaste réseau de trafic de drogue.
Le protagoniste, Kim Tae-yeol, était le bras droit du chef et son meilleur élément, un homme en qui toute l’organisation avait une confiance absolue.
Sans doute pour montrer la froideur impitoyable de Kim Tae-yeol et son efficacité irréprochable, plusieurs conflits éclataient dès le premier épisode, et il intervenait à chaque fois pour régler le problème.
Mais pourquoi tout cela lui paraissait-il si familier ?
… Qu’est-ce que c’est que ça ?
Il était certain d’avoir déjà vu ce scénario.
Et s’il ne se trompait pas, alors c’était…
Repoussant cette impression de déjà-vu, Yoon Dong-woo continua sa lecture.
S#11. Entrepôt de conteneurs du port (nuit)
Kim Tae-yeol avait été convoqué par le chef.
Il avait aussitôt interrompu son travail et pris la route.
Puis, rompant le silence, un téléphone prépayé se mit à sonner.
[Numéro masqué]
Kim Tae-yeol tapota le volant avant de répondre.
« Oui, capitaine. »
Mais le mot qui sortit de sa bouche était inattendu : « capitaine ».
En effet, Kim Tae-yeol, le redoutable meilleur élément de l’organisation, était en réalité Baek Jin-woo, un policier de la brigade des stupéfiants qui avait dissimulé son identité pour infiltrer le gang et le démanteler.
« Jin-woo. Comment ça se passe là-haut ? »
« Je viens d’être convoqué, je suis en route. D’après ce que je vois, une grosse cargaison devrait bientôt arriver de Chine. »
« Bien. On doit sécuriser cette filière, coûte que coûte. C’est peut-être notre dernière chance. »
« Ne vous inquiétez pas. J’y suis presque. »
Après avoir raccroché, Kim Tae-yeol arrêta sa voiture devant un immense conteneur.
Il ouvrit la lourde porte métallique et entra. Le chef, Cheon Mubeom, et les principaux cadres étaient assis là, le visage sombre, au milieu d’épais nuages de fumée de cigare.
« Chef, vous m’avez fait appeler ? »
« Ah, te voilà, Tae-yeol. »
Kim Tae-yeol s’inclina respectueusement.
Cheon Mubeom expira longuement la fumée avant de prendre enfin la parole d’une voix grave.
« Le vieux Wang est mort. »
« C-comment ?! »
Les yeux de Kim Tae-yeol vacillèrent légèrement.
Le vieux Wang dirigeait une immense triade chinoise qui était le seul fournisseur de drogue du Gang de l’Étoile Noire.
« E-et maintenant, qu’est-ce qu’on va faire… ?! »
« Ha… Je ne sais pas. Le vieux a soudainement cassé sa pipe sans laisser de testament, alors tout le milieu criminel du continent est au bord du chaos. »
C’était exactement ça.
Depuis la disparition du chef absolu, les organisations criminelles de toute la Chine s’étaient engagées dans une guerre civile sanglante pour s’emparer de sa succession.
« Et ceux qui étendent leur pouvoir le plus férocement là-bas, c’est une organisation appelée la Mante. Si ça continue, ces salauds vont même mettre la main sur le réseau de distribution qui nous approvisionne. »
Un imprévu de taille.
Pour Tae-yeol, en tant que policier, c’était aussi un grave problème.
Si le fournisseur disparaissait et que ses activités se dispersaient entre de nouvelles cellules, toute l’enquête menée depuis trois ans partirait en fumée.
Quoi qu’il arrive, Tae-yeol devait nouer le contact et découvrir la filière.
Alors que Kim Tae-yeol évaluait rapidement les possibilités, Cheon Mubeom reprit la parole.
« Tae-yeol. »
« Oui, chef. »
« C’est toi qui vas y aller. »
« … Comment ça ? »
Cheon Mubeom fixa Tae-yeol d’un regard perçant.
« On a déjà tout préparé. Il ne nous manque que la bonne personne, et c’est toi que j’ai choisi. »
« …… ! »
« Va travailler pour ces trafiquants de drogue de la Mante. Noue des contacts et découvre comment ils s’y prennent, et d’où vient leur marchandise. »
Un policier infiltré dans un gang sous couverture avait reçu l’ordre du chef du gang d’infiltrer une autre organisation criminelle.
Un policier, un membre du Gang de l’Étoile Noire et un membre de la triade chinoise de la Mante. Trois identités s’étaient entremêlées.
Le premier épisode s’achevait sur la promesse d’un rebondissement insensé, impossible à imaginer : un agent infiltré qui s’infiltrait une seconde fois.
« … »
Après avoir terminé la lecture du scénario du premier épisode, Yoon Dong-woo resta assis là, le regard vide.
Ji Seo-yoon l’observa un instant, puis prit la parole avec précaution.
« Dong-woo, qu’est-ce qui ne va pas ? Tu connais ce scénariste ? »
« … »
Yoon Dong-woo sortit péniblement de sa stupeur et regarda Ji Seo-yoon.
… Par où commencer pour qu’elle le croie ?
Après un bref instant de réflexion, Yoon Dong-woo sortit sa propre tablette.
Il ouvrit le scénario que son ami lui avait envoyé récemment et le tendit à Ji Seo-yoon.
« Seo-yoon. Regarde ça. »
« … ? Pourquoi tu me montres ça tout à coup ? »
« Vite. »
Devant son insistance, Ji Seo-yoon mit ses questions de côté et se mit à lire.
Moins d’une minute plus tard, elle ouvrit de grands yeux et s’exclama :
« P-pourquoi tu as ça ? C-comment ?! Où est-ce que tu l’as trouvé ?! »
« Ha ha… Je suis un peu sous le choc, moi aussi. Le scénariste que tu cherches, c’est mon ami. »
« A-attends ! Tu le connais ?! C’est qui ? Allez, dis-moi, Dong-woo ! »
Yoon Dong-woo cessa de sourire et prit un air sérieux.
« Ton frère. »
« … ? Quoi ? Qui tu as dit ? »
Bien qu’elle l’eût entendu, Ji Seo-yoon cligna des yeux, incrédule.
Yoon Dong-woo répéta avec assurance :
« Le scénariste qui a écrit ça, c’est Ji Yeon-woo. »
Notes :
[1] Grand prince Suyang : prince coréen du quinzième siècle qui s’empara du trône, son nom évoquant une autorité intimidante.
Le grand prince Suyang était un membre de la famille royale coréenne du quinzième siècle, connu pour s’être emparé du trône. Son nom est ainsi devenu synonyme d’autorité intimidante.
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