Chapitre 69
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Traducteur/éditeur : Hydrogen B
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◈ Whispers of a Scheming Demon ◈
Chapitre 69 : Assaut sur la capitale (3)
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L’énorme lame de scie s’abattit sur la tête de Mapheltan.
Mapheltan ne bougea pas. Il se contenta d’observer la lame qui approchait, l’air calme.
Une lueur de doute traversa le visage d’Azbal.
Dès qu’il sentit que quelque chose clochait, une aura bleue se déploya autour d’Ilea.
Un froid mordant engloutit les environs.
Azbal se figea en un instant, alors qu’il tombait.
On aurait dit une statue de glace.
Elle était magnifique, mais cette œuvre d’art se brisa bientôt.
La statue se fissura à sa surface, puis vola en éclats dans un Fracas !
Des éclats de glace se dispersèrent dans le ciel nocturne.
L’énorme oiseau fondit sur lui et emporta Azbal.
Tout en gardant ses distances avec Ilea, Azbal prit la parole.
« T’es une Mage ? »
Il semblait légèrement surpris, mais arborait toujours un sourire détendu.
Il avait simplement le sourire facile.
Ilea répondit :
« Quelque chose comme ça. »
« C’est toi aussi qui as ouvert cette porte de transfert spatial ? »
« Exactement. »
« Comment tu t’appelles ? J’ai l’impression d’avoir déjà entendu ton nom. »
Les Mages les plus talentueux étaient signalés à l’Église du Grand Saint.
Pratiquer la magie était en soi un crime, et un Mage talentueux représentait un désastre par sa seule existence.
Un grand Mage pouvait réduire une ville entière en poussière s’il le décidait.
L’Église du Grand Saint restait toujours sur ses gardes face à eux.
Ilea dit :
« C’est une question difficile. »
Azbal balaya Ilea du regard, les yeux plissés.
Elle portait une capuche noire et un voile qui lui couvrait le visage ; difficile de la reconnaître à vue.
Elle avait sans doute aussi modifié sa voix.
Les Mages étaient si méticuleux.
Azbal se gratta la capuche.
« Eh ben, ça alors. J’avais fanfaronné en disant que je découvrirais qui était derrière tout ça. »
Confirmer que Corne blanche était à l’origine de cet incident constituait déjà une grande réussite.
Malgré tout, il avait l’impression que ce n’était pas suffisant.
Ilea tapota doucement Mapheltan et murmura :
« … Je suis à bout, maintenant. »
Son mana était complètement épuisé. La formule de transfert spatial allait bientôt se refermer, elle aussi.
Ils devaient quitter la capitale royale.
Mapheltan hocha la tête.
« Tu as bien travaillé. Ça suffit. »
Les innombrables peurs des gens au sol s’étaient accumulées en lui servant de nourriture, et il avait aussi accompli un acte maléfique : l’assaut contre la capitale royale.
En attaquant la capitale royale, il détournerait également une partie de l’attention braquée sur le sud.
Le bilan était plutôt conséquent.
L’Elfe noir prit la parole.
« Tu t’en vas ? »
« Il est temps. »
« N’oublie pas le contrat. »
« Comment le pourrais-je ? Ma vie en dépend. »
Alors que Mapheltan se détournait, Azbal ouvrit la bouche.
« Tu peux pas partir. On doit aller jusqu’au bout. »
Mapheltan le regarda et eut un bref rire.
« Nous aurons une autre occasion de nous revoir. Garde ça. »
Une fée d’un noir de jais s’éleva de la main de Mapheltan et vola vers Azbal.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Un moyen de me parler. »
« Je te l’ai déjà dit. Je ne fais pas ça avec les démons. »
À peine eut-il fini de parler qu’Azbal prit appui sur l’oiseau et s’élança en avant.
Il redressa Vizard dans les airs.
L’énorme lame de scie refléta le clair de lune d’un éclat bleu glacé.
L’Elfe noir bondit aussitôt à son tour. Un poignard noir de jais serrait chacun de ses poings.
Azbal abattit la lame de scie.
L’Elfe noir croisa ses poignards pour la parer.
Les lames s’entrechoquèrent.
Le pouvoir sacré et l’énergie démoniaque s’affrontèrent.
Une immense onde de choc se propagea dans toutes les directions. Le bord de la capuche d’Ilea claqua au vent.
Un bruit sec et violent retentit dans le ciel nocturne.
Azbal força sur son bras et lança :
« C’est vraiment chiant. Larbin, dégage. »
L’Elfe noir cria, désespéré :
« Partez vite ! Je ne tiendrai pas longtemps ! »
La lame de scie dévorait peu à peu les poignards.
Le corps de l’Elfe noir était progressivement repoussé vers le sol.
Mapheltan murmura :
« Je tiendrai ma promesse. »
Puis, accompagné d’Ilea, il disparut lentement dans la formule de transfert spatial.
Jusqu’au bout, il fit comme si rien ne pouvait le troubler.
Tant qu’il devait vivre en Apôtre, il devait se comporter comme tel.
Dès que Mapheltan et Ilea furent partis, la formation perdit aussitôt sa lumière.
Le ciel nocturne fut de nouveau teinté de ténèbres.
L’Elfe noir chuta vers le sol.
Une traînée de lumière d’un blanc pur le suivait comme une queue.
Le corps de l’Elfe noir se consumait sous l’effet du pouvoir sacré.
Debout sur le dos de l’énorme oiseau, Azbal observa en silence les vestiges de la formation.
« … Ils se sont échappés. »
La fée noire comme l’encre se posa sur son épaule.
Azbal l’examina un instant, puis la saisit fermement.
« Pas question de parler avec les démons. La prochaine fois qu’on se croise, je te coupe en deux. »
Il lui donna une pichenette sur le front.
Un bruit sourd éclata.
Le corps de la fée explosa et se dispersa en fumée noire.
* * *
Dans la Gorge de la Mort, Raguel, désormais seul, regardait tout autour de lui comme s’il savourait chaque détail.
Ses yeux brillaient de vie.
La simple lumière entrant dans ses yeux et les objets se dessinant sur ses rétines le remplissaient d’excitation.
Le simple fait de voir le rendait heureux.
Il n’aurait plus à vivre en aveugle.
Et il n’était plus boiteux non plus.
Une force nouvelle parcourait tout son corps. Son corps neuf le comblait de joie.
Raguel se mit à courir.
Il ne s’arrêta qu’une fois à bout de souffle.
Il courut jusqu’à ce que l’épuisement le fasse s’écrouler.
À peine eut-il touché le sol, face contre terre, que les larmes se mirent à couler de ses yeux.
« … Merci. »
Johan avait vraiment tenu sa promesse. Il avait fait entrer la lumière dans une vie qui n’avait connu que les ténèbres.
C’était un marché où chacun avait payé un prix, mais Raguel lui était reconnaissant de lui avoir simplement offert cette chance.
Dieu avait ignoré ses prières, mais Johan y avait répondu.
Le Grand Saint avait déjà été effacé du cœur du garçon.
Johan avait pris sa place.
Johan lui avait donné une raison de vivre ; le chemin qu’il lui avait montré deviendrait donc désormais la vie de Raguel.
Raguel se ressaisit.
Alors qu’il s’apprêtait à essuyer ses larmes, une voix familière retentit derrière lui.
« Je me demandais où tu étais passé. Te voilà tout seul à jouer les mélodramatiques. »
Raguel se retourna aussitôt.
Mapheltan s’approcha en riant brièvement.
« M-Mapheltan ! »
Zalkarin bondit des bras de Mapheltan.
« Tch ! Le bras gauche de la Fin devient sentimental. »
L’apparence de Zalkarin avait beaucoup changé.
La petite boule de poils était devenue un petit démon dont le haut et le bas du corps étaient nettement distincts.
Son pelage rouge s’était mué en petites flammes vacillantes, et son corps autrefois rond s’était considérablement allongé.
Il avait aussi beaucoup grandi. Il faisait désormais à peu près la taille de l’avant-bras d’un adulte.
Raguel prit un air surpris.
« Zalkarin ? »
Zalkarin prit un air arrogant.
« Alors, gamin ? Je te parais toujours aussi insignifiant ? »
À vrai dire, Zalkarin n’avait toujours rien d’intimidant.
« Ouais, mais tu as un peu grandi. »
Des flammes écarlates jaillirent de la bouche de Zalkarin.
« Encore ? Même maintenant ? »
Ilea soupira et retira sa capuche.
Sans prêter attention à Zalkarin, elle dit :
« Vous aussi, vous avez tellement changé, jeune maître. »
Raguel était presque méconnaissable.
Sa peau était si pâle qu’elle semblait transparente, tandis que ses cheveux diffusaient une lueur dorée.
Ses yeux brillaient d’un vert jade limpide.
La marque de Mapheltan était gravée dans son œil gauche.
Les yeux de Raguel s’écarquillèrent.
« I-Ilea ? »
Il se figea comme une statue.
Ilea pencha la tête.
« Oui, c’est bien moi. Qu’y a-t-il ? »
Il l’avait aperçue une ou deux fois avant de perdre la vue, mais il n’avait jamais su qu’elle était aussi belle.
Ilea ressemblait à une sculpture façonnée par un dieu.
Elle inspirait la crainte.
Grâce au sens de la beauté particulier des Hauts-Elfes et à leur vue perçante, Raguel pouvait désormais juger les choses plus objectivement.
Ilea appartenait clairement à une espèce différente de celle des humains.
« J’ai été un peu surpris. On dirait une poupée. »
Ilea sourit doucement des yeux.
« Jeune maître, vous dites ce genre de choses avec tant de naturel. Mais merci. »
Raguel se tourna vers Mapheltan.
« Mapheltan est… encore un peu effrayant. »
Mapheltan claqua la langue.
« Pour un démon, je suis plutôt présentable. »
Il avait peut-être l’air cruel, mais il n’était ni grotesque ni repoussant.
Raguel esquissa un sourire gêné.
« C-C’est vrai ? Quand je pense aux démons du mausolée, je suppose que vous avez raison. »
Ils étaient vraiment d’une laideur indescriptible.
Mapheltan examina attentivement Raguel.
« Mon visage, c’est une chose. Toi, Raguel, tu es le problème. »
Ilea hocha la tête.
« C’est effectivement un sérieux problème. »
Le visage de Raguel se crispa.
« C’est… si grave que ça ? »
Mapheltan répondit :
« Tu as trop changé. Tu avais déjà la peau pâle, ça, passe encore, mais tes yeux et tes cheveux sont complètement différents. »
Le problème était plus grave que prévu.
Tous les serviteurs du château du seigneur qui connaissaient Raguel trouveraient ça étrange.
Ilea prit la parole.
« Pour l’instant, vous pouvez porter un cache-œil et vous teindre les cheveux, mais ce ne sera qu’une solution temporaire. »
Mapheltan laissa échapper un grondement sourd.
« Il nous faudra une solution permanente. »
« Réfléchissons-y tranquillement. Je vais chercher aussi. »
« Très bien. »
Ilea s’approcha de Raguel.
« Jeune maître, permettez-moi un instant. »
Elle posa la paume sur la tête de Raguel.
Au même moment, un mana bleu sombre l’enveloppa.
Ses cheveux commencèrent à prendre une teinte brune et terne.
Raguel retrouva au moins une partie de son apparence d’autrefois.
Mapheltan dit :
« On dirait que tu as déjà récupéré ton mana. »
« Mon familier est tout près. »
Les Mages empruntaient l’énergie démoniaque des démons pour la convertir en mana, tandis que les Sorcières recevaient automatiquement l’énergie démoniaque par l’intermédiaire de leurs familiers.
« L’Arbre-Monde ? »
Ilea sourit.
« Alors, tu le savais. »
Elle ne le lui avait pas dit. Il l’avait déjà appris grâce à l’œuvre originale.
« Oui, quelque chose comme ça. Vas-y. Tu as quelque chose à régler avec l’Arbre-Monde, n’est-ce pas ? »
Ilea fixa Mapheltan avec intensité.
Après un bref silence, elle prit la parole.
« J’ai pris ma décision. »
« À propos de quoi ? »
« Je te le dirai à mon retour. »
Mapheltan fronça légèrement les sourcils.
« Qu’est-ce que tu racontes, tout à coup… ? »
« Attends juste un instant, s’il te plaît. »
Elle se dirigea aussitôt vers l’Arbre-Monde.
* * *
Un long moment passa.
Le soleil allait bientôt se lever, mais Ilea n’était toujours pas revenue.
Mapheltan voulait rentrer sur le territoire avant l’aube, si possible.
Alors qu’il commençait à s’impatienter, il aperçut Ilea au loin, qui marchait vers lui.
Pour une raison ou une autre, elle semblait marcher d’un pas plus léger.
Un large sourire illuminait ses lèvres.
Ilea s’arrêta devant Mapheltan et prit la parole.
« J’ai quelque chose à te dire. »
Son humeur était différente de d’habitude, et Mapheltan se sentit un peu tendu.
« Si ce n’est pas important, pourquoi ne pas en parler une fois rentrés ? »
Ilea secoua la tête.
« Nous devons en parler maintenant. »
Mapheltan claqua la langue.
« Alors, arrête de tourner autour du pot et dis-le. Le soleil va bientôt se lever. »
Ilea prit un air grave.
« Je me demande depuis quelque temps comment un Treizième Apôtre peut exister. »
« Et ? »
« Si les dieux des Douze Races oubliées sont les douze Apôtres, alors le Treizième Apôtre pourrait lui aussi être le dieu d’une race. »
Mapheltan prit à son tour un air grave.
« … Qu’est-ce que tu essaies de dire ? »
« Tu l’as sans doute déjà deviné. »
Il en avait une vague idée.
Pourtant, il ne l’avait jamais formulée, pas une seule fois.
Il connaissait bien la règle tacite de la race des Sorcières.
Mapheltan répondit :
« Les Sorcières ne croient pas aux dieux. »
Ilea sourit doucement des yeux.
Puis elle posa soudain un genou à terre.
Mapheltan afficha un air déconcerté.
« Alors, et si je me mettais à croire, maintenant ? »
« Qu’est-ce que tu racontes, tout à coup… ? »
Ilea parla d’une voix grave.
« Je t’en prie, absorbe mon familier, Mapheltan. Ô Treizième Fin. »
Elle lui demandait d’absorber l’Arbre-Monde.
Mapheltan en fut profondément stupéfait.
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