Chapitre 68
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Traducteur/éditeur : Hydrogen B
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◈ Murmures d’un démon intrigant ◈
Chapitre 68 : Assaut sur la capitale (2)
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Arterium, la capitale royale.
Le ciel nocturne noir était couvert d’une épaisse nappe de mana bleu.
La Formation magique déployée dans le ciel brillait d’un éclat ardent. Chaque trait du sort luisait, révélant une présence contre nature.
La plupart des gens, en contrebas, contemplaient l’étrange phénomène comme s’ils assistaient à une fête.
Les rires et les bavardages résonnaient dans toute la capitale.
Leurs sourires ne durèrent pas longtemps.
« A-attendez un instant. »
« Quel est ce bruit ? »
« Des cris… ? »
Un grincement strident, comme une plaque de fer qu’on raclait, commença à se répandre dans le ciel nocturne. Si désagréable et sinistre que les gens avaient envie de se boucher les oreilles.
Un hurlement hideux qui faisait instinctivement reculer les humains.
« Quelqu’un, je vous en prie, faites que ça s’arrête ! »
« Arrêtez ! J’ai dit, arrêtez ! »
La foule commença à paniquer. Certains se prirent la tête entre les mains en hurlant, tandis que d’autres sombrèrent dans la folie et coururent dans les rues.
De plus en plus de gens perdaient la raison.
Hélas, le supplice ne prit pas fin. Au contraire, le bruit se fit plus fort et plus proche.
« Je ne veux pas entendre ça ! »
« Sauvez-moi ! Je vous en prie ! »
Cinq cents ans de chagrin et d’amertume condensés, plus que ce qu’un humain ordinaire pouvait éprouver en toute une vie, recouvrirent la terre.
La haine était si intense qu’on pouvait la sentir sur sa peau.
Alors que tout le monde commençait à perdre l’esprit, le ciel nocturne se déchira.
Un hurlement terrifiant ébranla le ciel et la terre.
Des êtres formés de rancœur persistante se révélèrent.
Ils poussèrent des lamentations en déferlant sur la capitale.
On aurait dit que les portes de l’enfer s’étaient ouvertes.
* * *
L’état d’urgence avait été décrété au Bureau de l’Inquisition divine de la capitale royale, l’institution chargée de surveiller toutes les formes de mal, démons, hérétiques et apostats compris.
Une Formation de transférence spatiale s’était déployée au-dessus de la capitale, invoquant des milliers d’Esprits maléfiques qui déferlaient vers le sol.
Heureusement, il n’y avait encore eu aucune victime.
La Barrière sacrée incinérait chaque Esprit maléfique qui la percutait.
D’innombrables soldats sacrés, prêtres et Saints Chevaliers se tenaient également prêts à intervenir une fois la barrière détruite.
Les défenses anti-démons de la capitale étaient extrêmement robustes.
La situation restait assez bien maîtrisée, mais le Bureau de l’Inquisition ne pouvait pas se contenter d’assister à la scène.
La capitale royale d’Arterium abritait le roi et d’innombrables nobles.
Ils étaient le cœur du royaume. Si le système défensif était percé, le royaume serait incapable de fonctionner.
La nation elle-même pourrait disparaître.
Au moindre risque qu’ils soient en danger, le Bureau de l’Inquisition devait répondre en déployant toutes ses forces.
Rohagen, l’archevêque à la tête du Bureau de l’Inquisition divine de la capitale, sortit en courant de l’église et cria :
« Concentrez-vous uniquement sur la défense jusqu’à ce que nous comprenions la situation ! Mettez toutes les forces en état d’alerte et demandez du renfort au palais royal ! »
Son assistant le suivit dehors et répondit :
« C’est déjà fait ! Toute la garde du palais, à l’exception des chevaliers royaux, est rassemblée ! »
Les soldats sacrés de l’Église n’étaient pas les seuls mobilisés : les chevaliers ordinaires et les gardes royaux l’étaient aussi.
« Et le feu de signalisation ? »
« Il a été allumé ! Le Royaume sacré sera bientôt informé de la situation ! »
Des renforts seraient envoyés à la capitale depuis tous les coins du continent.
Jusqu’à leur arrivée, le directeur Rohagen comptait se consacrer entièrement à la défense.
Prendre des risques inutiles et provoquer un imprévu serait catastrophique.
C’était la première attaque de grande ampleur contre l’humanité depuis deux cents ans, et personne n’avait beaucoup d’expérience du combat.
Le mieux était de garder son calme et de suivre le manuel.
Rohagen hocha la tête.
« Bien. Alors convoquez immédiatement une réunion d’urgence et… »
Quelqu’un l’interrompit soudain.
« Ne faudrait-il pas d’abord former une unité spéciale, monsieur ? »
Rohagen se retourna.
Un homme aux yeux étroits, la tête couverte d’une capuche blanche, affichait un grand sourire.
« Azbal… ? »
Azbal, quatrième siège des Douze Insignes sacrés, appartenait à l’ordre appelé les Douze Rayonnements sacrés. C’était l’un des combattants les plus redoutables de l’Église du Grand Saint.
« Affirmatif, monsieur le directeur. Azbal au rapport. »
« Que faites-vous ici ? »
La plupart des Douze Insignes sacrés avaient été envoyés dans la Zone sacrée de quarantaine, au sud-ouest.
Ils avaient été dépêchés à l’endroit où le démon antique et Corne blanche étaient apparus.
Azbal se gratta la capuche.
« J’ai fait un petit tour avant de revenir, monsieur. Que Corne blanche soit monté dans le sol ou ait sombré dans le ciel, il n’y avait pas la moindre trace de Baekgak à l’horizon, monsieur. »
L’enquête sur Corne blanche se poursuivait à l’intérieur de la Formation de scellement du pouvoir sacré, mais aucune piste n’avait été découverte.
À moins que Corne blanche ne se soit déjà échappé de la Formation de scellement du pouvoir sacré, la situation était difficile à expliquer.
En vérité, il était plus probable que Corne blanche se soit échappé de la barrière.
C’était ce que croyait Azbal.
Rohagen soupira, l’air d’avoir une migraine atroce.
« Quand cesserez-vous de n’en faire qu’à votre tête ? »
Azbal sourit.
« Vous êtes bien content que je sois là, pas vrai, monsieur ? Donnez-moi cette mission et je découvrirai au moins ce que sont ces choses, monsieur. »
Il pointa le ciel nocturne du doigt.
Autour de la Formation de transférence spatiale qui déversait des Esprits maléfiques, on distinguait à première vue trois silhouettes noires.
Elles étaient probablement responsables de cette catastrophe.
D’ici, il était difficile de les identifier.
Elles étaient trop loin, et la Barrière sacrée était trop dense.
Pour savoir qui elles étaient, il fallait s’approcher.
Après un instant de réflexion, Rohagen prit la parole.
« Je ne peux pas vous fournir de troupes. »
« Ça ira. Je peux m’en charger seul, et trop de monde ne ferait probablement que me gêner. »
Ce n’était pas de la confiance en soi sans fondement.
Tous les membres des Douze Insignes sacrés étaient des monstres d’une puissance véritablement écrasante. S’ils étaient nés cinq cents ans plus tôt, on les aurait révérés comme des héros sacrés.
En vérité, Rohagen était soulagé qu’Azbal soit resté dans la capitale.
Rohagen hocha la tête.
« Agissez à votre guise. Faites-moi votre rapport ensuite. »
Azbal fit un geste de loyauté.
« Oui, monsieur ! À vos ordres ! Grand Saint Marziel ! »
Rohagen secoua la tête et retourna dans l’église.
Il était temps de lancer la réunion d’urgence.
Resté seul, Azbal leva les yeux vers le ciel.
« Vous attaquez la capitale royale, hein ? Mais qui sont ces salauds qui osent faire ça, monsieur ? »
Un sourire intéressé s’attarda sur ses lèvres.
* * *
Très haut au-dessus de la capitale royale, Mapheltan regarda en bas et marmonna :
« C’est un peu décevant. »
D’innombrables Esprits maléfiques déferlaient sans relâche vers le sol. Les gens étaient trop occupés à hurler et à fuir, terrorisés.
Leur peur était un mets délicat pour les démons.
C’était un spectacle plutôt réjouissant, mais un problème se posait.
La quantité et la qualité de la peur étaient très loin de ses attentes.
La capitale était tout simplement trop bien protégée.
Tant que la Barrière sacrée tenait, les gens ne craignaient pas pour leur vie.
Ils ne faisaient que courir, sidérés par l’existence des Esprits maléfiques.
Cette peur ne pouvait pas satisfaire Mapheltan.
Puisqu’il était venu jusqu’ici en prenant ne serait-ce qu’un léger risque, Mapheltan méritait une meilleure récompense.
Il prit la parole.
« Ilea, peux-tu abattre cette barrière ? Même un instant. »
La jeune fille à la capuche noire, assise sur son balai, répondit :
« Désolée. Je n’ai presque plus de mana. »
Elle avait poussé son corps à ses limites pendant plusieurs jours afin d’activer la Formation de transférence spatiale.
La transférence spatiale était une magie si avancée que même une Sorcière ne pouvait l’utiliser sans en payer le prix.
Ilea était à bout de forces.
Mapheltan claqua la langue.
« Tant pis. »
Alors qu’il s’apprêtait à renoncer, l’Elfe noir debout sur le balai d’Ilea prit la parole.
« Si ce n’est qu’un instant, je peux le faire. »
« Tu en es capable ? »
L’Elfe noir acquiesça.
« La barrière est plus faible qu’il y a cinq cents ans. Une minute suffira-t-elle ? »
Le coin de la bouche de Mapheltan se releva.
« Ce sera suffisant. Merci. »
« Inutile de me remercier. Le contrat se déroulera plus facilement si tu deviens plus fort. »
Une masse de lumière noire commença à se condenser dans la main de l’Elfe noir.
Cette lueur sinistre prit bientôt la forme d’un arc.
C’était un arc gigantesque, plus grand que Mapheltan. Il devait s’agir d’une Abomination de rang sept au minimum.
L’Elfe noir encocha une flèche gigantesque.
On aurait dit qu’il s’apprêtait à tirer avec une arme de siège.
Mapheltan laissa échapper un discret cri d’admiration.
Au même instant, la flèche partit.
Dans un sifflement perçant qui semblait déchirer l’air, un éclair noir s’abattit sur la barrière.
Kraaaaaash !
Une explosion terrifiante retentit ; la barrière se fendit dans un claquement sec.
Tous ceux qui se trouvaient au sol la fixèrent, stupéfaits.
« I-impossible ! »
« La barrière se brise ! »
« Courez ! »
Un autre éclair noir s’abattit.
Un instant plus tard, le rideau doré qui recouvrait la capitale royale se brisa comme du verre.
Ce fut le chaos.
La plupart des gens au sol s’enfuirent en hurlant. D’autres, sous le choc, restèrent paralysés.
Les Esprits maléfiques déferlaient comme une pluie torrentielle.
Les yeux rouges de Mapheltan brillèrent de ravissement.
Le plaisir le submergea comme une vague.
Pour ne pas perdre la raison, Mapheltan se blessa à plusieurs reprises.
Il commençait à s’y habituer.
… Putain.
Zalkarin et les autres Esprits maléfiques s’abandonnèrent au plaisir.
Les Elfes enivrés poussèrent des cris terrifiants.
Kieeeeeek !
Même massacrés par d’innombrables sortilèges sacrés et systèmes défensifs, ils ne purent dissimuler leur joie.
« Interceptez-les ! »
« N’en laissez pas un seul mettre le pied dans la capitale ! »
Du sang noir éclaboussa les airs.
Des restes déchiquetés et éclatés retombèrent sur le sol.
Tous ceux qui se trouvaient en dessous furent couverts de débris répugnants.
Aucun démon ne survécut assez longtemps pour poser le pied dans la capitale, mais le sol était déjà devenu une scène d’enfer.
Les humains se piétinaient et tombaient dans une frénésie générale.
Mapheltan ferma les yeux et raffermit sa résolution.
Ne te laisse pas submerger.
Il devait tenir une minute, pas plus.
Tandis qu’il maîtrisait son esprit, Ilea lui tapota le bras.
Mapheltan ouvrit les yeux. Un immense oiseau blanc se tenait devant lui.
Quelqu’un était assis en tailleur sur son dos.
C’était un homme encapuchonné aux yeux étroits. Ses petits yeux s’ouvrirent en deux minces fentes.
« Serait-ce Corne blanche ? »
Ilea parla à voix basse.
« Mapheltan, celui-là a l’air plutôt dangereux. »
Mapheltan partageait son avis.
Une aura d’un danger écrasant émanait de l’homme.
Le pouvoir sacré qui l’entourait brillait d’un éclat aveuglant, et son sourire était parfaitement détendu.
L’Elfe noir plissa les yeux.
« De telles aberrations existent donc encore, même après cinq cents ans. »
Il arrivait que des Irréguliers comme l’homme devant eux naissent parmi les humains. Des héros choisis par la Lune.
C’était grâce à eux que l’humanité avait survécu.
L’homme sourit de toutes ses dents.
« Qu’est-ce que vous complotez, monsieur ? Plus important, vous êtes vraiment Corne blanche, monsieur ? »
La description qui en avait été faite correspondait presque parfaitement.
L’être censé se trouver à l’intérieur de la Formation de scellement du pouvoir sacré était apparu au-dessus de la capitale royale.
Mapheltan répondit calmement.
« C’est bien moi. Mais, mortel, quel est ton nom ? »
L’homme se mit à applaudir.
« Comme je le pensais, monsieur. Azbal au rapport. »
C’était exactement ce que Mapheltan avait soupçonné.
Azbal le Déchiqueteur. L’un des Douze Insignes sacrés, et un personnage important d’Inmarok.
La Bête sacrée que montait Azbal avait permis à Mapheltan de deviner aussitôt son identité.
Un sourire apparut sur le visage de Mapheltan.
Il avait rencontré son personnage préféré d’Inmarok.
Mapheltan était lui-même un admirateur d’Azbal.
Il prit la parole.
« Azbal, j’aimerais discuter avec toi. »
Azbal agita la main.
« Les démons ne font pas ça, monsieur. Corne blanche va mourir ici. »
Au même instant, il porta une main à sa bouche.
Son œsophage se mit à onduler.
Un instant plus tard, une énorme scie jaillit de sa bouche.
Mapheltan observa la scène d’un air intéressé.
« Oh. C’est donc Vizard. »
Azbal sourit de toutes ses dents.
« Affirmatif, monsieur. Avec ça, je vais vous couper en deux. »
L’Elfe noir décocha aussitôt une flèche.
Azbal disparut.
Une voix détendue s’éleva au-dessus de la tête de Mapheltan.
« Les larbins ne m’intéressent pas, monsieur. Je vais d’abord tuer le chef. »
Une lame de scie grotesque s’abattit sur la tête de Mapheltan.
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