Chapitre 125
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Traducteur/éditeur : Hydrogen B
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◈ Whispers of a Scheming Demon ◈
Chapitre 125 : Muel (3)
──────
Corne blanche avait capturé l’Archimage Lumina.
À ces mots d’Azbal, du Rayonnement sacré, tous furent stupéfaits.
« Un Apôtre a capturé une Archimage ? »
« Seigneur Azbal ! Qu’entendez-vous par là ?! »
« Expliquez-vous clairement ! »
Tous les clercs présents dans la grande salle de conférence braquèrent leur attention sur Azbal.
Azbal eut l’air quelque peu embarrassé. Le poids de tous ces regards le mettait mal à l’aise.
« Eh bien… Comment vous expliquer… »
Tandis qu’il hésitait, le directeur Rohagen prit la parole.
« Je vous demanderai des explications plus tard. Pour l’instant, occupons-nous de la crise. »
Rohagen leva la main.
Plusieurs Saints Chevaliers s’empressèrent d’accourir et arrêtèrent l’Archimage à terre.
Azbal prit la parole.
« C’est exact. Nous devons d’abord interrompre le rituel d’invocation. Le catalyseur de la formule magique n’a pas encore été détruit. »
Plutôt que de s’attarder sur chaque détail, il fallait régler le problème immédiat.
Maintenant que l’Archimage avait été capturée, l’Église du Grand Saint pourrait interrompre le rituel d’invocation sans difficulté.
Si le rituel était interrompu, aucun habitant du Royaume n’aurait besoin de partir.
C’était l’Apôtre qui avait rendu cela possible.
Tous ceux qui s’étaient rassemblés dans la salle étaient profondément troublés par la situation, mais ils chassèrent leurs interrogations et se mirent en mouvement.
Ils se dirigèrent sans attendre vers le centre de la formule magique.
L’opération visant à détruire le catalyseur venait de commencer.
Il restait environ quarante minutes avant l’échéance.
* * *
Le soleil éclairait peu à peu le ciel.
La capitale royale était en effervescence depuis l’aube.
Comme toujours, tout le monde s’affairait.
Une seule chose différait de l’ordinaire.
La raison de cette agitation. D’habitude, les gens s’activaient dès l’aube pour gagner leur vie. Aujourd’hui, ils couraient dans tous les sens à cause des événements de la nuit précédente.
Une fois l’ordre d’évacuation levé, les habitants qui avaient pris la route pour fuir commencèrent à regagner la capitale royale, les uns après les autres.
Outre les habitants de la capitale, d’innombrables nobles et clercs venus des quatre coins du Royaume continuaient d’affluer.
Une Conférence royale d’urgence et une séance du Conseil avaient été convoquées.
Les abords des portes de la ville étaient bondés à craquer.
À l’intérieur de la capitale royale, le chaos était tout aussi grand.
Prêtres, soldats sacrés, inquisiteurs, évêques, Saints Chevaliers et bien d’autres encore. Des clercs de tous rangs menaient une vaste opération pour éliminer les vestiges du rituel d’invocation.
L’Église du Grand Saint avait également formé une unité spéciale chargée de traquer l’Apôtre apparu la nuit précédente.
Bien sûr, ils ne trouvèrent aucune trace du Treizième Fin.
Il avait déjà repris forme humaine.
Johan était aussi occupé que tous les autres dans la capitale royale.
Dès le lever du soleil, il se rendit au palais royal pour une audience privée avec le roi Roderic.
Dans un salon du palais, Roderic regarda Johan, les yeux tremblants.
Johan n’avait pas encore prononcé un mot.
Il s’était contenté de fixer Roderic.
Roderic avait l’impression d’être assis sur un lit de clous.
Incapable de supporter plus longtemps ce malaise, le roi prit le premier la parole.
« … Veilleur de Narak, qu’êtes-vous au juste ? »
La fausse Johan (Ilea) avait bel et bien été entraînée dans une autre dimension par la magie de Lumina, la nuit précédente.
À l’instant où elle avait disparu, l’Apôtre était apparu devant le roi, puis le rituel d’invocation de Muel avait commencé.
Aussi absurde que cela puisse paraître, c’était l’Apôtre qui avait empêché la catastrophe.
Après cette succession d’événements, Johan était revenu voir Roderic.
Le roi n’y comprenait rien.
Il n’était qu’une marionnette.
Johan l’observa en silence, puis prit lentement la parole.
« Roderic, vous avez encore de la vie dans les yeux ? »
L’esprit et le corps vieillissants de Roderic ne tenaient plus que grâce à l’énergie démoniaque d’un blanc pur de Muel.
Même maintenant que Lumina, la Contractante de Muel, avait été arrêtée, Roderic conservait de l’énergie démoniaque en lui.
Cela ne pouvait être que parce que Lumina était encore en vie.
À la mort de Lumina, cette vitalité disparaîtrait à son tour.
Le roi n’aurait d’autre choix que de redevenir faible.
Roderic prit la parole.
« Cette vitalité est à moi, et à moi seul ! N’essayez plus de me la prendre ! »
La nuit précédente, la fausse Johan (Ilea) avait brièvement extrait l’énergie démoniaque du corps de Roderic.
Cette expérience avait été absolument terrifiante pour le roi.
Roderic redoutait davantage de perdre l’énergie démoniaque de Muel que de mourir.
Il ne voulait pas redevenir faible et sénile.
Johan ricana.
« De toute façon, vous ne pourrez pas garder l’énergie démoniaque de Muel. À la mort de Lumina, cette vitalité disparaîtra elle aussi. »
L’interrogatoire de l’Archimage Lumina ne tarderait pas à commencer.
En tant que principale responsable des événements de la nuit précédente, elle devrait en payer le prix.
Après avoir été torturée avec cruauté, elle y laisserait probablement la vie.
L’énergie démoniaque de Muel disparaîtrait naturellement avec elle.
Le désespoir emplit les yeux de Roderic.
« Non. Je ne veux pas redevenir comme avant. Veilleur de Narak, vous pouvez m’aider. Je vous en prie, protégez Lumina ! »
Les lèvres de Johan s’étirèrent en un long sourire.
Il est plus malin que je ne le pensais.
Le roi savait exactement comment survivre.
Il lui suffisait de s’allier à Johan, qui tenait le manche du couteau.
Si Johan, qui avait le comte de Staviana derrière lui, obtenait également le soutien de la famille royale, il pourrait sans doute empêcher la mort de Lumina.
« Pourquoi devrais-je sauver Lumina ? »
Roderic répondit, le visage désespéré.
« Nous connaissons tous les deux les secrets de l’autre. Nous nous sommes tous deux alliés à des démons. Si je tombe, croyez-vous que vous serez à l’abri ? Je ne mourrai pas seul. »
Roderic croyait que Johan était au service de l’Apôtre.
Il se trompait, mais Johan ne voyait aucune raison de le détromper.
Johan ricana.
« Imbécile. Nos situations n’ont rien à voir. Tout dépend des preuves. Lumina prononcera votre nom, mais qu’en est-il de moi ? Me dénoncera-t-elle vraiment ? »
En vérité, Johan n’avait rien à voir avec cette affaire.
Même si Lumina le mentionnait, rien ne prouvait qu’il y était mêlé.
Le roi Roderic, lui, était dans une tout autre situation.
L’énergie démoniaque de Muel coulait bel et bien dans son corps.
Aussi raffinée soit-elle, sa nature finirait inévitablement par être révélée si l’Église du Grand Saint l’examinait de près.
« V-vous aussi, vous prenez des risques. »
Johan haussa les épaules.
« Bah, les risques que je prends sont parfaitement supportables. »
« Mais… »
Johan claqua la langue et l’interrompit.
« Roderic, roi sans cervelle. Ce n’est pas le moment de me menacer. Vous devriez baisser la tête et demander à négocier. C’est moi qui tiens le manche du couteau. Vous croyez que vos menaces vont marcher sur moi ? »
Roderic déglutit avec difficulté.
« N-nous pouvons négocier. Oui, négocier. Aidons-nous l’un l’autre. D’abord, sauvez Lumina. »
« Et qu’est-ce que vous pouvez m’offrir en échange ? »
Le roi fit rouler ses yeux en réfléchissant.
Au bout d’un moment, il prit la parole.
« Désormais, la famille royale soutiendra la Maison Myatro à chaque occasion. »
Ce n’était pas une mauvaise offre.
Si Johan, soutenu par la puissance du comte, obtenait aussi l’appui de la famille royale, il deviendrait véritablement intouchable.
Personne, dans le Royaume, ne pourrait lui résister.
Johan répondit d’un air indifférent.
« Ça ne me tente pas tellement. Pourquoi ne pas vous montrer plus généreux ? »
Johan comptait dépouiller le roi jusqu’au dernier sou grâce à cette occasion.
« Alors, dites-moi ce que vous voulez. »
Johan fit semblant d’y réfléchir.
En réalité, sa décision était déjà prise.
Après avoir laissé planer le silence un instant, il répondit.
« Au lieu de vous contenter de me soutenir, pourquoi ne deviendriez-vous pas carrément mon serviteur ? »
Le visage du roi se durcit.
Il fixa Johan, interdit, puis abattit soudain la main sur l’accoudoir de son fauteuil.
« Vous n’avez donc aucune décence ?! »
Johan n’avait témoigné aucun respect au roi. Depuis qu’il avait découvert son point faible, il lui parlait constamment de haut.
Et maintenant, il voulait faire de lui son esclave.
Jamais, dans l’histoire, un souverain n’avait traité ainsi le roi d’un pays.
À tout le moins, on lui témoignait un minimum d’égards.
Johan, lui, était différent.
Il ne considérait même pas le roi comme un roi.
Johan reprit calmement :
« Si vous refusez, tant pis. Roderic, perdez cette vitalité et dépérissez jusqu’à en mourir. La postérité se souviendra de vous non seulement comme d’un incapable, mais aussi comme d’un apostat qui a marchandé avec un démon. »
Roderic était acculé.
S’il ne s’alliait pas à Johan, il ne pourrait pas protéger Lumina.
Roderic n’avait pas le choix.
Il devait devenir l’esclave de Johan.
Pourtant, il ne pouvait pas accepter si facilement.
C’était la fierté d’un membre de la famille royale, né le plus noble de tous et ayant vécu plus privilégié que quiconque.
Roderic tremblait en foudroyant Johan du regard.
Des larmes lui montaient aux yeux.
Le roi était profondément humilié.
« … Un jour, je vous ferai payer cette humiliation. »
Johan ricana et se leva.
« Je vous laisse le temps d’y réfléchir. Vous avez jusqu’à la Conférence royale de ce soir. »
Cette réunion devait donner lieu aux premières décisions concernant les événements de la nuit précédente.
Johan comptait lui aussi décider de la suite à donner en fonction de son issue.
Roderic parla d’une voix rauque et désespérée.
« N-notre conversation n’est pas terminée. Où allez-vous ? »
Johan eut un rire moqueur.
« Contrairement à vous, j’ai beaucoup de gens à rencontrer. Envoyez-moi un messager quand vous aurez pris votre décision. »
Il quitta aussitôt le salon.
Le roi Roderic fut secoué de convulsions en regardant Johan s’éloigner.
* * *
Le comte de Staviana prit la route de la capitale dès qu’il apprit la nouvelle.
L’affaire était si urgente qu’il ne prit même pas de carrosse.
Il chevaucha avec plusieurs chevaliers.
Le comte atteignit la capitale royale exactement dix heures plus tard.
À peine arrivé, il se dirigea vers la résidence du baron de Myatro.
Tous les regards de la capitale royale le suivirent sur son passage.
Des murmures s’élevèrent de toutes parts.
« Il va voir le baron avant même de demander audience à Sa Majesté. »
« Il doit vraiment y avoir quelque chose entre Son Excellence et le Veilleur. »
Le comte ne leur accorda pas le moindre regard.
Sans prêter attention aux salutations qu’on lui adressait, il alla retrouver Johan.
Le comte pénétra dans le bureau de la résidence du baron.
Johan lui jeta un bref regard, puis reporta son attention sur une lettre inconnue.
Le comte prit la parole le premier.
« Vous avez fait grand bruit. Tout ça, c’est votre œuvre ? »
La capitale royale était en plein tumulte.
Pour le comte, Johan était le seul capable d’avoir manigancé pareille chose.
Johan marmonna d’un air impassible.
« … Pas tout à fait. Ce serait inexact de me qualifier de cerveau de l’affaire. Je suis moi aussi une victime. »
C’était assez difficile à expliquer.
Le comte fronça légèrement les sourcils.
« Qu’est-ce que vous racontez ? Expliquez-vous clairement. »
Johan se contenta de contempler la lettre en silence.
« Hmm. »
À ce grondement sourd, le comte soupira et s’approcha.
« Qu’est-ce que vous examinez avec tant d’attention depuis tout à l’heure ? »
Johan tendit nonchalamment la lettre au comte.
――――J’accepte toutes vos conditions.
Le sceau royal était apposé au bas de la page.
Le comte pencha la tête, et Johan ricana.
« Le roi est devenu mon esclave. Comte, en plus de votre soutien, j’ai maintenant l’autorité du roi derrière moi. »
Le comte contempla la lettre en silence, puis répondit sans expression :
« … Le jour où je reverrai Yeriyan s’est donc considérablement rapproché. »
Johan acquiesça.
« C’est exact. »
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