Chapitre 121
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Hydrogen B
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Whispers of a Scheming Demon ◈
Chapitre 121 : Archimage
──────
Roderic resta stupéfait.
Il bascula de son trône.
Sans le tapis moelleux qui recouvrait le sol de la grande salle, il aurait pu se blesser grièvement.
« Urgh… Ngh… »
Roderic se tint le bas du dos en gémissant.
Mapheltan ricana.
Il descendit lentement les marches du trône.
« Roderic, je vais te le redemander. Qu’est-ce qui t’a fait rire ? »
Roderic n’avait plus le moindre sourire.
Figé sur place, il se traîna à reculons sur le sol.
« Un démon ! Un démon est apparu ! Il y a quelqu’un ?! »
Mapheltan claqua la langue. Une épaisse énergie démoniaque jaillit de sa main et enveloppa Roderic.
Une fumée noire obstrua les voies respiratoires de Roderic.
Roderic ne pouvait plus parler.
Il ne pouvait que haleter, comme s’il était sur le point d’étouffer.
Mapheltan s’approcha de lui.
« Mortel, si tu tentes encore une fois quelque chose d’insensé, je te couperai le souffle pour de bon. »
La capitale royale regorgeait de membres du clergé haut placés, de Saints Chevaliers et de chevaliers aguerris.
Dès qu’on le découvrirait, Mapheltan aurait de sérieux ennuis.
Pour éviter tout danger, il devait d’abord faire taire le roi.
Roderic se mit à convulser en s’agrippant à sa gorge.
Ses yeux étaient injectés de sang.
Il était en train de mourir asphyxié.
Juste avant qu’il ne suffoque, Mapheltan retira son énergie démoniaque.
De la fumée noire jaillit de la bouche de Roderic.
« Kof… Haaack ! »
Face contre terre, il recracha le reste.
Il semblait souffrir atrocement.
Mapheltan parla d’une voix glaciale.
« N’oublie pas mon avertissement. »
Roderic fusilla Mapheltan du regard à travers ses yeux injectés de sang.
« …Démon, qui es-tu ? Es-tu un Thrall de Muel ? »
À l’évocation de Muel, l’expression de Mapheltan se déforma.
Le roi a déjà mentionné Muel tout à l’heure, lui aussi.
Il était encore trop tôt pour que Muel apparaisse.
Muel était un être invoqué seulement vers le milieu ou la seconde moitié de l’histoire originale.
Pourtant, le roi avait prononcé son nom deux fois.
――――Hahahahahaha ! Tu faisais le fier, et regarde-toi maintenant ! Tu vas être offert en sacrifice à Muel !
Roderic avait bel et bien dit cela à Ilea.
Et à l’instant, il avait demandé à Mapheltan s’il était un Thrall de Muel.
Mapheltan ne comprenait pas la situation.
Il fronça les sourcils.
« Muel. Où as-tu entendu ce nom ? »
Allongé sur le sol, Roderic arborait un sourire maladif.
« J’ai conclu un contrat avec Muel. Peu importe ce que tu es, tu n’as pas intérêt à me traiter avec autant de désinvolture. »
Muel était un Archidémon dont le rang se situait parmi les dix premiers du Royaume inférieur.
Aucun démon sur terre ne pouvait faire de mal à celui qui avait conclu un contrat avec Muel.
L’autorité d’un Archidémon doté d’un rang numérique avait une grande influence sur les démons.
Bien sûr, il y avait des exceptions.
Un Apôtre de la Fin n’avait aucune raison de craindre un Archidémon.
Mapheltan laissa échapper un rire sec.
« Roderic, il semble que tu ne saches toujours pas ce que je suis. »
L’apparition de Mapheltan, le Treizième Apôtre de la Fin, avait déjà été pleinement révélée au grand public.
Les rapports étaient naturellement parvenus à la famille royale, mais Roderic n’avait pas fait le rapprochement avec l’être qui se tenait devant lui.
Il avait du mal à imaginer qu’un Apôtre se trouverait au beau milieu du palais royal.
Roderic prit la parole, le visage légèrement tendu.
« …Qu’est-ce que tu es ? »
Un peu gêné, Mapheltan répondit :
« Hmm, c’est étrange de le dire moi-même, mais je suis le Treizième Apôtre de la Fin. Je ne suis pas un être qu’on peut comparer à Muel. »
Roderic plissa les yeux.
Ce n’est qu’alors qu’il reconnut véritablement Mapheltan.
La carapace noire qui recouvrait tout son corps, ses immenses ailes, les deux cornes d’un blanc de neige qui s’élevaient de son front et ses yeux rouges comme le sang. Tout correspondait parfaitement au démon décrit dans les rapports qu’il avait lus à plusieurs reprises.
Roderic fut profondément ébranlé.
Sa bouche s’entrouvrit et ses yeux tremblèrent.
Le démon devant lui était un Apôtre.
« C-Comment un Apôtre a-t-il pu entrer dans le palais royal… ? »
D’innombrables systèmes de défense anti-démon avaient été installés sur toutes les voies menant au palais royal.
Plus l’énergie démoniaque d’un démon était dense ou plus son rang était élevé, plus ces défenses devaient réagir fortement.
Il était impossible que les systèmes de défense ne détectent pas la présence écrasante d’un Apôtre.
Mapheltan n’aurait pas dû se trouver là.
Il eut un petit rire.
« Tu croyais vraiment que ces fragiles constructions humaines pourraient m’arrêter ? Si c’est le cas, ton arrogance n’a donc aucune limite. »
Avec l’Autorité de l’Immersion dans le crépuscule, de telles défenses ne pouvaient avoir aucun effet sur Mapheltan.
Le regard de Roderic se mit à vagabonder.
Il semblait essayer de communiquer une nouvelle fois avec quelqu’un.
Peut-être avait-il échoué, car il gémit.
« B-Bon sang ! »
Mapheltan claqua la langue.
« Si tu comptes appeler à l’aide la personne qui te soutient, laisse tomber. Elle sera trop occupée à s’occuper de la Sorcière. »
Ilea s’était laissée enlever.
À cette heure, elle devait probablement interroger son ravisseur.
Roderic se mordit la lèvre.
« Q-Quelle Sorcière ? Qu’est-ce que tu me veux, bon sang ?! »
Mapheltan saisit le roi à la gorge et le souleva.
Roderic se débattit dans les airs.
Sans lui prêter attention, Mapheltan déclara :
« Tu n’as qu’à me fournir des informations. Dis-moi tout ce que tu sais sur Muel. »
À présent que le nom de Muel avait été prononcé, les priorités avaient changé.
Mapheltan devait tout savoir sur Muel.
L’arrivée de l’Archidémon Muel était une variable capable de bouleverser le cours des événements.
Mapheltan resserra sa prise autour de la gorge de Roderic.
Il exigeait que Roderic révèle tout ce qu’il savait.
Roderic ouvrit la bouche avec difficulté.
* * *
Un espace étrange entourait Johan (Ilea).
Des dizaines de milliers de livres garnissaient les étagères, et d’innombrables instruments de laboratoire étaient disposés à la vue de tous.
L’endroit semblait à la fois bibliothèque et laboratoire.
La Sorcière elle-même était fascinée par les lieux.
Johan promena un regard brillant autour de lui.
Son attention se porta sur une énorme bibliothèque.
Un livre noir avait attiré son regard.
Johan le tira aussitôt de l’étagère.
Il était difficile d’en examiner le contenu.
Le livre noir était solidement enchaîné. C’était sans doute un ouvrage interdit.
La Sorcière ne put contenir sa curiosité. Elle s’apprêtait à briser le sceau sur-le-champ.
Alors qu’elle allait recourir à la magie, une voix inconnue s’éleva non loin.
« Hé ! Quel manque de manières ! Comment oses-tu toucher aux affaires d’autrui sans permission ? »
Johan se tourna vers la voix.
Une femme vêtue d’une robe blanche s’avançait lentement vers lui.
Elle était blanche de la tête aux pieds.
Ses yeux, ses cheveux, sa peau et ses vêtements étaient d’un blanc pur, comme la neige.
Johan esquissa un sourire gêné.
« Je suis désolé. J’étais tellement curieux que j’ai agi sans réfléchir. »
La femme fixa Johan, puis pencha la tête.
« Mais qui es-tu ? J’ai bel et bien invoqué le Veilleur de Narak, et pourtant je me retrouve avec un Mage… Non, quoi ? Tu n’es pas un Mage non plus. Excuse-moi, mais pourrais-tu retirer ce masque ? »
La femme avait percé une partie de l’identité de Johan.
Johan laissa échapper un son admiratif.
« C’est incroyable. Je n’arrive pas à croire que tu aies vu clair là-dedans. »
Il dissipa aussitôt la magie.
La véritable apparence d’Ilea se révéla.
La femme en blanc détailla lentement Ilea de la tête aux pieds.
« …Tu es une drôle de petite fille. Tu possèdes manifestement un talent insondable, et pourtant tu ne portes aucune trace de Dépassement. Qu’es-tu donc au juste ? »
Le Dépassement désignait un état où l’on transcendait la durée de vie et le vieillissement.
À moins d’être une Archimage ayant accompli le Dépassement, une fillette comme Ilea ne pouvait pas posséder une telle puissance magique.
La femme en blanc pouvait évaluer approximativement le niveau magique d’Ilea.
Ilea possédait clairement un pouvoir comparable à celui d’une Archimage.
Ilea sourit des yeux.
« C’est un mystère. Pourquoi ne pas essayer de deviner, vieille dame ? »
Le visage de la femme se crispa aussitôt.
C’était manifestement une jeune et belle femme.
Pourtant, Ilea l’avait appelée vieille dame. La femme en blanc n’apprécia pas.
« Vieille dame ? Tu te moques de moi ? »
« Je suis désolée. J’ai vu que tu étais une aînée… Non, je veux dire que j’entrevois aussi un peu ton essence. »
La femme en blanc était une Archimage.
Un être qui avait accompli le Dépassement. L’une des rares Transcendantes de ce monde.
Elle était assez puissante pour tenir tête à Wolfgang von Eisenfeldt, le gardien du Nord.
La femme en blanc renifla d’un air indifférent.
« Hmph. Une petite fille comme toi s’imagine pouvoir me traiter d’égale à égale ? Enfin, à partir de maintenant, tu m’appelleras Dame Lumina. N’oublie surtout pas le “Dame”. Traite-moi encore une fois de vieille dame ou de grand-mère, et je ne te le pardonnerai pas. »
Elle semblait détester qu’on la prenne pour une vieille.
Ilea hocha la tête en souriant.
« Compris, Dame Lumina. Tu veux bien essayer de deviner ce que je suis, maintenant ? »
Lumina se mit à examiner Ilea de près.
Elle tourna autour d’Ilea, l’observant sous tous les angles.
Peu après, Lumina s’écria :
« Serais-tu… une Sorcière ?! »
Ilea applaudit.
« Waouh, c’est incroyable. Exactement. »
Lumina claqua la langue.
« Je me disais que tu avais une aura semblable à celle de Rahel. »
Rahel était connue comme la dernière Sorcière.
Sa mort remontait à plus de cinquante ans.
Une lueur d’intérêt passa dans les yeux d’Ilea.
« Tu connais Rahel ? »
Lumina répondit calmement :
« Bien sûr. Rahel m’aimait beaucoup. Elle disait que j’étais un génie comme l’humanité n’en voit qu’une fois tous les mille ans, ou quelque chose comme ça. Enfin, tu dois être la fille de Rahel ? »
Ilea répondit d’un air pensif :
« …Dire qu’elle était ma mère serait un peu ambigu, mais disons que ce n’est pas loin. »
« Eh bien, la physiologie des Sorcières est plutôt particulière. »
« Tu sembles en savoir long sur les Sorcières. »
« Peut-être même plus que toi. C’est pourquoi je ne comprends toujours pas. Pourquoi une Sorcière s’associerait-elle à un humain ? Et surtout au Veilleur de Narak. »
Ilea garda le silence un instant.
Elle évaluait la quantité d’informations qu’elle pouvait dévoiler.
Il ne semblait pas encore temps de parler de Johan ou de Mapheltan.
À la place, elle posa une question.
« Alors, pourquoi es-tu avec le roi humain, Dame Lumina ? Roderic n’est qu’un homme ordinaire. »
Rien chez le roi Roderic ne pouvait intéresser une Archimage.
Pour une Archimage, Roderic n’était qu’une mauvaise herbe.
Lumina répondit :
« J’ai reçu une prophétie du vénérable Muel. À la pleine lune, la barrière de la capitale royale tomberait. Si je profitais de l’occasion pour m’établir dans la capitale royale, je pourrais rencontrer le Souverain de tous les démons. »
Deux ou trois mois plus tôt, la barrière de la capitale royale s’était effondrée.
Au même moment, à la pleine lune, d’innombrables Elfes avaient envahi la capitale royale en passant par la brèche dans la barrière.
Lumina s’était elle aussi installée dans la capitale royale ce jour-là.
Grâce à la prophétie de Muel, elle avait su à l’avance ce qui allait se passer.
L’expression d’Ilea se durcit légèrement.
« Si le Souverain de tous les démons mentionné dans cette prophétie est… »
Lumina l’interrompit.
Le visage extatique, elle s’écria :
« Bien sûr, l’Apôtre de la Fin ! Dès que je l’aurai rencontré, je pourrai dépasser une nouvelle fois le stade que j’ai atteint ! »
Il fallait remplir d’innombrables conditions pour atteindre un rang supérieur à celui d’Archimage.
L’une d’elles consistait à conclure un contrat avec un Apôtre.
Lumina avait rempli la plupart des autres conditions nécessaires à son ascension, mais elle n’avait pas encore conclu de contrat avec un Apôtre.
Il n’y avait eu aucun Apôtre dans ce monde depuis plusieurs centaines d’années.
Mais la situation avait changé.
Le Treizième Apôtre de la Fin était né.
Dès qu’elle conclurait un contrat avec lui, Lumina atteindrait un rang supérieur.
Ses yeux brillèrent intensément.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>