Chapitre 7
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Traducteur/éditeur : Asakusa
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◈ Vétéran du Front du Nord ◈
Chapitre 7 : Premier duel d’entraînement
──────
L’attaque du huitième poste de garde eut un effet considérable sur l’unité.
Les soldats avaient constaté de leurs propres yeux que l’entraînement qu’ils avaient suivi, malgré leur foi toute relative en son utilité, leur servait réellement au combat.
Le fait qu’il n’y ait eu aucun mort, ni même de blessé grave, lors de leur affrontement avec les barbares y était aussi pour beaucoup.
« Hé, Max, j’en ai entendu parler. Tu t’es battu contre ces barbares au poste de garde ?
— C’est vrai, personne n’est mort ? »
Après le retour dans l’unité de l’escouade de dix hommes d’Ubel, les soldats-bagnards qui avaient eu vent de l’affrontement au poste de garde vinrent trouver Max, le vétéran le plus ancien de l’escouade, pour s’assurer que l’histoire était vraie.
Max leur bomba le torse avec assurance.
« Pourquoi est-ce que je mentirais ? Regardez : tout le monde va parfaitement bien.
— C’est… c’est vraiment arrivé.
»
Les soldats-bagnards écarquillèrent les yeux en constatant que tous les membres de l’escouade étaient indemnes.
« Hé, raconte-nous les détails.
— Qu’est-ce qui s’est passé, au juste ? »
« Oh, rien de spécial. On s’est entraînés dur pendant un moment après l’arrivée de Seigneur Ubel, pas vrai ? On a suivi ses instructions exactement comme à l’entraînement, et paf ! Hein ?! On s’est mis en formation et… »
Ses gestes et son ton étaient exagérés.
Mais cela rendait son récit d’autant plus vivant.
Même en bénéficiant de l’avantage du terrain, des soldats-bagnards seuls auraient eu du mal à affronter un nombre égal de barbares.
Ils s’émerveillèrent de voir l’escouade repousser les barbares sans la moindre perte. Quand Max leur raconta qu’Ubel en avait fendu un en deux d’un seul coup, ils eurent du mal à le croire.
« Ça tient debout, cette histoire ?
— Ouais. C’est pas comme si c’était un chevalier.
— Comment quelqu’un peut couper une personne en deux d’un seul coup ?
— Ha ! Vous savez vraiment pas à quoi ressemble Seigneur Ubel, bande d’abrutis. C’est un soldat-bagnard, maintenant, mais à l’origine, c’était un noble, un noble ! Qui sait s’il n’a pas reçu un entraînement de chevalier en vivant dans une maison noble ?! »
La rumeur selon laquelle Ubel était un noble était déjà bien connue des soldats-bagnards.
« Pff… À bien le regarder, c’est vrai qu’il a pas l’air d’un noble ordinaire…
— S’il a reçu un entraînement de chevalier, c’est pas impossible.
— Bon sang, Max. Je crève de jalousie.
— Si ça avait été notre capitaine, il aurait pris ses jambes à son cou dès qu’il aurait aperçu les barbares, au lieu de se battre à nos côtés. »
La plupart des chefs d’escouade comptaient parmi les soldats-bagnards les plus anciens. Leur service touchant à sa fin, ils étaient prêts à tout pour rester en vie.
À la différence de leurs propres supérieurs, les soldats-bagnards respectaient les capacités exceptionnelles d’Ubel au combat et son talent de commandement. Ils enviaient ceux qui servaient sous ses ordres.
La Frontière du Nord était un endroit où les chances de survie d’un soldat dépendaient des capacités de son supérieur.
« Au fait, où est passé Seigneur Ubel ?
— Des soldats réguliers sont venus le chercher tout à l’heure. Peut-être que Seigneur Berun l’a convoqué ?
— Le centurion ? Pourquoi ?
— Comment tu veux que je le sache ? »
Être convoqué par un supérieur n’augurait généralement rien de bon, mais Max ne s’inquiétait pas.
Berun était connu dans toute l’unité pour son impartialité et son sens de la justice. S’il avait convoqué quelqu’un qui avait repoussé des barbares sans la moindre perte, ce ne pouvait être qu’une bonne nouvelle.
*****
Au même moment, dans la tente de Berun.
« J’ai entendu parler de ce qui s’est passé au huitième poste de garde. »
Après avoir bu une gorgée de thé, il me demanda : « Il paraît qu’il y avait pas mal de barbares pour une escouade de dix hommes. Les soldats vont bien ?
— Oui. Ils n’ont que quelques égratignures. Tout le monde est sain et sauf.
— Tant mieux. Y a-t-il quelque chose à faire ?
— Quatre boucliers et deux lances ont été cassés. Il nous faut du matériel de remplacement. »
La mauvaise qualité de l’équipement fourni aux soldats-bagnards était déjà de notoriété publique dans toute l’armée impériale ; Berun se contenta donc d’acquiescer.
« En plus des armes, dites au service du ravitaillement s’il y a quelque chose dont vous avez besoin parmi les objets récupérés cette fois-ci. Je parlerai moi-même à l’officier du ravitaillement.
— Merci ! »
Normalement, le butin revenait aux soldats, mais les soldats-bagnards faisaient exception. Berun nous autorisait même à garder ces objets sans hésiter.
« J’avais repéré les hachettes et les grandes haches des barbares. Ça tombe bien. »
Je le remerciai encore et encore, ravi de son attention, mais il me regarda d’un air étrange.
« Hum. Y a-t-il autre chose que vous aimeriez ?
— Pardon ?
— Il n’est pas rare que des barbares attaquent un poste de garde, mais les repousser sans un seul blessé, ça l’est. Je compte vous récompenser. Dites-moi ce que vous souhaitez. »
Essayait-il de remonter le moral des soldats en profitant de l’occasion ?
À voir son expression, c’était probablement le cas.
Je n’avais rien à perdre. Je réfléchis brièvement à ce que je pourrais demander.
« Pour le ravitaillement, je peux m’arranger avec Mac. »
Les soldats-bagnards n’avaient pas droit aux permissions ; c’était donc exclu.
Il ne restait que l’exemption de service.
Mais, dans ce cas, j’y perdrais au change.
Manquer le service signifiait avoir moins d’occasions de gagner du mérite.
« À la place… »
Je rassemblai mes pensées et pris la parole avec détermination.
« Alors, pardonnez mon audace. J’aimerais que vous m’affectiez, moi et mes soldats, à davantage de missions.
— …Vous souhaitez qu’on vous confie des missions ?
— Oui.
— Pourquoi ?
— Je veux gagner du mérite. »
J’aurais pu inventer une excuse convenable, mais je décidai de m’en abstenir.
Parfois, une vérité incomplète était plus convaincante qu’un mensonge maladroit.
Comme prévu,
« Je vois. Je ne savais pas que vous souhaitiez faire carrière dans l’armée. C’est une excellente nouvelle pour l’unité. »
Berun interpréta mes paroles sur le mérite comme la preuve que je voulais rester dans l’armée.
J’avais à peine conservé mon statut de noble après avoir été rejeté par ma famille. Il avait dû penser que, puisque je n’avais rien à faire si je quittais cet endroit, rejoindre l’armée impériale était ma meilleure option.
« Mon véritable objectif, c’est d’obtenir la grâce et de m’enfuir, mais… »
Je ne lui avais simplement pas révélé mon but ultime.
Je n’avais pas menti, il n’y avait donc pas de quoi culpabiliser.
« Très bien. Comme vous le souhaitez, votre escouade sera prioritaire pour les missions.
— Merci.
— J’ai l’impression de ne faire que vous imposer des épreuves, et pourtant, vous me remerciez. »
Contrairement à tout à l’heure, Berun me regardait avec bienveillance.
Peut-être lui rappelais-je un jeune soldat plein d’ambition, comme il l’avait été lui-même.
« Bien. Y a-t-il autre chose que vous souhaiteriez me demander ? »
Il y avait bien quelque chose, en effet.
Pouvais-je vraiment le lui demander ?
« Ah, tant pis. »
Je n’avais rien à perdre ; je décidai donc de poser simplement la question.
« Si cela ne vous paraît pas déplacé, j’aimerais recevoir vos enseignements, Seigneur Berun.
— Les miens ?
— Oui. »
Bien sûr, je n’étais pas habitué à manier des armes tranchantes dans ce monde.
« Le combat à mains nues ou les techniques au poignard, passe encore, mais… »
Quand aurais-je jamais eu besoin d’utiliser une lance ou une épée longue ?
Même avec une force surhumaine, je finirais vite par atteindre mes limites.
Parmi les personnages du jeu, comme parmi les héros de ce monde, certains méritaient vraiment d’être qualifiés de monstres.
« Pour la suite, je dois m’habituer à affronter des armes blanches. »
Sentant peut-être l’ardeur dans mon regard, Berun se leva, l’air satisfait.
Grincement.
« Je ne suis pas assez doué pour enseigner à qui que ce soit, mais je peux vous accorder un petit duel d’entraînement.
— Un duel d’entraînement ? »
Pourquoi fallait-il soudain en arriver à un duel ?
Je voulais des conseils sur les techniques d’armes et les moyens de les contrer, pas un combat d’entraînement.
Quel soldat pouvait échanger des coups avec son supérieur ?
Dans ma vie précédente, ça aurait été comme si un commandant de compagnie proposait un duel d’entraînement à un simple chef d’escouade.
Je voulais refuser, mais, à son expression, il avait déjà pris sa décision.
« Puisque le sujet est venu sur le tapis, allons-y tout de suite.
— …Oui, compris.
— Suivez-moi. »
Berun me conduisit au terrain d’entraînement derrière la tente et me tendit une épée de bois.
« Voyons d’abord ce que vous valez.
— Eh bien, euh…
— Qu’y a-t-il ? Vous n’êtes pas sûr de vous ? »
Je n’allais tout de même pas lui dire qu’il risquait de se blesser.
« Je ne sais pas à quel point Berun est doué, mais je peux me retenir suffisamment. »
Une fois mon calcul terminé, je bondis en avant.
Je n’avais jamais appris l’escrime comme il se devait, et encore moins fréquenté une école de kendo ; ma posture était donc déplorable. Mais la puissance de mon épée de bois, elle, ne plaisantait pas.
« Oh ? »
Clac !
« Comme prévu, votre force est extraordinaire. Cependant… »
Il recula d’un pas et inclina son épée.
« …votre attaque manque de finesse. »
Mon épée de bois glissa vers le bas comme si elle m’avait échappé.
Il avait dévié mon attaque avec fluidité, en retournant ma propre force contre moi.
« Quoi… ? »
Avant même que je puisse m’en émerveiller, l’épée de Berun s’abattit sur moi avec une violence inouïe.
Grâce à mon instinct et à mes réflexes, j’évitai de justesse le coup qui visait mon flanc.
« On dirait que je ne pouvais finalement pas me permettre de me retenir. »
Son assaut menaçant me hérissa les poils.
Berun Colter.
J’avais sous-estimé ses capacités parce que son nom ne me disait rien du jeu.
Contrairement à ce que je pensais, il était extrêmement doué.
Si ça continuait, il était évident que je serais vaincu avant d’avoir pu faire quoi que ce soit. Je décidai de prendre le duel au sérieux.
Craquement.
Les muscles qui auraient pu servir d’armes de guerre se tendirent, et Berun esquissa un léger sourire.
« Hé. Vous allez enfin vous donner à fond ?
— Je fais simplement de mon mieux, car je dois apprendre autant que possible.
— Voilà une attitude admirable. »
Sur ces mots, Berun fonça de nouveau sur moi.
Ses coups s’enchaînèrent à toute vitesse.
On aurait dit un oiseau qui virevoltait dans tous les sens en attaquant.
« Ma force est supérieure, mais Berun me dépasse en technique et en agilité. »
Bien sûr, cela ne voulait pas dire que j’étais complètement dominé.
J’avais une arme secrète qu’il ne connaissait pas.
Quand l’épée de Berun fondit sur mon épaule, je l’esquivai au bon moment. Je coinçai son poignet sous mon aisselle, puis glissai la main dans le creux de son coude pour neutraliser un de ses bras.
Une clé de bras à une main, utilisée debout.
Ce n’était pas une prise de soumission, mais une technique destinée à ouvrir une brèche dans la défense de l’adversaire.
Berun ne put dissimuler sa surprise lorsque son bras armé fut neutralisé en un instant.
C’était une occasion qui ne se présenterait qu’une fois dans une vie.
Je passai ma jambe derrière la sienne et le poussai de l’épaule pour lui faire perdre l’équilibre.
« Je voulais le jeter à terre, mais il a résisté à ça ? »
Sa condition physique était vraiment remarquable.
Pourtant, il avait complètement perdu sa posture.
Voulant mettre fin au duel, j’abattis mon épée de bois de toutes mes forces.
Fffft !
Même dans cette situation, Berun tenta d’une manière ou d’une autre de lever son épée pour parer. Mais il ne pouvait pas encaisser ma force monstrueuse dans une posture aussi maladroite.
Crac.
Nos épées s’entrechoquèrent, et une fissure apparut sur celle de Berun.
En la voyant, je me réjouis intérieurement.
« J’ai gagné. »
Mais il ne fallut qu’une ou deux secondes pour que ma joie se change en gémissement.
0,5 seconde.
Dès que son épée de bois montra des signes de rupture, Berun l’abandonna sans hésiter.
1 seconde.
Il projeta son corps contre mon abdomen complètement exposé.
1,5 seconde.
Un choc inquiétant me repoussa et me fit tomber.
Je venais de me faire dominer dans une lutte au corps à corps par quelqu’un qui pesait au moins trois catégories de moins que moi.
Je le dévisageai, abasourdi, en me demandant ce qui venait de se passer.
C’est alors que je remarquai le changement.
Une sorte de légère brume de chaleur flottait autour du corps de Berun.
« Serait-ce… »
Le mana.
Un mystère qui n’existait pas dans ma vie précédente.
Incroyable, Berun avait éveillé son mana.
Le mana existait partout, comme l’air, mais seuls quelques rares élus doués pouvaient le sentir et le maîtriser.
Dans l’Empire, ceux qui éveillaient leur mana étaient appelés utilisateurs de mana, ou combattants de rang chevaleresque.
Le simple fait de sentir le mana conférait une force supérieure à celle des gens ordinaires. L’aura, raffinée à partir du mana, pouvait même trancher l’acier.
« Voilà pourquoi, dans le jeu, chevalier désignait à la fois un rang et un niveau de puissance. »
Le nombre de troupes, leur qualité et celui des combattants de rang chevaleresque étaient des critères importants pour comparer la puissance des alliés et des ennemis dans le jeu.
Le rang des chevaliers se divisait en gros en six étapes.
Ceux qui avaient éveillé leur mana étaient des débutants.
Ceux qui raffinaient le mana pour en faire de l’aura étaient des chevaliers de rang inférieur.
Ceux qui pouvaient imprégner leurs armes d’aura étaient des chevaliers de rang intermédiaire.
Ceux qui pouvaient créer une énergie de lame appelée « épée d’aura » étaient des chevaliers de rang avancé.
Ceux qui pouvaient projeter cette énergie dans les airs étaient des chevaliers de rang supérieur.
Enfin, il y avait les Maîtres, qui avaient atteint le sommet et pouvaient remodeler librement l’énergie de lame selon la forme de leur choix.
Bien sûr, même un Maître ne pouvait pas massacrer seul des dizaines de milliers de personnes et abattre des remparts, comme dans les romans.
Malgré tout,
même un chevalier de rang intermédiaire, capable d’imprégner une arme d’aura, pouvait prendre la tête de quelqu’un aussi facilement que de tirer des pièces d’argent de sa poche.
« Non seulement j’ai essayé de battre un combattant de rang chevaleresque, mais j’ai même pensé à me retenir… »
Maintenant que je comprenais la réalité, la honte me submergea avec un temps de retard.
Je voulais rentrer sous terre.
Je restai un instant assis par terre pour oublier ma gêne, quand Berun me demanda avec inquiétude :
« Ubel, vous allez bien ?
— …Seigneur Berun, vous êtes un utilisateur de mana ? »
Je le regardai comme pour lui demander pourquoi il me l’avait caché. Il se gratta la tête, l’air penaud.
« Hum ! Je vous prie de m’excuser d’avoir utilisé du mana pendant le duel. J’ai perdu le contrôle de ma force sans m’en rendre compte… Vous n’êtes blessé nulle part ?
— Je suis plutôt robuste, alors tout va bien.
— Tant mieux.
— Tous les centurions peuvent utiliser le mana ?
— Non, pas tous. Je n’ai pas vérifié de près, mais il paraît que seuls quelques centurions en poste au front ont éveillé leur mana.
— Je vois. »
Donc, tous les centurions n’étaient pas comme lui. Berun était exceptionnellement fort.
« Ouf. En tout cas, ça m’a remis les idées en place. »
Après avoir pris une telle raclée de la part de Berun, je compris à quel point j’étais devenu complaisant.
Tout s’était trop bien passé, et j’avais affronté les barbares avec trop de facilité. Sans m’en rendre compte, j’étais devenu arrogant.
« Retiens la leçon. »
Je me reprochai d’avoir pris ce monde à la légère et raffermis ma résolution.
« Merci pour vos conseils. Si cela vous convient, pourrais-je aussi vous demander de faire des duels d’entraînement avec moi à l’avenir ?
— Si cela vous convient.
— Merci. »
Il serait malpoli de retenir trop longtemps quelqu’un d’aussi occupé ; je décidai donc de prendre congé.
« Je vais vous laisser, alors.
— Très bien.
— Monsieur ! »
J’avais essuyé une défaite écrasante, sans la moindre excuse possible, mais elle n’avait pas été vaine.
« Pour l’instant, ce sera difficile, mais un jour, je… »
En repensant à mon duel avec Berun, je réfléchis à la voie que je devais suivre.
*****
Pendant ce temps, après le départ d’Ubel, Berun resta seul sur le terrain d’entraînement, les yeux fixés sur l’endroit où il avait disparu, l’air grave.
« Quelle était cette force… ? »
Il n’avait pas eu la moindre intention d’utiliser son mana pendant le duel.
Mais au moment où Ubel avait abattu son épée, il avait senti le danger sans même s’en rendre compte et avait instinctivement eu recours au mana.
Plus étonnant encore, Ubel avait encaissé de plein fouet une attaque imprégnée de mana et s’était relevé sans la moindre blessure.
« Si ce duel avait été un vrai combat, et qu’Ubel avait utilisé une arme contondante qui lui convenait… »
Il n’arrivait pas à chasser de son esprit l’idée qu’il aurait pu perdre.
« Est-ce seulement possible ? »
Il était de notoriété publique qu’une personne qui n’avait pas encore éveillé son mana ne pouvait pas vaincre un utilisateur de mana.
« La seule explication possible, c’est… »
Une lignée.
Il n’y avait pas d’autre explication.
Dans ce monde, certaines personnes possédaient une lignée particulière qui leur permettait de déployer une force dépassant l’entendement.
« Ubel serait-il comme “cette personne”, lui aussi… ? »
Il devrait enquêter là-dessus séparément.
« Ouf. Plus important encore, nous avons une sacrée recrue parmi nous. »
Les techniques étranges dont Ubel avait fait preuve… Berun ignorait s’il s’agissait d’arts secrets de sa famille ou de techniques qu’il avait inventées, mais elles étaient extrêmement difficiles à contrer.
Pour l’instant, Berun pouvait s’en sortir parce qu’Ubel maîtrisait encore trop peu les techniques d’armes.
« Mais s’il s’habitue peu à peu au maniement des armes et apprend un style de combat qui lui convient… »
Ubel deviendrait un monstre inimaginable.
« Le talent est vraiment injuste, comme toujours. »
Malgré tout, il n’éprouvait aucune jalousie.
Il était heureux qu’un jeune homme qui cherchait à se faire une place dans l’armée possède de telles capacités.
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