Chapitre 39
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Asakusa
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Vétéran du Front du Nord ◈
Chapitre 39 : Opération de secours de l’Armée de l’arrière (2)
──────
Melton, le commandant responsable de l’une des bases de ravitaillement de l’Armée de l’arrière, tremblait de rage tandis que les barbares fondaient sur ses hommes comme une meute de chiens de chasse.
« Comment peuvent-ils être aussi sauvages… ? »
L’élan de l’ennemi dépassait de loin toutes ses attentes.
« Nous sommes sortis en apprenant que des soldats d’une unité de soutien voisine étaient attaqués, mais… »
Au lieu de les secourir, ils allaient bientôt gésir morts à leurs côtés.
Les soldats se faisaient tailler en pièces par l’assaut ennemi.
Melton serra le poing et cria :
« Ne reculez pas ! Nous sommes plus nombreux qu’eux ! »
Melton fit tout son possible pour encourager ses hommes en tant que commandant, mais ce fut inutile.
Leur différence de niveau avec les barbares était bien trop grande pour que la supériorité numérique suffise.
Comme pour le prouver, leur formation ne tarda pas à se disloquer sous l’assaut.
« … C’est fini. »
À la vue des ennemis qui chargeaient, le visage empreint de férocité, Melton s’effondra à terre sans même s’en rendre compte.
À l’approche de la mort, ses jambes avaient perdu toute leur force.
C’est alors que des soldats inconnus apparurent derrière l’ennemi.
« D-D’où sortent-ils… ? »
Ils avançaient rapidement sans rompre leur formation. En tant que commandant, Melton trouva le spectacle terrifiant.
Puis,
« Toute l’armée ! Au secours de nos alliés ! Massacrez tous les ennemis qui menacent l’Empire ! »
Au commandement de l’homme qui semblait être à leur tête, les soldats se ruèrent d’un seul élan sur les arrières des barbares.
*****
Tandis que les barbares avaient les yeux rivés sur l’Armée de l’arrière,
nous formâmes un coin et chargeâmes l’ennemi par-derrière.
« Dihelm, prends le commandement des soldats avec Max. »
« Compris. »
Après avoir confié les soldats à Dihelm,
je fonçai aussitôt en tête avec Marcus et Peiron.
Aussi féroces que fussent les barbares, il n’était pas facile d’arrêter une charge menée par des combattants de niveau chevalier.
Frrt !
Peiron fit tournoyer sa hallebarde et trancha les têtes des ennemis proches, qui s’envolèrent dans les airs.
« Ha ha ha ! Venez tous, que je vous règle votre compte ! »
Il avait peut-être la démangeaison de se battre depuis tout ce temps.
Une aura menaçante émanait de lui tandis qu’il faisait étalage de sa présence.
Peiron massacrait les ennemis sans relâche, aspergeant les alentours de sang. Sa valeur martiale méritait amplement qu’on le qualifie d’homme capable d’en affronter cent.
Mais ce n’était pas tout.
« Si Peiron est un brasier déchaîné qui consume ses ennemis, »
Marcus, lui, était une eau glaciale, une immense vague qui emportait tout sur son passage.
Flac.
La lance et l’épée qu’il tenait en main abattaient les ennemis les uns après les autres avec une fluidité parfaite.
« C’est une véritable machine. »
Il empilait les cadavres avec un visage si impassible que le spectacle avait quelque chose d’effrayant, d’une tout autre manière que chez Peiron.
« Je ne peux pas rester là à regarder, moi non plus. »
Avec la Hache noire, je fracassai le crâne des ennemis qui me barraient la route.
Crac !
Alors que j’avançais avec une force irrésistible, un barbare qui guettait une ouverture se jeta sur mon flanc.
Clac !
Je lui saisis tranquillement le visage d’une main large comme un couvercle de marmite.
« Ghh… »
« Belle tentative, mais tu as choisi le mauvais adversaire. »
« Aah ! »
« Hup ! »
Je rassemblai mon mana et resserrai ma prise.
Crac !
Dans un craquement d’os broyés, le visage du barbare s’écrasa comme une boîte de conserve.
Les barbares autour de nous virent la scène et s’immobilisèrent.
« U-Un monstre… »
Un monstre.
Ils n’avaient pas tort.
Au début, j’avais éprouvé quelques hésitations.
Mais à présent, tuer quelqu’un à mains nues ne me faisait plus rien.
« J’ai dû m’habituer à ce monde. »
Dans ma vie précédente, j’aurais peut-être été écœuré par ce que j’étais devenu.
Mais,
« Je me fiche d’être un monstre à vos yeux. »
Chaleureux avec mes alliés,
impitoyablement cruel avec mes ennemis.
N’était-ce pas ainsi qu’on survivait en des temps troublés ?
Et ceux-là avaient déclenché une guerre de leur propre chef et massacré sans pitié des civils innocents. J’étais prêt à devenir un monstre cent ou mille fois s’il le fallait.
Crac !
Après avoir envoyé dans l’au-delà les barbares qui avaient perdu toute volonté de se battre, je repris mon souffle et inspectai le champ de bataille.
Attaqués par-derrière, les ennemis fuyaient dans toutes les directions et se faisaient abattre un à un.
« Toi ! Je suis le fils aîné de Vank et un guerrier de la tribu du Vent de Lune. Je vais t’affronter… Ghh ! »
« Tu parles trop. »
Marcus décapita en un clin d’œil le commandant qui aurait dû rétablir l’ordre.
« C’est fini. »
Leur formation avait déjà été complètement dévastée par l’attaque à revers et leur moral était au plus bas. À présent que leur commandant était mort, la bataille était pratiquement terminée.
« M-Merde ! Repliez-vous ! »
« Fichez le camp et rejoignez les autres tribus ! »
Les barbares s’enfuirent en désordre, sans même tenter de se ranger correctement.
Une retraite exigeait encore plus de prudence qu’une charge contre l’ennemi.
« Même si chacun d’eux est un combattant redoutable… »
Dans cet état, ils n’étaient qu’une foule désorganisée.
Une proie facile.
« Nous allons poursuivre l’ennemi. Chefs d’unité, reformez vite vos rangs et mettez-vous en marche ! »
Dès que l’ennemi commença à battre en retraite, Dihelm donna l’ordre de poursuite comme s’il l’attendait depuis le début.
Stratège avisé, il avait évalué la situation et cherchait à en tirer davantage parti.
À son commandement, les soldats se lancèrent à la poursuite de l’ennemi, les yeux injectés de sang.
« Bande de salauds ! Ne traînez pas ! Tuez-en encore un ! Souvenez-vous que ceux qui s’en sortent vivants aujourd’hui pourraient menacer vos vies demain ! »
Les paroles venimeuses de Max poussèrent les soldats à traquer les barbares avec encore plus d’acharnement.
« Crève, sale barbare ! »
« Ghh ! »
Les barbares tombèrent comme des feuilles mortes sous les coups des soldats et des mercenaires. Cette poursuite à sens unique ne prit fin que lorsque l’ennemi eut franchi la crête et pénétré dans la forêt.
« Arrêtez ! Les poursuivre plus loin est trop dangereux ! »
Si nous les avions suivis dans la forêt, où la visibilité était mauvaise, nos soldats auraient pu subir des pertes. Je mis résolument fin à la poursuite.
« Inutile de se montrer trop gourmand. »
Nous avions déjà atteint notre objectif : repousser l’ennemi et secourir nos alliés.
Je rappelai les soldats et partis retrouver le commandant qui dirigeait l’Armée de l’arrière.
« Vous allez bien ? »
« O-Oui… Grâce à vous, nous avons survécu. »
« Je suis Ubel Graum, responsable de la Forteresse de Camilla. Je commande cinq cents hommes. »
« Je suis Melton, commandant de mille hommes et responsable de la septième base de ravitaillement de l’Armée de l’arrière. Je vous remercie sincèrement de m’avoir sauvé la vie ainsi que celle de mes soldats. »
J’avais craint que Melton ne se serve de son grade supérieur pour exiger le commandement ou faire des histoires. Mais, bien qu’il eût appris que mon rang était inférieur, il resta respectueux et me remercia avec sincérité. Il ne semblait donc pas être un cas désespéré de ce genre.
Je lui demandai ce qui s’était passé.
« Comment avez-vous pu vous retrouver aux prises avec des barbares dans une plaine aussi dégagée ? »
« Eh bien… Un éclaireur nous a prévenus que des soldats d’une unité voisine étaient attaqués. Nous sommes partis à leur secours, mais… »
Et ils s’étaient fait battre à leur tour.
Après avoir à peu près compris la situation, je décidai de régler les suites de l’affrontement avant que d’autres ennemis ne surgissent.
« Quelles sont les pertes parmi vos soldats ? »
Melton me répondit d’un air sombre.
« … Il faudra vérifier le nombre exact, mais je pense qu’il y a environ mille victimes. »
Mille victimes en si peu de temps ?
Sur les deux mille ennemis, moins de cinq cents avaient réussi à fuir vivants. Mais nous n’avions obtenu ce résultat qu’en attaquant leurs arrières au bon moment.
« Même en tenant compte du fait que les soldats de l’Armée de l’arrière sont moins aguerris que ceux du front, les pertes sont trop lourdes. Les barbares sont peut-être épuisés, mais ils restent redoutables. »
Une fois encore, je fus frappé par leur redoutable efficacité au corps à corps.
« Je devrais au moins me réjouir que nos propres pertes soient presque inexistantes. »
Seuls quelques mercenaires avaient péri.
Les soldats n’avaient subi aucune perte notable.
Après avoir poussé un bref soupir, je demandai à Melton de nous accompagner.
« Nous comptons repousser les barbares qui sèment le désordre à l’arrière, puis rassembler nos forces avant de prêter main-forte à l’armée principale. Si vous le voulez bien, pourriez-vous nous apporter votre soutien ? »
« Ha ! La plupart des forces de l’Armée de l’arrière sont tellement débordées par l’élan de l’ennemi qu’elles ont fort à faire pour protéger leurs garnisons et ne peuvent envoyer de renforts. Pourtant, vous êtes venu jusqu’ici pour secourir des alliés. C’est vraiment admirable. »
« Vous me flattez. N’êtes-vous pas venu vous aussi aider vos soldats, Melton ? »
« … Ce n’était que l’audace irréfléchie d’un roturier. Je n’avais aucune idée de la force des barbares. J’ai simplement pensé qu’ils n’étaient pas loin et qu’il fallait les sauver. »
Melton se réprimanda d’un air amer.
Il se sentait responsable de la mort de ses soldats.
Puis il me regarda d’un air déterminé.
« Je ne sais pas dans quelle mesure nous pourrons vous aider, mais nous ferons de notre mieux. Alors, je vous prie de prendre le commandement de mes soldats à ma place. »
« … Vous voulez dire que vous me cédez le commandement ? »
« C’est exact. »
« … »
Je ne m’étais jamais attendu à ce que Melton me cède le commandement.
« On dirait que la bataille de tout à l’heure l’a bien plus secoué que je ne le pensais. »
J’éprouvais de la compassion pour lui, mais prendre le commandement m’était également avantageux. J’acceptai donc volontiers.
« Compris. Je ferai tout mon possible pour me montrer digne de votre confiance. Si je commets la moindre erreur, n’hésitez pas à me le signaler. »
Nos forces avaient grossi de façon inattendue et comptaient désormais environ deux mille cinq cents hommes.
« C’est un bon début. »
Ravi, je demandai à Melton de nous conduire à la garnison.
« À la garnison ? »
« Oui. »
Les soldats étaient épuisés par la marche forcée depuis la Forteresse de Camilla.
Plus important encore, il ne nous restait presque plus de rations militaires.
Nous n’avions emporté que le strict nécessaire pour pouvoir avancer rapidement.
En l’apprenant, Melton s’exclama :
« Oh… Je n’y avais pas pensé. Ne vous inquiétez pas. Nous sommes une base de ravitaillement, après tout. Nous avons des réserves et des baraquements en abondance ; vous pourrez donc vous reposer sans problème. »
« Alors, je vous laisse vous en occuper. »
Après avoir remporté sans encombre notre première bataille à l’arrière, nous suivîmes Melton jusqu’à la septième base de ravitaillement.
Trois heures plus tard,
mes soldats et moi atteignîmes notre destination.
« Voici la septième base de ravitaillement. »
« C’est donc ça… »
La position se trouvait à mi-hauteur d’une montagne.
Un ruisseau coulait en contrebas, tandis que des montagnes escarpées et des arbres formaient un écran à l’arrière. Le terrain n’était donc pas mauvais en soi.
Cependant,
« Elle n’a pas été construite en prévision d’une guerre. Elle devait permettre de communiquer efficacement avec les autres bases de ravitaillement de l’arrière. Elle est donc un peu moins défendue que les positions des autres unités. »
« Je vois. »
Le périmètre extérieur de la base de ravitaillement se composait de murs de pierre de trois mètres de haut et de palissades, à peine dignes du nom de fortifications.
« Si nous postons des archers sur les murs et empêchons l’ennemi d’approcher à coups de flèches, nous devrions pouvoir tenir, mais… »
La position pourrait probablement repousser un ennemi deux fois plus nombreux que nous, tout au plus.
Tenir face à un ennemi trois fois plus nombreux, voire davantage, paraissait difficile.
« Si ce n’était pas une base de ravitaillement bien approvisionnée, elle serait tombée depuis longtemps. »
Après avoir évalué la garnison, je suivis Melton dans la base avec les soldats.
« Nous resterons ici un jour. Veillez à ce que tout le monde se repose. Compris ? »
« Oui ! »
La base étant mal défendue, je comptais réorganiser rapidement les forces et rassembler des provisions avant l’arrivée de l’ennemi, puis rejoindre une autre unité.
Mais le lendemain,
alors que le soleil était déjà haut dans le ciel,
un problème survint.
« Commandant, l’ennemi ! »
Jackson, qui montait la garde à tour de rôle autour de la forteresse avec des soldats de l’unité d’éclaireurs, annonça précipitamment l’arrivée des barbares.
« Environ six mille barbares se dirigent vers cette base de ravitaillement. »
« Ha… ! »
Environ trente mille barbares s’étaient infiltrés à l’arrière.
Avec six mille d’entre eux qui approchaient, on pouvait dire que la plupart des barbares du secteur s’étaient rassemblés ici.
« On dirait que les ennemis qui ont fui hier ont rejoint une tribu voisine. »
« … Ils sont venus se venger. »
Je m’attendais à ce qu’ils reviennent, mais pas si vite.
« Tss. J’avais prévu de quitter la base de ravitaillement et de rassembler les autres forces à l’arrière, mais ces salauds ont tout fichu en l’air. »
Que devais-je faire, maintenant ?
« Si nous faisons durer les choses, l’ennemi pourrait appeler d’autres renforts et la base entière risque d’être encerclée. Dans ce cas, notre seule solution est de livrer rapidement bataille en nous servant des murs de pierre et des provisions. »
Vu leur habileté au corps à corps et leur nombre, nous subirions de lourdes pertes.
Mais nous n’avions pas d’autre choix.
« Pour l’instant, c’est la meilleure option. »
À peine avais-je pris ma décision et m’apprêtais-je à parler que
Ploc.
une goutte de pluie tomba du ciel et me toucha la joue.
« De la pluie ? »
Une seconde !
Je me souvins soudain de quelque chose que j’avais oublié et levai les yeux vers le ciel, interdit.
« … Dihelm. »
« Oui, mon seigneur. »
« Depuis combien de temps les paysans ont-ils semé le blé pour la récolte d’automne ? »
« Cela varie un peu selon les régions, mais même les derniers ont fini les semailles le mois dernier. Pourquoi cette question, tout à coup… ? »
« … Je vois. J’avais oublié. »
« Pardon ? »
Je n’avais pas le temps de répondre à sa question.
« Rassemblez tous les commandants, immédiatement ! Nous affronterons l’ennemi ici. »
« Vous avez un plan ? »
« Oui. Postez des archers, des lanciers et des porteurs de bouclier sur les murs de pierre. Et faites venir Melton. »
« Compris. »
Peu après, Dihelm m’amena Melton.
« J’ai appris la nouvelle. Puis-je faire quelque chose pour vous aider ? »
« J’aimerais vérifier quelque chose. Savez-vous jusqu’où va le cours d’eau devant la base de ravitaillement ? »
« Vous parlez du ruisseau qui coule en contrebas ? »
« Oui. »
« Il est peu profond, mais il s’étend assez loin. Il faudrait une heure à pied pour atteindre sa source. »
Vraiment ?
Cette fois, je désignai le sentier de montagne derrière la position.
« Y a-t-il un chemin qui mène de là à la source ? »
« Oui, même si le sentier est assez accidenté. Mais pourquoi demandez-vous… ? »
« Pour anéantir l’ennemi d’un seul coup. »
Je sus alors ce qu’il me restait à faire.
« J’ai besoin que vous vous chargiez de quelque chose, Melton. »
« M-Moi ? »
« D’abord, renforcez l’entrepôt où sont stockées les rations militaires. Bouchez-le soigneusement pour empêcher la moindre goutte d’eau d’y pénétrer. »
« Pardon ? Pourquoi vous occuper de l’entrepôt, tout à coup… ? »
« Je vous expliquerai plus tard. Dépêchez-vous, s’il vous plaît. »
« E-Entendu. »
Une fois Melton parti, je me tournai vers Dihelm.
« Dihelm, je te confie l’unité d’éclaireurs et cinq cents soldats. Prends le sentier de montagne jusqu’à la source et… »
« … Vous voulez que nous préparions cela ? »
Après avoir entendu mes ordres, Dihelm fronça les sourcils, visiblement perplexe.
« Je comprends votre intention, mais je vous prie de m’excuser. En pratique, ce plan ne peut pas réussir. »
Je comprenais sa réaction.
L’ordre que je venais de donner ressemblait vraiment à une histoire à dormir debout.
« Dihelm, crois-tu aux dieux ? »
« Je ne suis pas particulièrement pieux. »
« Et que ressentirais-tu si tu voyais de tes propres yeux un dieu infliger son châtiment divin ? »
« Je ne sais pas pourquoi vous me posez la question, mais je serais sans doute profondément bouleversé. »
Alors, il allait le voir cette fois.
Le châtiment divin d’une catastrophe naturelle que Skadi, déesse du Nord, infligerait à ces barbares hors-la-loi.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>