Chapitre 35
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Asakusa
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Vétéran du Front du Nord ◈
Chapitre 35 : Le siège de la Forteresse de Camilla (1)
──────
La nouvelle de la déroute de l’Armée de droite parvint bientôt à la Forteresse de Camilla.
« … L’Armée de droite est tombée ? »
« Oui. »
« Ha… »
Apprendre qu’une force tenant l’un des axes du front avait été anéantie en une seule journée me laissa abasourdi.
Malgré le succès de l’Opération Flamme de givre et mes avertissements au sujet de l’invasion ennemie, l’avenir n’avait pas changé.
« Les autres armées continuent de lutter pour contenir l’ennemi. Les seigneurs du Nord ont commencé à rassembler des renforts après avoir appris la nouvelle, et le gouvernement central devrait bientôt envoyer une force punitive. »
Perdre une ligne de défense dès la première bataille était un coup dur.
J’étais tout de même un peu rassuré d’apprendre que l’Armée de gauche, où servait Berun, et l’Armée du Centre, la principale force de l’Armée du Nord, étaient indemnes.
« Alors, à nous de faire notre part. Quels ordres l’Armée de l’arrière a-t-elle reçus ? »
« Nous avons reçu un ordre de mobilisation nous enjoignant de nous réorganiser rapidement et de les rejoindre, mais… »
En pratique, il était impossible de les rejoindre immédiatement.
Après l’anéantissement de l’Armée de droite, les forces barbares s’étaient divisées en deux grands groupes.
Quarante mille hommes, leur force principale, affrontent l’Armée du Centre et l’Armée de gauche.
Les trente mille autres attaquaient l’arrière en passant par la brèche laissée par la déroute de l’Armée de droite.
Soixante-dix mille hommes en tout.
Ils étaient moins nombreux que dans le jeu, à cause de tous les effets papillon, mais la situation n’en était pas moins grave.
Tant qu’ils saccageront l’arrière…
L’Armée de l’arrière ne pouvait pas facilement rejoindre le front.
Il en allait de même pour nous.
Pour rejoindre le front, il faut d’abord écraser les ennemis qui envahissent nos terres.
Je venais de me lever pour vérifier les défenses de la forteresse quand Ren fit irruption dans le bureau, le visage tendu.
« C-commandant ! Ils sont là ! Les éclaireurs ont repéré des barbares. »
Ils étaient enfin arrivés.
« Rassemble tous les soldats de la forteresse au rempart nord. »
L’heure était venue de leur montrer ce que nous avions préparé.
D’habitude, ce chien de Perez aurait fait tomber cet endroit de la manière la plus minable qui soit.
Mais cette fois, ça n’arriverait pas.
Je m’armai rapidement, quittai le bureau et me dirigeai vers le rempart.
À mon arrivée, Martin, qui se préparait au combat, et Jackson, de retour de reconnaissance, m’attendaient.
« Où sont les ennemis ? »
« Ils avancent par la route forestière. Ils devraient bientôt être visibles depuis le rempart. »
« Combien sont-ils ? »
« Les broussailles nous empêchent de les dénombrer avec précision, mais ils sont entre deux mille et deux mille cinq cents environ. »
« Que les première et deuxième forces de frappe gardent la porte. Tous les autres soldats, sur le rempart. »
« Bien, monsieur ! »
« Dis à Raul d’apporter ce que nous avons entreposé dans le magasin. »
Peut-être parce qu’ils étaient restés sur le pied de guerre, les soldats se déplacèrent dans un ordre parfait.
« Dépêchez-vous ! »
« En formation, et vite ! »
« Toi ! Arrête de courir devant les autres et mets-toi en rang ! »
Alors que j’observais avec satisfaction les fruits de notre entraînement, Dihelm, qui avait appris la nouvelle avec retard, vint me trouver.
« Mon seigneur. »
« Qu’y a-t-il ? Pourquoi es-tu sorti alors que c’est dangereux ? »
« Je me suis dit que je pourrais peut-être vous aider. »
Dihelm comptait parmi les stratèges les plus habiles en matière de ruses et de stratégie militaire. En temps normal, il aurait été d’une grande aide au combat, mais…
« On dirait que je me suis inquiété pour rien. »
Malheureusement, je n’avais pas encore besoin de son aide.
« Tout est parfaitement préparé. Ne t’inquiète pas, rentre te reposer. »
Dihelm observa les soldats en formation et les provisions entassées sur le rempart, puis esquissa un sourire.
Fin observateur, il avait déjà compris mes intentions.
« Bien. Je vous attendrai donc dans la forteresse, mon seigneur, pour apprendre votre victoire. »
« Prépare aussi quelques boissons pour fêter ça, si tu en as le temps. »
« Comptez sur moi. »
Après lui avoir fait signe de partir, j’attendis l’ennemi avec les soldats.
Un peu plus tard, des barbares apparurent lentement au loin.
Au moins, ils savent garder un semblant de formation.
Contrairement aux barbares que nous avions affrontés jusque-là, ceux-ci avançaient en ordre lâche.
Rassemblés en si grand nombre, ils semblaient s’être dotés d’une sorte de structure de commandement.
Mais comparés à nos soldats, ce ne sont qu’une bande de vauriens.
Alors que j’évaluais leurs déplacements et leur formation, un homme qui semblait être leur commandant s’avança, traînant derrière lui un Impérial vêtu comme un mendiant.
À première vue, on aurait dit un prisonnier qu’ils gardaient pour leur servir d’interprète.
Le barbare cria quelque chose. L’interprète déglutit nerveusement avant de lancer :
« Il dit : “Je suis Kardum, chef de la Grande Tribu du Rocher ! Si les Impériaux ne veulent pas mourir, qu’ils ouvrent les portes et se rendent !” »
« Quoi ? »
« Ce barbare est complètement cinglé… ! »
Max et les autres s’indignèrent en entendant cette sommation, mais je les arrêtai et criai dans la langue des barbares :
« Va te faire foutre, ta reddition ! Retourne boire le lait de ta mère, gamin. »
« !!!!!!!!!!!!! »
Le visage de Kardum vira au rouge vif à ma réponse pleine de courtoisie.
« Je vais te tuer ! »
Kardum dégaina son arme et chargea. Les barbares se ruèrent à leur tour, comme s’ils répondaient à l’appel de leur chef.
Apparemment, ils n’étaient pas venus sans le moindre plan. Plutôt que de tenter de forcer l’épaisse porte de fer, ils avancèrent des échelles et visèrent le rempart.
Ils ont appris des choses sur la forteresse et se sont préparés en conséquence ?
Le prisonnier qu’ils avaient capturé plus tôt leur avait peut-être tout raconté.
Quoi qu’il en soit, ça ne change pas grand-chose pour nous.
À vrai dire, j’avais presque envie de les féliciter.
Ils comptaient escalader un rempart de onze mètres, sans engins de siège, avec pour seules armes des échelles ?
Il fallait vraiment être d’un courage impressionnant.
Émerveillé par l’intelligence de Kardum et par Perez, qui avait laissé un type pareil conquérir la forteresse, je donnai l’ordre :
« Tout le monde, attendez que l’ennemi approche du rempart. »
« Bien, monsieur ! »
À mon commandement, les soldats tinrent leurs positions sans faiblir pendant que l’ennemi appuyait ses échelles contre le rempart.
Les barbares grimpaient comme des singes.
J’attendis qu’ils soient presque arrivés.
Puis,
« Versez. »
Dès que j’eus donné l’ordre, les soldats déversèrent sur le rempart le contenu de leurs jarres.
Psssch.
« Gaaah ! »
Des cris de douleur s’élevèrent au milieu de l’odeur de chair grillée.
Exactement.
Les jarres étaient remplies d’huile bouillante.
Je vais te l’apprendre, moi.
Pourquoi les sièges passaient pour l’enfer à l’ère des lames.
*****
Dès que les premiers signes de la Grande Invasion furent connus, ma priorité fut de me procurer de grandes quantités d’huile et de flèches.
Pour défendre une forteresse, rien n’était plus utile.
« Feu. »
À mon ordre, Walter et les archers décochèrent leurs flèches à l’unisson.
Que leurs compétences se soient améliorées grâce à un entraînement acharné ou que l’ennemi ait été entassé comme une meute de chiens, presque toutes les flèches firent mouche.
« Argh ! »
« Aaah ! »
Une pluie de flèches s’abattit sur eux.
L’ennemi serra les dents et riposta en lançant des haches, mais…
Clang ! Clang !
Elles heurtèrent les boucliers sans rien y faire.
« Argh ! C’est brûlant ! »
« A-arrêtez de pousser ! »
Les flèches pleuvaient sur eux depuis les hauteurs, tandis que les échelles et le sol étaient devenus glissants d’huile.
Et s’ils arrivent quand même à grimper jusqu’en haut, on leur en remettra une couche.
Du point de vue de l’ennemi, il y avait de quoi perdre la tête et s’arracher les cheveux.
N’importe quel commandant sensé se serait replié, aurait réorganisé ses troupes et cherché un autre moyen de franchir le rempart. Le leur refusait pourtant d’abandonner.
« Impériaux lâches ! Cessez de vous cacher comme des pleutres et battez-vous avec honneur ! »
Ils étaient plusieurs fois plus nombreux que nous et ils nous demandaient de nous battre loyalement. Quel culot.
J’espérai que leur commandant retrouverait au plus vite la conscience et l’intelligence qui lui faisaient défaut, puis ordonnai de remplir les jarres d’huile.
« À les voir, ils ont encore la rage de se battre. Versez-en davantage. »
« Bien, monsieur ! »
Nous continuâmes à les arroser d’huile. Les barbares qui grimpaient aux échelles hurlaient et retombaient en contrebas.
Chaque fois qu’ils tentaient d’escalader le rempart, nous les aspergions d’huile et les criblions de flèches.
La méthode était simple, mais redoutablement efficace contre des barbares qui ne connaissaient rien à l’art du siège.
La preuve : plus de trois cents ennemis avaient déjà péri, tandis que nous n’avions pas subi la moindre perte.
J’aurais voulu continuer ainsi.
Le problème, c’est que ce n’est pas réaliste.
L’ennemi était composé d’hommes, pas de bêtes ou d’ordinateurs.
Même s’ils étaient sacrément bornés, ils finiraient par comprendre qu’ils n’avaient aucune chance et battraient en retraite.
Ils sont presque à bout.
L’ennemi commençait à montrer des signes de repli. Je décidai donc de leur offrir le dernier cadeau que nous avions préparé.
« Walter. »
« Oui, monsieur ! »
« Feu, maintenant. »
Dès que l’ordre fut donné, Walter et les archers décochèrent leurs flèches comme s’ils n’attendaient que ça.
Ffffft !
Les flèches s’éparpillèrent en éventail, telles les mailles d’un filet, chacune portant une faible flamme à sa pointe.
« M-merde ! »
« Fuyez ! »
Les barbares virent les flèches enflammées fendre l’air et tentèrent de s’enfuir à la hâte, mais il était déjà trop tard.
Ffffft.
L’huile que nous avions répandue avec tant de soin entra en contact avec les flèches enflammées et s’embrasa violemment.
« Gaaah ! »
« A-aidez-moi ! »
Le feu engloutit l’ennemi en un instant.
Une odeur abominable me frôla les narines tandis qu’une fumée noire s’élevait et que le chaos se déchaînait.
Même en sachant que j’avais provoqué ce carnage…
C’est horrible.
Ce qui ne voulait pas dire que je m’en sentais coupable.
Si je ne les tuais pas ici, c’était moi qui mourrais.
Dans l’éclat de ces flammes éblouissantes, notre première bataille contre les barbares prit fin.
L’ennemi avait perdu environ un millier d’hommes sous les flèches et dans les flammes. De notre côté, nous n’avions eu aucun mort, à l’exception d’un soldat blessé après être tombé alors qu’il transportait de l’huile et des flèches.
Ce fut une victoire écrasante.
Vu l’avantage que nous procurait la défense de la forteresse et nos préparatifs, c’était tout naturel.
Pour remonter encore le moral des soldats, j’ouvris les réserves de nourriture et organisai un festin. Bien sûr, nous ne pouvions pas négliger la défense : des soldats furent chargés de monter la garde sur le rempart, et nous avions prévu de leur apporter à manger plus tard.
Après avoir félicité les soldats, je réunis les commandants et bus l’alcool fort et bon marché que Dihelm avait apporté pour fêter la victoire.
« Grâce à vos efforts, nous avons remporté une grande victoire aujourd’hui. Mais il est encore trop tôt pour se détendre. »
En vérité, il nous suffisait de faire traîner les choses pour venir à bout des forces de Kardum.
C’étaient des bandits qui avaient attaqué l’Empire parce qu’ils manquaient de nourriture. Plus le temps passerait, plus la situation tournerait à notre avantage.
Cependant, les ennemis qui se dressaient devant nous n’étaient pas les seuls.
« Nous ne sommes pas aussi mal lotis qu’eux, mais notre situation est loin d’être confortable. »
« … Parce que l’Armée du Nord tient toujours le front ? »
« C’est exact. »
De nombreux barbares ravageaient encore l’arrière, et surtout, la force principale ennemie affrontait toujours l’Armée de gauche et l’Armée du Centre au front.
« Nous devons en finir au plus vite et rejoindre la force principale si nous voulons empêcher la chute du Nord. J’ai donc l’intention de mettre fin à cette bataille aussi vite que possible. Si vous avez un bon plan, parlez. »
Les soldats échangèrent des regards gênés et gardèrent le silence.
Ils ne parvenaient pas à trouver de stratégie convenable.
Je m’y attendais, alors cela ne me troubla guère.
« Puis-je faire une proposition ? »
Dihelm leva la main, un sourire énigmatique aux lèvres.
C’était la ruse que j’espérais depuis le début.
« Tu as un plan ingénieux ? »
« Pas vraiment ingénieux. J’ai pensé à un moyen d’anéantir l’ennemi. »
« Oh ? »
Un plan proposé par Dihelm, le conseiller plein de ressources du Seigneur Jeg au Sang de Fer, un génie né de l’Empire.
Je ne pouvais qu’avoir hâte de l’entendre.
« Quel est ce plan ? »
« Une attaque par le feu. »
« … Quoi ? »
Nous venions d’en faire une aujourd’hui.
Il voulait recommencer ?
J’en attendais trop ?
Je me raclai la gorge et répondis d’un air quelque peu déçu.
« On ne peut pas anéantir l’ennemi avec le feu seulement. Et puis, ils en ont déjà fait les frais. Ils ne tomberont pas deux fois dans le même piège. »
« Vous avez raison, mon seigneur. Mais je ne compte pas simplement brûler l’ennemi vif. »
Je penchai la tête et le dévisageai. Les yeux de Dihelm se plissèrent comme ceux d’un serpent.
« Aujourd’hui, nous avons brûlé leurs corps. Demain, je compte brûler leur esprit. »
Brûler leur esprit ?
En entendant cela, je me rappelai quelque chose que j’avais vécu dans le jeu.
Il ne va quand même pas…
Je n’en étais pas certain.
Mais si mes soupçons étaient fondés, l’ennemi connaîtrait l’enfer dès le lendemain.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>