Chapitre 23
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Traducteur/éditeur : Asakusa
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◈ Vétéran du Front du Nord ◈
Chapitre 23 : Récompenses et reconnaissance (2)
──────
La récompense exceptionnelle accordée par le haut commandement.
J’en appris la nouvelle environ une semaine après la fin de la bataille.
« Pardon ? Commandant de cinq cents hommes ? »
« C’est exact. »
Berun, qui n’était plus centurion et venait d’être promu commandant de mille hommes, hocha la tête.
« Le haut commandement a accepté de vous dispenser du reste de votre service et de vous confier le commandement de cinq cents hommes. Qu’en pensez-vous ? Cela vous intéresse ? »
« … »
Je m’en étais douté dès que j’avais appris que j’étais arrivé en tête de la liste des soldats récompensés pour la bataille.
Mais je ne m’attendais pas à ce qu’on me propose de commander cinq cents hommes.
La décision était si extraordinaire qu’elle me laissa véritablement stupéfait.
Le commandant de cinq cents hommes dirigeait cinq cents soldats, mais ce n’était pas un poste officiel. On le nommait temporairement, à la discrétion d’un commandant, pour répondre à des circonstances particulières.
Certains auraient pu se dire : « Ah, alors ce n’est rien de spécial. »
Ce serait stupide.
J’étais chef d’escouade, et soldat-bagnard de surcroît. Du jour au lendemain, on faisait de moi un commandant de rang intermédiaire.
Ça veut dire que je dois revoir mes plans de fond en comble.
Mon plan initial était le plan A : m’évader à tout prix, et passer au plan B si les circonstances l’exigeaient.
À court terme, mieux valait peut-être m’évader que devenir commandant de cinq cents hommes. Si je restais dans l’Armée impériale, j’aurais à affronter la catastrophe appelée Grande Invasion.
Mais mis à part cela, accepter le poste était plus avantageux à tous points de vue.
Même si je m’évadais maintenant, je ne pourrais que devenir mercenaire. En tant que commandant de cinq cents hommes, en revanche, l’État me confierait des soldats et me verserait un salaire.
Et ce n’était pas tout.
En songeant au chaos qui suivrait la Grande Invasion, je devais trouver un moyen de rassembler des forces. Les soldats sous mes ordres deviendraient alors un atout considérable.
Si j’obtiens un territoire par un heureux hasard, je pourrai même suivre la voie du seigneur de guerre.
Dans le jeu, la voie du seigneur de guerre consistait à bâtir une force indépendante grâce à son autorité militaire et aux soldats privés de son territoire.
Devais-je fuir la Grande Invasion et tout reprendre de zéro, ou saisir cette occasion pour la surmonter et faire un bond en avant ?
Inutile de préciser laquelle de ces options je choisirais.
Je n’aurais jamais cru que le malentendu que j’avais laissé courir pour gagner les faveurs de Berun finirait par se concrétiser ainsi.
Qu’y pouvais-je ? C’était déjà arrivé.
Je n’avais plus qu’à accepter.
Pour autant, accepter sans marchander un peu n’était pas dans mes habitudes.
« Commander cinq cents hommes… C’est assez soudain, alors… »
« Cela ne vous tente pas ? »
« Si, mais si j’accepte, qu’adviendra-t-il des membres de mon escouade ? »
Je fis mine d’être aussi décontenancé que possible et exprimai prudemment ce que je souhaitais.
« Nous avons traversé bien des épreuves ensemble et nous sommes rapprochés. Nous séparer comme ça, ce serait… »
« Je demanderai aux soldats ce qu’ils souhaitent. S’ils le veulent, nous pourrons prendre des dispositions pour qu’ils soient affectés sous vos ordres. »
Parfait.
Je pourrais donc emmener ceux qui souhaitaient rester avec moi.
Il ne restait plus qu’à régler la question de mon affectation.
Berun, qui avait apparemment deviné une partie de mes intentions, m’interrogea d’un air étrange.
« Y a-t-il autre chose qui vous préoccupe ? »
« Puis-je savoir où je serai affecté ? »
« Nous n’avons pas encore décidé où vous enverrons, mais sauf imprévu majeur, vous devriez rester dans cette unité. Pourquoi ? Vous avez une région particulière en tête ? »
« Veuillez m’excuser, mais oui. »
« Vous êtes plus rusé que vous en avez l’air. »
« Ha ha. Je vais prendre ça pour un compliment. »
Malgré ses paroles, Berun n’avait rien d’un reproche dans la voix. Je lui répondis sur le ton de la plaisanterie.
« Hé hé. Très bien, où aimeriez-vous aller ? Le haut commandement m’a dit d’accéder à toute demande raisonnable en considération de vos exploits. Alors, allez-y, parlez librement. »
« Le poste que je souhaite obtenir, c’est… »
Lorsque je lui indiquai discrètement ma préférence, Berun pencha la tête, incrédule.
« Pourquoi vouloir aller là-bas… Non, oubliez ça. Vous avez dû y réfléchir. Avez-vous d’autres demandes ? »
« Non. »
« Alors, c’est entendu. Bienvenue dans les rangs de l’Armée impériale. »
Berun me tapota l’épaule d’un air approbateur.
Je le saluai et répondis d’une voix claire :
« Oui, monsieur ! Merci de m’accueillir. »
Je venais de tourner la page sur cette misérable vie de soldat-bagnard pour devenir un véritable membre de l’Armée impériale.
*****
Après mon entretien privé avec Berun, j’annonçai aussitôt la nouvelle à l’escouade.
En apprenant que j’étais devenu commandant de cinq cents hommes, ils ne purent retenir leurs exclamations stupéfaites.
« C-C’est vrai ? »
« Commander cinq cents hommes, et recevoir une médaille du mérite militaire… La voie du succès s’ouvre en grand devant toi, non ? »
Je me grattai la joue en voyant la réaction de Marco et Raul.
« La voie du succès ? Vous appelez ça comme ça ? »
En y réfléchissant, ce n’était pas tout à fait faux.
« Félicitations, commandant. »
« Je savais que ça finirait par arriver, commandant ! »
« Oui, oui. Merci. Mais… »
Je pris un air tendu.
« Je voudrais vous faire une proposition. »
Sentant sans doute que l’atmosphère était différente de d’habitude, les membres de l’escouade se firent sérieux.
« Je compte saisir cette occasion pour gravir les échelons. Et je veux que vous me suiviez tous. »
Berun m’avait donné son accord, mais je ne pouvais pas savoir quelle décision ils prendraient.
Ils ont tous été reconnus comme contributeurs de deuxième classe lors de la dernière campagne, et leur peine de service a été entièrement remise. Pour le dire franchement, ils pourraient être libérés du service dans quelques jours. Qui voudrait rester dans l’armée juste pour rester avec moi ?
J’aurais menti en disant que nos liens ne me laisseraient pas un goût amer s’ils refusaient, mais je me préparai à cette éventualité.
S’ils refusent, ne sois pas déçu et ne les force pas.
Je ne pouvais que leur faire part de mes sentiments sincères.
Le choix leur appartenait.
Mais alors…
« Qu’est-ce que vous racontez, commandant ?! »
Apparemment, je n’étais pas le seul à m’être attaché aux autres.
Max se frappa la poitrine du poing, comme si je l’avais blessé.
« Vous pensiez nous abandonner et partir simplement parce que vous avez gravi les échelons ? »
Je vis mon reflet dans son unique œil.
« Max, tu… »
« Si on ne vous suit pas, commandant, qui sommes-nous censés suivre ? »
« C’est vrai. Franchement, sans vous, commandant, on serait déjà morts plusieurs fois. »
« Enfin, même si on part, on n’aura rien à faire à part chasser ou cultiver la terre. »
« Et on pourrait encore s’attirer des ennuis et finir de retour ici. Dans ce cas, autant gravir les échelons sous les ordres du commandant. C’est cent fois mieux… non, mille fois ! »
« Raul, espèce de salaud. Tu as vraiment travaillé pour une compagnie marchande, hein ? Tu te prépares déjà à lui lécher les bottes. »
« C’est ce qu’on appelle l’expérience, morveux. »
« Mon cul, l’expérience ! »
La caserne ne tarda pas à s’agiter. Alors que je les regardais sans rien dire, Marcus prit la parole avec un léger sourire.
« Aucun de ceux qui sont ici ne veut vous quitter, Seigneur Ubel. Alors, ne vous inquiétez pas. Dites simplement ce que vous dites toujours. »
« Ce que je dis toujours ? »
« Oui. “Je prendrai soin de vous tous, alors faites-moi confiance et suivez-moi.” »
« … »
« Hé hé. Marcus a raison, commandant. Donnez-nous simplement l’ordre. Nous vous suivrons volontiers. »
Je ne pouvais répondre à la confiance de Max que d’une seule façon.
« … D’accord. Merci. Plus important, comment va ton œil ? »
« Ha ha, il va parfaitement bien, alors ne vous en faites pas ! »
En voyant son air sincèrement insouciant, je pris une résolution.
Quoi qu’il arrive, je veillerais désormais sur Max.
Non.
Pas seulement Max.
Marcus, Martin, Walter, Raul, Kram, Jackson, Marco et Ren. Quoi qu’il arrive, je prendrais soin de chacun de ceux qui m’avaient accordé leur confiance.
*****
Quelques jours après avoir resserré les liens avec l’escouade, Schultz Konrad, commandant en chef de la Frontière du Nord, se rendit dans notre unité pour remettre les récompenses et les distinctions.
Devant les rangs de soldats rassemblés, Schultz prit les mains de chacun de ceux qui avaient participé à la campagne de pacification, leur présentant ses excuses et ses remerciements.
« Je vous prie de m’excuser sincèrement pour le grand danger auquel vous ont exposés les décisions erronées de mon état-major et de moi-même. »
« N-Non, monsieur ! »
« Merci d’être revenus vivants. »
« Merci, monsieur ! »
Les soldats qui avaient maudit la campagne de pacification regardaient Schultz avec révérence, comme s’ils n’avaient jamais éprouvé le moindre ressentiment.
La réputation de Schultz était connue dans tout le Nord, certes, mais surtout, un noble et un commandant aussi haut placé qu’un sommet leur avait présenté ses excuses en personne. Ils en étaient profondément émus.
Ce serait comme si un commandant de division — non, un commandant de corps de mon ancienne vie — se rendait personnellement dans une unité pour présenter ses excuses aux soldats. Leur réaction était tout à fait compréhensible.
Plus je regardais Schultz, plus il m’impressionnait.
Qu’il fût sincère ou non, il était déjà stupéfiant, dans ce monde aux divisions de classe rigides, qu’un supérieur présente ses excuses à un inférieur.
Certains renversaient sans sourciller les torts sur leurs victimes ; d’autres n’hésitaient pas à tuer pour dissimuler leurs propres erreurs. Comparé à eux, un homme de la trempe de Schultz était un véritable trésor national vivant.
Son discours, qui dura plus de trente minutes, ne prit fin qu’après qu’il eut fait le tour du terrain d’entraînement.
Vint alors le moment tant attendu.
La remise des récompenses et des distinctions aux soldats de première classe.
Pellon et Berun, qui attendaient leur tour, gagnèrent l’estrade d’un pas discipliné lorsqu’on appela leurs noms.
Et enfin…
« Chef d’escouade Ubel Graum. »
Je me levai et m’avançai sous les regards de la foule innombrable des soldats.
« C’est donc vous, Ubel. Je suis heureux de vous rencontrer enfin. »
« C’est un honneur de rencontrer le commandant en chef surnommé l’Étoile du Nord, monsieur ! Depuis mon plus jeune âge, j’entends parler de vos exploits et je vous admire. »
Schultz avait accompli d’innombrables exploits militaires dans sa jeunesse. Son nom était connu dans tout l’Empire, et l’Académie impériale conservait, disait-on, des livres relatant ses exploits et les tactiques qu’il avait mises au point.
« Ha ha. Ce jeune homme dore le blason d’un vieux comme moi. »
« Il semble remarquablement ouvert d’esprit pour son âge. »
« Les gens de l’Académie feraient mieux de suivre son exemple au lieu de débattre toute la journée de philosophies stériles. »
Flattés, les officiers d’état-major et les commandants qui se tenaient à proximité sourirent avec satisfaction.
Tous avaient été les témoins directs de l’histoire de Schultz dans le Nord. Ils semblaient heureux que l’on reconnaisse les années et les efforts qu’ils y avaient consacrés.
Ah, et bien sûr, je n’avais jamais rien lu sur la vie de Schultz.
Un pas. Un pas.
Schultz s’approcha lentement de moi.
« C’est rassurant de savoir que le Nord compte des hommes talentueux comme vous. »
« Non, monsieur. Je… »
Schultz se pencha alors vers moi et murmura d’une voix que personne d’autre ne pouvait entendre.
« J’avoue avoir été intrigué par votre demande d’affectation à la forteresse de Camilla. »
La forteresse de Camilla.
Une garnison si petite qu’il était presque gênant de l’appeler forteresse : elle ne comptait qu’environ cinq cents soldats en permanence.
C’était là que j’avais demandé à Berun de m’affecter.
J’avais une autre raison de vouloir rejoindre la forteresse de Camilla, mais je ne pouvais pas révéler la vérité à Schultz. Je lui servis donc une explication plausible.
« Ma ville natale est à proximité. »
C’était vrai. La demeure de la famille Graum, d’où venait le propriétaire d’origine de ce corps, se trouvait à environ trois jours de la forteresse de Camilla.
« J’ai entendu dire que les incursions barbares étaient rares à la forteresse de Camilla, mais que l’endroit n’était pas entièrement sûr. J’ai toujours rêvé de stabiliser la région si j’en avais un jour l’occasion, pour que les habitants de ma ville natale n’aient plus à vivre dans la peur. »
« … Voilà une intention admirable, à laquelle je ne saurais trouver à redire. J’espère toutefois que vous n’oublierez pas que vous appartenez au Nord. »
Ce n’était pas le cas de tout le monde, mais j’avais entendu dire que des tensions existaient au sein de l’Armée impériale selon le lieu où l’on était affecté.
Dans les termes de mon ancienne vie, cela tenait aux préjugés régionaux et à un patriotisme militaire excessif.
Quoi qu’il en soit, la forteresse de Camilla se trouvait à la frontière entre le Nord et l’Est. Les gens du Nord la considéraient comme faisant partie de l’Est, tandis que ceux de l’Est la voyaient comme faisant partie du Nord. Schultz semblait craindre que je ne parte rejoindre l’Est.
« Ne vous inquiétez pas. Mon cœur est au Nord. »
« Dans ce cas, cela me suffit. »
À vrai dire, le Nord ne m’inspirait rien de particulier.
Je suis au Nord, en ce moment, non ?
Mon cœur est au Nord. Ce n’est pas un mensonge.
Bien sûr, seul l’avenir dirait si cela resterait vrai.
Après la cérémonie de remise des récompenses et des distinctions, je saluai divers commandants et officiers d’état-major avant de retourner à la caserne.
En songeant à quel point ma situation avait changé, je ne pus m’empêcher d’en prendre toute la mesure.
Par rapport à mon arrivée dans ce monde, j’ai vraiment gravi les échelons.
Au lieu de l’uniforme des soldats-bagnards, je portais un uniforme d’apparat noir, réservé aux centurions et aux officiers de rang supérieur. Une médaille du mérite militaire reposait sur ma poitrine, et l’insigne d’officier sur mes épaules.
« Seigneur Ubel, cet uniforme vous va bien. »
« … Je ne crois pas que ce soit à vous de me le dire. »
Marcus avait été nommé centurion et portait le même uniforme d’apparat que moi. Mais peut-être était-ce parce qu’il était d’une beauté à couper le souffle…
Marcus ressemblait à un mannequin de mon ancienne vie.
À voir la manière fière dont il lissait son col depuis tout à l’heure, il en avait l’air assez conscient lui-même.
Max, qui nous écoutait à côté, poussa un soupir en plaisantant.
« Pff… Dire que celui qui était encore une recrue paumée il y a peu est maintenant centurion. »
« Hem. Je n’ai jamais été paumé… »
« Ah, où va le monde ? »
« Sérieusement. Marcus est celui qui a le moins d’ancienneté parmi nous… »
« On dirait que c’était hier que Marcus allait faire la lessive avec Ren. »
« L’armée marche complètement sur la tête ! »
Pulsation !
Comme les autres s’étaient joints à Max pour taquiner Marcus, une veine finit par saillir sur le front de celui-ci.
« … À bien y penser, tout le monde semble remis de ses blessures. Un petit entraînement au combat ne devrait pas poser de problème. »
« Aïe ! »
« Hé, hé, courez ! »
Marcus se lança à leur poursuite, tandis qu’ils fuyaient à toutes jambes. Malgré tout ce qui s’était passé, rien n’avait changé. J’éclatai de rire sans même m’en rendre compte.
Après une brève course-poursuite, Max, qui avait échappé de justesse à Marcus, vint vers moi en reprenant son souffle.
Huff, huff… Bon sang, je suis crevé. Marcus devient un monstre de jour en jour.
« Tu n’aurais pas dû autant taquiner Marcus. »
« Quand est-ce que je suis censé le taquiner, sinon ? Maintenant qu’il est centurion, je vais devoir m’adresser à lui avec respect. »
Je pensais qu’ils considéraient Marcus comme un simple camarade, mais ils semblaient s’être préparés, à leur manière, à le reconnaître comme leur supérieur.
« Au fait, commandant, pourquoi avez-vous demandé à être affecté à la forteresse de Camilla, parmi tous les endroits possibles ? »
« La raison… »
Les raisons ne manquaient pas.
D’abord, mon poste.
La forteresse de Camilla ne comptait que cinq cents soldats.
En tant que commandant de cinq cents hommes, j’y deviendrais donc l’officier le plus haut gradé.
Pas question de courber l’échine devant un supérieur idiot comme Gilbert.
Après avoir compris combien un supérieur incompétent pouvait être insupportable, j’accordais beaucoup d’importance à la garantie de pouvoir commander sans entraves.
Ensuite, deuxième raison.
Son emplacement.
La forteresse de Camilla était petite, mais le terrain était accidenté et des chaînes de montagnes escarpées la flanquaient de chaque côté. Avec mille soldats, elle pouvait aisément tenir tête à dix mille ennemis : c’était une forteresse imprenable.
Pourquoi, sinon, même les barbares belliqueux hésiteraient-ils à l’attaquer ?
Elle serait prise pendant la Grande Invasion à cause d’une erreur insensée du commandant de la forteresse, mais…
C’était parce que cet imbécile était un idiot.
Les barbares attaquaient rarement la forteresse de Camilla.
C’était l’endroit idéal pour se préparer à la Grande Invasion.
Et enfin, la troisième raison.
En vérité, c’était la plus importante.
Pour l’Empire, ce n’était qu’une frontière isolée. Mais la forteresse de Camilla était aussi l’un des principaux points stratégiques du jeu.
D’abord, les minerais.
L’or, l’argent, le fer — la ressource la plus importante en temps de chaos — et bien d’autres encore.
De nombreuses mines restaient à découvrir autour de la forteresse de Camilla.
C’est pour ça que, chaque fois que je commençais à l’Est en jouant, je prenais d’abord les terres autour de la forteresse de Camilla.
C’était un point de passage stratégique vers le Nord, une forteresse imprenable, entourée d’innombrables mines. Et si l’on cultivait les terres de l’Est, on pouvait aussi y établir des champs fertiles.
Comment aurais-je pu ignorer une terre aussi favorisée par la nature alors qu’elle était laissée à l’abandon ?
Je n’étais encore qu’un commandant, alors il serait difficile d’agir, mais…
Ça ne coûte rien de m’assurer une place et de marquer le territoire d’avance.
Rejoindre la forteresse de Camilla, étendre mon influence et, à terme, en faire mon territoire.
Voilà le nouveau plan qui venait de germer dans mon esprit.
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