Chapitre 10
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Traducteur/éditeur : Asakusa
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◈ Vétéran du Front du Nord ◈
Chapitre 10 : Mission d’escorte (3)
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Leurs paroles odieuses m’avaient peut-être blessé dans mon petit cœur sensible (?), mais ce n’était pas grave.
Les soldats réguliers, là-bas, allaient les punir à ma place.
« Feu ! »
« Urk ! »
« E-esquivez ! »
Au commandement de Pellon, les soldats réguliers armés d’arcs décochèrent leurs flèches.
Grâce à l’exploit inattendu de mon escouade et moi, qui avions séparé les forces ennemies, ils purent s’occuper des adversaires sans trop de difficulté.
« Merde… ! »
« Bande de salauds ! Vous n’êtes que des soldats-bagnards, non ?! »
Les mercenaires explosèrent de colère à mesure que leurs compagnons tombaient les uns après les autres.
Les soldats-bagnards qu’ils avaient sous-estimés avaient déjà mis hors de combat plus de dix de leurs hommes et immobilisé pas moins de vingt mercenaires. Pas étonnant qu’ils perdaient la tête.
Ils avaient dû prévoir de se débarrasser rapidement de mon escouade et de moi, puis de s’occuper de Pellon et des soldats réguliers.
On a l’air de types qu’on peut bousculer et balayer comme ça ?
Ils nous avaient vraiment sous-estimés.
Ça aurait peut-être été différent s’ils avaient été des mercenaires de guerre habitués aux combats rapprochés, mais…
J’en avais eu la certitude dès que je les avais vus hésiter après l’échec de leur plan initial.
Ils n’étaient pas différents d’une bande de voleurs qui n’avait jamais connu une véritable guerre.
Comment des mercenaires, qui couraient après l’argent et fuyaient sans hésiter dès que leur vie était en danger, auraient-ils pu rivaliser avec les soldats de la Frontière du Nord, qui combattaient chaque jour les barbares jusqu’à la mort, par un froid glacial ?
L’ennemi avait dû en tenir compte en préparant son embuscade.
Mais, dès lors que j’avais percé leur plan à jour, ils n’avaient plus aucune chance de gagner.
Je peux maintenant faire durer le combat et réduire leurs effectifs peu à peu. Les achever ne sera pas difficile.
Cependant…
Peut-être parce que notre riposte avait été trop efficace ?
Les mercenaires acculés et Genn tentèrent une dernière manœuvre désespérée.
« Ouvrez les chariots ! »
« Pardon ?! »
« Ouvrez les chariots du convoi et prenez les soldats-bagnards à l’intérieur en otage ! »
Quel malade.
Au cri de Genn, Pellon prit un air alarmé.
« Empêchez-les d’atteindre les chariots ! »
« O-oui, monsieur. »
Pellon se hâta de protéger les chariots, mais les mercenaires furent plus rapides.
Grincement…
Ils ouvrirent les portes des chariots et en firent sortir les nouvelles recrues.
« Qu’est-ce que vous faites ? Vous voulez crever ? »
« Sortez, et plus vite que ça ! »
Menacées par les mercenaires armés d’épées, les nouvelles recrues n’eurent d’autre choix que de sortir.
« Si vous ne voulez pas voir ces salauds mourir, jetez vos armes tout de suite ! »
« Pff, ces putains de salauds… »
« Et alors ? On ne peut pas les ignorer et tous les tuer ? »
« Si. Mais nos têtes tomberont avec les leurs. »
Max avait l’air de ne pas comprendre.
« Hein ? Qu’est-ce que vous voulez dire ? Ce sont des soldats-bagnards, comme nous. L’unité se moquera bien qu’ils soient vivants ou morts. »
« Ce qui compte, ce n’est pas qu’ils soient des soldats-bagnards. C’est que si ces recrues meurent, notre mission échoue. »
L’armée était une organisation qui accordait beaucoup d’importance à l’honneur et à la réputation.
Quelles que soient les circonstances, si une mission échouait, quelqu’un devait en répondre.
Vu qui se trouve ici…
Il y avait de fortes chances que je devienne le bouc émissaire.
Punir un soldat-bagnard plutôt qu’un soldat régulier ferait meilleure impression, tant sur le plan de la procédure que de l’opinion publique.
Certains diraient peut-être : « Tout de même, après toute la confiance que vous avez gagnée auprès de Berun… »
Mais, même si Berun avait une très bonne opinion de moi, si un ordre venait d’en haut, il n’aurait d’autre choix que de s’y plier.
En plus, ils essaient vraiment de sauver leur peau, quitte à tuer les soldats-bagnards qu’ils comptaient vendre ? Leur instinct de survie est vraiment celui de cafards.
Mais savaient-ils seulement…
Que parmi les otages qu’ils avaient pris se trouvait un monstre qu’ils ne pourraient pas maîtriser ?
« Vous voulez voir ces salauds mourir ? »
« Jetez vos armes, maintenant. Sinon… Urk ! »
Alors que les ennemis se servaient des otages pour nous forcer à déposer les armes, l’une des nouvelles recrues asséna un coup de tête au mercenaire qui le tenait par le cou.
Il arracha ensuite rapidement l’épée du mercenaire et trancha la corde qui lui liait les mains.
« Q-qu’est-ce que tu fous, espèce de… ? »
Bien que la recrue se fût libérée seule au milieu des lignes ennemies, aucun mercenaire ne se précipita sur elle.
L’aura qui l’entourait les clouait sur place.
« Vous détourner des soldats-bagnards pour les vendre comme esclaves ne vous a pas suffi. Quand la situation s’est retournée contre vous, vous avez aussi pris des otages. »
La recrue balaya les environs du regard, puis ramassa une lance et une épée par terre.
« Vous êtes vraiment des gens sans la moindre once d’honneur. »
Les cheveux bleus flottant au vent, la recrue tenait une épée dans la main gauche et une lance dans la droite.
Ce n’était autre que Marcus, que j’attendais depuis si longtemps.
Ayant reconnu les mercenaires comme des ennemis, Marcus se déchaîna, tel un tigre qu’on aurait libéré de sa chaîne.
« Q-qu’est-ce que c’est que ce salaud… Urk ! »
« Crève, enfoiré ! »
Marcus transperça la gorge du mercenaire qui se tenait juste devant lui, puis pivota et frappa au visage un ennemi qui s’approchait par-derrière avec la lance qu’il tenait de l’autre main.
Craac !
Un corps s’effondra dans un craquement d’os nasal brisé.
Deux hommes tombèrent en un clin d’œil, et les ennemis se ruèrent sur lui en hurlant de rage.
« Il est seul ! Battez-le à mort ! »
« Aaaah ! »
Ils se rassurèrent en songeant à leur supériorité numérique, mais…
Idiots.
Quelle meute de lapins pourrait donc vaincre un loup ?
Vlan !
« Urk ! »
« Grom ! Un morveux pareil… ! »
Marcus transperça de sa lance un ennemi qui s’approchait, puis para de son épée l’attaque d’un autre mercenaire arrivant par-derrière.
Son talent incarnait à la perfection l’union de l’attaque et de la défense.
Les mercenaires furent balayés comme des feuilles mortes dans un vent d’automne.
Comprenant que c’était notre meilleure chance, je hurlai aussitôt à Pellon :
« Sieur Pellon, maintenant ! Il faut anéantir l’ennemi d’un seul coup. »
« Compris. Tous, rompez les rangs et massacrez ces fichus bandits ! »
Tandis que Marcus semait le chaos au cœur des rangs ennemis, nous chargeâmes avec férocité.
Plongés dans la confusion, les mercenaires ne purent arrêter les soldats qui fonçaient sur eux.
« M-merde ! »
Alors que l’issue du combat tournait définitivement en leur défaveur, Genn fit volte-face et tenta aussitôt de fuir par la route enneigée.
Malheureusement pour lui, je n’avais aucune intention de les laisser partir.
Fouish !
Je lançai une hachette de toutes mes forces.
Craac !
La hache fendit l’air et le frappa en plein dans le dos.
« Urk ! »
« Où crois-tu aller ? »
« Aïe… »
Je posai le pied sur la tête de Genn et tournai les yeux vers les soldats qui avaient comploté avec lui.
« Vous comptez fuir comme ce salaud ? »
« N-non ! »
« On se rend ! Par pitié, épargnez-nous… ! »
Les soldats jetèrent leurs armes sans hésiter et s’aplatirent face contre terre. Un grand gaillard comme moi, qui les menaçait avec une hache digne des barbares, devait avoir de quoi effrayer.
J’appelai plusieurs hommes de mon escouade pour les ligoter, puis me tournai vers les mercenaires encore debout.
Ils ont complètement perdu leur combativité. Ce sera bientôt terminé.
Tout de même…
Marcus a déjà éveillé son mana ?
Je me retins de claquer la langue en le voyant faucher ses ennemis dans toutes les directions.
Après avoir affronté Berun en duel un nombre incalculable de fois, je pouvais désormais deviner à peu près si quelqu’un maîtrisait le mana.
Le mana de Marcus ne se manifeste pas à l’extérieur de son corps comme celui de Berun. Il ne l’a donc probablement éveillé que récemment, mais…
Marcus avait dix-huit ans. Sachant que les génies du continent éveillaient généralement leur mana au début de la vingtaine, son talent était terrifiant.
Berun ne m’avait-il pas dit qu’il n’avait éveillé le sien qu’après avoir dépassé le milieu de la vingtaine ?
Ils ont fait d’un type aussi doué un soldat-bagnard parce qu’il avait insulté un noble ?
J’aurais vraiment aimé voir la tête de celui qui en avait décidé ainsi.
Peu après la capture de Genn, la situation fut réglée.
Sur plus de cinquante mercenaires, seuls quinze se rendirent.
Les autres étaient morts ou avaient pris la fuite sans se retourner dès que la défaite était devenue évidente.
De notre côté, en revanche, hormis douze blessés, nous n’avions subi aucune perte importante. On pouvait parler d’une victoire écrasante sans exagérer.
Il ne restait plus qu’à ligoter les mercenaires qui s’étaient rendus et à libérer les gens injustement emprisonnés.
Un problème inattendu survint alors.
« H-hey, toi ! Pose ton arme et remonte dans le chariot. »
« … »
Les soldats réguliers encerclèrent Marcus, qui se tenait toujours là, silencieux, sa lance à la main, et lui ordonnèrent de retourner dans le chariot du convoi.
Après avoir vu de leurs propres yeux de quoi il était capable, ils craignaient qu’il ne tente de s’enfuir.
L’atmosphère était tendue.
Pellon allait prendre la parole, mais je m’avançai le premier.
« Ha ha, du calme, tout le monde. »
« Ubel, vous… »
« Ce camarade est sans doute juste un peu désorienté. »
Je m’approchai de Marcus avec un air amical et saisis nonchalamment le manche de sa lance.
Marcus fronça les sourcils et essaya de me la faire lâcher, mais je resserrai ma prise.
Serre !
Surpris par ma force anormale, Marcus me vit sourire avant de me tourner vers Pellon.
« Sieur Pellon, cette nouvelle recrue est simplement intervenue parce qu’elle ne supportait pas de voir des gens sans honneur. Vous ne pensez tout de même pas qu’il avait de mauvaises intentions ? N’est-ce pas ? »
« … »
Je connaissais très bien Marcus.
Il plaçait l’honneur au-dessus de tout.
Même dans le jeu, sa loyauté baissait si on lui donnait un ordre déshonorant.
Comme pour me le confirmer, je sentis la main de Marcus tressaillir à l’évocation de l’honneur.
Il était devenu soldat-bagnard pour une raison absurde ; il devait donc se demander s’il valait mieux se soumettre sans broncher ou s’évader.
Je venais de lui adresser un avertissement.
Si tu ne veux pas devenir un homme sans honneur, ne fais pas d’esclandre. Retourne simplement dans le chariot.
Heureusement, Marcus comprit ce que je voulais dire et posa sa lance.
Boum !
« Vous voulez que je remonte dans le chariot ? »
« Oui. »
« Compris. »
Marcus remonta dans le chariot où il avait voyagé.
Il n’avait plus les mains liées, mais Pellon laissa passer ça.
Une fois le tumulte provoqué par Marcus retombé, nous nous préparâmes aussitôt à repartir.
« Ligotez tous les soldats qui ont comploté avec les mercenaires et chargez-les dans les chariots du convoi. »
« Oui, monsieur ! »
Le nombre de personnes que nous devions ramener avait soudainement augmenté et nous manquâmes de place. Mais dès que nous libérâmes les esclaves retenus prisonniers, les chariots se retrouvèrent rapidement moins encombrés.
« M-merci, soldat. »
« Merci infiniment de nous avoir sauvés. »
« Il y a beaucoup de bêtes sauvages dans les environs. Je vais vous affecter deux soldats. Vous deux ! »
« Oui, monsieur ! »
Pellon désigna deux soldats réguliers sous ses ordres.
« Vous escorterez les anciens captifs jusqu’au territoire le plus proche, vous expliquerez la situation au garde et vous demanderez de l’aide. »
« Oui, compris ! »
Quand les deux soldats furent partis avec les anciens captifs, Pellon s’adressa aux autres.
« Le reste du personnel va rentrer à l’unité. »
« Compris ! »
Après cette mission d’escorte mouvementée, il était enfin temps de rentrer.
Nous avions pris beaucoup plus de retard que prévu, et je craignais que nous ne regagnions pas l’unité avant la fin de la journée. Heureusement, nous y arrivâmes avant le coucher du soleil.
« Je dois faire mon rapport à Sieur Berun. Ubel, conduisez les nouvelles recrues au corps du ravitaillement. »
« Compris. »
Je pris la place de Pellon et menai les nouvelles recrues au corps du ravitaillement dès notre arrivée à l’unité.
« Hé, ils sont de retour ! »
« Waouh, ils sont nombreux, cette fois. »
Les soldats-bagnards sortirent les uns après les autres, rôdant comme des hyènes. On aurait dit qu’ils étaient tous venus voir les nouvelles recrues.
« Mais qu’est-ce qui leur est arrivé ? »
« Ils se sont peut-être fait tabasser en chemin. »
« Ils saignent aussi. »
« Vous croyez que ces salauds ont tenté de s’enfuir ? »
Ceux qui étaient restés à l’unité n’avaient pas encore appris ce qui s’était passé à l’extérieur. Ils penchaient donc la tête en apercevant les mercenaires mêlés aux nouvelles recrues.
Sans tenir compte des murmures autour de nous, j’arrêtai les chariots devant le corps du ravitaillement, où Mac m’accueillit.
« Oh ! Ubel, tout s’est bien passé ? »
« … Ha ha, eh bien… »
Mac examina les chariots un instant, l’air perplexe. Lorsqu’il remarqua qu’il y avait plus de monde que prévu, il fronça les sourcils.
« Il a dû se passer quelque chose. »
« C’est exact. Le commandant d’escouade Pellon doit faire son rapport au commandant de cent hommes en ce moment même. »
« Hum. Eh bien, c’est au commandant de cent hommes de s’en occuper. Faisons notre travail. »
Mac avait tout à fait raison.
« Je vais d’abord aligner les nouvelles recrues. »
« Allez-y. »
Laissant pour l’instant de côté les mercenaires et les soldats qui s’étaient rendus, j’ouvris la porte du chariot où les nouvelles recrues avaient été enfermées.
« Tout le monde dehors. Alignez-vous devant les baraquements. »
Peut-être à cause de la foule rassemblée autour d’elles, les nouvelles recrues se rangèrent timidement devant les baraquements.
Quand elles furent toutes descendues, les soldats-bagnards qui les entouraient éclatèrent en acclamations.
« Wouhou ! »
« Bande de fils de pute ! Bienvenue en enfer ! »
« Vous auriez mieux fait de mourir de froid en chemin, mais vous avez quand même réussi à ramper jusqu’ici ! »
« Allez, parions nos rations sur celui qui crèvera le premier parmi ces recrues. »
« Pwahaha ! Moi, je mise sur le type qui a une tête d’abruti. »
« Je choisis le grand dégingandé. À première vue, il a l’air lent. »
Voilà qui constituait, étonnamment, la cérémonie d’accueil particulière des soldats-bagnards de la Frontière du Nord.
Vue sous un autre angle, c’était aussi une façon de briser le moral des nouvelles recrues dès le départ.
On pouvait trouver ça puéril.
Mais c’était étonnamment efficace.
« Ugh… »
Entre le froid qui leur mordait la peau et les railleries qui pleuvaient de toutes parts, les nouvelles recrues tremblaient et baissaient la tête. Plus elles le faisaient, plus les soldats-bagnards s’excitaient et haussaient le ton.
« Ha ha ! Regardez-les, tous la tête basse ! »
« Vous les avez bien accrochées, vos couilles ?! »
« Et lui, alors ? Pourquoi est-ce le seul à garder la tête haute ? »
La seule recrue qui restait droite sans se laisser intimider par les autres n’était autre que Marcus.
« Hum, celui-là a l’air utile… »
« Il a du cran. Sa tête est un peu agaçante, mais il est bien bâti, donc il doit être assez fort aussi. »
Les chefs d’escouade de dix hommes parmi les soldats-bagnards regardaient Marcus avec convoitise, admirant son assurance inébranlable, mais aucun ne pourrait obtenir ce qu’il souhaitait.
Car…
« J’ai entendu dire que Sieur Berun vous avait demandé de choisir vous-même une nouvelle recrue pour votre escouade ? »
« C’est exact. »
« Nous allons bientôt répartir les recrues, alors dépêchez-vous d’en choisir une. »
« Merci ! »
J’avais déjà mis Marcus dans ma ligne de mire.
Puisque nous nous étions déjà rencontrés, je m’approchai de lui avec un air amical et le saluai.
« On se retrouve ? »
« … »
« Je m’appelle Ubel Graum. »
« … Marcus. »
« Merci pour tout à l’heure. Sans vous, beaucoup de nouvelles recrues seraient mortes. »
« Je n’ai fait que ce que je devais faire. »
« Vous l’avez peut-être remarqué, mais je suis moi aussi un soldat-bagnard. »
Je désignai l’insigne sur mon épaule, et il acquiesça.
« Je vous ai vu tout à l’heure. Vous n’êtes pas un combattant ordinaire. Ça vous intéresserait de rejoindre mon escouade ? »
Marcus me lança un regard étrange.
« Est-ce que j’ai le choix ? »
Le choix ?
Bien sûr que non.
Marcus le savait probablement aussi.
Mais il était fier et droit. Si je le lui disais aussi brutalement, il risquait de m’en vouloir.
Dans ce genre de situation, mieux valait reculer d’un pas pour le rassurer.
« Je ne vous forcerai pas si vous ne le voulez pas. C’est vous qui décidez. »
Je haussai les épaules d’un air malicieux, et Marcus plissa les yeux.
Tu te demandes pourquoi je suis si gentil avec toi ?
Si tu veux vraiment le savoir, rejoins mon escouade.
Et je te le dirai gentiment.
Marcus avait peut-être lu dans mes pensées.
Il fronça les sourcils un instant, puis prit sa décision.
« J’accepte votre invitation avec reconnaissance, Sieur Ubel. »
« Bienvenue dans la famille. »
Le Dieu de la Guerre, convoité par d’innombrables souverains, envié par les chevaliers et craint par les commandants du futur, venait de passer sous mes ordres.
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