Chapitre 48
Chapitre 48 : Chapitre
« À ton tour, maintenant », dit Riftan.
Maxi tenta de dissimuler son anxiété. Riftan semblait ne pas remarquer son agitation.
« J-J’aime aussi ce que la p-plupart des gens aiment. »
« Ce n’est pas une réponse honnête. Donne-m’en une vraie. »
Maxi réfléchit un instant, puis reprit : « C-Comme je vous l’ai déjà dit, j’aime les a-animaux. Les chiens, les ch-chats, les chevaux… les p-poussins et les lapins aussi. »
« Quoi d’autre ? »
« J-J’aime lire. Au Château de Croyso, je passais la p-plupart de mon temps à la b-bibliothèque. »
« Rodrigo m’a dit que tu passais aussi beaucoup de temps à la bibliothèque, ici. »
« O-Oui. Il y a tant de l-livres rares, ici. M-Même si Ruth a tendance à s’en servir comme d’une c-couverture… »
« Tu veux que je chasse ce vaurien de là ? »
« Je n’en e-entendrais j-jamais la fin si vous faisiez ça. »
Une ride barra le front de Riftan lorsqu’il vit l’air horrifié de Maxi. Il lui lança un regard énigmatique.
« On dirait que vous vous entendez bien, tous les deux. »
« I-Il m’a b-beaucoup aidée pour les r-rénovations. Il est maniaque et il me fait la morale, m-mais c’est quelqu’un de b-bien. »
Sa réponse sembla seulement agacer Riftan davantage. Il se détourna d’elle.
« Tu as raison. Il est maniaque et parle trop, mais c’est un homme droit. »
Il chevaucha en silence, perdu dans ses pensées.
« Et qu’est-ce que tu détestes ? Il faut que tu me répondes, sinon l’échange ne serait pas équitable. »
Les coups de fouet, les cris et les corrections lui vinrent d’abord à l’esprit, mais Maxi ne pouvait pas lui révéler cela. Pourtant, elle ne voulait pas mentir à un homme qui avait dit détester les menteurs par-dessus tout. Elle hésita, puis lâcha brusquement :
« M-Moi. »
Riftan cligna des yeux, comme s’il n’avait pas compris.
« C-C’est moi que je déteste le p-plus », répéta Maxi.
À cet instant, ils arrivèrent au bout du sentier et une vaste prairie apparut devant eux. Avant que Riftan ait le temps d’insister, Maxi lança son cheval au galop dans la montée.
***
À sa grande surprise, Maxi s’aperçut qu’elle s’amusait. Traverser un champ ouvert était bien plus facile que de suivre un sentier de montagne sinueux. Tandis qu’elle galopait dans la prairie dorée, baignée par le soleil d’hiver, sa posture s’améliora d’elle-même. Lorsqu’elle s’arrêta au sommet de la colline pour se reposer, elle se rendit compte qu’elle se tenait bien droite.
« J’ai apporté du vin. »
Riftan mit pied à terre près d’un grand arbre, au sommet de la colline. Il passa ensuite un bras autour de la taille de Maxi et la souleva de sa selle comme si elle pesait moins qu’une plume.
« Tu as le corps brûlant. Et je sens ton cœur battre comme un tambour. » 𝘧r𝑒𝘦𝒘𝘦𝙗novel.𝐜o𝒎
Maxi essuya les gouttes de sueur sur son front et tenta de reprendre son souffle. Comme Riftan l’avait dit, tout son corps palpitait.
« O-On dirait qu’un p-petit tambour bat en moi. »
« C’est une jolie façon de le dire. »
Il déposa un baiser sur sa joue rougie, puis la posa à terre. Il alla ensuite jusqu’au grand arbre, étendit son manteau dessous et s’assit. Maxi le rejoignit. Tandis que la brise hivernale rafraîchissait son corps, elle resserra sa robe autour d’elle. Elle regarda le vent onduler dans les champs dorés du village, en contrebas.
« C-Cet endroit est m-magnifique. »
« Il l’est encore plus au printemps, quand les fleurs sauvages éclosent. »
Le cœur de Maxi se gonfla d’impatience. C’était une sensation nouvelle ; jamais elle n’avait cru qu’un jour elle oserait espérer quelque chose. Elle se sentait à la fois anxieuse et heureuse.
« Approche. Tu vas prendre froid en laissant ta sueur refroidir. »
Riftan s’adossa au tronc et l’enveloppa de son manteau. Maxi but une gorgée dans la petite flasque de vin qu’il lui avait tendue. Bien qu’elle fût assise sur ses genoux, elle ne se sentait pas mal à l’aise comme lorsqu’il l’avait taquinée plus tôt. Au contraire, sentir ses bras puissants autour d’elle lui paraissait naturel.
« Fais-moi goûter. »
Riftan l’enlaça par la taille et posa le menton sur son épaule. Maxi approcha la flasque de ses lèvres et inclina le récipient avec précaution. Il en but quelques gorgées, puis se recula.
« Pourquoi est-ce que tu ne t’aimes pas ? »
On aurait dit que Riftan n’avait pas l’intention de laisser tomber. Maxi détourna les yeux, mal à l’aise. La raison ne lui semblait-elle pas évidente ? Elle parlait comme une idiote finie. Pourtant, elle trouvait amusant qu’il continue à faire semblant de ne pas comprendre.
« V-Vous ne vous êtes j-jamais détesté ? »
« Si, un nombre incalculable de fois. »
Il sembla se détendre un peu. Lorsqu’il posa les lèvres sur son front, elle comprit que ses paroles l’avaient préoccupé tout le long de leur chevauchée.
« Mais je ne me suis jamais détesté au point que ce soit la première chose qui me vienne à l’esprit. »
« C-C’est parce qu’il n’y a pas grand-chose à v-vous reprocher. »
Riftan eut l’air amusé. « Ah oui ? »
« J-Je suis sûre que vous le savez t-très bien. »
« Je ne peux pas dire que ce soit le cas. Éclaire-moi donc. »
Maxi leva vers lui un regard incrédule. « V-Vous êtes l’un des m-meilleurs chevaliers du royaume. Vous êtes fort, g-grand et i-intelligent… »
« Personne ne m’a jamais qualifié d’intelligent, mais beaucoup m’ont traité de lourdaud. »
Maxi fronça les sourcils. Il était vrai que Riftan manquait souvent de courtoisie et qu’il s’exprimait sans raffinement, mais il était loin d’être un lourdaud. Son regard était toujours vif et ses paroles révélaient une grande perspicacité. Parfois, elle avait l’impression qu’il pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert.
« S-Si vous étiez vraiment b-bête, vous ne seriez p-pas aussi respecté. »
…
Les lèvres de Riftan se tordirent en un sourire cynique, comme s’il n’était pas tout à fait prêt à l’admettre. Il renversa la tête contre le tronc.
« Quoi d’autre ? » demanda-t-il froidement.
« V-Vous êtes un homme d’honneur, un grand chef et… vous êtes b-beau. »
« Tu me trouves beau ? »
« V-Vous savez que oui. »
« Comment saurais-je si tu me trouves séduisant ou non ? »
Maxi cligna des yeux, incrédule. « J-J’ai le sens de la b-beauté, comme tout le monde. »
« Chaque fois que je venais au Château de Croyso, tu frissonnais en me voyant, comme si j’étais un ogre. Ce n’était certainement pas un regard admiratif. Même la face ridée d’un gobelin ne t’aurait pas horrifiée à ce point. » ƒ𝑟𝐞𝗲𝘄𝙚𝚋𝑛o
« Je n’ai j-jamais vu de g-gobelin. »
« Tu sais bien que ce n’est pas ce que je veux dire. »
Riftan lui releva le menton pour qu’elle croise son regard.
…
« Chaque fois que je m’approchais de toi, on aurait dit que tu allais t’évanouir. »
Son ton accusateur la déstabilisa. Elle ignorait qu’il l’avait remarquée avant leur mariage et fut surprise d’apprendre qu’il avait observé ses réactions.
« J-J’avais… p-peur de vous. Vous étiez intimidant, si g-grand, et vous aviez toujours cet a-air glacial. On aurait dit que vous étiez t-toujours en colère. »
Riftan resta silencieux. Maxi s’agita, mal à l’aise dans ses bras.
« Est-ce que je te fais toujours peur ? »
Maxi secoua lentement la tête. Riftan étudia son visage un instant, puis baissa lentement les lèvres vers les siennes. Ce baiser avait une chaleur différente de ceux, joueurs, dont il l’avait taquinée plus tôt dans la journée. Lorsqu’elle sentit sa langue douce pénétrer dans sa bouche, Maxi laissa échapper un faible gémissement.
Une main soutenant sa nuque, Riftan caressa doucement ses cheveux ébouriffés par le vent tout en suçant sa langue. Un frisson lui parcourut l’échine. Sa poitrine se serra. Quand Riftan lui prit un sein dans une main et le pressa doucement, une chaleur commença à couver en elle.
« R-Riftan… N-Nous sommes dehors. »
« Ce n’est rien. Il n’y a que nous deux. Si quelqu’un approche, je le saurai tout de suite. »
La chaleur qui émanait de son corps la fit trembler. Son expression calme lui avait dissimulé son excitation. Quand Riftan la rapprocha de lui et releva l’ourlet de sa robe, Maxi leva vers lui un regard stupéfait. Ses yeux brûlaient de désir.
« N’aie pas peur. Je ne te ferai jamais de mal. »
Sentant ses paroles résonner en elle, Maxi retint son souffle en le regardant. Il appuya son front contre le sien et frotta son nez au sien avant de descendre pour lui sucer les lèvres. Un long doigt se glissa sous sa robe et se mit à la caresser doucement entre les cuisses. Maxi s’agrippa à ses cheveux doux.
Il ne me fera jamais de mal.
« Tu sens l’hiver », gémit-il en enfouissant le visage dans son cou pour respirer son parfum.
Maxi se dit que Riftan, lui aussi, sentait la fraîcheur mordante de la brise hivernale. L’odeur âcre de l’écorce et le parfum léger des chevaux emplissaient ses poumons.
« Bon sang. J’ai envie d’embrasser chaque partie de ton corps, mais si je te déshabille ici, tu vas tomber malade. »
Avec impatience, Riftan caressa son corps à travers sa robe. Maxi n’avait pas froid, tant la chaleur qui brûlait en elle était intense, mais elle ne le lui dit pas, incapable de trouver le courage de s’allonger nue en plein champ. Ils faisaient déjà quelque chose qu’ils n’auraient pas dû faire. Pourtant, elle ne parvenait pas à s’éloigner de lui.
Riftan lui suça et lui mordilla le cou tout en défaisant vivement les liens de son pantalon. Assise sous son manteau, Maxi releva sa robe jusqu’à la taille. Elle le sentit entrer lentement en elle. Lorsqu’il l’étira à l’extrême, elle poussa un cri. Riftan l’apaisa en caressant doucement ses hanches et en l’embrassant dans le cou.
« Je ne te ferai plus jamais de mal, Maxi. Tout va bien. »
Maxi ne se souvenait pas qu’il lui eût fait du mal, ni pourquoi elle avait jamais eu peur de lui. Elle avait l’impression que Riftan Calypse avait toujours fait partie d’elle. Comme une noyée, Maxi s’accrocha à son cou.
Riftan lui saisit les hanches et s’enfonça plus profondément. Leurs corps ne firent plus qu’un ; tout son corps palpitait et le bruit du vent s’éloigna. Elle se mit à bouger sur lui, reproduisant les mouvements qu’elle avait faits sur son cheval. Elle l’accueillit jusqu’à la garde, se resserra autour de lui, puis le relâcha à regret, encore et encore. Son cœur martelait sa poitrine et son esprit se dissolvait dans l’extase, sous la pluie de baisers qu’il lui donnait.