Chapitre 417
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Maxi s’empara de la masse qui traînait à proximité et l’abattit sur le dispositif magique fixé au mur de la tour de guet. Aussitôt, une puissante magie jaillit de la pierre enchâssée en son cœur et forma une sphère translucide autour de la tour. Les tours de guet voisines firent de même, déployant une barrière qui s’étendait sur près de deux thradions — environ trois cent soixante-dix mètres — le long des remparts. En tout, près de la moitié de la ville se trouvait désormais protégée.
Maxi se pencha à la fenêtre pour vérifier si la barrière avait atteint l’autre extrémité. À cet instant, un rugissement assourdissant déchira l’air et une violente bourrasque faillit la renverser.
Elle retint un cri et s’agrippa de toutes ses forces au rebord de la fenêtre. Devant elle, des géants encerclaient la ville et martelaient le bouclier de leurs énormes masses de fer. Elle resta pétrifiée devant ce spectacle terrifiant jusqu’à ce qu’une voix rauque ordonne l’assaut.
En regardant de nouveau dehors, elle vit les soldats préparer les balistes sur le chemin de ronde. Au signal d’un soldat, des dizaines de flèches s’élancèrent dans les airs comme une nuée d’oiseaux. f reewebnovel.com
« Continuez de tirer ! »
À cet ordre, les soldats décochèrent une nouvelle salve. Leurs flèches fendirent le vent et transpercèrent sans pitié les crânes et les côtes des monstres. Peu à peu, l’armée des morts-vivants commença à battre en retraite. Mais, au moment où Maxi poussait un soupir de soulagement, un cor retentit à l’est.
Elle réprima un gémissement. D’autres monstres étaient apparus à l’autre bout de la ville. Maxi dévala la tour. À l’est et au nord, les défenses magiques étaient moins denses ; si elles cédaient, la porte orientale se retrouverait exposée.
Maxi se fraya un chemin entre les soldats qui transportaient des flèches et des boulets, puis se dirigea vers les écuries. Elle monta rapidement sur Rem et partit au galop, à cru, vers la tour de guet orientale. À son arrivée, elle vit des archers gravir le mur pour prendre position.
Elle attacha Rem à une clôture, puis se plaça derrière les archers. Alors qu’elle se préparait à prendre part à la défense de Vesmore, une main se posa sur son épaule.
« Laissez-moi prendre la tête, madame. Attendez mon signal avant de monter, je vous prie. »
Maxi se retourna et aperçut Garrow, le visage résolu. Le jeune chevalier la tira en arrière, puis grimpa lestement à l’échelle. Il prit un instant pour évaluer la situation depuis le haut du chemin de ronde, avant de faire signe à Maxi de le rejoindre. Elle monta prudemment à sa suite.
Une fois en haut, Garrow l’avertit : « Restez loin du bord, madame. Une flèche peut nous atteindre à tout moment. »
« L’ennemi a-t-il déjà franchi le bouclier ? »
« On dirait bien. Les dispositifs magiques n’ont pas été activés à temps. Pendant que nous nous concentrions sur l’ouest, les goules ont atteint le mur oriental », répondit Garrow en pointant sa torche au-delà du chemin de ronde.
Maxi suivit son regard et se couvrit la bouche, horrifiée, devant la mer d’yeux écarlates qui luisaient dans les champs. Des cadavres animés, à la chair pourrie et écorchée, grouillaient au pied du mur. Plus loin, une légion de squelettes s’amassait juste à l’extérieur du bouclier, dressé à la hâte.
« D’où viennent tous ces morts-vivants ? » demanda Maxi, horrifiée.
« Ce sont sans doute les monstres qui ont péri dans les monts Lexos, répondit une voix près d’elle. Les nécromanciens ont dû ressusciter toutes les créatures tuées lors de la première Campagne du Dragon. »
Maxi se tourna vers Agnes, qui portait une cuirasse d’argent sous une cape de velours rouge. Elle observait le champ de bataille d’un air sombre.
Les yeux bleus et perçants de la princesse brillèrent tandis qu’elle poursuivait : « Ils ont peut-être même ramené tous les monstres morts bien avant la campagne. En comptant les morts-vivants venus de l’est, nous en avons plus de six mille. »
Maxi avait l’impression qu’ils étaient encore plus nombreux, mais elle comprit bientôt que les monstres colossaux étaient à l’origine de cette impression. Cela ne la rassura guère. Les géants qui se tenaient hors de la barrière de vent étaient bien plus redoutables que plusieurs armées de morts-vivants ordinaires. À chacun de leurs coups, leurs énormes masses de fer faisaient jaillir des étincelles, et leurs échos assourdissants résonnaient autour d’eux, semblant saper le moral des soldats.
« Archers, en position ! Unité de défense, préparez les catapultes ! » tonna la princesse Agnes à l’intention des soldats recroquevillés.
Revigorés par son ordre, les soldats se mirent en mouvement. Les archers décochèrent des flèches enflammées depuis le chemin de ronde, tandis que les sentinelles lançaient des boulets de catapulte sur la horde de morts-vivants. Derrière eux, Maxi invoqua un vent pour détourner les flèches des goules. La princesse Agnes, jugeant visiblement inutile la présence de deux mages au même endroit, partit vers le nord.
Maxi maintint le bouclier au-dessus du chemin de ronde tout en regardant à droite et à gauche. Des mages étaient répartis le long du mur, à environ un ou deux thradions les uns des autres. La nuit tombante et leurs capuches empêchaient de les reconnaître, mais, à la lueur des boules de feu qui fusaient de temps à autre, elle devina que le côté nord-est était surtout défendu par des mages chevronnés, spécialisés dans les sorts offensifs.
Cela se comprenait : le mur oriental était moins bien protégé par les dispositifs magiques et les catapultes que les murs ouest et sud.
Même comme ça, nous ne tiendrons pas longtemps. Les mages vont bientôt s’épuiser, et les dispositifs magiques n’ont assez de mana que pour tenir deux jours de plus.
Maxi contempla les environs avec désespoir. La lueur intermittente des flèches enflammées révélait des visages de goules hideusement ratatinés et des silhouettes squelettiques. Au-delà, l’immensité des ténèbres n’était trouée que par d’innombrables yeux rouges. Malgré le froid mordant, une sueur glacée lui perla dans le dos.
Combien de temps pourraient-ils tenir si ces monstres assiégeaient la ville ? Vesmore ne comptait qu’environ six cents soldats pour la défendre. Et même s’ils disposaient de plus de vingt mages, Maxi comprise, la moitié étaient des guérisseurs. La ville pouvait tomber en moins d’une demi-journée.
Profitant d’une brève accalmie, Maxi se tourna vers Garrow. « Ne devrions-nous pas demander des renforts ? »
Garrow, qui regardait à travers une meurtrière, son arc long à la main, répondit sans hésiter : « Nous avons envoyé un pigeon voyageur, mais je crains que l’aide ne soit pas très importante. La ville la plus proche a elle aussi gardé le strict minimum de troupes. »
Qu’allait-il nous arriver ?
Maxi parvint à ne pas poser la question à voix haute. Ce n’était pas le moment de geindre comme une enfant. Ils avaient des murs solides, des provisions en abondance et une réserve de pierres magiques. S’ils tenaient bon, ils pourraient peut-être résister jusqu’au retour de l’expédition.
Résolue à tenir, Maxi dévia sans relâche la pluie de flèches. À l’aide de treuils, les soldats hissèrent quinze grands chaudrons jusqu’au sommet du mur.
« Faites attention à ces chaudrons ! » cria Alec Godric, que l’un des treuils hissait en même temps.
À son avertissement, les soldats placèrent avec précaution les chaudrons près des merlons. Maxi souleva délicatement le couvercle de l’un d’eux, puis recula devant l’odeur âcre d’huile, qui rappelait le sang animal. C’était du feu alchimique.
« Déversez l’huile ! »
Sur l’ordre d’Alec, les soldats hissèrent le chaudron au-dessus du parapet. Ils en renversèrent le contenu sur l’ennemi. Bientôt, des cris atroces déchirèrent l’air.
Maxi osa jeter un coup d’œil en contrebas. Aspergées d’huile, les goules qui escaladaient le mur se débattaient de douleur avant de s’écraser au sol. Les soldats continuèrent à déverser le liquide noir le long des murs ; certains catapultèrent même les chaudrons vides.
Sautant à bas du treuil, Alec leva une torche et rugit : « Reculez si vous ne voulez pas brûler ! »
Dès que les soldats se furent éloignés, il lança la torche par-dessus le parapet. Une seconde plus tard, une chaleur accablante les enveloppa. Maxi se protégea le visage avec sa robe et s’accroupit. Des flammes dorées dévalèrent le rempart et engloutirent les goules en contrebas.
Au milieu de la violente tempête de neige, l’odeur fétide de la chair qui brûlait se mêlait à la chaleur torride. Les flammes ravagèrent le champ et engloutirent les squelettes qui se trouvaient à l’extérieur du bouclier.
« On se croirait en enfer », murmura Garrow, fasciné.
Le spectacle était véritablement terrifiant. Pourtant, Maxi ne put s’empêcher d’éprouver un certain soulagement. À l’exception des centaines de cadavres qui se débattaient, la horde encerclant la ville battait désormais en retraite pour échapper aux flammes.
« Cessez le combat ! » ordonna la princesse Agnes lorsque les monstres furent hors de portée.
Maxi supposa que la princesse préférait observer la situation afin d’économiser leurs flèches et leurs boulets. Reconnaissante de ce répit, elle abaissa son bouclier.
Garrow croisa son regard inquiet. « Vous allez bien, madame ? »
Elle hocha faiblement la tête. Elle se sentait au bord de l’évanouissement, mais son esprit était étrangement lucide ; l’adrénaline du combat avait aiguisé ses sens.
« C’est… terminé ? » demanda-t-elle d’une voix tremblante.
« Je doute qu’ils tentent une nouvelle attaque tout de suite, mais… » Garrow laissa sa phrase en suspens et reporta son regard sur le champ de bataille.
L’incendie n’était plus qu’un brasier agonisant, et le soleil se levait lentement à l’est. Maxi regarda au-delà des sombres colonnes de fumée, vers l’horizon. C’était un souhait égoïste, mais elle espérait que les monstres renonceraient à Vesmore et marcheraient sur une autre ville. Pourtant, l’armée des morts-vivants restait là, postée à seulement quatre thradions — environ sept cent quarante mètres.
Garrow murmura d’un ton sombre : « On dirait qu’ils n’ont pas l’intention de battre en retraite. »