Chapitre 402
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Chapitre 402 — 163
« Ça te contrarie tant que ça de voir une autre femme me faire les yeux doux ? » la taquina Riftan. Sans tenir compte du regard noir de Maxi, il se colla contre son dos. Posant le menton sur son épaule, il poursuivit d’un ton suffisant : « Je ne savais pas que ma femme était aussi possessive. Je ferais mieux de me méfier à l’avenir. »
« La princesse… elle faisait des avances à un homme marié ! Je… je ne pouvais tout simplement pas supporter son effronterie ! »
Le sourire de Riftan s’élargit devant cette piètre excuse. Maxi leva brusquement les yeux vers lui, le regard flamboyant comme celui d’un chat sauvage furieux, et se débattit pour se dégager.
Au lieu de la libérer, Riftan la souleva et s’assit sur le lit. Il l’installa sur ses genoux et lui murmura des mots doux, tout en couvrant de baisers légers ses joues boudeuses.
« Tu es adorable, même quand tu es en colère. »
Maxi dut mobiliser toute sa volonté pour garder son air furieux, mais elle ne résista pas longtemps à sa douce offensive. Glissant une main sous sa robe de chambre, Riftan lui caressa tendrement le ventre à travers sa fine robe.
Sentant sa colonne vertébrale fondre comme du beurre, Maxi marmonna avec un soupçon de ressentiment : « Je commence à croire… que vous êtes un vrai fripon. »
« C’est ton charme qui me rend comme ça », répondit-il en souriant. Quand sa main remonta pour lui prendre délicatement le sein, Maxi rentra légèrement les épaules, tout en tirant discrètement sur son poignet pour l’inciter à la caresser plus vigoureusement. Le regard enjoué de Riftan s’assombrit aussitôt.
Il lui renversa la tête en arrière et plaqua ses lèvres contre les siennes. Tandis que sa langue cherchait à s’introduire dans sa bouche, il pinça doucement son mamelon tendu. Maxi laissa échapper un profond gémissement. Aussitôt, une chaleur frémissante s’embrasa dans son ventre.fw.c
En voulant davantage, elle guida sa main jusqu’à la jonction de ses cuisses. Riftan répondit par un grondement et la caressa avidement à travers le tissu fin de sa robe. Elle entrouvrit les jambes, espérant qu’il s’attarderait sur d’autres endroits, plus sensibles.
Soudain, elle sentit sa main se retirer brusquement. Maxi leva vers lui un regard perplexe.
Son visage trahissait l’effort qu’il faisait pour se maîtriser, mais il tenta de lui adresser un sourire gêné. « Je devrais d’abord me laver. Je n’en ai pas eu le temps à cause de la princesse. »
Sur ces mots, il la fit descendre de ses genoux, se leva et se dirigea vers la baignoire en bois.
Après avoir fixé son dos d’un regard absent, Maxi demanda d’une voix morose : « Vous êtes resté avec elle tout ce temps ? »
Riftan, qui était en train d’ôter sa tunique, tourna la tête vers elle par-dessus son épaule. « Ne me dis pas que tu doutes vraiment de moi », dit-il, les sourcils légèrement froncés.
« B-Bien sûr que non ! C’est juste… cette femme semble encore avoir des sentiments pour vous… alors je ne peux pas m’empêcher de me demander de quoi vous avez bien pu parler. »
Riftan la contempla un instant sans un mot, puis poussa un léger soupir. « La princesse n’a fait que négocier avec moi au nom du roi Thorben. »
À cette réponse inattendue, Maxi releva la tête. Qu’avait donc le roi de Dristan à négocier avec Riftan ?
Devant sa curiosité, Riftan lui expliqua calmement : « Comme tu le sais, l’armistice des Sept Royaumes est actuellement menacé. L’Église d’Osiriya, qui en a été le pilier, est profondément divisée, et le pape actuel n’a pas réussi à réconcilier les deux factions qui s’affrontent. Les opposants à l’armistice ont profité de ces divisions au sein de l’Église pour s’allier et renforcer leur cause. Pour contrecarrer leurs efforts, nous devons aussi rallier davantage de partisans de l’accord de paix. »
« A-Alors… vous avez réussi à rallier Dristan à notre cause ? »
« Je n’ai pas encore obtenu de réponse définitive, mais j’ai réussi à les convaincre d’adopter une position neutre ! »
Maxi resta bouche bée devant son mari. À cause de ses différends territoriaux avec Wedon, Dristan était le royaume le plus mécontent de l’armistice. À tel point que sa famille royale soutenait secrètement les pillards qui ravageaient les territoires orientaux de Wedon, alors même que l’accord de paix interdisait aux royaumes de s’envahir mutuellement. Comment Riftan avait-il réussi à convaincre de telles personnes ?
Comme s’il avait lu dans ses pensées, Riftan soupira et poursuivit ses explications. « Si Dristan veut faire la guerre, c’est uniquement pour reprendre les terres qu’il a gouvernées pendant des siècles. Mais s’il pouvait les récupérer sans verser de sang, il n’aurait plus aucune raison de s’opposer à l’armistice. »
Maxi le regarda avec horreur. « V-Vous leur avez promis nos territoires orientaux ? Mais faire une telle promesse sans l’accord de la famille royale, c’est de la trahison ! »
« Tu sais bien que je ne ferais jamais une chose pareille. Ce sont des conditions auxquelles le roi Reuben a déjà consenti. » Riftan secoua la tête, incrédule devant sa réaction. « Après la mort du duc, le duché te reviendra, à toi, à la princesse héritière ou au petit-fils du roi. S’il y a un conflit de succession, les nobles de l’est devront choisir leur camp. Et une fois qu’ils commenceront à s’entretuer, Dristan en profitera pour envahir notre royaume. Si ces terres doivent de toute façon être ravagées par la guerre, autant s’en servir dès maintenant comme monnaie d’échange pour obtenir ce que nous voulons. » freew(e)bnove(l)
« M-Mais si l’on pense aux revenus considérables que rapportent ces terres… »
« Les impôts versés par le duché sont astronomiques, mais son coût de protection n’est pas beaucoup plus élevé. Le roi Reuben a déjà fait savoir au roi Thorben qu’il était disposé à négocier au sujet des territoires orientaux, et Lienna Thorben a été envoyée ici avec la réponse de son frère. »
Maxi cligna des yeux, abasourdie par cette révélation. Elle avait remarqué que le roi convoquait souvent Riftan depuis leur arrivée à Balbourne, mais elle n’aurait jamais imaginé que leurs discussions portaient sur cela.
Se sentant stupide, elle marmonna : « Je pensais… que vous ne négociiez avec elle qu’au sujet du ravitaillement. »
« C’est ce que nous voulions que tout le monde croie. Les accords secrets entre deux royaumes doivent rester confidentiels, après tout. »
Se frottant la nuque d’une main mouillée, Riftan appuya la tête contre le bord de la baignoire, épuisé. Le voir dans cet état lui serra le cœur. Tandis qu’elle bouillait de jalousie pour des broutilles, lui faisait tout son possible pour empêcher une guerre.
Elle baissa la tête, embarrassée, puis se leva et s’approcha en silence, derrière lui. Prenant le savon posé sur l’étagère, elle déclara avec détermination : « Laissez-moi vous aider à vous laver. »
Riftan ouvrit de grands yeux. Il la dévisagea, puis lui adressa un sourire contrarié. « Je crois que je peux me débrouiller. Tu devrais te coucher tôt. »
« Mais j’en ai envie. »
Maxi fit rapidement mousser le savon et se mit à lui laver les cheveux. Il essaya d’abord de l’éviter, mais finit par s’abandonner à ses soins.
Après lui avoir soigneusement rincé les cheveux, doux comme du velours, elle lui massa délicatement les larges épaules et la nuque musclée. Un soupir de satisfaction s’échappa de ses lèvres. Maxi l’observa avec un sourire satisfait, puis se pencha pour lui déposer un baiser sur la joue.
Riftan leva vers elle un regard brûlant et lui prit doucement le bras. « Rejoins-moi. »
« Je me suis… déjà lavée. »
« Et alors ? »
Maxi feignit l’hésitation, mais ne tarda pas à se déshabiller et à entrer dans la baignoire. Il l’attira sur lui et l’embrassa avec tendresse. Maxi sourit en enroulant une mèche de ses cheveux lisses autour de son doigt. Bientôt, un doux plaisir l’envahit.
Le lendemain, l’armée de la coalition quitta la ville avec quarante chariots de bagages chargés de provisions. La cour royale de Dristan avait heureusement pris les devants et constitué de copieuses réserves.
Ils avaient désormais assez de nourriture pour ravitailler trois mille soldats pendant quinze jours. Dristan leur avait en outre fourni cinq cents hommes supplémentaires. Malgré tout, Maxi avait du mal à se réjouir, car celle qui devait commander la cavalerie de Dristan n’était autre que la princesse Lienna elle-même.
Elle lança un regard meurtrier à la femme qui semblait collée à Riftan. Même si son attitude distante envers elle sautait aux yeux de tous, la princesse Lienna n’en avait cure et trouvait toutes sortes de prétextes pour rester près de lui. Maxi n’en revenait pas de son audace. 5 N’a-t-elle donc aucune honte ?
Elle remua son gruau avec une agressivité telle que sa cuillère s’entrechoquait contre le bol. Si seulement elle pouvait lui bondir dessus et lui ordonner sèchement de rester loin de son mari ! Mais elle ne voulait pas compromettre les efforts de Riftan par sa mesquine jalousie.
Le soutien de Dristan était indispensable au maintien de l’armistice. Elle n’avait donc pas d’autre choix que de tolérer cette princesse exaspérante jusqu’à ce qu’elle puisse enfin rentrer à Anatol, au terme de cette campagne militaire épuisante.
Maxi s’efforça de contenir sa colère tout en enfournant machinalement du gruau dans sa bouche.bender
Ruth, qui lui jetait des coups d’œil à la dérobée, lâcha avec exaspération : « Tu ne peux pas faire quelque chose pour tes yeux ? On dirait ceux d’un poisson mort. Ça commence à me faire peur. »
« Occupe-toi de tes affaires. »
Elle n’accorda pas un regard au sorcier. Dans un autre groupe, la princesse riait en donnant de petites tapes ludiques sur l’avant-bras de Riftan. Son expression devait vraiment être terrifiante, car les chevaliers qui s’approchaient avec leurs rations changèrent aussitôt de direction en la voyant.
C’était inutile. Elle ne pouvait plus faire semblant de rester indifférente, tant pis pour sa dignité.
Serrant sa cuillère avec assez de force pour presque la briser, Maxi avala le reste de son gruau tiède. Puis elle bondit sur ses pieds et marcha droit vers Riftan.
« Ne devrions-nous pas bientôt nous mettre en route ? »