Chapitre 396
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Chapitre 396 — 157
Riftan contempla en silence son visage rougi, puis retira la serviette humide. Quand Maxi sentit un filet couler le long de sa cuisse, elle referma précipitamment les jambes.
Le visage en feu, elle balbutia : « L-Laissez-moi faire. »
« Reste tranquille. »
Après l’avoir doucement repoussée sur le tapis de selle, Riftan retourna la serviette et entreprit de la nettoyer. Malgré son embarras, Maxi se résigna à se laisser faire. Lorsqu’il se détourna pour prendre une serviette propre, elle remonta vivement son pantalon.
Après leurs étreintes, il l’aidait toujours à se nettoyer, mais elle se sentait gênée chaque fois. En retirant les mèches collées à son front, Maxi étudia son visage.
« N-Ne devrions-nous pas sortir ? On dirait que ça s’agite dehors. »
Il se nettoyait à présent, assis, le dos tourné vers elle. Quand il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule, Maxi comprit à son regard absent qu’il était encore sous le choc. Il remonta son pantalon et tendit la main pour lui caresser la taille.
« Tu crois que tu pourras monter à cheval aujourd’hui ? » demanda-t-il, la voix chargée d’inquiétude.
« O-Oui. Vous n’avez pas été… si brusque avec moi. »
Maxi se redressa et lui adressa un sourire timide. Elle avait un peu mal à l’entrejambe, mais elle savait qu’il la forcerait à monter dans un chariot si elle laissait paraître le moindre inconfort.
Ramassant le manteau qu’elle avait laissé tomber par terre, Maxi prit un air dégagé. « V-Vous devriez vous habiller. Les gens vont trouver ça étrange… si nous nous absentons trop longtemps. »
Quelqu’un avait peut-être déjà deviné ce qu’ils faisaient et tenait tout le monde à l’écart de la cabane. Cette pensée arracha à Maxi un gémissement de mortification.
Riftan semblait partager son inquiétude. Il observa la porte grossière, que le vent faisait trembler, puis se leva en soupirant. Il enfila sa tunique de laine et commença à revêtir son armure. Maxi l’imita et passa un vêtement par-dessus sa fine chemise de lin.
Lorsqu’ils furent tous deux habillés, Riftan se tourna vers elle. « Je veillerai à ce que cela ne se reproduise jamais. »
Maxi leva vers lui un regard surpris. Son expression était sombre, comme s’il avait commis une grave faute.
Mal à l’aise, elle lâcha : « J-J’ai été surprise, c’est vrai, mais je ne… »
« Tu sais bien que ce n’est pas ça, le problème », l’interrompit-il, le visage fermé. « Et si tu tombais enceinte au milieu de… tout ça ? »
Maxi baissa les yeux. Elle s’en inquiétait moins, car elle soupçonnait d’avoir du mal à concevoir. Après tout, elle n’était tombée enceinte qu’une seule fois, malgré la fréquence de leurs étreintes. Mais elle ne pensait pas que ce serait la bonne façon de le rassurer.
« J-Je suis sûre qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter », dit-elle en attrapant son manteau. « Je ne risque pas… de concevoir en ce moment. »
Riftan la dévisagea avec scepticisme, puis lui prit le manteau des mains. Il l’aida doucement à l’enfiler en l’avertissant : « Tu dois me le dire tout de suite si tu remarques le moindre changement. »
« Je ne crois vraiment pas qu’il y ait de raison de… »
« Tu dois me le dire », gronda-t-il.
Maxi hocha la tête en retenant un soupir. « Je vous le dirai si je remarque quoi que ce soit. »
Après l’avoir regardée dans les yeux, Riftan récupéra leurs sacs et se dirigea vers la porte. En le suivant hors de la cabane, Maxi posa furtivement une main sur son ventre. Elle se demanda ce qu’elle ressentirait en portant de nouveau son enfant. Ce serait sans doute éprouvant et difficile, mais elle savait qu’elle en serait aussi folle de joie. Et Riftan risquait fort de perdre la raison à force de s’inquiéter.
Maxi soupira en enfouissant les mains dans les poches de son manteau. Elle ressentait toujours un pincement au cœur en songeant à l’enfant qu’ils avaient perdu, mais Riftan semblait encore plus profondément marqué. Au moins pour lui, elle résolut de prendre ses précautions et de ne pas concevoir pour le moment. Elle voulait que cela arrive lorsqu’il pourrait accueillir la nouvelle de tout son cœur.
Avançant d’un pas décidé, Maxi chassa de son esprit l’image attendrissante d’un nourrisson.
***
« Un message est arrivé. »
Richard Breston leva les yeux de sa viande séchée et croisa le regard de son aide de camp, qui le dépassait de toute sa taille. Le géant du Nord tenait un petit parchemin roulé.
Toujours assis sur le coffre de bois où il s’était installé, Breston déroula le message avec dextérité et le lut : plusieurs nobles de l’Est envoyaient des provisions à l’armée de la coalition.
Il froissa le parchemin et le jeta dans le feu crépitant. Qu’avait donc dit cette garce aux cheveux roux pour retourner ces lâches de l’Est ? Non pas que leur fidélité retrouvée le préoccupât. Certes, il voulait que cette campagne militaire soit couronnée de succès, mais pas trop facilement. Il ne fallait pas que la coalition écrase les monstres sans encaisser de pertes.
D’un geste nonchalant, il fit signe à son écuyer. « Apporte-moi de l’encre et une plume. »
Le jeune écuyer revint aussitôt avec ce qu’il avait demandé, une planchette de bois et un morceau de parchemin neuf.
Breston griffonna une seule phrase : Prenez les mesures qui s’imposent.
« Porte ceci à Barongaard », ordonna-t-il en tendant le billet à son aide de camp.
Barongaard était l’une des principales figures opposées à l’armistice dans l’Est. Il saurait quoi faire sans qu’on ait besoin de lui fournir davantage d’explications. Satisfait, Breston fourra le dernier morceau de viande séchée dans sa bouche et le fit passer avec une gorgée d’alcool fort.
Un vent vif lui effleura le visage et attira son regard vers les terres gelées au-delà. Un sentiment de satisfaction l’envahit. Le dégel ne mettrait guère fin aux malheurs du Sud. Ravagé par la famine, Wedon ne tarderait pas à être mûr pour la conquête.
La simple idée de la guerre le galvanisait. Ce qu’ils faisaient pour l’heure — combattre des monstres — ne comptait presque pas. La véritable guerre, c’était le choc des fantassins en armure, la prise de châteaux fortifiés et l’annexion de territoires ennemis.
Quand cette mascarade prendra fin, l’ère des chevaliers commencera.
C’était inévitable. Les guerriers assoiffés de sang du Nord s’insurgeaient à l’idée de l’armistice. Ils ne comprenaient pas pourquoi on les empêchait de balayer les faibles habitants du Sud pour s’emparer de leurs terres fertiles.
Les seigneurs féodaux de Balto n’étaient pas les seuls à être mécontents. Dans chaque royaume, des nobles ambitieux s’impatientaient sous le joug de leurs monarques. L’opposition à l’armistice gagnait du terrain sur tout le continent, et le jeune pape n’avait pas encore l’autorité nécessaire pour réunifier les factions. Une fois les dernières menaces du plateau de Pamela éliminées, plus rien ne justifierait le maintien de la paix. Les flammes de la guerre s’élèveraient à sa place.
Un sourire suffisant étira les lèvres de Breston. Même si être placé sous les ordres de ce bâtard étranger était une insulte à son honneur, la perspective de l’avenir rendait l’affront supportable. Après tout, une coalition aussi grotesque ne se reformerait jamais. novelbuddy.c om
La grande guerre contre les monstres, trois ans plus tôt, avait presque exterminé les monstres Ayin, et leurs repaires étaient désormais en ruines. Il ne restait plus qu’à éliminer les survivants. Une fois la menace des monstres disparue, les Sept Royaumes se disloqueraient et la partie de la paix prendrait fin.
Je suis désolé pour toi… mais je doute que cela arrive de ton vivant.
Son sourire s’effaça à la voix qui s’immisça dans ses pensées. Le souvenir de ces yeux gris inflexibles éveilla quelque chose en lui. Qu’avait-elle dit d’autre, cette femme effrontée ?
Tu ne surpasseras jamais Riftan Calypse.
Breston écrasa le gobelet dans sa main. Quelle garce ridicule.
Même si Sir Riftan Calypse parvenait à tuer le dragon une nouvelle fois, cela n’empêcherait pas les Sept Royaumes de s’effondrer. Dristan envahirait les territoires dévastés de l’Est de Wedon, tandis que Balto et Arex avanceraient depuis le nord, comme ils en avaient secrètement convenu. L’aide de Livadon ne pèserait pas lourd.
Cette terre ne tarderait pas à devenir une mer de flammes.
Breston se lécha la lèvre inférieure en imaginant la réaction de cette garce rebelle lorsqu’il lui présenterait la tête tranchée de son époux bien-aimé. Elle serait le premier tribut qu’il offrirait à son roi.
***
Après trois jours de voyage éprouvants, l’armée de la coalition atteignit une ville fortifiée à la frontière. Construite pour repousser les invasions de Dristan, elle constituait un bastion militaire essentiel. De grandes et de petites auberges, ainsi que des entrepôts militaires, s’alignaient le long de son imposante palissade. Des marchands s’affairaient, impatients de vendre leurs marchandises aux soldats qui y étaient postés.
Maxi observa la ville tandis qu’elle franchissait à cheval une palissade longue de près de deux kevettes. Des maisons bâties de planches de bois superposées se serraient les unes contre les autres au bord d’un profond fossé. Non loin de là, des tentes couleur ivoire avaient été dressées près d’un ruisseau paisible, d’où s’élevaient des volutes de fumée.
En passant, Maxi perçut une légère odeur d’huiles parfumées dans l’air.
« À quoi servent c-ces tentes ? » demanda-t-elle, intriguée.
Elliot, qui chevauchait à côté d’elle, se tortilla sur sa selle, mal à l’aise. « Ce sont des bains publics, madame. »
Les yeux de Maxi s’illuminèrent. « Des bains ? »
Pour une raison qui lui échappait, le chevalier semblait embarrassé. Il précisa avec maladresse : « Euh… mais pas le genre d’établissement que Votre Seigneurie imagine peut-être. »