Chapitre 395
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395 Chapitre 156
Maxi promena autour d’elle un regard inquiet.
« Les gens vont… perdre le respect qu’ils ont pour le commandant en chef s’ils le voient s’occuper d’une mage de basse extraction. »
Riftan eut un ricanement incrédule. « Ne me dis pas que tu t’inquiètes de ça, maintenant. Tout le monde sait que tu me mènes par le bout du nez. »
« C-ce n’est pas vrai », protesta Maxi en pinçant les lèvres, puis elle récupéra son petit sac sur la selle.
Riftan tendit la main pour le lui prendre. Mais, dès qu’il vit son air obstiné, il soupira et la guida vers la file de chariots à bagages.
« La marche qui nous attend sera éprouvante. Repose-toi autant que tu le peux. »
Après avoir allumé un feu, ils prirent un déjeuner tardif composé de pain rassis et de fromage. Maxi aurait voulu une soupe chaude, mais comme l’armée devait économiser son eau potable, elle se contenta de vin chaud.
« Combien de temps nous faudra-t-il encore pour atteindre Vesmore ? » demanda-t-elle.
Riftan, absorbé par une carte tout en mâchant de la viande séchée, leva les yeux. « En supposant qu’il n’y ait pas d’escarmouches en chemin, environ une quinzaine de jours. »
« Il nous faudra recevoir les provisions avant cela. Vous le savez sûrement mieux que moi… nous n’aurons plus rien à manger dans dix jours. »
Maxi rougit de gêne dès qu’elle eut prononcé ces mots. Riftan, toutefois, sembla seulement amusé de la voir s’immiscer dans les affaires militaires.
Il la taquina d’une voix enjouée, le regard attendri : « J’ai entendu dire que tu avais menacé les vassaux du duché de terribles représailles s’ils n’envoyaient pas de provisions. Je suis sûr qu’ils se précipitent tous pour obéir. »
« J-je ne vois pas ce qu’il y a de drôle. »
Malgré ses protestations, Maxi se sentit un peu mieux. Riftan se montrait de plus en plus franc avec elle et employait même des tournures familières qu’il avait sans doute apprises à l’époque où il était mercenaire. Ce nouveau visage de lui la réchauffait profondément. Elle avait l’impression d’être plus proche de lui que jamais.
La tension retombant un peu, elle avoua : « Je suis… vraiment inquiète. J’ai peur que sir Richard ne profite du manque de provisions pour semer le trouble. »
« Est-ce qu’il t’a dit quelque chose ? » demanda Riftan, la voix soudain plus dure.
En voyant l’éclat menaçant dans ses yeux sombres, Maxi secoua vivement la tête. « N-non ! C’est juste que… je vous ai entendus vous disputer à ce sujet. »
« Tu n’as rien à craindre de lui », répliqua sèchement Riftan en glissant la carte dans son manteau. « Cette crise des morts-vivants met les opposants à l’armistice dans une situation délicate. Depuis l’échec de Balto, qui cherchait à rallier Arex à sa cause, Arex est désormais neutre. Si l’armistice était rompu, Balto deviendrait l’ennemi commun de tous les royaumes. Ils attendront la fin de cette guerre contre les monstres. »
« Et quand la guerre sera terminée… »
Maxi ne parvint pas à achever sa phrase.
Pendant le siège de la cité des monstres, Breston avait envoyé des criminels en renfort afin d’épargner ses propres chevaliers. Balto cherchait clairement à sortir de cette guerre avec la plus grande armée, encore renforcée par la saisie illégale de navires marchands étrangers. Il n’y avait aucun doute : les gens du Nord se préparaient à la guerre.
En voyant l’inquiétude gravée sur son visage, Riftan soupira doucement. « Ne t’en tourmente pas encore. Si une guerre éclate, ce ne sera pas pour tout de suite. »
Maxi l’observa, intriguée. Ses derniers mots semblaient sous-entendre quelque chose. Avait-il un plan en tête ? Mais, comme toujours, Riftan demeurait impénétrable.
Il leva les yeux vers le ciel couvert. « Nous devrions repartir », dit-il en se levant pour épousseter son manteau. « Tu peux monter dans l’un des chariots, maintenant. Le manque de provisions a libéré un peu de place. »
« Je continuerai à cheval sur Rem, répondit Maxi. Je dois être prête à lancer une barrière à tout moment. »
Riftan ouvrit la bouche, comme pour protester, mais sembla se raviser. Il secoua la tête et finit par céder : « Très bien, fais comme tu veux. Mais dis-le-moi si cela devient trop pénible. »
Dix minutes plus tard, ils reprirent la route. Tandis que Maxi menait Rem à travers la vaste plaine, ses pensées s’emballaient face aux innombrables difficultés qui les attendaient. L’incertitude quant à la livraison des provisions du duché lui paraissait dérisoire à côté de la perspective de mener une armée susceptible de se retourner contre eux à tout instant.
Elle jeta un regard inquiet à la bannière des chevaliers de Phil Aaron qui flottait dans le vent, puis talonna Rem pour rejoindre l’avant de la formation.
Ils chevauchèrent sans repos jusqu’à la fin de la journée et arrivèrent à Idcoffs, le grenier le plus abondant de l’Est. Des champs aux sillons carrés, soigneusement délimités, s’étendaient à perte de vue. Maxi observa les quelques cabanes, les moulins à vent et ce qui semblait être des marchés aux grains.
À cette période de l’année, des milliers de paysans et leurs chevaux auraient normalement dû travailler dans les champs. Mais Idcoffs était presque déserte : ses habitants avaient fui à cause du froid qui s’éternisait et de l’invasion imprévue des monstres.
Cette situation malheureuse leur offrait au moins un petit répit : pour une fois, l’armée pourrait dormir sous un toit plutôt que de camper à la belle étoile.
De plus, les terres bordant Dristan étant les plus grandes régions agricoles du continent de Roviden, ils rencontreraient probablement bien d’autres bâtiments abandonnés en chemin vers Vesmore. C’était un immense soulagement : Maxi n’aurait plus à passer ses nuits recroquevillée dans une tente froide et exiguë.
Elle entra dans une cabane agréablement chauffée et savoura un bol de gruau chaud aux haricots. Peu après, elle rejoignit la paillasse étendue près de la cheminée et sombra aussitôt dans un profond sommeil,
Elle se réveilla, étroitement enlacée par un bras puissant. Un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle savourait la chaleur contre son dos. Tournant légèrement la tête, elle contempla le visage de son mari. Il semblait dormir profondément, une vision qu’elle avait presque oubliée. Son expression d’ordinaire si sévère, adoucie par le sommeil, avait quelque chose de profondément touchant.
Si seulement cet instant pouvait durer éternellement.
La tête reposant sur cet autre bras, elle observa un moment sa silhouette endormie, puis se leva dans un soupir mélancolique.
À cet instant, il la tira brusquement en arrière sur le lit. Maxi lança un regard noir à Riftan, bien qu’il semblât profondément endormi. Lorsqu’elle toucha le bras enroulé autour de sa taille pour le réveiller, elle sentit sa grande main se glisser entre ses jambes. Paniquée, elle jeta un rapide coup d’œil autour d’elle.
Ils étaient seuls dans la cabane, mais de simples planches de bois servant de porte rudimentaire les séparaient des soldats qui s’affairaient à préparer le petit-déjeuner dehors. Quelqu’un pouvait entrer d’un instant à l’autre.
Une sueur froide perla dans le dos de Maxi.
« R-Riftan… il faut se lever, maintenant », le pressa-t-elle en lui secouant le bras.
Elle poussa un cri étouffé, puis se plaqua la main sur la bouche. Riftan avait glissé une main dans son pantalon. Ses longs doigts épais se frayaient un chemin dans sa toison bouclée et caressaient son point le plus sensible.
Son visage vira au rouge écarlate. Il lui suffisait de peu pour éveiller le désir en elle. Embarrassée, elle se tortilla légèrement en sentant son sexe dur contre ses fesses. Elle releva vivement la tête et constata, à sa stupéfaction, qu’il dormait toujours.
« R-Riftan… vous devez… »
Un doigt épais s’enfonça en elle, lui coupant la parole. Horrifiée, Maxi porta les yeux vers la porte. Son cœur cognait à l’approche de pas lointains, et ses joues lui brûlaient.
Ce qui la mortifiait le plus, c’était de sentir son corps s’embraser à toute vitesse. Elle se couvrit le visage avec la couverture et tenta désespérément de retenir ses gémissements. À cet instant, elle sentit son pantalon glisser plus bas, la dénudant complètement.
Maxi se recroquevilla sous l’effet de la surprise. Avant qu’elle ait pu dire quoi que ce soit, Riftan s’enfonça profondément en elle et son membre épais commença à presser doucement contre sa paroi intérieure.
Elle ne s’était pas attendue à ce que les choses aillent aussi loin. Elle était assez mouillée pour que la pénétration soudaine ne lui fasse pas mal, mais elle eut un léger spasme en se sentant étirée à sa limite pour la première fois depuis un bon moment.
Tout son corps se raidit, puis elle se débattit. Riftan l’immobilisa d’un grognement contrarié et s’enfonça jusqu’au bout.
Maxi agrippa la couverture et enfouit son visage dans ses plis. Même écrasée sous son corps musclé, elle éprouvait un plaisir profond à sentir son membre dur et brûlant s’enfoncer dans les recoins les plus sensibles de son corps.
Un gémissement lui échappa et elle jeta un regard nerveux vers la porte. Ils étaient cachés sous la couverture, mais quiconque entrerait comprendrait aussitôt ce qu’ils faisaient. Rien que d’imaginer qu’on puisse les surprendre la mortifiait.
Mais elle oublia vite ces inquiétudes quand il se mit à bouger. Le froissement du tissu, leurs entrejambes humides qui glissaient l’un contre l’autre et son souffle lourd à son oreille formaient un mélange de sensations étourdissant. fr(e)ewebn(o)vel
La tête lui tournait tandis qu’elle rebondissait sous la couverture étouffante. Elle ferma les yeux, écoutant les gémissements sensuels qui lui échappaient chaque fois qu’elle se tortillait et se resserrait autour de lui. Il semblait s’être réveillé, à présent.
Riftan lui pressa le sein à travers sa chemise humide et murmura son nom. Sa voix rauque débordait de désir, et le son lui chatouilla l’oreille, la faisant frissonner jusqu’aux orteils.
Elle se tendit, resserra une dernière fois ses parois autour de lui et le sentit jouir en elle. Elle tremblait encore sous l’effet de cette sensation primitive lorsqu’il se retira brusquement et se redressa d’un coup.
Maxi leva vers lui un regard perplexe. Elle vit la stupeur dans ses yeux.
Puis, comme s’il sortait d’un rêve, il la recouvrit à la hâte de la couverture. Après s’être assuré qu’ils étaient seuls, il tâtonna au sol à la recherche de la bassine et de la serviette qu’un écuyer avait préparées plus tôt.
« Bon sang », jura-t-il en passant la serviette humide entre ses jambes. « Pourquoi tu ne m’as pas arrêté ? Tu aurais dû m’assommer. »
« V-vous êtes en train de dire que c’est ma faute ? » rétorqua Maxi en le dévisageant, incrédule.
Riftan tressaillit, puis passa une main dans ses cheveux en bataille.
« Je croyais que je rêvais », marmonna-t-il.
Il avait dormi si profondément qu’il avait pris la réalité pour un rêve. Encore manifestement sous le choc, il laissa échapper un petit soupir.
« Bon sang. Je n’ai jamais baissé ma garde à ce point. Est-ce que je t’ai fait mal ? »
Maxi secoua la tête.