Chapitre 362
362 Chapitre 123
Maxi leva la main pour caresser sa joue lisse. Son habituelle tristesse avait disparu, et elle aurait voulu qu’il puisse toujours être aussi paisible. Le regard tremblant, elle leva les yeux vers lui, puis se haussa sur la pointe des pieds pour déposer un tendre baiser sur son menton. Riftan laissa échapper un grondement sourd et posa ses lèvres sur les siennes.
Pendant ce temps, la musique ralentit et prit un tour mélancolique, portée par une brise légère. Les paroles racontaient l’amour tragique d’un chevalier et d’une princesse. Riftan la couvrit de doux baisers, mais Maxi, qui ne voulait pas danser sur un air si triste, l’entraîna vers le lit.
Alors qu’elle le guidait doucement pour qu’il s’allonge, Riftan releva la tête et murmura : « Nous ne pouvons pas. Ça te fera mal. »
Incrédule, Maxi plissa les yeux. « C-Ce n’est pas ce que je voulais faire. Je voulais simplement… qu’on s’embrasse au lit. »
Riftan la regarda comme si elle venait de proposer qu’ils se baignent dans le feu. Maxi retint un soupir. Elle se réjouissait de son désir ardent pour elle, mais trouvait aussi pesant que la moindre intimité suffise à l’embraser.
« Nous n’en avons pas déjà assez fait ? Ce soir… je veux seulement qu’on s’embrasse jusqu’à ce qu’on s’endorme. »
Riftan ouvrit la bouche, comme pour répondre, puis la referma brusquement. Il poussa un gémissement douloureux avant de s’installer sur le lit.
Maxi se blottit aussitôt contre lui, la tête posée sur son bras robuste. Lorsqu’elle inclina le visage pour réclamer un baiser, il fronça les sourcils, mais baissa docilement la tête. Elle sentit son corps se réchauffer contre elle, mais fit semblant de ne rien remarquer et savoura la douceur de leur baiser.
Dehors, le ciel avait pris une teinte bleu profond. Un air enjoué flottait dans le vent. Maxi caressa les muscles lisses de son torse, puis parsema ses lèvres et ses joues de baisers, comme un oiseau picorant son repas.
Au bout d’un moment, Riftan remua, mal à l’aise, et lui prit la main. « Tu devrais dormir, maintenant. »
« Vous n’allez pas dormir avec moi ?
Inquiète, Maxi leva les yeux vers ses traits crispés. Leurs étreintes passionnées l’avaient laissée lasse durant la journée, mais Riftan semblait loin d’être rassasié.
Dissimulant son désir derrière un visage impassible, il lui ferma doucement les yeux de sa main chaude. « Ne t’inquiète pas pour moi. Dors, c’est tout. »
Ce n’était pas la réponse qu’elle voulait entendre. Elle repoussa sa main et le fusilla du regard. Elle se rendit alors compte que, depuis qu’ils étaient dans cette chambre, elle ne l’avait jamais vu vraiment détendu. Peut-être trouvait-il leurs étreintes insatisfaisantes ?
La pensée de ne pas pouvoir le combler, ni physiquement ni émotionnellement, l’angoissa. Elle se redressa et posa avec précaution la main sur sa peau brûlante.
« Comment pourrais-je ne pas m’inquiéter ? »
« Alors, tu veux me chanter une berceuse ? » rétorqua sèchement Riftan.
Le froncement de sourcils de Maxi se mua en un sourire discret tandis qu’elle se glissait au-dessus de lui. Riftan se raidit, décontenancé par son geste inattendu. Elle fit courir ses doigts sur son ventre tendu, puis dénoua avec précaution les liens de son pantalon, mal attachés.
Riftan lui écarta brutalement les mains. « Qu’est-ce que tu fais ? »
« Si tu n’arrives pas à dormir… c’est parce que tu n’es pas satisfait, n’est-ce pas ? » Dissimulant son embarras, elle s’efforça de parler calmement. « Tu… me fais toujours plaisir. J’aimerais… pouvoir en faire autant pour toi. »
Immobile comme une statue, Riftan la dévisagea comme si une seconde tête venait de lui pousser. Pourquoi réagissait-il toujours aussi étrangement dès qu’elle essayait de le toucher, alors qu’il ne se gênait pas pour lui faire toutes sortes de choses ?
« Il y a… quelque chose », ajouta maladroitement Maxi. « J-J’ai envie d’essayer depuis un moment. »
Elle rougit lorsque Riftan haussa un sourcil. De toute évidence, l’occasion de tenter la chose dans le feu de l’action était passée. Après un instant d’hésitation, elle se pencha pour lui murmurer son idée à l’oreille. À mesure qu’elle s’expliquait, le visage bronzé de Riftan rougit de plus en plus.
Il se redressa brusquement et la fixa d’un air sévère. « Où as-tu appris une chose pareille ? »
« J-Je l’ai lu dans un livre », balbutia-t-elle. « Je suis tombée dessus… p-par pur hasard… à la Tour… et j’ai lu attentivement les explications… parce que je voulais… e-essayer avec vous. » Le visage empourpré de Riftan semblait sur le point d’éclater. la source de n0velfullb0ok.com Maxi ne l’avait jamais vu aussi embarrassé. N’avait-il jamais rien essayé de semblable ? Soudain, elle résolut de lui montrer.
Comme une vaurienne entraînant un innocent sur la mauvaise pente, elle lui chuchota d’une voix enjôleuse : « Le livre dit… q-que c’est très… agréable. »
Sa gorge tressaillit. Maxi lui caressa les avant-bras pour le rassurer, puis ramena ses mains vers son pantalon. Il était déjà sur le point de perdre le contrôle.
Avec un sourire satisfait, elle caressa doucement la bosse dure sous le tissu. Cela sembla le ramener à la raison : il lui arracha la main sans ménagement.
« Tu n’as pas besoin de faire ça. C’est absolument hors de question… »
« Mais… tu fais toujours q-quelque chose de semblable pour moi, non ? J-J’ai envie… de le faire pour toi aussi. »
Son ventre tendu se contracta à peine. Maxi dégagea doucement sa main, puis baissa nerveusement son pantalon. Elle prit délicatement son membre imposant dans ses mains, puis en plaça le gland humide dans sa bouche.
Comme ils avaient pris un bain peu auparavant, le goût était moins mauvais qu’elle ne l’avait craint. Rassurée, elle se mit à sucer doucement sa peau, qui sentait faiblement le savon et le musc de leurs étreintes. Au-dessus d’elle, elle l’entendit jurer et haleter.
Maxi leva les yeux pour jauger sa réaction : il avait l’air en partie sous le choc. Puis elle ouvrit davantage la bouche pour en prendre plus.
Elle comprit bientôt que ce n’était pas aussi facile que le livre le prétendait. Elle était loin de pouvoir le prendre tout entier, et sa mâchoire menaçait de se décrocher, tandis que sa bouche était déjà pleine. Pourtant, même cette piètre tentative semblait lui plaire.
Riftan agrippa les draps malgré son manque d’expérience et s’exclama d’une voix rauque : « Ça suffit. Tu en as as… »
Maxi lécha le gland violacé de son sexe, le réduisant au silence. Sous sa main, elle sentit sa cuisse musclée se tendre comme un roc.
Il lui saisit les cheveux et lui poussa la tête vers le bas. Puis, apparemment horrifié par son propre geste, il la relâcha aussitôt. Maxi se retira et se mit à tousser.
Même son souffle rauque semblait le torturer. Il laissa échapper un gémissement étouffé et ferma les yeux, comme pris de vertige. Le voir si désemparé emplit Maxi d’une joie mauvaise. Comprendre qu’elle aussi pouvait lui infliger ce plaisir lancinant l’excita profondément.
Toute honte et toute gêne oubliées, elle se consacra à lui donner du plaisir. Elle ne parvenait pas à le prendre jusqu’au fond de sa gorge, comme le décrivait le livre, mais le tenir dans sa main tout en en suçant vigoureusement le bout suffisait à lui faire perdre la tête.
Comme un homme soumis à la torture, Riftan murmura d’un ton suppliant : « Bon Dieu, ça suffit. Je vais… »
Sachant qu’il avait atteint sa limite, Maxi repoussa ses tentatives pour l’écarter et le prit encore plus profondément dans sa bouche. Elle entendit son souffle se couper, puis son corps se contorsionna bientôt sous l’effet de l’orgasme.
Maxi grimaça devant le goût âcre qui lui envahit la bouche. Elle aurait voulu continuer jusqu’à ce qu’il ait fini, mais ne put se résoudre à avaler le liquide qui la remplissait.
Lorsqu’elle releva la tête en toussant, Riftan, haletant, jura entre ses dents et attrapa à la hâte la serviette posée sur la table de chevet. Il la porta aux lèvres de Maxi et lança d’une voix bourrue : « Crache. »
Après avoir jeté un regard nerveux autour d’elle, Maxi obéit et recracha le reste du liquide. Riftan laissa tomber la serviette par terre, puis lui tendit un verre de vin. Elle se rinça docilement la bouche et s’allongea près de lui.
La poitrine de Riftan se soulevait encore à un rythme rapide, ses yeux étaient lourds de sommeil. Maxi se délecta de le voir ainsi. Son visage rougi lui indiquait qu’il était pleinement satisfait. Elle passa le bras autour de son corps puissant, détendu par le plaisir persistant, et ferma les yeux.
Elle avait dû s’endormir à un moment, car elle s’éveilla avec un poids sur la poitrine.
La pâle lumière de l’aube qui entrait par la fenêtre l’éblouissait.
Maxi fronça les sourcils, mais leva vite les yeux en apercevant le bras épais qui reposait sur elle. Riftan s’était endormi en la serrant contre lui.
Après l’avoir contemplé d’un regard absent, elle se leva sans bruit pour fermer les rideaux. Son front plissé se détendit dès que la vive lumière fut occultée.
Maxi reporta son regard sur lui, toujours endormi, et fut traversée par un étrange mélange de joie et de pitié. Autrefois, lorsqu’il était avec elle, le moindre bruit le réveillait et il ne s’autorisait qu’un sommeil léger. Même s’il s’efforçait de le cacher, elle était certaine qu’il devait être épuisé. Elle contempla son visage serein comme si elle admirait un phénomène naturel rare.
La poignée grinça sous la pression de quelqu’un. Maxi se retourna brusquement tandis que la porte s’entrouvrait ; une femme passa la tête, dissimulée sous une capuche, et jeta un coup d’œil dans la pièce.
Maxi rougit. Comme elle n’avait pas encore eu l’occasion de parler aux servantes, elle ne savait pas quoi dire. Elle ne voulait toutefois pas déranger le sommeil dont Riftan avait tant besoin. Elle referma son peignoir entrouvert et s’approcha de la porte à pas de loup.
Elle allait demander à la servante de revenir plus tard lorsqu’elle comprit qui c’était.
« S-Sidina ? » murmura Maxi en reculant d’un pas.
Heureusement, Riftan ne se réveilla pas. Maxi sortit de la chambre et referma doucement la porte derrière elle. Un doigt sur les lèvres, elle entraîna Sidina dans le couloir désert.
« Q-Qu’est-ce que tu fais là ? »
« Comment ça ? Tu te rends compte à quel point je me suis inquiétée ? » Sidina soupira, incrédule. « J’ai bien entendu dire que tu étais avec Sir Riftan, mais… Max, ça fait une semaine qu’on ne t’a pas vue. Tu ne pensais pas qu’on s’inquiéterait ? Le premier jour, j’étais plutôt contente, je croyais que mon plan avait marché. Mais au bout d’un moment, j’ai commencé à me dire que j’avais fait une erreur. J’avais peur qu’il soit cruel avec toi. »
Retirant la coiffe qu’elle portait pour se déguiser, Sidina détailla Maxi d’un regard malicieux. « Je vois que je n’avais pas vraiment de raison de m’inquiéter ! »
Maxi resserra son peignoir autour d’elle tandis qu’un rouge profond lui montait aux joues. « T-Tout à fait. Il n’y a pas de raison de s’inquiéter. Riftan ne me ferait jamais de m-mal. »
« Je pensais que vous resteriez ensemble trois jours, tout au plus, mais une semaine ? Tu comprends bien que je me sois inquiétée. Une semaine, c’est quand même beaucoup. »
Maxi devint écarlate et fusilla la jeune fille du regard.
Le sourire espiègle de Sidina s’effaça. Elle ajouta d’un ton faussement grave : « Bref, je ne suis pas venue seulement pour vérifier que tu allais bien. Anette et Armin vont bientôt retourner à la Tour. Je suis venue te chercher pour que tu puisses leur dire au revoir, quitte à me brûler les yeux. »
« I-Ils partent aujourd’hui ? » demanda Maxi, surprise.
Sidina haussa les épaules, comme si ce n’était pas une nouvelle. « Puisqu’on ne recevra apparemment plus de butin, les mages chevronnés veulent transmettre nos découvertes à la Tour au plus vite, afin qu’on puisse organiser une enquête sur les mages noirs. » be𝚍𝚗ove𝚕.𝚗𝚎𝚝
Baissant la voix, elle ajouta : « Il paraît que l’Église a déjà lancé sa propre chasse. J’ai entendu dire que des paladins de haut rang ont quitté Balbourne en secret, quelques jours après le début des négociations. »
Maxi fronça les sourcils. Pourquoi l’Église menait-elle une mission aussi grave en secret ? Son visage s’assombrit tandis qu’elle se rappelait les signes de sédition qui avaient émaillé les discussions. Le pape cherchait peut-être à éliminer les mages noirs aussi discrètement que possible.
« Dépêchons-nous, dit Sidina avec urgence. Tout le monde nous attend. »
« M-Mais… »
Maxi jeta un regard troublé vers l’endroit où son mari dormait. Elle craignait que leur relation ne se détériore de nouveau si elle partait sans un mot. Pourtant, elle ne pouvait tout de même pas le réveiller alors qu’il avait tant besoin de repos, juste pour lui demander la permission. Après un instant de réflexion, Maxi acquiesça. Elle lui laisserait un mot pour lui dire qu’elle reviendrait bientôt.
« L-Laissez-moi juste me changer d’abord. »