Chapitre 13
Chapitre 13 : Chapitre
Riftan glissa un bras sous sa nuque et frotta sa joue contre sa tête. Il semblait vouloir la réchauffer, pensant qu’elle avait froid. Ne sachant que faire, Maxi jeta un coup d’œil par-dessus son épaule pour voir si quelqu’un les observait. Comme Riftan l’avait prédit, personne ne leur accorda la moindre attention, mais elle n’eut pas le courage de rester blottie contre lui.
« Je vais t-très bien, alors p-pourriez-vous vous écarter un peu… »
« Tu vois bien qu’elle est gênée ! Tu devrais vraiment faire preuve d’un peu plus d’égards ! »
Maxi leva brusquement la tête pour voir qui venait de parler. À quelques pas se tenait un jeune homme mince, qui semblait avoir entre vingt et vingt-cinq ans, une petite lanterne à la main.
« Mêle-toi de tes affaires, Ruth. Va-t’en ! »
« Pas la peine de grogner contre moi comme un chien de garde ! Je n’ai pas l’intention d’importuner ta dame. »
Maxi ouvrit de grands yeux, stupéfaite. Le jeune homme parlait comme s’il réprimandait un chien sauvage, sans paraître le moins du monde impressionné par la présence intimidante de Riftan. Quand son regard se posa sur Maxi, elle se redressa précipitamment, et Riftan l’imita à contrecœur.
« Qu’est-ce que tu veux ? »
« La nuit était froide, alors j’ai pris la liberté d’apporter quelque chose à la dame. »
Il fouilla dans la poche de sa robe. Quand il en ressortit la main, une petite pierre brillait faiblement dans sa paume parcheminée.
« Une pierre à feu. Je l’ai enchantée pour qu’elle reste chaude, alors gardez-la. »
« C’est v-vraiment pour m-moi ? »
Cette gentillesse inattendue la surprit. Le jeune homme haussa un sourcil.
« Pour qui d’autre ? Ces hommes, là-bas, pourraient dormir nus sous un tas de neige sans sourciller. »
Son ton était cinglant, comme s’il se moquait bien de savoir qui pouvait l’entendre.
« Mais vous, c’est différent, ma dame. À voir votre état, vous n’êtes pas au mieux de votre forme. Si vous attrapiez froid, ce serait moi qui en pâtirais, alors considérez ceci comme une précaution. »
Le sous-entendu était limpide : elle ne devait pas devenir un poids mort. Sans un mot, elle prit la pierre. Comme il le lui avait promis, une bouffée d’air chaud l’enveloppa. Elle contempla la pierre avec émerveillement, puis se rendit compte qu’elle ne l’avait pas remercié.
« M-Merci, m-messire Ruth. »
Une expression fugitive passa sur le visage du jeune homme. « Je suis sorcier, pas chevalier. Vous pouvez vous contenter de m’appeler Ruth. »
Là-dessus, il se détourna, comme pour signifier qu’il n’avait plus rien à faire ici, et traversa la pièce jusqu’à son lit. Maxi le regardait d’un air absent quand Riftan se laissa tomber près d’elle et l’attira à lui, visiblement agacé.
« Tu dois être fatiguée. Dors, maintenant. Nous repartons au lever du soleil. »
Il éteignit la lanterne près du lit. Comme si le signal leur avait été donné, les chevaliers éteignirent leurs lanternes l’une après l’autre, et l’obscurité les enveloppa. Maxi remua inconfortablement dans les bras de Riftan, puis une vague de fatigue intense l’envahit. Elle ferma les yeux ; les battements réguliers du cœur de Riftan la bercèrent comme une chanson. Quelques instants plus tard, elle dormait profondément, ayant oublié toutes ses inquiétudes au sujet de cette grange sale.
***
À l’aube, le village s’éveilla dans une animation qui n’avait rien à voir avec le silence inquiétant de la nuit précédente. La beauté de la forêt d’Eudychal se dévoilait juste derrière la rangée de chaumières, tandis qu’un champ de blé doré, ondulant à perte de vue, s’étendait devant leur humble logis.
Maxi sortit de la grange et se lava le visage à l’eau glacée du ruisseau. De ses mains mouillées, elle démêla sa longue chevelure, enroulée comme des lianes. Une brise fraîche effleura son visage humide et lui hérissa la peau le long du dos. Elle s’essuya le visage avec ses manches amples, puis retourna à la grange. Les chevaliers avaient déjà fini de ranger leurs affaires et s’étaient rassemblés devant la voiture.
« Ne t’éloigne pas toute seule. »
« Je s-suis désolée. »
À la voix sévère de Riftan, elle se précipita à ses côtés. Riftan fronça les sourcils, mécontent, et la souleva pour la déposer dans la voiture.
« On aperçoit souvent des monstres dans la forêt d’Eudychal. Ne t’éloigne jamais toute seule. »
Elle tressaillit en repensant aux ogres qu’elle avait vus le premier jour de leur voyage.
« Je f-ferai a-attention. »
« Bien. Nous avons trop de bagages à charger dans la voiture, alors je vais devoir monter à cheval à partir d’aujourd’hui. Appelle-moi si tu as besoin de moi. »
Il referma la porte. Quelques instants plus tard, la voiture se mit à cahoter sur la route de terre inégale. Elle contempla le paysage qui défilait par la fenêtre. Les champs de blé s’éloignèrent, bientôt remplacés par une épaisse muraille d’arbres. Les rayons du soleil traversaient la canopée et tombaient sur le sentier sinueux, comme un voile tissé de fils d’or. Les chevaliers avançaient au pas, en formation, dans la lumière ruisselante.
Maxi scruta anxieusement le fourré dense, à l’affût des monstres hideux susceptibles de leur tendre une embuscade. Mais ses inquiétudes étaient vaines, et le voyage se poursuivit sans incident. Au bout d’un moment, elle s’affaissa sur le siège, épuisée par la tension qui lui avait crispé les nerfs dans la voiture cahotante. De toute façon, rester aux aguets ne les protégerait pas.
Après un bon moment, la voiture s’arrêta. La porte s’ouvrit, et Maxi aperçut Riftan.
« Nous allons faire une pause. »
Soulagée, elle descendit de la voiture. Une sensation de picotement lui parcourut les jambes raides tandis que le sang y circulait de nouveau. Retenant un gémissement, elle se pencha maladroitement pour se frotter les jambes. En la voyant, Riftan étendit sa cape sur un rocher plat pour qu’elle puisse s’y asseoir, puis se mit à masser ses jambes contractées. Décontenancée, elle jeta un regard autour d’elle. Les chevaliers qui abreuvaient les chevaux la regardaient à présent, incrédules.
Elle rougit et le repoussa. « R-Riftan, je vais t-très bien… »
« C’est une habitude, chez toi ? »
« P-Pardon ? »
Ses mains se trouvaient juste au-dessus de l’ourlet de sa jupe et massaient doucement ses mollets.
« Chaque fois que tu ouvres la bouche, tu dis que tu vas très bien. »
Elle regarda ses mains puissantes et nerveuses lui presser doucement les jambes. Incapable de trouver une réponse convenable, elle ne voulait que lui demander pourquoi il se montrait si gentil avec elle. Les papillons dans son ventre lui étaient agréables, mais lui donnaient aussi l’inconfortable impression de porter des vêtements un peu trop serrés.
« J-Je vais vraiment t-très bien, maintenant… »
Riftan ne se releva qu’une fois qu’elle se fut dégagée. Elle fit semblant de lisser les plis de sa jupe.
« Repose-toi un peu. Je vais te chercher à manger. »
Peu après, Riftan revint sans bruit avec du pain et de la viande séchée. Le pain était si sec et si dur que Maxi ne parvint à l’avaler qu’après l’avoir trempé dans l’eau. Son repas terminé, elle le quitta pour aller faire ses besoins dans les fourrés. 𝙛𝑟𝑒e𝘸𝑒𝗯𝘯𝗼𝘃el.𝒄𝒐m
Le voyage monotone reprit. Dans la voiture instable, Maxi passa le temps à compter les arbres qui défilaient par la fenêtre. Plus ils avançaient, plus la forêt s’épaississait, au point que le soleil perçait à peine la canopée dense.
Quand la nuit tomba au point qu’il devint impossible de poursuivre leur route, les chevaux s’arrêtèrent. Maxi ne put descendre qu’après que les chevaliers eurent patrouillé dans les environs pour s’assurer qu’aucun monstre ni animal sauvage ne rôdait.
Elle serra la poignée de sa lanterne et s’approcha de Riftan, qui montait une petite tente près de la voiture. Les autres chevaliers installaient les leurs autour d’un feu de camp. Riftan enfonça un piquet dans le sol pour fixer sa tente, puis se tourna vers elle.
« Avant l’aube, le brouillard envahit les bois. Ces tentes nous protégeront du froid. »
Maxi baissa les yeux vers la tente triangulaire, qui lui arrivait à la taille, puis se pencha pour regarder à l’intérieur. On aurait dit qu’elle ne pouvait même pas contenir une seule personne.
« N’est-elle pas t-trop étroite pour d-deux p-personnes ? »
…
Elle pencha la tête, perplexe, et Riftan cessa de marteler le piquet. Il se tourna vers elle, l’air embarrassé.
« Je vais dormir ici tout seul. Toi, dors dans la voiture. »
Maxi rougit. Honteuse de s’être imaginé qu’ils dormiraient ensemble, elle s’empressa de chercher une excuse.
« Nous avons dormi e-ensemble, alors je pensais… »
« Épargne-moi ça. J’ai déjà eu du mal à me retenir hier soir. »
Il poussa un profond soupir, et elle baissa la tête, blessée. En la voyant, il marmonna une malédiction et l’entraîna par la main. Elle s’efforça de le suivre tant bien que mal sur ses jambes incertaines. 𝐟re𝐞w𝐞𝒃𝓃𝒐𝐯𝚎𝒍.c૦𝚖
Ils n’étaient pas loin du camp, mais il faisait déjà terriblement sombre. Les cris lugubres des oiseaux nocturnes se mêlaient au bruissement des feuilles agitées par le vent. Comme Maxi serrait la main de Riftan, effrayée, il la plaqua contre le tronc épais d’un arbre et l’embrassa avec avidité.
Elle laissa échapper un hoquet. Sa langue douce s’enroula passionnément autour de la sienne. Elle tressaillit à cette sensation, mais son mouvement ne fit que pousser Riftan à encadrer son visage de ses mains et à l’embrasser plus profondément.
Ses cheveux doux lui chatouillaient le front tandis que ses grandes mains lui caressaient délicatement le cou et les joues. Il inclina la tête pour goûter son palais et explorer l’intérieur de ses joues. Une goutte de salive s’écoula entre leurs lèvres et lui glissa le long du menton.
Suivant sa trace de la langue, il murmura : « Je voudrais rester éveillé toute la nuit comme ça. »
Il guida la main de Maxi le long de son corps. Sous sa paume, elle sentit son sexe dur palpiter et sursauta. Elle tenta de retirer sa main, mais sa poigne sur son bras était trop ferme.
…
« Tu as la moindre idée de ce que ça me coûte de garder les mains pour moi dans cet état ? »