Chapitre 107
Chapitre 107
Maxi se traîna jusqu’à pouvoir sortir rapidement de la cabane. Elle ordonna aux serviteurs d’allumer un feu pour faire bouillir de l’eau, puis de l’apporter à l’intérieur. Ils rassemblèrent aussitôt du bois pour aménager un foyer devant la cabane, sortirent une grande marmite de la voiture et se précipitèrent vers la source voisine.
Ruth acheva de soigner la blessure du chevalier, puis se hâta hors de la cabane pour récupérer son sac d’herbes. Il se tourna vers Maxi.
« Avez-vous déjà soigné un blessé ? »
Maxi secoua la tête. Elle n’allait pas mentir dans un moment aussi crucial. Ruth hocha la tête, comme s’il s’y était attendu.
Ruth sortit quelques petits sachets et les lui tendit.
« Cette poudre arrête les saignements. Elle favorise la coagulation. Découpez soigneusement les vêtements du blessé avec des ciseaux pour dégager la plaie, nettoyez-la à l’eau propre, puis saupoudrez-la. Ensuite, appuyez dessus avec un linge propre pour arrêter le saignement. »
« E-et la ma-magie de guérison… ? » Maxi fut stupéfaite d’entendre ces instructions. Elle avait cru que la magie suffirait à régler le problème. Après tout, Ruth était réputé pour ses talents de guérisseur !
« Je ne peux pas tous les soigner avec mes pouvoirs, expliqua Ruth. Dix blessés graves, c’est ma limite. Il faudra soigner les autres de manière ordinaire. »
« D-d’accord. »
Maxi comprit qu’elle ne pouvait plus rester là, à regarder les autres agir. Il n’y avait pas un instant à perdre. Elle prit un sachet, tâchant de dissimuler sa peur. Les mains tremblantes, elle se répéta les instructions une à une, puis ouvrit le sachet pour en examiner le contenu.
À ce moment-là, Ruth lui en tendit un autre.
« Les feuilles séchées sont un antidote. Si quelqu’un a une plaie violacée et enflée ou de la fièvre, mettez-en dans sa bouche et faites-lui avaler. Appelez-moi s’il est inconscient et que vous avez du mal à le lui faire prendre. »
« O-oui. » Elle hocha la tête d’un air grave, gravant ses paroles dans sa mémoire.
« Je suis certain que certains serviteurs ont l’habitude de soigner les blessés. Vous n’avez pas besoin d’être aussi nerveuse. Donnez-leur quelques consignes simples, et ils devraient pouvoir s’occuper du reste. » Il insista pour la rassurer, puis rapporta le reste de son sac dans la cabane.
Après avoir murmuré une brève prière, Maxi se tourna vers les serviteurs qui faisaient bouillir de l’eau sur le feu de camp. Elle parvint tant bien que mal à leur transmettre les consignes simples que Ruth lui avait données. Ils se dirigèrent aussitôt vers la cabane et la caserne, emportant les ustensiles préparés, des linges et un bol d’eau bouillante.
Inquiète, Maxi suivit les servantes jusqu’à la caserne. Celles-ci avaient déjà l’habitude de soigner les blessés. Elle les accompagna tandis qu’elles s’occupaient des blessés, s’efforçant de leur venir en aide de toutes les façons possibles. Certains étaient légèrement blessés, mais la plupart portaient des plaies étranges et inhabituelles.
Il y avait douze hommes vêtus de modestes habits, qui semblaient être des bûcherons, ainsi que sept soldats. Et si l’on comptait ceux de l’autre cabane, on dépassait les quarante blessés…
C’était la première fois qu’elle voyait autant de blessés. Il lui fallut une volonté de fer pour dominer sa peur. Réprimant son envie de s’enfuir, elle se pencha sur le garde le plus proche. L’homme était presque inconscient.
Maxi hésita. Elle baissa les yeux vers la couverture qui le recouvrait. La bête avait dû lui mordre la jambe. Sa cuisse droite était trempée de sang. Retenant sa nausée, elle approcha les ciseaux de son pantalon sale. Le vieux garde gémit. Craignant de lui avoir fait mal, elle retira la main. Puis, prenant son courage à deux mains, elle découpa la jambe droite du pantalon sur toute sa longueur.
La blessure était terrible. La chair avait été arrachée et déchiquetée, et des caillots de sang noir s’accrochaient à la plaie comme de la boue. Réprimant l’envie de crier, elle essuya la blessure avec un linge propre humidifié, comme Ruth le lui avait indiqué.
Au contact du linge, le garde se tortillait comme un ver de terre dans l’eau salée. Il lui fallut longtemps pour enlever tout le sang. Après avoir jeté le linge imbibé de sang, elle saupoudra la plaie de poudre hémostatique, les mains tremblantes. Puis elle prit un linge propre et l’enroula nerveusement autour de sa cuisse.
Elle n’avait soigné qu’une seule personne, et pourtant ses épaules étaient déjà raides, tandis qu’une sueur froide lui coulait dans le dos.
Est-ce vraiment comme ça qu’il faut faire ?
Maxi se releva et contempla le garde avec inquiétude. Si elle suivait simplement les instructions de Ruth, tout devrait bien se passer, se rassura-t-elle. Elle répéta ses paroles encore et encore dans sa tête, puis se dirigea vers le blessé suivant d’un pas incertain.
Chacun avait une apparence affreuse et terrifiante. Un homme avait le bras cassé, l’os saillant à travers la peau. Un autre avait le visage couvert de sang, probablement parce qu’il s’était cogné la tête.
Maxi s’occupa d’abord d’un homme blessé à la tête. La texture humide et glissante lui donnait la nausée et le vertige, mais elle parvint de justesse à ne pas s’évanouir. Elle était venue aider ceux qui en avaient besoin, pas leur compliquer la tâche.
Elle nettoya sa plaie, la saupoudra de poudre, puis la banda. Heureusement, le sang avait coagulé. Maxi soupira de soulagement en jetant un regard aux serviteurs. Chacun s’occupait d’un blessé de la même manière. Elle put se détendre un peu et, alors qu’elle se dirigeait vers le suivant, une main maigre la retint soudain.
« Ne le touchez pas. Il faut d’abord remettre les os en place. »