Chapitre 103
Chapitre 103 : Chapitre 1
« Donnez-moi une autre serviette. »
Sa voix grave lui effleura l’échine et hérissa les poils de son corps. Elle s’efforça de garder les yeux rivés devant elle, prit une serviette et la lui tendit.
Riftan la prit d’un geste nonchalant. Il la trempa dans une bassine et commença à s’essuyer les jambes. Maxi se détourna et tripota sa jupe pour éviter de lui jeter des coups d’œil. Chaque nerf de son corps semblait tendu vers lui. Elle s’humecta les lèvres desséchées.
Le bout de ses doigts la démangeait, tant elle désirait le caresser de la tête aux pieds. Elle s’apprêtait à réprimer cette envie honteuse quand elle se rappela qu’il n’y avait rien de mal à toucher son époux. Riftan n’avait-il pas lui-même insisté sur le fait que c’était tout naturel entre mari et femme ?
Maxi s’avança impulsivement derrière lui et posa la main sur son dos lisse et musclé. Riftan se raidit et écarta sa main.
« Ne fais pas ça », gronda-t-il à voix basse.
Surprise, Maxi recula. Le rejet lui échauffa le visage.
« P-Pardon… »
Ne sachant que faire d’autre, elle baissa les yeux. Riftan poussa un soupir brusque et l’attira dans ses bras.
« Tu te souviens que tu as utilisé ton mana hier pour sauver un éclaireur ? Et si tu devais encore garder le lit parce que tu en as trop fait ? »
Il lui caressa les cheveux de sa main encore humide. La chaleur de sa peau contre sa robe légère arracha à Maxi un soupir tremblant. Le bonheur déferla en elle.
Son corps empestait encore le sang de loup-garou, le musc et les chevaux. Ce n’était certes pas une odeur agréable, mais le fait qu’elle vienne de Riftan suffisait à la rendre enivrante.
« Je-v-vous assure que je vais très bien. Je n’ai pas utilisé… tant de mana que ça… et j’ai largement pu me reposer… Je vais parfaitement bien, maintenant. »
Maxi frotta le nez contre son torse. Riftan laissa échapper un gémissement étranglé.
Il joua avec la tresse attachée au sommet de sa tête et murmura : « Je me suis retenu, alors je ne crois pas pouvoir être doux. »
Maxi pencha la tête. Avait-il déjà été doux ? Elle n’en gardait aucun souvenir. Il prenait toujours le temps de la faire brûler de désir, mais dès qu’il était en elle, il bougeait comme un homme qui avait perdu la raison.
Se rappelant le plaisir écrasant qu’il lui procurait dans ces moments-là, Maxi leva vers lui un regard suppliant. « V-vous n’êtes pas obligé… d’être doux. »
À ces mots, Riftan céda. Il la souleva et l’embrassa avec avidité. Maxi enfouit les doigts dans ses cheveux noirs encore humides.
Ses lèvres avaient le goût de l’eau fraîche. Elle rencontra sa langue mouillée de la sienne et l’attira plus près. Riftan gémit faiblement et enveloppa son sein de sa main, frottant le mamelon tendu à travers le doux tissu de sa robe.
Une chaleur frémissante se répandit dans le ventre de Maxi. Lorsqu’elle pressa inconsciemment son sein contre sa paume, un soupir qui tenait presque de la plainte s’échappa des lèvres de Riftan.
« Bon sang… Tu es beaucoup trop belle. Je ne peux pas m’en empêcher. »
Maxi le dévisagea, perplexe, comme s’il venait d’affirmer que la lune était verte. Riftan posa les lèvres sur sa joue, abaissa l’encolure de sa robe et glissa la main à l’intérieur.
Quand sa paume calleuse pétrit sa peau délicate, un désir électrisant vibra en elle. Maxi gémit doucement.
Le regard baissé vers elle, Riftan marmonna : « Je deviens fou chaque fois que je te touche. Comment peut-on être aussi désirable ? Tout ton corps est si doux qu’on dirait qu’il pourrait fondre entre mes mains… Tu es si belle. De la tête aux pieds. »
« C-ce n’est pas vrai. »
Maxi ne parvenait plus à penser clairement. Riftan avait tiré le corsage de sa robe vers le bas et frottait à présent sa joue contre son sein nu. Il se mit à taquiner sa peau rosée de la bouche.
Frémissante, Maxi s’accrocha à son cou. Riftan lui empoigna les fesses et la plaqua contre lui, lui faisant sentir toute l’ampleur de son désir. Sa virilité contre elle la fit onduler des hanches, quand une pensée lui traversa soudain l’esprit.
Elle jeta un regard nerveux vers la porte. « R-Riftan… votre b-bain ne va-t-il pas bientôt arriver ? »
« Tu aurais dû y penser avant de me séduire. »
« J-je n’ai rien fait de tel. Je n’essayais p-pas de vous séduire… »
« Tu n’arrêtais pas de me regarder en cachette comme si tu voulais me dévorer, puis tu m’as poussé à te prendre dans mes bras. Et tu oses prétendre que ce n’est pas de la séduction ? »
Il dénoua les lacets de sa robe et la fit glisser jusqu’à sa taille. Le visage écarlate, Maxi le regarda parsemer son ventre plat de doux baisers.
Elle avait l’impression que les os de ses jambes s’étaient dissous. Riftan fit descendre sa robe jusqu’à ses genoux, lui écarta les jambes et enfouit le visage entre ses cuisses. Maxi poussa un petit cri et chancela avant de s’effondrer contre ses épaules. Ses genoux tremblaient, et le creux de ses jambes commençait à s’engourdir.
Riftan caressa doucement sa chair sensible et suçota l’intérieur de sa cuisse. Le corps de Maxi se couvrit d’une rougeur rosée. Elle recroquevilla les orteils et gémit. Toute raison s’évanouit. Elle secoua la tête, parcourue d’un frisson.
Riftan se servit habilement de sa bouche et de ses doigts pour intensifier son plaisir, sans aller plus loin.
La sensation enivrante approchait du paroxysme lorsqu’on frappa à la porte.
« Monseigneur, votre bain est prêt. »
Riftan releva la tête. Lorsqu’il voulut se redresser, Maxi s’agrippa à lui et secoua la tête. Ils ne pouvaient pas s’arrêter là. Encore un peu, et elle pensait pouvoir atteindre la délivrance à laquelle son corps aspirait.
Riftan interrompit cruellement ses caresses et la poussa sur le lit. « Tu peux attendre encore un peu ? »
« J-je ne veux pas… »
« Cela fait longtemps. Je ne veux pas me précipiter. »
Comme pour la calmer, il lui caressa doucement le ventre de sa grande main et déposa un baiser sur sa tempe. Maxi trembla comme un faon nouveau-né et leva vers lui ses yeux humides. Riftan retint son souffle en croisant son regard, puis se mit à dévorer ses lèvres. 𝐟r𝒆ℯ𝘄𝑒𝒃𝚗𝒐𝘃e𝗹.c𝘰𝐦
Un instant plus tard, parvenant à peine à reprendre ses esprits, il la couvrit d’une couverture et enfila une robe de chambre.
« Faites vite. »
Les serviteurs entrèrent dans la pièce avec une baignoire remplie d’eau fumante. Maxi se cacha sous la couverture et tenta d’apaiser ses seins sensibles.
Les quelques minutes que les serviteurs mirent à régler la température, à poser un seau d’eau supplémentaire près de la cheminée et à disposer des vêtements de rechange, du savon et une serviette sur l’armoire lui parurent interminables.
Riftan, visiblement aussi impatient que Maxi, lança sèchement : « Ça suffit. Maintenant, sortez. »
« N-nous vous prions de nous excuser, monseigneur. »
Confus, les serviteurs ramassèrent à la hâte les seaux vides et quittèrent la pièce. Dès qu’elle entendit la porte se refermer, Maxi se pressa contre son flanc.
Dans un gémissement, Riftan la décolla de lui et la souleva sur ses genoux. Maxi ouvrit sa robe de chambre d’un coup sec et noua les jambes autour de sa taille nue. Sa virilité s’enfonça aussitôt dans son entrée humide et la pénétra jusqu’au plus profond d’elle.
« Ah… »
Un frisson lui parcourut l’échine. Consumée par le désir, Maxi leva vers lui un regard hagard. Son visage dévoré par la passion avait quelque chose d’effrayant et de farouche, mais aussi de fragile. 𝐟𝗿𝚎𝐞𝓌e𝒃𝑛𝒐ѵ𝒆𝑙.c𝚘𝓶
Riftan la serra contre lui, ne laissant pas le moindre espace entre leurs corps. Il tremblait comme un homme endurant un terrible supplice. Maxi, pourtant, ne pouvait plus attendre. Elle ondula des hanches, s’emparant de lui.
…
Riftan inspira brusquement et la saisit, le front barré de profondes rides. « Attends, attends ! Maxi… »
« R-Riftan. »
« Attends. »
S’efforçant de la calmer, Riftan lui caressa le dos trempé de sueur de sa main calleuse. « Je veux être doux. Je… ne veux pas te faire mal. »
Maxi le fixa, agacée. Elle en avait assez d’entendre ces mots. Elle lui mordilla la lèvre et se frotta contre lui dans un spasme. Riftan se raidit, puis s’abattit sur le lit et la pénétra d’un coup de reins.
Maxi s’accrocha à lui comme un serpent et sanglota. Sa passion prit rapidement le dessus sur la sienne. Il baissa la tête pour lui téter le sein et se mit à bouger pour de bon.
Elle avait l’impression de chevaucher un étalon trop fougueux pour être maîtrisé. Incapable de suivre son rythme, ses cuisses se contractèrent et la chair entre ses jambes la brûla. Elle cria et se cambra, perdant complètement le contrôle d’elle-même.
Une peur fugace l’étreignit quand Riftan la poussa au-delà de ce qu’elle croyait être son paroxysme. Incapable de supporter l’intense plaisir qui la déchirait, Maxi tenta instinctivement de se dérober.
Riftan lui mordit l’oreille et gronda férocement : « Non. C’est toi qui m’as poussé jusque-là. Tiens jusqu’au bout. »
« A-attends… Je-je ne crois pas pouvoir supporter ça. »
« Tu peux. »
…
Il haletait, les dents serrées, tout en faisant onduler son corps. L’espace d’un instant, sa vision blanchit et son corps entier se cambra comme une corde d’arc tendue à se rompre.
Elle cria tandis que son corps était secoué de spasmes. Le dos de Riftan se raidit, puis il frissonna à son tour, atteignant l’orgasme après elle. Ils s’étreignirent comme s’ils ne formaient plus qu’un seul être et attendirent que leur plaisir intense s’apaise.
Au bout d’un moment, Riftan marmonna, encore étourdi : « Bon sang… Je ne sais même plus où nous sommes. »
Maxi leva vers lui son visage luisant de sueur et le regarda avec nervosité. « V-vous voulez dire… que ce n’était pas bien ? »
« C’est impossible. Je tuerais volontiers un autre dragon si c’était le prix à payer pour revivre ça. »
Il sourit et déposa un doux baiser sur son épaule. Soulagée, Maxi l’attira contre elle et enfouit le visage dans son cou. Riftan eut un petit rire comme si cela le chatouillait, puis se leva du lit en la gardant dans ses bras.
« Ce serait dommage de gâcher un si bon bain. »
Sur ces mots, il se dirigea vers la baignoire et y entra. Maxi soupira lorsque l’eau tiède enveloppa son corps brûlant. Riftan recueillit de l’eau dans le creux de sa main, la fit couler sur son cou et suça doucement sa peau mouillée.
« Ta peau est si agréable au toucher. Elle est toujours si douce. »
« J-je trouve que mes taches de rousseur… sont d-désagréables à voir. »
« On dirait qu’on t’a saupoudrée de sucre. C’est un vrai régal pour les yeux. »
Comme pour le lui prouver, Riftan lécha les pâles taches de rousseur brunes sur son épaule. Maxi se recroquevilla comme une tortue, le visage en feu. Il eut un petit rire et lui donna un baiser sur la joue.
« Et j’adore te voir rougir aussi vite qu’une pêche bien mûre. »
Maxi leva les yeux au ciel. À l’entendre, elle se demanda si son apparence n’était pas si mauvaise que ça, mais elle était certaine que la conception de la beauté de Riftan s’écartait largement des critères habituels.
« Comment te sens-tu ? »
« J-je vais parfaitement bien. Je vous l’ai dit, tout ira bien. »
Il écarta les mèches qui lui barraient le visage et étudia son expression. Comme elle voyait qu’il n’était pas tout à fait rassuré, Maxi soupira.
« Je vais vraiment bien. La dernière fois, je me suis effondrée… parce que j’ai dû soigner des gens… grièvement b-blessés, les uns après les autres. Tout ira bien… tant que je ne m’emporte pas comme la dernière fois. »
Riftan prit un air pensif. « J’ai appris que tu avais si bien soigné l’éclaireur que Ruth n’avait plus rien à faire pour lui. Ce jeune chevalier voulait que je te dise combien il t’était reconnaissant et qu’il te devait beaucoup. »
C’était la première fois que Riftan approuvait ses dons magiques. Maxi leva vers lui des yeux brillants de joie.
« Je suis contente… d’avoir pu être utile. »
« Oui, tu nous as beaucoup aidés. »
Bien qu’il lui eût répondu par l’affirmative, Riftan semblait partagé. L’enthousiasme de Maxi retomba lorsqu’elle vit qu’il n’était pas entièrement satisfait.
Devait-elle lui dire qu’elle avait décidé de continuer à apprendre la magie auprès de Ruth ? Maxi pinça les lèvres. Elle ne voulait pas briser leur intimité, pas maintenant.
Pour être honnête, elle craignait qu’il ne lui interdise de poursuivre son apprentissage de la magie. Elle se persuada qu’elle n’avait pas besoin de lui en parler, du moment qu’elle ne faisait rien d’imprudent. Cette pensée lui taraudait la conscience, mais elle la repoussa au fond de son esprit. Pour l’heure, tout ce qu’elle désirait, c’était savourer ce bonheur.