Chapitre 472
Affalés sur le sol.
L'élite de Rotsgard.
C'était naturel, mais ils n'avaient même pas réussi à l'effleurer.
« Pas possible… » (Yuno)
Celle qui laissait échapper ce gémissement pitoyable, c'était Yuno, hein.
L'adversaire est seul, alors qu'ils sont tous là.
Ça doit être une vision assez désespérante.
Le type sympa qu'ils ont croisé la nuit dernière leur fait maintenant face comme s'il était un précipice infranchissable.
« Même si vous avez eu une rencontre inattendue, vous faites quand même correctement ce que vous avez à faire, hein. » (Makoto)
« C'est une requête de Raidou-san, après tout. C'est aussi pour le bien de mes adorables kouhais. » (Hazal)
Malgré tout, comment dire, c'est comme si Hazal avait une étrange capacité à attirer les événements.
Le genre qui lui permet de tomber sur les étudiants par coïncidence alors qu'ils se promenaient dans les rues la nuit.
De plus, Sofia était apparemment présente là-bas aussi.
En pensant au paysage urbain passé de Tsige, c'est peut-être un endroit étonnamment petit.
Cependant, le flux de personnes est impressionnant.
Que des amis se rencontrent dans un endroit pareil, c'est une sacrée coïncidence.
« Pourquoi un alchimiste de soutien… » (Jin)
On ne peut pas en vouloir à Jin d'être stupéfait.
Bien que lui et Daena l'aient acculé au corps à corps, ils ont été facilement repoussés.
Une idée simpliste : puisqu'il est un mage de soutien, s'ils parvenaient à engager le combat rapproché, ils devraient pouvoir s'en sortir.
Ils ont été écrasés sur place.
La différence de niveau est aussi indécente, donc même en force physique pure, Hazal est très probablement supérieur, mais leur défaite dans ce combat d'entraînement était surtout due à la différence d'expérience.
Prouesses au combat, niveau, déduction de la classe, modèles pour la prochaine compétence qu'ils allaient utiliser ; Hazal a probablement fini de récolter toutes les informations en seulement quelques minutes après le début du combat.
De plus, le fait qu'Hazal soit un aventurier et un alchimiste de haut niveau était un avantage.
Les alchimistes d'un certain niveau de compétence travaillent généralement principalement en ville plutôt que sur le terrain.
Le trait des alchimistes, c'est que plus leur niveau et leur puissance sont élevés, moins ils ont à se soucier de gagner leur vie. Cela signifie que, qu'ils aillent explorer les Terres arides ou non, leurs revenus ne diffèrent pas tant que ça.
En d'autres termes, ils sont rares.
C'est pourquoi, même parmi les aventuriers habitués aux Terres arides, peu connaissent les atouts d'Hazal.
Probablement seuls les membres de son groupe les connaissent tous… non, peut-être même pas eux.
Il n'y a rien de plus complexe à gérer que des tactiques que l'on voit pour la première fois.
Et quand il s'agit de ce qu'un vétéran peut faire, il n'y a que de la peur.
Dès l'instant où ils ont estimé la force d'Hazal en se basant sur les alchimistes du niveau de l'Académie, leurs chances de victoire étaient nulles.
Cependant, en pensant à la combinaison de drogues et de magie, on leur a appris que les alchimistes sont une classe qui couvre un très large éventail de domaines.
S'il y avait eu plus de spectateurs à ce combat d'entraînement, il y aurait peut-être eu un pic d'alchimistes à Tsige.
C'était quoi cette potion anti-matériel ?
Il y avait une potion pour la puissance de feu ?
Hazal m'a tourné le dos en disant « c'est une version inférieure, alors ne t'inquiète pas » avec un air cool, donc il semble que ce soit à l'origine bien plus puissant.
À ce moment-là, je me suis dit que je devrais prendre le temps de demander à l'Arke Minato au sujet de cette potion anti-matériel.
« Avec une seule… potion… le bouclier de Misura, son juuki et sa barrière magique ont tous été brisés et il nous a balayés… ! » (Amelia)
La voix d'Amelia était teintée de choc plutôt que de vexation.
Je peux comprendre ce qu'elle ressent.
Aujourd'hui, c'était la session « découvrons la puissance d'un aventurier de haut vol ».
J'ai fait venir la célébrité de Tsige, Hazal d'Alpine, et je lui ai demandé de les affronter.
Le résultat était conforme aux attentes.
Je lui ai demandé de sceller complètement ses compétences du Zodiaque, qui sont totalement hors normes, et j'ai fait reposer Momonga — qui a été amené d'Asora —, mais ça n'a même pas servi de handicap.
Maintenant que j'y pense, ce Momonga, il s'appelait lui-même comme ça, donc je n'y ai pas prêté attention, mais il peut devenir super grand, alors je l'observais en me disant que c'était peut-être un musasabi <écureuil volant géant japonais>.
La taille originale et la queue ressemblent certainement à celles d'un momonga <petit écureuil volant eurasien>, cependant.
C'était impossible de l'observer pendant ses repas ou quand il déféquait, donc je ne peux pas vraiment l'affirmer, mais c'est très probablement un momonga.
Au fait, quand j'ai demandé ce qu'il mangeait, Hazal a fait une tête dubitative, et quand j'ai essayé de confirmer ce qu'il fait quand il défèque — il semblait écouter — il a écarquillé les yeux.
…Se pourrait-il que ce soit une femelle ?
Peut-être devrais-je trouver une occasion de m'excuser.
« Non, non, vous étiez forts. Je pense que vous avez un talent exceptionnel, au point que le moi de cette époque n'aurait même pas pu être jaloux. Il reste encore beaucoup de naïveté en vous, mais vous êtes un rassemblement de talents et c'est vraiment splendide ! » (Hazal)
« …Je ne sais pas à quel point ces mots résonneront chez les étudiants qui sont à genoux pendant que vous affichez un sourire rafraîchissant. » (Makoto)
« Mais c'est dommage. Si vous aviez un alchimiste dans votre groupe, votre utilité et votre capacité de survie augmenteraient de façon explosive. » (Hazal)
« Oi oi, même à Tsige, il est difficile de trouver des alchimistes aventuriers de haut niveau dignes de ce nom. Ne dis pas des choses déraisonnables, Hazal. Malgré leur apparence, ils ont un côté qui montre une acceptation aveugle aux paroles d'un fort. » (Makoto)
« C'est la jeunesse ! La jeunesse ! Aussi, quand je les regarde, ça me rappelle mon ancien moi et Toa. Comme… c'est à la fois amusant et agréable. » (Hazal)
« Toa ? Vous vous connaissiez depuis longtemps ? Si je me souviens bien, vous ne vous êtes pas rencontrés à la base à ce moment-là ? » (Makoto)
« Aah, je parlais de l'ancien moi et de la Toa actuelle. Je l'ai juste rencontrée au moment où vous nous avez sauvés, Raidou-san. » (Hazal)
« …C'était tellement trompeur. Aussi, épargnez-moi vos histoires d'amoureux, vous êtes un homme marié. » (Makoto)
« Histoires d'amoureux, vous dites. Cette idiote impulsive et tête brûlée ? La nuit dernière, quand je discutais avec les étudiants, j'avais même l'impression de parler à Toa. » (Hazal)
Impulsive, hein.
Aah, c'est vrai.
Sa petite sœur Rinon marmonnait souvent ça.
Sa sœur aime faire du shopping mais elle est nulle pour ça.
Dans son cas, ce n'est pas qu'elle est facile à tromper.
C'est comme si elle appréciait l'espoir qui pourrait s'y trouver.
C'est comme si son objectif était d'acheter des billets de loterie.
Et comment dire, c'est comme si elle n'avait aucun attachement à l'argent facile.
Ouais, il n'y a aucun doute, c'est le genre de personne à qui il ne faut pas laisser trop d'argent.
Hazal qui parle joyeusement de ça, c'est bizarre aussi.
Tiens bon, Rinon.
« C'est la première fois que les étudiants viennent à Tsige. Bien sûr qu'ils allaient se laisser distraire. Les gens qui ne dépensent pas trop à Tsige sont rares, même parmi les marchands. » (Makoto)
Ce n'est pas une blague, c'est la froide réalité.
« Il y a des rumeurs disant que vous vous êtes aussi fait arnaquer en payant trois fois le prix pour de la vaisselle. » (Hazal)
« …C'est une fausse rumeur. C'était un investissement pour un futur artisan. » (Makoto)
La laque n'est toujours pas disponible pour le grand public, donc je ne peux pas ébruiter ça ici.
Même avec mes yeux de débutant, ce menuisier Carol était assez impressionnant.
« Un vendeur de vaisselle de rue normal ?… c'est ce que quelqu'un dirait normalement, mais nous parlons de Raidou-san ici, donc c'est vrai que je ne sais pas ce qui va arriver. Aussi, puisque vous tenez un magasin divers, je ne peux même pas dire que c'est en dehors de votre domaine, ce qui est… mystérieux en soi aussi. » (Hazal)
« Tais-toi. Tu nous as aidés aujourd'hui. Nous allons gérer les résultats ici, donc tu peux considérer que ton travail est terminé. » (Makoto)
« Alors disons que la requête a été accomplie. Ah, Raidou-san, c'est vrai que j'ai bien ri quand ils se faisaient balader par les magasins, mais je les ai correctement orientés vers des boutiques qui correspondaient à leurs besoins, donc j'ai bien fait mon rôle de senpai. » (Hazal)
« Je vois, merci. Si c'est une recommandation d'Alpine, il ne doit y avoir aucun doute là-dessus. C'est un soulagement. » (Makoto)
« Alors, les étudiants, l'expérience s'arrête ici. Si on se recroise à ce bar, ce sera ma tournée. Bon travail~. » (Hazal)
Hazal, qui avait le dos tourné, a jeté un dernier regard en arrière, a fait un adieu nonchalant, puis est parti.
Les étudiants se sont relevés après avoir été soignés.
Ils se sont immédiatement rassemblés comme pour former un moteur, et leur débriefing a commencé.
Ils s'affrontent dans leurs opinions, disant que ce n'était pas ci ou pas ça.
…Je me suis fait la réflexion à l'époque de Rembrandt-san, mais ces gars adorent vraiment discuter.
Maintenant que j'y repense, est-ce que j'ai déjà débattu avec mes camarades de classe comme ça quand j'étais étudiant ?
J'ai l'impression que non.
« La destination de ce soir a été décidée. » (Daena)
Hm ?
Daena ?
« Ouais, Hazal-san a dit qu'il allait au restaurant de viande avec ses épouses. »
À quel point divulgues-tu ta vie privée, Hazal ?
Se pourrait-il que tu sois en train de perdre contre quelqu'un ici en termes de boisson ?
La mollesse sur ses hanches dans certaines zones ne sera probablement jamais corrigée pour le restant de ses jours.
« Il y a une montagne de choses que j'aimerais lui demander. Il y a beaucoup de points sur lesquels je peux prendre exemple, après tout. » (Izumo)
Même Izumo.
Qu'en est-il des travaux de construction ?
En voyant l'état des choses ici, ça a dû les énerver un peu.
Ils ont dû remarquer aussi qu'Hazal retenait ses coups, ou peut-être était-ce assez vexant d'être battus par des tactiques qu'ils auraient eux-mêmes pu imiter.
Par exemple ; la tactique d'interférer avec leurs cinq sens.
Qu'il s'agisse de grenades flash ou de grenades assourdissantes, il existait des armes comme ça à l'ère moderne aussi, mais on peut affaiblir ou immobiliser les autres avec de la lumière et des sons.
Créer une ouverture chez l'adversaire avec un flash ou un bruit fort.
Même sans puissance magique dans la lumière ou le son lui-même, tant que vous êtes un être humain, vous verrez avec vos yeux, entendrez avec vos oreilles, sentirez avec votre nez, goûterez avec votre langue et ressentirez avec votre peau pour recueillir des informations.
Ce n'est pas quelque chose que l'on peut simplement bloquer avec une barrière normale, et on pourrait juste appeler ça une petite astuce.
Même si vous êtes au courant, dans le cas de la lumière et du son, il y a de lourds inconvénients à essayer de les bloquer à l'avance.
Hazal se battait certainement en réfléchissant bien.
C'est le résultat de ses combats acharnés pour survivre dans les Terres arides.
Et aussi le résultat de l'entraînement de Tomoe et Mio.
« Très bien ! Maintenant que c'est décidé, allons faire un tour dans la périphérie ! On a rarement l'occasion de voir une ville en pleine expansion ! »
« Jin, quel est ce dialecte ? C'est tellement vulgaire. »
« Mais je suis d'accord. J'ai aussi été intéressé par cette route pavée qui s'étend depuis tout ce temps. Puisqu'on a l'occasion, trouvons une bonne calèche et allons y faire un tour. »
« Un changement de rythme, alors. »
Oh, leur changement de vitesse est fluide aussi.
Je n'ai même pas eu à intervenir.
Alors, je vais discrètement leur mettre un garde du corps et les laisser errer librement, je suppose.
« Très bien, alors assurez-vous de soumettre des rapports individuels concernant votre combat d'entraînement avec l'aventurier Hazal-san. Je vous autorise à agir librement dans la périphérie, mais une fois que vous aurez décidé des détails de ce que vous allez faire, allez à la compagnie et dites-le à Shiki, même si c'est oralement. Ne lui faites pas de rapport après coup. » (Makoto)
« « Oui ! » »
« Eh bien, c'est tout. Allez-y et amusez-vous. » (Makoto)
Les étudiants de Rotsgard ont retiré leurs armures et sont partis.
C'était le bon choix d'emprunter les terrains d'entraînement de la Guilde des aventuriers.
Maintenant que j'y pense, c'est pratique même pour réfléchir à ce qu'on va faire après.
Même ainsi, les yeux qu'ils ont sont bien meilleurs qu'avant.
Comment dire, c'est comme s'ils étaient remplis d'une force qui ferait déborder les autres de force rien qu'en les regardant.
Il n'y a aucun doute que c'est le résultat de ce qu'ils ont entendu dans cette ville et des gens qu'ils ont rencontrés.
En laissant de côté le fait qu'ils ont fait des erreurs de plein de manières.
Voyage scolaire, hein.
La moitié était juste parce que ça m'est venu à l'esprit, mais… ouais, je dirais que c'était bien.
Ce n'est pas comme si on pouvait attendre ce genre d'effet à chaque fois, mais leurs mouvements une fois qu'ils retourneront à l'Académie seront transmis aux autres étudiants aussi, et ça atteindra les yeux des professeurs.
Ça ne finira pas par « tu as fait une bêtise, Raidou ».
Enfin, je dis ça, mais il y a une chance qu'ils disent « tu as encore fait quelque chose d'outrageant, Raidou ».
C'est sympa.
Ce n'est pas mal du tout.
J'ai l'impression de faire vraiment du travail lié à l'école pour la première fois !