Chapitre 1 302
De la brume ?
En voyant la brume surgir soudain, Requin pirate se souvint d’une information qu’il avait à moitié prise à la légère le matin même.
« … Une catastrophe ? »
Le navire de brume, celui qu’on appelait une catastrophe.
Le navire qui avançait sans pavillon…
« ! »
Requin vit qu’on abaissait le pavillon représentant la Générale Ferry.
Le navire rouge qui approchait n’arborait aucun pavillon.
Pas possible !
Était-ce un allié que la Générale Ferry avait appelé de l’extérieur ?
« Merde ! »
Il avait un mauvais pressentiment.
« Ar… arrêtez… »
Il voulait leur dire de s’arrêter.
Mais…
« ! »
Une sensation glaciale dans son dos le força à rouler rapidement sur le côté.
BOOOOM !
Le pont vola en éclats et des échardes de bois jaillirent en l’air.
« Hé hé. »
Archie rit en parlant.
« Dommage. J’aurais pu t’exploser la tête. Hé hé. »
« Comment oses-tu, espèce de taré ! »
Un taré qui venait d’apparaître de nulle part.
Ce salaud était-il lui aussi avec le navire de brume ?
Requin ouvrit la bouche.
« Attrapez-moi ce salaud, et vite… ! »
Attrapez-moi ce salaud tout de suite !
Mais, une fois encore, il ne put terminer sa phrase.
« ! »
Là où Archie était passé.
Le sol était jonché de marins, inconscients ou gémissant de douleur.
« …… »
Requin se releva d’un bond.
Son expression était devenue grave, contrairement à tout à l’heure.
Ce navire était le vaisseau amiral de l’île 19.
Chacun des marins à bord avait assez de talent pour tenir tête aux hommes de main de la Générale Ferry.
À vrai dire, dans les combats en un contre un ou en petits groupes, ses hommes étaient plus forts que les soldats de la marine, habitués aux formations coordonnées ou aux affrontements entre navires.
« Ce salaud… »
Requin comprit qu’Archie était fort.
Clac.
Il déroula le fouet enroulé autour de son poignet.
« Hé. J’attendais que tu le fasses. »
Sur ces mots, Archie se craqua le cou comme s’il mourait d’envie de se battre, puis fonça droit sur Requin pirate.
Pan. Pan. Pan.
Ses pas étaient si puissants que le pont tremblait sous ses pieds.
Archie n’en avait cure et chargea Requin pirate.
« Commençons par te passer à tabac ! »
Au moment où son poing allait s’abattre sur Requin…
CLAC CLAC CLAC…
Le fouet s’agita.
Witira.
Comme son seigneur se battait avec un fouet, Archie avait déjà réfléchi à la manière de contrer cette arme.
Alors que son sourire s’élargissait…
« ! »
Les pupilles d’Archie se dilatèrent.
Le fouet ne se dirigeait pas vers lui.
CLAC CLAC…
Il s’enroula autour du mât.
Le corps de Requin pirate glissa le long du fouet en direction du mât.
Le poing d’Archie ne frappa que le vide.
« …… »
Malgré sa carrure imposante, comparable à celle d’Archie, Requin se déplaçait avec une rapidité et une légèreté déconcertantes.
Et il y avait l’habileté avec laquelle il avait enroulé son fouet autour du mât, ainsi que la façon dont il s’était servi de son élan pour se déplacer…
En voyant tout cela, Archie comprit une chose.
Il n’est pas plus faible que moi.
Autrement dit, il était fort.
Le Requin qui se tenait devant lui était un adversaire redoutable.
Et cet adversaire redoutable avait fui Archie.
Il agrippa le mât d’un bras et se suspendit dans les airs en criant :
« Protégez le vaisseau amiral ! »
Son cri puissant perça le fracas des vagues.
« Cette Ferry est une imposture ! Retrouvez la vraie ! »
Archie vit les pirates à bord des navires qui flanquaient le vaisseau amiral saisir aussitôt leurs arcs.
Et leurs flèches visaient avec précision Archie, planté sur le pont.
« Ne reculez pas ! Si vous battez en retraite ici, la mer deviendra votre tombe ! »
Au cri de Requin, les navires pirates foncèrent encore plus vite vers la flotte menée par le navire rouge enveloppé de brume.
Leurs mouvements ne trahissaient plus la moindre hésitation.
Un sourire en coin.
Archie vit Requin lui sourire.
« Tu n’es pas marin, hein ? »
Requin ajouta :
« Tu n’y connais rien aux combats en mer. Contrairement à la terre ferme, en mer, on ne se bat pas seul ! »
Vwoooong…
Les pirates des navires voisins le visaient avec leurs arcs.
Dans le même temps, le vrombissement du mana se fit entendre.
Ce navire comptait aussi des pirates capables d’utiliser la magie.
Magie, escrime, arts martiaux, formations… L’Alliance océanique réunissait toutes sortes de forces capables de combattre.
Les navires pirates ne faisaient pas exception.
Chacun pouvait être faible, mais un équipage qui unissait ses forces disposait de nombreux moyens différents.
« Dans une baston générale, il n’y a pas d’homme fort qui tienne ! »
Sur ces mots, Archie vit une pluie de flèches s’abattre sur lui.
« Préparatifs magiques terminés ! »
Les mages à proximité étaient prêts, eux aussi.
Bien sûr, il n’y en avait qu’un ou deux par navire.
Mais les navires étaient innombrables.
Vwoooong…
Toutes sortes de sortilèges…
« Attaquez la brume ! »
Tous convergèrent d’un seul coup vers la brume rouge qui s’étendait depuis les navires de guerre, disposés en pointe de flèche.
« Aile gauche, à l’attaque ! »
« L’aile droite passe aussi à l’attaque ! »
Les navires pirates de l’île 19 n’étaient pas les seuls. Tous les navires pirates des environs s’étaient rassemblés ici au grand complet.
Ils voulaient détruire l’île 16, la gardienne du passage, et transformer l’entrée de la mer centrale en mer des pirates.
Ils lancèrent des attaques à longue portée tout en avançant vers la flotte disposée en pointe de flèche.
Magie, flèches, canons. Toutes sortes d’attaques s’abattirent sur les navires de guerre.
« Kékéké. »
Les lèvres étirées en un large sourire, Requin observa la scène.
À ce rythme, je n’aurai même pas besoin de l’aide des hommes de main du Troisième Général.
La brume rouge.
Ce navire était inquiétant, mais il lui suffisait de couler les autres navires de guerre.
On disait que la brume inspirait la peur et la terreur plutôt que d’attaquer directement.
Bien sûr, ce qu’on lui avait décrit, c’était la brume blanche.
Mais elle devait fonctionner à peu près de la même façon.
Si la magie dissipait d’abord cette brume, elle aurait forcément un effet.
Bien. Étape par étape.
Il lui suffisait de s’occuper d’eux un par un.
Et la Générale Ferry… Il devait découvrir où cette folle se cachait, ou bien…
Elle était partie sur l’île ?
Il devait vérifier si elle s’était rendue sur l’île 19.
Requin décida de donner immédiatement l’ordre aux navires à l’arrière de retourner sur l’île 19.
C’est alors que…
BOOOOM !
Un rugissement assourdissant retentit juste en contrebas.
« Co… comment… »
Le salaud qu’il aurait au moins dû voir blessé par cette pluie de flèches se tenait là.
Le salaud qu’il avait donc ignoré.
Archie avait arraché une planche du pont et repoussait toutes les flèches qui fonçaient sur lui.
« Khahahahaha ! C’est génial ! »
Et il riait.
Il s’amusait vraiment.
« Il prétend que je n’y connais rien aux batailles navales ! Hahahaha ! »
Alors que Requin se disait que ce type était vraiment dingue…
« P-patron ! »
BOOOOM ! BOOOOM !
Au cri de son subordonné et aux explosions assourdissantes qui retentissaient à la chaîne, Requin pirate regarda droit devant lui.
« …… ! »
Pendant un instant, il sentit son bras agrippé au mât perdre presque toute sa force.
« Qu… qu’est-ce que c’est ? »
Les navires de guerre étaient regroupés en pointe de flèche.
Une barrière noire translucide recouvrait toute la flotte.
« Un bouclier ? »
Un mage, là-bas, était capable de lancer un bouclier aussi vaste ?
Non…
BOOOOM !
BOOOOM !
« A-alors, la magie ne marchera pas ? »
Leurs sorts les plus puissants ne parvenaient pas à percer le bouclier : ils explosaient ou rebondissaient dessus.
Les flèches, évidemment, ne pouvaient pas les atteindre non plus.
« La brume n’arrête pas d’arriver ! »
Même lorsqu’ils l’attaquaient avec de la magie, la brume continuait de se former sans fin.
« On va entrer en collision ! »
Au cri des deux navires qui le précédaient, les premiers de la flotte, l’esprit de Requin se vida un instant.
Non… Comment sommes-nous censés percer un bouclier qu’un mage a dressé sur autant de navires de guerre ?
Non.
Même dans la mer centrale, rares étaient ceux qui possédaient une telle puissance.
Il fallait qu’ils soient au moins plus forts que le Septième Général.
SHWAAAAAA…
Dans l’intervalle, le navire de brume continua d’approcher.
Il avait même dépassé le bouclier à lui seul.
Il avançait particulièrement vite.
Et au moment où cette brume rouge toucha les deux navires de tête…
« Ouuaaaargh ! »
« Urgh ! »
« M-ma jambe… ma jambe ! »
« Ugh ! »
Requin vit les corps des marins se raidir et s’effondrer les uns après les autres.
Les deux navires de tête ralentirent peu à peu. Il ne restait plus personne pour ramer.
Tous s’étaient écroulés, des hommes aux voiles jusqu’aux capitaines.
« É-évitons-la ! »
Requin pirate comprit le danger que représentait cette brume rouge.
« Évitez-la ! »
Ils devaient battre en retraite.
Ils devaient éviter la brume rouge.
Mais ce ne serait pas facile.
« Merde ! »
Les navires pirates avaient foncé droit devant eux, sans regarder ailleurs.
Il n’était pas facile de faire demi-tour à présent.
C’est alors que…
À l’avant, à gauche et à droite.
Les navires pirates qui les encerclaient de trois côtés commencèrent à ralentir.
Sentant leur confusion, Cale prit la parole.
« À gauche. Démon Céleste. »
Pan.
Le Démon Céleste bondit légèrement du pont, mais la force de son impulsion fit tanguer le navire.
Il fonça vers l’aile gauche des pirates.
« À droite. Witira. »
Clac…
Au moment où des fouets d’eau se déployèrent dans les mains de Witira, elle avait déjà posé le pied sur la mer.
« Suivez-moi. »
Fouuu…
Le vent tourbillonna autour des chevilles de Cale, qui se propulsa légèrement depuis le pont.
« Bon voyage. »
Cale s’en alla vers les navires pirates de tête, laissant derrière lui Alberu, qui lui adressait un geste d’adieu d’un ton détendu et plein d’assurance.
Parmi eux, il se dirigea vers le navire de tête.
« Ron. Va sauver Ebo. »
« Oui, jeune maître. »
« Choi Han, aide Archie à détruire les navires. »
« Oui, Cale-nim. »
« Raon, On, Hong. Vous venez avec moi. »
Avant que ses compagnons ne rejoignent leurs postes respectifs, Cale ajouta une dernière phrase.
« Il suffit de semer le chaos. »
C’était l’une des choses que le groupe de Cale faisait le mieux.
Toc.
Il atterrit sur l’un des deux navires de tête.
Pas. Pas.
Cale avança tranquillement.
On et Hong marchaient à ses côtés.
Raon, invisible, battait des ailes derrière lui.
« Huuu… »
« Urgh. »
Les pirates gémissaient.
Cale passa calmement entre eux et leva la tête vers le vaisseau amiral, derrière le navire immobilisé.
Requin pirate était suspendu au mât.
Il correspondait à la description qu’ils avaient reçue.
Même d’ici, Cale distinguait parfaitement l’expression tremblante de son visage.
Un sourire en coin.
Les lèvres de Cale s’étirèrent.
Comme la Générale Ferry, Cale avait lui aussi pris les devants et était allé trouver l’ennemi.
Ce serait embêtant si notre navire était détruit, non ?
BOOOOM !
BOOOM !
Il entendait les navires se briser sous les gestes du Démon Céleste.
CLAC CLAC CLAC, BANG !
Il entendait tout un tas de choses se fracasser sous les coups de fouet de Witira.
Toc, toc-toc !
Choi Han passa devant Cale et monta le premier sur le navire de Requin pirate.
Shing.
Une aura noire jaillit de son épée dégainée.
Une aura noire et brillante.
La graine qui menaçait de se manifester sous la forme d’une individualité n’était apparemment pas encore révélée.
Pas. Pas.
Cette aura suffisait toutefois à prouver que Choi Han était un Maître épéiste.
« M-Maître épéiste… ! »
Le visage de Requin blêmit.
À cet instant, Choi Han abattit son épée.
« ! »
Requin descendit précipitamment du mât.
Fchht.
Il tressaillit en entendant le bruit juste au-dessus de sa tête.
Le mât avait été tranché.
Et proprement, en plus.
Criii…
Le mât coupé pencha sur le côté.
« Oh, sérieux ! Pourquoi le couper dans ce sens-là ?! »
Archie, qui riait encore sous la pluie de flèches, bondit, rattrapa le mât qui tombait vers lui et jeta de côté le pilier sectionné.
« Aaaaaah ! »
« Le… le navire… »
Des cris affolés retentirent, mais Requin ne parvenait pas à détourner le regard.
Mais qu’est-ce que…
Générale Ferry. Quels genre de gens cette folle avait-elle appelés ?
Requin pirate se trouvait plus au centre que quiconque. Il voyait donc clairement tout ce qui se passait.
Sur sa gauche, un salaud détruisait les navires comme si de rien n’était.
Il esquivait chaque attaque avec une légèreté dédaigneuse et, comme s’il n’avait même pas envie de tuer, se contentait de fracasser les navires.
À droite, une femme maniait un fouet comme lui, mais son attribut devait être l’eau : elle aussi détruisait les navires sans distinction.
Contrairement à l’homme de gauche, elle ne semblait toutefois pas s’ennuyer et s’appliquait à les démolir un par un.
« … Mais qu’est-ce que c’est que ça ? »
Et, en plus, un Maître épéiste était apparu.
La brume rouge s’étendait toujours davantage.
Elle évitait habilement le navire de Requin pirate et s’étalait autour de lui.
« Ugh ! » freеwebnovel.com
« Argh. »
Des gens s’effondraient de toutes parts.
Il avait pourtant rassemblé un nombre écrasant de navires pirates et visé l’île 16.
Mais en voyant ici des combattants d’une telle puissance, qu’on ne trouvait que dans la mer centrale et en très petit nombre, l’esprit de Requin pirate commença à se vider.
« M-mais qui êtes-vous donc… ?! »
Il ne put finalement retenir sa colère.
À ses yeux, cette bataille était impossible à gagner.
C’est alors que…
Pas.
Cale, qui avançait avec Choi Han devant lui, s’arrêta et regarda Requin.
« Hé. »
Il lui demanda :
« Il est où ? »
« … Quoi ? »
« Celui qui te tire les ficelles. »
« ! »
« Il est où ? »
Requin pirate.
D’après les informations qu’ils avaient recueillies, il n’était pas faible.
L’île 19.
Il était impossible que celui qui avait réussi à en devenir le chef soit faible.
Seulement, ceux qui se trouvaient ici, c’étaient Cale Henituse et ses compagnons, qui n’avaient plus rien à voir avec des pirates et avaient même affronté des dieux.
La mer centrale.
Seuls les combattants de là-bas, ceux qui dépassaient le Septième Général, pouvaient rivaliser à peu près avec chacun des membres du groupe de Cale.
« Requin. Tu n’as pas pu provoquer tout ça tout seul. »
Cale lui adressa un sourire et lui parla gentiment.
Si les innombrables navires pirates…
Si tous les hommes à bord de ces navires s’étaient rués sur Cale comme s’ils jouaient leur vie…
Le groupe de Cale aurait eu du mal.
Mais ni ces navires pirates ni Requin n’étaient animés d’une telle détermination.
Ces types qui se livraient à la piraterie et à la traite d’êtres humains ne cherchaient probablement rien d’autre que le profit qu’ils pouvaient tirer sans mourir.
Toc.
À cet instant, Cale regarda par-dessus l’épaule de Requin pirate en entendant un bruit.
Un homme venait de passer du navire juste derrière eux à celui de Requin.
« C’est toi, celui qui tire les ficelles ? »
demanda Cale.
« ! »
Une lueur apparut dans les yeux de Requin pirate.
Cet homme était connu comme le plus proche lieutenant du Troisième Général.
On disait qu’il était son bras droit.
Il dissimulait son corps entier, de la tête aux pieds, sous une capuche et une robe.
Il passa devant Requin.
On disait que sa puissance rivalisait avec celle du Troisième Général !
Il pourrait peut-être vaincre ces combattants mystérieux qui leur faisaient face.
Ceux qui dépassaient le Septième Général, et surtout les quatre premiers généraux, étaient chacun traités comme des commandants du nord, du sud, de l’est et de l’ouest. On disait que leur puissance appartenait à une tout autre catégorie.
Frouf.
L’homme abaissa sa capuche.
Il ouvrit la bouche.
« Voilà une proie inattendue. »
L’homme d’âge mûr au teint épuisé contempla Cale avec un léger sourire.
Son regard se posa directement sur Cale et il claqua la langue.
« Cale Henituse. C’est bien ton nom, n’est-ce pas ? Celui qui ose se mêler de nos affaires. »
Le sourire sur ses lèvres s’élargit peu à peu. Avec un sourire si éclatant qu’il en devenait grotesque, il ajouta :
« Tu ne me connais pas, mais moi, je te connais bien. »
Comme prévu ! Une lueur brilla dans les yeux de Requin.
Le Troisième Général connaissait ces combattants dont l’identité était inconnue !
Alors, il n’y avait plus à s’inquiéter…
« Hmm ? »
À cet instant, Cale pencha la tête sur le côté et dit :
« Pourtant, moi aussi, je te connais. »
« …… ? »
« Tu as une individualité de grade transparent, pas vrai ? »
« …… ! »
Les yeux de l’homme d’âge mûr aux cheveux gris vacillèrent.
Un sourire en coin.
Cale sourit.
« Cho, Ryeon. Si vous comptez rester avec moi, donnez-moi toutes les informations sur votre famille. Surtout sur les Vagabonds de grade transparent ou supérieur. Décrivez-moi leur apparence et dites-moi tout le reste. »
Cale le désigna du doigt.
« N’es-tu pas le frère cadet juré du troisième Empereur ? »
On disait que le troisième Empereur avait trois frères cadets jurés.
Tous étaient des combattants redoutables dotés d’une individualité de grade transparent.
« Hé. »
Les lèvres de Cale s’étirèrent.
« Alors, les salauds de Vagabonds manigançaient dans le coin ? »
« …… ! »
Les pupilles du Vagabond aux cheveux gris tremblèrent.
Quelque chose clochait.
Il connaissait l’apparence de Cale Henituse. Son frère aîné juré, le troisième Empereur, lui avait raconté ce que Cale avait fait sur la Terre Sainte où le Dieu du Chaos était descendu, et la Famille du Sang aux cinq couleurs recherchait Cale Henituse.
Mais Cale Henituse me connaît ?
Quelque chose…
Quelque chose tournait mal.
Alors qu’un mauvais pressentiment commençait à l’envahir…
« Choi Han. »
« Oui. »
« On ne peut pas laisser ce salaud s’échapper. Et ne le laisse contacter personne. »
« Compris. »
En voyant Cale Henituse parler tactique aussi ouvertement devant lui, le visage du Vagabond aux cheveux gris se déforma.
« Comment oses-tu… ! »
C’était un combattant de grade transparent.
Un redoutable combattant, incomparable à des frères et sœurs comme Cho et Ryeon, incapables de tenir seuls debout !
Et pourtant, ce salaud osait…
« Tu t’appelles Mujeon, c’est ça ? »
« ! »
Quand Cale prononça aussi son nom, Mujeon, dont la colère montait, tressaillit.
Cale n’y prêta aucune attention et son sourire s’accentua.
Waouh.
L’Alliance océanique.
Il s’était attendu à ce que les chasseurs aient aussi étendu leurs griffes jusque-là.
Mais c’était le camp du troisième Empereur ?
Parfait, alors.
Cale décida d’abord de capturer Mujeon, le Vagabond solitaire doté d’une individualité de grade transparent, et de lui soutirer davantage d’informations.
En réalité, Cale avait une raison de l’avoir reconnu tout de suite.
« Mujeon. Tu disais que c’était un artiste martial ? »
« Oui. Un Vagabond issu du monde martial. Il aurait atteint l’individualité grâce à ses propres arts martiaux. »
« Quels arts martiaux ? »
« L’escrime. On dit que son épée contient de l’eau. »
Les arts martiaux. L’escrime.
« Raon. Fais venir le Démon Céleste. »
Le Démon Céleste et Choi Han.
On aurait dit qu’ils allaient bientôt avoir entre les mains un excellent manuel d’entraînement.
Affronter un Vagabond doté d’une individualité de grade transparent…
Ce n’était plus difficile pour Cale.
— Compris, humain ! Je vais prévenir les autres aussi !
Il avait beaucoup de compagnons capables de l’aider.
— Un épéiste doté d’un attribut d’eau ?
L’Eau Dévoreuse de Ciel s’y intéressa.
L’eau qui avait vaincu le Roi des dragons, le troisième Empereur.
Cale, qui possédait cette eau, n’avait aucune raison de craindre un épéiste doté d’un attribut d’eau.
SHWAAAAAA…
La mer ondula.
Pas. Pas.
Cale avança tranquillement vers le nouveau Vagabond, sa proie, Mujeon.
SHWAAAAAA…
La mer alentour commença à réagir à Cale.
Il allait le soumettre d’un seul mouvement, sans lui laisser la moindre chance.
Il ne voulait pas que ça s’éternise.
Et il ne voulait pas lui donner la moindre occasion de s’échapper.
Alors…
SHWAAAAAA…
Cale appela la mer.
En ce lieu où d’innombrables navires s’étaient rassemblés,
la surface de l’eau commença à onduler.
Comme si elle répondait à l’appel de quelqu’un.