Chapitre 1 262
« … »
Le troisième Empereur, le Roi des dragons, descendit sur le monticule de pierres empilées comme une tombe.
Il balaya l’air de la main.
BOUM — !
L’eau tourbillonna et, en un instant, repoussa les amas de pierres alentour.
« … »
Son expression sévère ne se détendit pas d’un pouce.
« — Il a résisté à ça… ? »
Une immense tombe de pierre.
C’était le Château de Moraka effondré.
Et une fois le monticule de pierres dégagé, il n’y avait plus rien.
Tout le monde s’était échappé.
Il tendit la main.
CHHHHHHH —
Quelques pierres furent emportées par l’eau et capturées dans sa paume.
Il serra le poing.
CRAC !
Les pierres se brisèrent aussitôt.
Elles étaient si faibles et fragiles…
« Il a résisté à ça ? »
Il avait osé tenir tête à la puissance de cette mer ?
Cette puissance n’avait rien de faible.
Parmi d’innombrables pouvoirs liés à l’eau, elle avait été reconnue comme une individualité de grade Cinq-Couleurs. C’était elle qui avait valu au premier Empereur de le reconnaître et de lui accorder le titre d’Empereur à ses côtés.
Le troisième Empereur.
Le premier Empereur l’avait dit.
Une individualité de grade Cinq-Couleurs est une puissance divine.
Oui. Ce salaud l’avait bel et bien dit.
Grâce à cette individualité, il pouvait rivaliser avec les dieux liés à l’eau et, selon les circonstances — face au feu ou à la lave, par exemple —, surpasser sans peine certains dieux.
C’était pour cela que, dans le monde où le premier Empereur était devenu un Transcendant, il avait cru ne pas être en reste face à ces dieux, ces salauds arrogants qui se pavanaient comme s’ils étaient si formidables.
Et il avait résisté à ça.
Cale Henituse.
Ce salaud ne l’avait pas vaincu.
Il s’était contenté d’endurer.
Et pourtant, le troisième Empereur n’arrivait pas à y croire.
« Comment a-t-il pu résister à ma puissance avec de simples pouvoirs anciens ? »
N’était-ce pas impossible depuis le début ?
Ce ne sont que des pouvoirs hérités.
Des pouvoirs anciens.
Ce n’était pas sa propre puissance.
C’étaient des pouvoirs hérités d’autrui.
Cela signifiait qu’ils ne pouvaient surpasser une individualité qu’on avait manifestée soi-même et que, dès le départ, leurs limites étaient évidentes.
N’était-il pas naturel que progresser grâce à quelque chose qui appartenait à un autre s’accompagne de restrictions ?
Alors, comment ce salaud…
Comment avait-il pu posséder une puissance suffisante pour résister à une individualité de grade Cinq-Couleurs ?
Et en plus…
« Même alors que son corps était corrompu ? »
Son corps avait clairement été corrompu par le chaos.
Le troisième Empereur, le Roi des dragons, tourna le regard sur le côté.
« N’est-ce pas ? »
Sous son regard, les Vagabonds baissèrent la tête sans pouvoir répondre.
Le troisième Empereur, le Roi des dragons, arborait une longue barbe blanche, digne d’un immortel.
Ses longs cheveux blancs et sa barbe tremblaient à présent.
Il est furax.
Le Vagabond Cho comprit que le Roi des dragons était hors de lui.
Eh bien, après avoir fait tant de cinéma pour les laisser s’échapper, il y avait de quoi être furax.
Il passait son temps à se comporter comme s’il était le maître du monde, sous prétexte qu’il faisait partie des Trois Empereurs, et à agir à sa guise. Le voir subir un revers pareil était extrêmement satisfaisant, mais le Vagabond Cho n’en laissa rien paraître.
Ne bouge pas !
Sa grande sœur, le Vagabond Ryeon, lui faisait sans cesse signe des yeux de ne pas faire de bêtises.
Mmh.
Et, pour sa part, le Vagabond Cho trouvait aussi la situation étrange ; il n’avait donc aucune envie particulière de faire le malin.
C’est bizarre.
Le troisième Empereur, le Roi des dragons.
Sa fureur, et le spectacle de la mer qu’il avait soulevée pour combattre.
D’ordinaire, ces choses-là étaient terrifiantes.
Parce que Cho maîtrisait le feu et la lave.
Du point de vue des éléments, le Vagabond Cho, qui se tenait entre le Roi des dragons et ses subordonnés, n’avait naturellement jamais pu s’empêcher d’être intimidé.
C’est vraiment bizarre.
Et pourtant, même après avoir vu le Roi des dragons manier la puissance de la mer aujourd’hui…
Je n’ai pas peur !
Il n’éprouvait pas spécialement de crainte.
Non, pour être précis, il n’avait pas l’impression que tout allait se dérouler comme ce salaud le voulait.
Pourquoi ?
… Ce salaud…
Pour une raison étrange, il avait sans cesse l’impression que ce salaud ne tomberait pas.
Ouais, Cale Henituse.
Il n’avait pas l’impression que ce salaud allait perdre.
Ce salaud qui avait soutenu le regard du Dieu du Chaos.
Cette aura écrasante, d’une puissance absurde, qu’il avait libérée.
Le Vagabond Cho.
Il n’était pas aussi perspicace que sa sœur Ryeon.
Au contraire, il avait le sang chaud et jugeait trop vite.
Il le savait très bien. Mais il y avait une chose en lui à laquelle il faisait confiance.
J’ai des intuitions.
Son instinct.
Son instinct lui disait…
Cale Henituse.
Ce salaud allait sans aucun doute accomplir quelque chose d’énorme.
Et il n’a pas l’air de vouloir perdre, non plus.
Pour une raison quelconque, il avait le sentiment qu’il ne fallait plus toucher à ce salaud.
Un regard en coin.
Le Vagabond Cho tourna les yeux vers sa grande sœur, Ryeon.
À cet instant, les deux frère et sœur comprirent qu’ils avaient pensé la même chose.
Et chaque fois qu’ils pensaient la même chose, leur intuition était juste, sans exception.
« … »
« … »
Ils se regardèrent un instant, puis baissèrent la tête.
Car ils avaient vu la rage — et la confusion — du troisième Empereur, le Roi des dragons, se tourner dans une autre direction.
« Subordonné du Roi des démons. »
Mol, général de la Troisième Armée, l’une des huit forces militaires les plus puissantes du Roi des démons.
Le maître des coups en traître, surnommé Main derrière le dos.
Il était toujours là.
« Oui, troisième Empereur. »
Il s’inclina poliment devant le Roi des dragons, qui ne devait même pas vraiment connaître son existence.
Car il avait vu de ses propres yeux la force du troisième Empereur.
Et…
Hé.
Comme c’est amusant.
La situation était plutôt réjouissante.
Il est furieux de s’être fait avoir.
Après avoir fait le fier, les cibles qu’il cherchait à atteindre s’étaient échappées sans subir de grands dommages ; son humeur semblait donc s’être complètement assombrie.
Quel sale type.
Il n’avait probablement pas prévu d’engloutir aussi l’armée du Roi des démons dans la mer.
Mais si Mol et Terosa n’avaient pas ordonné aux forces du Roi des démons d’évacuer les lieux, ce salaud les aurait très bien laissées se faire emporter par les flots et tuer, pour parvenir à ses fins.
Tss. Après quoi, il aurait prétendu qu’ils s’étaient fait prendre parce qu’ils étaient idiots.
Et voilà probablement ce qu’il aurait dit.
Car, aux yeux du troisième Empereur, les démons ordinaires n’étaient sans doute que des êtres insignifiants, pas même des obstacles.
Bien fait pour toi.
La voix du Roi des dragons retentit.
« J’ai appris que c’était toi qui avais fait venir l’armée du Roi des démons ? »
« Oui. »
« Et tu t’es occupé à la fois de l’Ordre du Dieu du Chaos et du camp de Cale Henituse dans ce château ? »
« Oui. »
« Qu’en as-tu pensé ? »
Mol, général et chef de la Troisième Armée, ne trouva aucune raison de mentir.
Cale Henituse ne lui avait pas demandé de tromper l’autre camp d’une manière particulière.
L’accord entre Cale et lui ne concernait que la « maladie grise ».
Alors…
« Cale Henituse et le chevalier sacré le plus haut gradé ont fait cause commune. »
Je peux bien faire ce que je veux, non ?
« … Quoi ? »
À vrai dire, pour Mol, le chevalier sacré le plus haut gradé et l’Ordre du Dieu du Chaos étaient plus détestables que Cale Henituse.
Ils avaient osé poignarder le Monde des Démons, et lui-même, dans le dos.
« Le chevalier sacré le plus haut gradé a accepté d’épargner Cale Henituse et, dans ce but, il a fui avec les troupes de chevaliers sacrés sous ses ordres. »
C’était vrai.
C’était arrivé parce que Cale Henituse les avait menacés de sa propre vie, ne leur laissant pas le choix. Mais, quoi qu’il en soit, c’était vrai.
« … Où est allé le pape, et pourquoi ne me parles-tu que du chevalier sacré le plus haut gradé ? »
« Ah. Le pape est presque mort. Il l’est peut-être déjà. »
« Quoi ? »
Mol, maître de la trahison.
Il détestait autant l’Ordre du Dieu du Chaos que la famille des chasseurs, qui avait attisé le chaos dans le Monde des Démons tout en tirant les ficelles dans l’ombre.
C’était pourquoi, sans même s’en rendre compte, il avait commencé tout naturellement à préparer leur trahison.
Oui, c’était comme une habitude.
« Le chevalier sacré le plus haut gradé a tenté de tuer le pape. »
« … Cet homme a tenté de tuer le pape ? C’est la vérité ? »
CHHHHHHH —
L’eau tourbillonna autour du Roi des dragons.
La pression laissait entendre qu’au moindre mensonge dans les paroles de Mol, il le tuerait. Pourtant, Mol restait parfaitement serein.
Car c’était la vérité.
« Oui. Il a essayé de le tuer. Pour de bon. »
« … »
CHHHHH —
Le courant s’affaiblit.
Car le Roi des dragons ne percevait pas le moindre mensonge chez Mol.
« Bien sûr, celui qui a poussé le pape au bord de la mort, c’est Cale Henituse. »
« Vraiment ? »
« Oui. Il était très fort. »
Un faible ricanement échappa au Roi des dragons.
« Tu prétends que ce salaud est fort, devant moi ? Tu oses dire ça devant moi ? »
Face à la fureur de la bête qui avait perdu sa proie, Mol répondit calmement.
« Je ne peux pas mentir, n’est-ce pas ? Il est fort. Le chaos du pape l’a corrompu, mais, quoi qu’il en soit, le pape a perdu contre lui. »
« … Hum. »
Le calme absolu de Mol finit par apaiser le Roi des dragons.
« Je vois. »
Il hocha la tête.
« C’est un homme assez puissant pour soumettre jusqu’au pape. Et s’il a réussi à convaincre le chevalier sacré le plus haut gradé de trahir le pape et de faire cause commune avec lui, il doit aussi être remarquable sur le plan intellectuel. »
Ce n’était pas tout à fait la vérité.
Mais Mol ne broncha pas.
« S’il est aussi impressionnant, alors j’ai été plutôt négligent. »
L’humeur du Roi des dragons s’était considérablement améliorée.
Il prit la parole.
« Je devrais rencontrer le Roi des démons. »
Même s’ils avaient été téléportés, ces salauds n’avaient probablement pas encore quitté le Monde des Démons.
« Oui. Je vous y conduirai. »
Terosa s’indigna de l’entendre convoquer le Roi des démons avec tant de désinvolture, mais le général Mol traita le troisième Empereur avec politesse, et celui-ci lui adressa un sourire satisfait.
Puis son regard se tourna sur le côté.
L’homme que ses subordonnés avaient capturé avant qu’il ne s’occupe de Cale Henituse.
« Le chevalier sacré le plus haut gradé a pris la fuite. Alors, l’homme qui en sait le plus, c’est lui. »
Un chevalier sacré de haut rang gisait ligoté au sol.
Le général Mol se rappela la conversation entre Cale et le chevalier sacré le plus haut gradé.
« Laisse derrière toi le groupe de chevaliers sacrés de haut rang qui s’en est pris à notre chef d’équipe. »
C’était lui.
Ce foutu chevalier sacré à terre leur serait sans doute très utile plus tard, dans le cadre de l’accord avec Cale Henituse.
Mmh.
Le général Mol se toucha négligemment la nuque.
Cachée sous son col, une chose rouge sombre était collée à l’arrière de son cou.
Il a dit que c’était pour retrouver ma trace, pas vrai ?
L’homme qu’on appelait le Démon Céleste.
Il avait suivi le chevalier sacré le plus haut gradé et avait laissé cette chose sur le général Mol.
Ce Démon Céleste finira par venir me trouver.
C’était pour cela qu’il lui avait collé cette chose.
Non.
Tout le groupe de Cale Henituse viendrait bientôt là où il se trouvait.
« Je vais vous escorter jusqu’au château du Roi des démons. »
Car ils devraient venir rencontrer le Roi des démons.
OUUU — OUUU —
Sentant la relique divine contre sa poitrine s’apaiser et ses vibrations s’éteindre peu à peu, le général Mol se réjouit à l’idée de revoir Cale Henituse.
Quant aux frère et sœur Vagabonds, Cho et Ryeon, qui regardaient les Vagabonds emporter le troisième Empereur, Cho ramassa une pierre brisée et la glissa contre sa poitrine. Ryeon observa son geste d’un air entendu.
Un château où il ne restait plus rien.
Dans l’esprit de ceux qui s’en éloignaient, chacun calculait activement les gains qu’il pourrait tirer de la situation.
Dès que le général Mol arriva au château du Roi des démons, il alla trouver un être.
« C’est donc ce qui s’est passé ? »
Toc, toc.
Celui qui regardait par la fenêtre d’un air ennuyé tourna la tête vers le général Mol.
« À quoi ressemblait Cale Henituse, d’après toi ? »
Le général Mol répondit honnêtement à son souverain, le Roi des démons de l’Ennui.
« Quand Votre Majesté a rencontré le Dieu du Chaos et le premier Empereur, vous avez dit qu’ils étaient plutôt intéressants, n’est-ce pas ? »
Le général Mol vit une petite lueur s’allumer dans les yeux de son souverain, qui semblaient s’éteindre comme s’il était à l’agonie, et afficha un large sourire.
« Si vous rencontrez Cale Henituse, vous vous amuserez énormément. »
Une trace d’intérêt persista sur le visage empreint d’ennui du Roi des démons.
La seule chose qui le tirait de son ennui, c’était la rencontre d’un adversaire à sa mesure.
*****
Qu’est-ce que c’est que ça ?
Cale regarda autour de lui, incrédule.
Après avoir attrapé la patte avant de Raon pendant que celui-ci lançait la téléportation, il avait perdu connaissance.
Il avait rouvert les yeux aussitôt, mais le spectacle qui s’offrit à lui à cet instant était très différent de ce qu’il avait imaginé.
« Où suis-je ? »
Cette fois, il ne se retrouvait pas devant un dieu comme d’habitude.
« C’est forcément un rêve. »
Cale se leva du lit et regarda autour de lui.
C’était une tente de fortune.
Elle avait été montée avec un soin considérable, mais il était évident qu’elle n’était que temporaire, destinée à servir de campement pendant un voyage.
« Hum ? »
Cale baissa les yeux vers ses mains.
Ce ne sont pas mes mains.
Cale comprit que quelque chose clochait.
Ce corps [N O V E L I G H T] n’était pas le sien.
Hé, hé !
Les pouvoirs anciens ne lui répondirent pas non plus.
Il n’y a même pas de miroir dans cette pièce !
Cale se demanda ce qu’il était censé faire dans cette situation.
Mais il comprit bientôt dans quel corps il s’était retrouvé et quelle était la situation.
« Pape. J’entre. »
Une voix l’interpella de l’extérieur de la tente.
La femme qui entra était Hitelis, l’intendante en chef.
Elle baissa la tête et prit la parole.
« Nous avons trouvé l’emplacement de Chaos porté par le vent. »
Eh bien, voilà.
Cale comprit qu’il se trouvait actuellement dans les souvenirs du passé du pape.
Pourquoi cela lui arrivait-il ?
Il y avait vraiment beaucoup de raisons possibles.
J’ai été corrompu par le chaos du pape.
Et il y avait autre chose.
Chaos porté par le vent. Le bouclier le retient en ce moment.
Ce rêve était-il né de ces deux choses ?
C’était un rêve, mais il s’agissait probablement d’un événement qui s’était réellement produit autrefois.
« Je vous escorterai. »
« Très bien. »
Pour l’instant, Cale fit semblant d’être le pape et suivit Hitelis.
La raison de ce rêve.
Il le découvrirait en le vivant encore un peu.
Et, comme toujours, un rêve finirait par s’achever. Cale accepta donc la situation sans se presser et joua tranquillement le rôle du pape.
*****
« Haa. Haa. »
Personne n’arrivait à ouvrir la bouche en entendant cette respiration faible et saccadée.
Il haletait comme s’il tentait désespérément de survivre, mais chacun de ses souffles était si ténu qu’il n’aurait pas été étonnant qu’il s’arrête à tout instant.
Ne supportant plus d’entendre cette respiration, quelqu’un prit enfin la parole.
« Papy dragon doré ! Notre humain est bizarre ! Je n’ai jamais rien vu de pareil ! »
« Moi non plus ! Je suis tellement inquiet ! »
On calma Raon et Hong après leurs cris, mais ses propres yeux étaient eux aussi pleins d’inquiétude.
Sur le lit que fixaient les enfants, qui avaient l’air d’avoir dix ans en moyenne…
Cale était allongé là, tout gris jusqu’aux épaules, respirant par petits souffles rapides.
Son corps entier brûlait de fièvre et il transpirait à grosses gouttes. Ron lui essuya le front avec une serviette, puis prit la parole.
« Prépare de l’eau. »
« Oui, père. »
Voyant Cale transpirer tant qu’il risquait de se déshydrater, Beacrox s’empressa d’aller chercher de l’eau.
Chaque fois que Cale s’effondrait après avoir vomi du sang, il tombait dans un profond sommeil, et personne ne savait quand il se réveillerait.
Mais cette fois, Cale souffrait comme s’il avait une forte fièvre.
« Qu’est-ce qui se passe, au juste ? »
Eruhaben se mordit la lèvre, frustré.
Le corps de Cale étant souillé par le chaos, Eruhaben ne pouvait pas le toucher à la légère. Et comme il connaissait l’état du corps de Cale, dont le contenant était devenu du sang qui circulait en lui, il ne pouvait pour l’instant que regarder.
« … »
Depuis un moment, Choi Han était assis dans un coin sans dire un mot, les yeux rivés sur Cale.
Raon regarda tout le monde, se mordit la lèvre et gonfla les joues.
Sinon, il avait l’impression qu’il allait pleurer.
Raon parvint à grand-peine à parler.
« Humain, j’ai préparé plein de tartes aux pommes… Réveille-toi… »
Mais Raon s’interrompit.
« ? »
Bientôt, il pencha la tête.
Il s’était figé en voyant les lèvres de l’humain bouger.
Tout le monde regarda Cale.
« Haa. Haa. »
Alors que Cale haletait, accablé par cette fièvre brûlante, il marmonna entre deux souffles.
« … Oh. Le jackpot… »
À cet instant, la paix revint sur les visages de Raon, On et Hong, les enfants d’une dizaine d’années.