Chapitre 1 247
En voyant Choi Jung Soo planté là, tout sourire comme s’il avait fait quelque chose dont il pouvait être fier, Cale sentit aussitôt l’irritation monter en lui.
« Hé. »
« Hm ? »
Il s’adressa à Choi Jung Soo.
« Ne souris pas. »
« Hé, héhé… »
Choi Jung Soo se mit à sourire de plus belle.
Raon, On et Hong virent ça et prirent un air grave.
« Humain, Choi Jung Soo se comporte bizarrement ! »
« Miaaou ! »
« … C’est grave. »
Au lieu de regarder les gamins d’une dizaine d’années, Cale tourna les yeux vers Hitelis, toujours inconscient, et prit la parole.
« Chef d’équipe. »
« Ouais, j’ai compris. »
Sui Khan s’approcha de Choi Jung Soo.
Fshht.
Il tira son épée du fourreau.
« Euh, euh ! »
Choi Jung Soo cessa de sourire.
« Chef d’équipe ! Vous allez me frapper ? Non, si vous comptez me frapper, prenez le fourreau. Pourquoi vous sortez votre épée ? Hein ? »
Il avait blêmi.
Puis…
Tranch.
Tranch, tranch.
Les chaînes qui entravaient Choi Jung Soo de la tête aux pieds furent coupées aussi facilement que du papier.
« Bon sang. J’ai vraiment cru que vous alliez me frapper. »
En voyant son corps libéré de ses entraves, Choi Jung Soo se remit à sourire.
C’est alors que…
« … »
Un frisson le parcourut et Choi Jung Soo regarda Sui Khan.
Sui Khan le fixait droit dans les yeux.
Pourquoi le visage de Lee Soo Hyuk, dans la trentaine, semblait-il se superposer à celui de Sui Khan, encore adolescent ?
Un frisson étrange parcourut Choi Jung Soo, puis Sui Khan déclara d’une voix basse :
« Je ne crois pas avoir dit que je n’allais pas te frapper. »
Sa voix était calme, sans la moindre inflexion.
Choi Jung Soo se tut.
Il venait de comprendre que le chef d’équipe Sui Khan était en colère.
Et Cale…
Il est vraiment furieux.
Le regard que Cale posait sur Hitelis était celui de quelqu’un qui semblait prêt à lui asséner cent coups sur la nuque, là, tout de suite.
Choi Jung Soo se souvint du jour où Kim Rok Soo, alors employé, avait frappé dix fois la nuque d’un chef de guilde inconscient.
À vrai dire, il ne l’avait même pas fait en cachette.
Il n’avait fait que le frapper, sans se soucier de savoir si l’homme allait se réveiller ou non.
Bien sûr, c’était le jour où l’un de leurs coéquipiers avait été grièvement blessé à cause de la cupidité de ce chef de guilde. Aucun membre de l’équipe n’avait donc essayé d’arrêter Kim Rok Soo.
En se rappelant cela, Choi Jung Soo préféra garder le silence.
Hein ?
Son regard croisa alors celui des gamins d’une dizaine d’années.
Raon, On et Hong étaient assis côte à côte.
Tous trois n’osaient pas s’approcher davantage. Même On semblait nerveuse.
Hum.
Choi Jung Soo ravala le sourire amer qui lui venait aux lèvres.
Il n’avait pas l’air dans son état normal.
Bien que l’illusion eût disparu, il ressentait encore la douleur de cette pression écrasante, causée par le regard qui l’avait oppressé.
Et celle de dizaines et de dizaines de blessures…
Une douleur proche de la mort.
Elle persistait comme une rémanence, lui rappelant encore ce qu’il avait enduré.
C’était pour ça que Choi Jung Soo n’avait d’autre choix que de se montrer encore plus léger, et que le chef d’équipe comme Cale se prêtaient sans doute à son humeur.
« Choi Jung Soo. »
Raon s’approcha à pas feutrés et lui demanda avec précaution :
« Tu n’as pas faim ? »
Pendant un instant, Choi Jung Soo faillit éclater de rire.
Entendre Raon lui demander s’il avait faim, même dans un moment pareil, lui rappela Cale, qui lui fit à son tour penser au chef d’équipe.
Au bout du compte, tout continue.
À cette pensée, avec la sensation que rien ne disparaissait vraiment, Choi Jung Soo sentit s’estomper un peu la rémanence de la douleur qui l’avait conduit au bord de la mort.
Tranch.
Même alors, Sui Khan continuait de couper avec précaution, une à une, les innombrables chaînes qui entouraient Choi Jung Soo.
En vérité, il aurait pu toutes les trancher d’un seul coup, mais il prenait sans doute des précautions pour ne pas trop éprouver Choi Jung Soo.
Sui Khan le savait, Choi Jung Soo le savait et Cale le savait aussi. Aucun d’eux ne le pressa.
Booooom !
Les secousses que « N.o.v.e.l.i.g.h.t » faisait résonner depuis l’autre bout du bâtiment se trouvaient maintenant juste derrière la porte.
Peut-être même venaient-elles déjà de l’entrée.
Mais aucun d’eux ne s’en souciait.
« Hé. Cale. »
Choi Jung Soo, lui, s’en souciait un peu.
« Je me suis fait capturer par le chevalier sacré le plus puissant du coin, tu sais ? »
Les mots lui échappèrent d’un trait.
« Il est plusieurs fois plus fort que moi. Je ne peux pas le battre. »
Il accéléra le débit. Raon, On et Hong le regardèrent, perplexes.
Le corps de Choi Jung Soo tremblait encore. Il aurait pu attendre de se calmer pour parler.
C’était ce que pensaient les enfants, mais plus étrange encore, Cale ne lui disait pas de se reposer.
« … »
Il se contentait d’écouter en silence.
Choi Jung Soo poursuivit à toute vitesse :
« Bref, j’ai entendu ce chevalier sacré faire son rapport au pape. Tu connais la maladie grise, pas vrai ? À ta place, tu aurais compris. Elle corrompt les gens par le chaos. »
Il voulait transmettre autant que possible ce qu’il avait appris.
« Je crois que les chevaliers sacrés ont planté des graines un peu partout. Ils ont même fait des tests dans quelques villages pour voir si elles poussaient bien. C’est comme ça que la maladie grise s’est fait connaître. »
Cale gardait les yeux sur Hitelis tout en écoutant attentivement Choi Jung Soo.
« L’Ordre du Dieu du Chaos possède une relique divine. Elle s’appelle “Le Chaos porté par le vent”. Ils ont dit qu’elle pouvait faire germer toutes les graines de chaos en même temps. »
Comment étaient-ils censés répandre la maladie grise dans tout le Monde des Démons ?
« Les chevaliers sacrés de haut rang transportaient cette relique pendant qu’ils menaient leurs tests. Une fois ceux-ci réussis, ils l’ont rapportée au pape. Apparemment, elle lui appartenait depuis le début. Bref, ces graines ne germeront pas sans que le pape utilise la relique. »
L’Ordre avait déjà prévu la marche à suivre.
« Mais d’après ce que j’ai entendu, utiliser la relique ne fera pas germer toutes les graines du monde en même temps. »
La peur de la maladie grise, cette épidémie qui se répandrait lentement dans tout le Monde des Démons…
« Comme le mot “vent” dans le nom de la relique, “Le Chaos porté par le vent”, elle semble se propager peu à peu. Ils ont prévu plusieurs étapes : une fois les graines germées dans une région, la maladie gagnera la région suivante, puis la suivante. Comme les graines d’un pissenlit qui fleurit en un endroit avant de se disperser partout, emportées par le vent. »
Un centre commercial et minier.
Dioriel.
Les marchandises et l’argent s’y concentraient, et d’innombrables personnes passaient par cette ville. La maladie grise commencerait donc à s’y propager, avant de gagner tout le Monde des Démons à une vitesse terrifiante, comme le vent.
« Alors, le pape… »
Choi Jung Soo, qui continuait son récit, s’interrompit soudain.
Sui Khan avait cessé de couper les chaînes et regardait au-delà de la cellule, en direction du couloir souterrain.
L’entrée défoncée.
Le chef d’équipe Sui Khan la fixait.
« Ils arrivent. »
Quelqu’un approchait.
Cale et les gamins d’une dizaine d’années regardèrent eux aussi le couloir, où il ne restait qu’une faible lueur.
L’entrée fracassée.
Crac.
Au moment où le bruit de pas écrasant des pierres retentit de l’autre côté…
Bzzzzz !
Raon fit surgir une magie noire.
Sui Khan se plaça devant Choi Jung Soo.
Le corps de Choi Jung Soo était couvert de dizaines de blessures, comme des griffonnages.
Ce n’est qu’à cet instant qu’il comprit enfin qu’on s’était introduit ici, alors que Sui Khan l’avait déjà remarqué.
Il n’est pas en état de se défendre.
D’un instant à l’autre…
Il pouvait perdre connaissance à tout moment.
C’était pour ça que Cale avait écouté en silence Choi Jung Soo, qui s’était empressé de tout lui raconter.
Et Choi Jung Soo avait fait de même parce qu’il ne savait pas quand il s’évanouirait.
Transmettre les informations.
Pour l’équipe de Lee Soo Hyuk, transmettre des informations à Kim Rok Soo avait toujours été l’une des priorités absolues.
Un pas.
Quelqu’un s’arrêta.
Choi Jung Soo releva la tête.
Ah.
Il ravala le son qui faillit lui échapper.
Sa vue se brouillait.
Il ne voyait plus très bien.
… Je vais bientôt m’évanouir.
Ça ne tarderait plus.
Il entendit alors la voix du chef d’équipe.
« Clopeh Sekka. »
C’était sûrement pour lui.
Ah.
Le soulagement enveloppa Choi Jung Soo.
Peut-être à cause de ça, sa vue se brouilla encore davantage.
Ce n’était pas comme le vertige qui l’avait submergé au milieu de toutes les douleurs qu’il avait endurées jusqu’ici.
C’était la paix.
Dans cette paix, Choi Jung Soo sentit la tension quitter son corps.
La voix indifférente de Cale lui parvint alors :
« Dors, tout simplement. »
Ouais.
Je crois que je peux dormir, maintenant.
J’ai dit tout ce que j’avais à dire.
Bien sûr, s’il avait pu tenir encore un peu et les aider ici, ou au moins traîner son corps pour s’enfuir seul, ça aurait été l’idéal.
Mais ça semblait impossible.
En entendant les pas se rapprocher, Choi Jung Soo s’efforça à peine d’ouvrir la bouche.
« … P-pardon… »
Après avoir prononcé ces mots, Choi Jung Soo s’abandonna à sa vue qui s’assombrissait et s’effaçait.
Je vais sûrement m’évanouir, maintenant.
Puis, une pensée lui traversa soudain l’esprit.
… Mais on dirait qu’il n’y a pas qu’une seule personne qui approche.
Mais il ne put poursuivre sa réflexion.
Son esprit et son corps, qui avaient tenu bon malgré la douleur, n’eurent d’autre choix que de sombrer dans la paix enfin venue.
« … »
Et c’est ainsi que Choi Jung Soo perdit connaissance.
En voyant son corps inerte, Sui Khan abattit son épée.
Tranch, tranch, tranch.
Les quelques chaînes restantes furent rompues, et Choi Jung Soo se détacha du mur avant de basculer en avant.
« … »
Celui qui rattrapa son corps et l’empêcha de tomber baissa les yeux vers lui en silence.
Des blessures les plus anciennes aux plus récentes, laissées par Hitelis…
Après les avoir examinées une à une, il releva la tête et regarda Cale.
« C’est l’Ordre du Dieu du Chaos qui lui a fait ça ? »
Cale regarda celui qui avait posé la question.
Choi Han.
Puis il hocha la tête.
« Ouais. »
Choi Han perdit toute expression.
Cale regarda les deux autres qui étaient venus avec lui.
C’étaient Clopeh et le Démon Céleste.
Clopeh prit la parole le premier.
« En chemin, nous avons trouvé ces deux-là et les avons amenés avec nous. »
Comme Clopeh connaissait déjà dans les grandes lignes le plan de Cale, il n’avait sans doute pas eu trop de mal à descendre au deuxième sous-sol.
Le Démon Céleste prit la parole quand Cale tourna les yeux vers lui.
« Choi Han a repéré des traces laissées par Choi Jung Soo. Ensuite, comme cet endroit était le plus proche, nous sommes venus ici et avons fouillé les alentours. Puis, lorsque nous avons vu la bataille éclater ce soir, nous avons profité de la confusion pour nous infiltrer. »
Le Démon Céleste jeta un bref regard à Choi Han.
… Sauvage.
Choi Han ne laissait paraître aucune émotion, mais une aura sauvage émanait de lui tandis qu’il tenait Choi Jung Soo dans ses bras.
N’était-ce pas son seul neveu ?
Le Démon Céleste avait entendu quelques détails sur la relation entre Choi Han et Choi Jung Soo en voyageant avec lui.
Choi Han paraissait plus jeune, mais vu l’état dans lequel se trouvait Choi Jung Soo en tant que Vagabond, il avait supposé que leur histoire était compliquée et n’avait pas posé davantage de questions.
C’est le fils de mon frère.
C’était tout ce qu’il avait entendu.
Choi Han était l’oncle, Choi Jung Soo le neveu.
Le seul descendant encore en vie. Le dernier représentant de sa lignée.
Et ce descendant était dans un état déplorable, en ce moment.
L’Ordre du Dieu du Chaos avait commis une erreur.
Des dizaines de blessures superficielles parsemaient sa peau.
À première vue, aucun os ne semblait cassé et ses organes n’avaient pas l’air touchés. Le Démon Céleste avait d’abord pensé que sa santé ne courait pas de grand danger.
Ce n’est que parce que je suis un tiers.
Le Démon Céleste garda le silence.
Car Choi Han, mais aussi Sui Khan et Cale, étaient tous dans le même état d’esprit, à peu de chose près.
« Cale. »
Sui Khan, après avoir regardé Choi Han et Choi Jung Soo, prit la parole.
« On arrête la maladie grise, maintenant ? »
Au départ, ils étaient venus sauver Choi Jung Soo et recueillir des informations sur la maladie grise.
Ils devaient empêcher l’Ordre du Dieu du Chaos de mettre son plan à exécution, et empêcher les démons de mourir.
« Clopeh. »
Au lieu de répondre à la question de Sui Khan, Cale se tourna vers Clopeh.
« Quelle est la situation à l’étage ? »
« Le chevalier sacré de haut rang et Mol, le chef de la Troisième Armée, sont toujours dans une impasse. Mais Mol semble prendre l’avantage. Les combats sont actuellement les plus violents près de l’entrée du bâtiment. Si la situation s’éternise, Mol devrait finir par vaincre le chevalier sacré. »
« Et ensuite ? »
« Mol mourra. »
Cale reporta son regard sur Clopeh.
« Même si le Général Mol parvient de justesse à vaincre ce chevalier sacré, beaucoup d’autres gardent le pape. Même si le chevalier sacré le plus haut gradé ne se bat pas lui-même, les autres tueront Mol. Il est au bord de l’épuisement. »
Clopeh estimait que Mol tuerait un chevalier sacré de haut rang, avant d’être submergé puis tué par les autres.
Mol aurait ainsi rempli son rôle, mais…
Le chevalier sacré le plus haut gradé doit encore se trouver auprès du pape.
Dans ces conditions, Clopeh se demandait comment ils allaient pouvoir s’occuper du pape.
Le chef de la Troisième Armée est plus faible que je ne le pensais.
Il était censé être l’une des lames du Roi des démons actuel, et pourtant, les chevaliers sacrés de haut rang au service du pape semblaient être les lames les plus acérées.
C’est alors que…
« Non. »
Cale prit la parole.
« Hm ? »
Clopeh, qui avait répliqué, s’interrompit.
Cale avait fini de réfléchir et semblait désormais sûr de lui.
« Le Général Mol n’a pas encore déployé toute sa puissance. »
« … Vraiment ? »
Le Son du Vent l’avait dit à Cale.
Mol gardait encore une dernière carte en réserve.
La signification était évidente.
Il utilisera son atout contre le pape.
Cale donna un ordre à Clopeh.
« Va l’aider, tout de suite. »
Le plan avait changé.
« Fais en sorte que Mol arrive jusqu’au pape. »
Ils devaient s’occuper du pape en limitant au maximum leurs propres pertes.
Ils ne pouvaient pas ignorer la relique divine entre les mains du pape.
Ils ne pouvaient pas laisser la maladie grise se propager dans tout le Monde des Démons.
On ferait peut-être mieux de mettre la main sur la relique divine du pape et de négocier avec le Roi des démons actuel.
Cale devait encore affronter la Famille du Sang transparent et la Famille du Sang aux cinq couleurs.
Et l’Ordre du Dieu du Chaos.
Il n’y a plus moyen de s’entendre avec ces salauds.
Pas après ce qu’ils avaient fait à Choi Jung Gun, mais aussi à Choi Jung Soo et au chef d’équipe.
Il ne pouvait plus laisser passer ça.
Comme Choi Jung Soo l’avait deviné, Cale était furieux, vraiment furieux. Il avait l’impression qu’il fallait leur faire payer plusieurs dizaines de fois le prix de leurs actes.
Il fallait donc écraser l’Ordre du Dieu du Chaos.
Il ne restait donc qu’un seul camp à rallier.
Le Roi des démons actuel.
Il ne pouvait pas se permettre de perdre du temps à combattre cette faction, lui aussi.
Aurora, la seule descendante encore en vie de l’ancien Roi des démons, était avec Cale. Il valait donc mieux négocier avec le Roi des démons actuel par son intermédiaire.
Le Roi des démons actuel non plus ne voudrait pas voir le Monde des Démons ravagé par la maladie grise.
Bien sûr, si le Roi des démons actuel accordait plus de valeur au pouvoir qu’à la vie des démons…
Si telle était sa réponse, alors Cale ne pourrait pas conclure d’accord.
Car Cale n’avait aucune intention d’utiliser la relique divine du pape pour laisser mourir des démons.
Quoi qu’il en soit…
Il ne pouvait pas laisser le pape tranquille.
« Clopeh, parmi tous ceux qui sont ici, c’est toi dont l’identité a été le moins révélée. »
Le Démon Céleste, Cale, Choi Han et Raon…
Tous étaient apparus dans les images de la Nuit primordiale.
Et On et Hong étaient trop jeunes pour être envoyés seuls au cœur d’un champ de bataille aussi violent.
Sans hésiter, Cale demanda à Clopeh :
« Tu es fort, pas vrai ? Ou pas ? »
Sans même s’en rendre compte, Clopeh vit les coins de sa bouche se relever.
Ce regard.
Clopeh ne le connaissait que trop bien.
Je l’ai vu pour la première fois sur le territoire des Henituse.
Clopeh, le chevalier gardien qui avait chevauché un wyverne pour s’emparer du territoire des Henituse.
Et celui qui s’était dressé devant lui à l’époque, Cale Henituse.
À l’époque, avec ce même regard, Cale avait écrasé Clopeh et protégé le territoire des Henituse…
Et, au-delà, protégé le Royaume de Roan.
Le regard furieux de ce héros.
Celui d’un homme déterminé, d’une volonté inébranlable, à faire ce qui devait être fait.
Ah.
Clopeh comprit qu’une nouvelle page de l’histoire s’écrivait cette nuit.
« Je conduirai Mol jusqu’au pape. »
Comme si c’était la chose la plus naturelle au monde, Clopeh tira son épée.
« Je pars devant. »
Il n’avait aucune raison d’hésiter.
Il se mit aussitôt en mouvement.
Booooom…
Il sentait déjà que les combats, pour l’instant bloqués à l’entrée du bâtiment, faisaient rage.
La Main derrière le dos de la Troisième Armée.
Mol, le maître des claques derrière la tête.
Il devait l’attraper par la peau du cou et le traîner jusqu’au pape.
Parce que c’est Cale-nim qui me l’a demandé.
C’était une mission à accomplir, même au prix de sa vie.
Un grand sourire aux lèvres, Clopeh se dirigea vers le champ de bataille à l’étage.
« Qu’est-ce qu’on fait, nous ? »
Le Démon Céleste posa la question à Cale.
La force de combat de ceux qui restaient ici était extrêmement élevée.
« … »
Choi Han finit par arracher son regard à Choi Jung Soo et fixa Cale en silence.
Cale soutint son regard un instant, puis baissa les yeux.
Et tendit la main.
« Hé. »
Il attrapa Hitelis par la nuque et lui murmura :
« Je sais que tu es réveillé. »
Le corps de Hitelis tressaillit légèrement.
Le détenteur du pouvoir qui avait écrasé sans effort jusqu’à la puissance du Dieu du Chaos contenue dans la relique divine.
Humain, dieu ou autre chose…
Impossible même de deviner ce qu’il était.
D’un ton monocorde, il ordonna à Hitelis :
« Tu vas nous conduire jusqu’au pape. »
La colère qui couvait sous ce calme semblait se resserrer autour de la gorge de Hitelis.