Chapitre 171
Chapitre 171 – L'excursion du figurant
Traducteur : Makisima
Correcteur : Nevermind
(Dans le chapitre 168, j'avais utilisé « passant » au lieu de « figurant ». Mais Nevermind a souligné l'erreur et, après réflexion, j'ai décidé d'utiliser ce dernier terme car il est plus proche du sens original.)
Je profitais de l'air frais du matin en sortant de la tente.
Il restait encore quelques traces du banquet de la veille.
Je ne m'attendais vraiment pas à un banquet pour les nouveaux venus. Diverses viandes, du vin et des desserts avaient été préparés pour nous, et nous avons mangé autant que nous le voulions. Tout le monde était de très bonne humeur. J'avais aussi secrètement flatté Quinton.
« Tu es réveillé, gamin ? »
« Ah, bonjour. »
L'ojisan (un terme utilisé pour s'adresser à un homme d'âge mûr au Japon) venu de la campagne s'approcha de moi. Je lui fis un signe de tête pour le saluer.
« La mission commence aujourd'hui. Vérifie bien ton équipement. »
« Ah, c'est vrai. »
Commencer mes phrases par « ah » était ma façon d'agir comme un figurant.
En fait, on m'avait prêté une armure de cuir de seconde main et une lance, car je n'en avais pas. Eh bien, je n'avais pas d'autre choix que d'accepter.
L'armure de cuir était légère et fine, elle ne devrait donc pas gêner mes mouvements. Ça me va tant qu'elle ne me bloque pas, mais si quelqu'un me demandait vraiment si elle peut me protéger, je ne suis pas sûr.
La lance que j'ai reçue était très commune. Et n'importe qui peut manier une épée, pas besoin de capacités particulières pour poignarder un ennemi en pleine poitrine. Cela correspondait parfaitement à mon statut de figurant, j'étais donc assez satisfait.
Une fois équipé de l'ensemble, j'avais l'air d'un figurant parfait.
« Cette armure te va bien, non ? »
« Ah, non. »
« Allez, gamin. »
« Ah, merci beaucoup. »
L'ojisan de la campagne et l'autre type qui avait hypothéqué sa femme ont entamé la conversation avec moi. Bien qu'ils soient armés presque comme moi, ils ressemblaient plus à des brigands qu'à des soldats. Mais on disait d'eux que c'étaient des gens décents, ce qui m'a surpris.
« Eh bien, si nous sommes en danger, nous te protégerons, sois tranquille. »
« Si tu es fatigué, je peux porter tes bagages. Je n'ai peut-être pas l'air d'un homme fort, mais je suis en fait le plus costaud de mon village ! »
« Si tu as des ennuis, dis-le-moi. Une fois, j'ai frappé un sanglier si fort que je l'ai envoyé valser. »
Ces ojisans exhibaient leurs muscles dont ils étaient si fiers. Ils étaient un peu stricts, mais gentils et attentionnés. Il semblait qu'hier, ils avaient tous les trois décidé de faire équipe avec moi. Nous formerions désormais une escouade de quatre membres.
« Ah, merci beaucoup ! Laissez-moi vous masser les épaules pour vous remercier ! »
« Oh, vraiment ? En fait, j'ai vraiment les épaules raides. »
Super ! Maintenant, je peux devenir le figurant qui flatte les gens et leur masse les épaules.
En fait, j'avais remarqué d'un coup d'œil qu'ils avaient les épaules un peu tendues. J'étais plutôt doué pour le massage. J'avais une haute estime de mes connaissances sur le corps humain. Puisque je savais comment détruire un homme, je devais naturellement savoir comment le soigner.
J'ai touché l'épaule de l'ojisan assis là et j'ai vérifié ses os et ses muscles. La raison de sa douleur semblait être que les muscles autour de ses omoplates étaient trop raides et que sa colonne vertébrale était quelque peu déformée.
J'ai utilisé la force de mes poignets pour masser ses épaules et détendre ses muscles. Ma force physique étant limitée, j'ai secrètement injecté de la magie pour détendre davantage ses tendons et ajuster sa colonne vertébrale et ses omoplates.
Bien joué. Parfait.
« C'est incroyable ! Mes épaules sont légères comme des plumes ! Oh, qu'est-ce qui se passe ? »
L'ojisan sourit et fit bouger ses épaules.
Eh bien, je n'ai pas gaspillé mes efforts à pratiquer le massage sur ma sœur et Alpha.
« Oh, vraiment ? En fait, j'ai aussi mal au cou. »
« J'ai mal au dos ces derniers temps. Tu pourrais m'aider avec ça ? »
« Laissez, laissez-moi faire. »
J'ai aussi massé les deux autres ojisans. Peut-être que devenir chirurgien esthétique ou masseur aurait été un meilleur choix pour moi. Les éminences grises sont aussi très compétentes en soins médicaux.
« Waouh ! J'ai l'impression de voler dans le ciel !! »
« Maintenant, même si cent personnes se battent contre moi en même temps, elles ne feront pas le poids !! »
Leur bonheur était le plus important.
On dit que les humains sont ainsi faits : quand on rend les autres heureux, on se sent heureux soi-même. Le bonheur est contagieux.
Il s'avère que le bonheur indirect semble être meilleur pour moi.
« Nous partons ! Maintenant, formez quatre rangs ! »
Quinton a donné l'ordre. Puis, notre marche a commencé.
Nous n'avons eu qu'une heure de pause à midi, et nous avons continué à marcher jusqu'au coucher du soleil.
Bien que tout le monde ait plus de force physique qu'un Japonais moderne, c'était quand même trop dur. À cause du banquet luxueux, j'avais pensé que le travail serait facile. Mais en réalité, le travail était laborieux dès le premier jour... Non, un figurant doit juste suivre les ordres.
Ne pas défier les ordres et s'y conformer : c'était la règle que tout figurant devait suivre.
Mais je voyais aussi la fatigue sur les visages des gens autour de moi.
La nuit tombait. Nous semblions être entrés dans la forêt. Je ne serais pas vraiment surpris si nous laissions quelqu'un derrière. Avons-nous vraiment marché 50 km aujourd'hui ?
Mais il s'avère que personne n'est resté à la traîne aujourd'hui, après cette marche ardue. Je suppose que c'est parce que le moral est vraiment élevé dans la troupe. Nous avons beaucoup parlé de paris à gros enjeux lors du banquet d'hier.
Goldoh a rassemblé les gens qui n'avaient reçu aucune formation professionnelle pour former cette troupe. Notre seul avantage était un moral élevé.
Cependant, même si notre moral était élevé, il avait ses limites. Bien qu'il soit important d'avoir la volonté de faire quelque chose, on n'obtient rien si on n'a que la volonté.
Alors que je réfléchissais, la marche s'est arrêtée.
« Éteignez les flammes à partir de maintenant. Ne faites pas trop de bruit. »
Goldoh s'est avancé après avoir donné ses instructions.
La lune brillante de ce soir était d'une grande aide. Le clair de lune filtrait à travers les feuilles.
Avec l'aide de cette faible lumière, nous avons continué à marcher dans la forêt pendant un moment.
« Nous allons faire une courte pause ici. »
Tout le monde a soupiré de soulagement, s'effondrant presque sur le sol.
« Cependant, ne faites pas de bruit. Ne chuchotez pas. N'allumez pas de feu. »
« Mais Monsieur Goldoh, si nous n'allumons pas de feu, nous ne pouvons pas cuisiner... »
« Ne mangez pas ce soir. »
« Hein ? »
« Nous sommes maintenant dans les environs du territoire du Comte Rajta. Nous attaquerons la ville de nuit, quand les habitants seront endormis. »
Bien que tout le monde soit resté silencieux, une atmosphère tendue s'est installée.
« Ne vous inquiétez pas, je comprends votre malaise, mais nous gagnerons cette bataille quoi qu'il arrive. »
Pour nous rassurer, Goldoh nous a expliqué les détails de son plan de bataille avec un sourire aux lèvres.