Chapitre 20
Chapitre 20 : La Note de la Sorcière
Traducteur : winniethepooh, Kris_Liu Éditeur : Vermillion
Comme prévu, Lucien ne trouva rien de particulièrement utile au cours des quatre heures qui suivirent avant de s’endormir. Il lut une dizaine de pages, mais la plupart lui parurent comme des mots isolés plutôt que des phrases cohérentes, probablement parce que de nombreux termes relatifs à la magie étaient très inhabituels.
Bien sûr, Lucien avait ses propres suppositions sur la signification de certains d’entre eux. Mais il s’agissait de magie. Il devait être plus que prudent avant d’agir. Lucien ne voulait pas mourir à cause d’une stupide erreur d’interprétation.
Heureusement, la précédente propriétaire des notes les avait également utilisées comme un journal intime. Certaines de ses pensées et expériences y étaient également consignées. Pour cette partie, la sorcière utilisait des mots et une grammaire courants, ce qui permit à Lucien de connaître l’histoire de ces notes magiques, ou plutôt, de ces livres.
La sorcière était née dans la dernière famille de sorciers de l’ancien Empire magique de Sylvanas, détruit. Sa famille s’était réfugiée dans son vieux château, au cœur des montagnes, pour éviter le massacre de l’Église, depuis la prise d’Aalto. Mais après des centaines d’années passées là-bas, la population de la famille déclina dramatiquement. Finalement, il n’en resta que trois : la sorcière et ses parents.
Les parents de la sorcière moururent dans un accident alors qu’ils tentaient d’invoquer une créature dont Lucien ne put lire le nom. La sorcière devint alors orpheline et hérita de deux livres de magie : Astrologie et Éléments Magiques ; et Illustrations de Matériaux Magiques Communs.
Lucien souhaitait que les notes soient relativement complètes pour qu’il puisse les comprendre, sinon il devrait apprendre la langue mourante de Sylvanas, ce qui était, pour ainsi dire, impossible.
……
Presque tous les emplois que le Cornet de Cuivre pouvait offrir étaient sous le contrôle du gang Aaron. Lucien perdit à nouveau son emploi. Il dut puiser dans ses économies récemment pour subvenir à ses besoins.
Mais il était également agréable que Lucien puisse saisir l’occasion de se concentrer sur ses études, et d’éviter ainsi les possibles représailles du gang. Joel jouait toujours dans les rues animées du quartier administratif, tandis qu’Alisa faisait la lessive pour l’association. Tous deux étaient relativement éloignés de la zone du marché, où le gang Aaron tyrannisait le plus.
Ils étaient tous d’accord pour dire que Lucien était toujours celui qui courait le plus de risques. Ils avaient prévenu Lucien de ne pas quitter la ville, de ne pas aller dans des endroits déserts, et lui avaient même dit d’être vigilant au moment du coucher, au cas où des salauds tenteraient de brûler sa cabane.
Ainsi, après s’être lavé le visage et avoir mangé son pain brun dur ramolli dans de l’eau bouillante, Lucien sentit qu’il n’avait rien à faire.
Mais ce sentiment ne dura pas plus d’une minute. Bientôt, Lucien sortit et trouva un champ ouvert. Il commença à pratiquer l’escrime avec un bâton de bois, suivant les instructions de John. Lucien aspirait à la force pour se protéger, même s’il savait que son entraînement était trop tardif. John dit à Lucien qu’après seize ans, les chances qu’une personne soit Bénite étaient très minces, voire nulles, à moins qu’il ne reçoive l’Eau Sainte de l’Église.
Lucien gardait également le poignard de Jackson à portée de main, en cas de danger.
Après l’entraînement, Lucien rentra chez lui. Il était neuf heures du matin. Le soleil dans le ciel commençait tout juste à montrer sa véritable puissance. Après un court repos, Lucien ouvrit à nouveau ses livres et commença à réviser. Il était beaucoup plus diligent et discipliné que jamais.
……
12 rue Snehva, Gesu.
« Vous n’avez jamais vraiment appris cela auparavant ? » demanda Victor avec une grande surprise, « Aucun d’entre eux ?
Les progrès de Lucien étaient plus qu’impressionnants. Il répondit à toutes les questions parfaitement et couramment. Il posa même quelques questions qu’il avait trouvées dans l’orthographe, que la plupart des élèves ne pouvaient remarquer qu’une fois qu’ils avaient acquis des bases solides. En une seule journée d’étude, Lucien avait presque rattrapé ses camarades de classe, Colin et Renée. Les deux élèves issus de milieux modestes étudiaient ici depuis plus de trois mois.
Lucien était-il un génie ? Ou simplement un menteur ? Les élèves se posaient la question.
« Je vous jure que non, monsieur Victor. Nous parlons déjà des langues communes dans nos vies, n’est-ce pas ? Je ne sais pas lire, mais je sais que les liens entre les lettres et les sons sont plus importants. J’ai utilisé mon imagination. » expliqua Lucien. Il voulait que les gens croient qu’il était simplement intelligent, au lieu de le considérer comme un monstre incompréhensible, ce qui pourrait lui attirer des ennuis.
Bien sûr, Lucien ne lui parla pas de la bibliothèque.
Victor hocha la tête et sourit avec approbation : « Bien, très bien. Vous avez un don pour l’apprentissage des langues. »
Lucien était envié par la plupart des élèves de la classe. En entendant les félicitations de Victor, Lott et Felicia, qui étudiaient auprès de Victor depuis cinq ans, échangèrent un regard.
« Ça a l’air assez utile. » Felicia hocha légèrement la tête, les mains croisées sur les genoux. En tant que jeune fille noble, elle restait toujours droite.
Lott allait hausser les épaules, mais il fut arrêté par la pensée que ce geste pourrait ne pas paraître élégant. Face à Felicia, sa concurrente de longue date, Lott avait tendance à être plus prudent.
« Les pauvres parlent aussi la langue commune. Ils ne savent tout simplement pas épeler et lire. C’est toujours mieux que de commencer à zéro, n’est-ce pas ? » ajouta-t-il, « Même s’ils l’apprennent, cela ne sera pas très utile pour apprendre la musique. »
« J’ai ma propre méthode pour apprendre la musique, contrairement à toi. » répondit sèchement Felicia, « Tu es doué, mais les dons ne durent pas éternellement. Si j’étais toi, je passerais plus de temps à pratiquer qu’à traîner avec les filles. » Elle regarda ensuite Lucien. « Même ce pauvre type, s’il commence à apprendre la musique, il fera probablement mieux que toi. » Elle sourit, montrant ses belles dents blanches.
Tous les camarades de classe pensaient que Lucien voulait devenir musicien. Ils ne connaissaient pas la véritable raison simple pour laquelle Lucien avait choisi Victor comme professeur. Aux yeux des gens du commun, le choix d’un professeur représentait le cheminement futur d’une personne. Par exemple, si une personne voulait devenir fonctionnaire à l’hôtel de ville ou à la cour, elle choisirait certainement des érudits ayant des antécédents en droit ou en histoire, plutôt qu’un musicien.
Mais toutes les carrières devaient être reconnues par les nobles. Ce n’est qu’alors qu’elles indiqueraient un véritable succès.
« S’il est meilleur que moi, il est meilleur que toi, Felicia. » railla Lott.
Felicia allait répondre, mais elle remarqua que Victor les regardait. Elle leva la main et arrangea ses cheveux roux, puis baissa la tête et retourna à ses études.
Victor accéléra l’apprentissage de Lucien. Bientôt, ils terminèrent le reste des règles d’orthographe et passèrent à la grammaire de base, ce qui était exactement ce que Lucien attendait.
……
Vendredi, le dernier jour d’études de Lucien cette semaine.
Après quelques jours d’apprentissage, Lucien avait maîtrisé la majeure partie de la grammaire. Sans le manque de vocabulaire, Lucien pourrait même commencer à apprendre la magie maintenant. Il avait également fait de grands progrès avec les notes de magie, dans lesquelles la sorcière expliquait pourquoi elle était venue à Aalto :
« Avec l’augmentation de ma puissance spirituelle, il est devenu plus difficile pour moi de m’immerger dans la méditation… Devrais-je essayer la méditation comme seuls les véritables sorciers peuvent le faire ?
……
« C’était trop dangereux. J’ai failli mourir. Peut-être devrais-je améliorer la méditation des apprentis en fonction de mon expérience. »
……
« Je me suis complètement perdue. Pas étonnant que tous les grands aînés n’aient fait aucune amélioration. Je suis trop superficielle, trop arrogante. »
« Même la structure magique du premier niveau est trop compliquée. Je ne trouve pas le moyen de construire le modèle de marque magique. Cela me rend folle… J’ai déjà la potion, mais sans le modèle, je ne peux pas aller de l’avant pour devenir une vraie sorcière !
……
« Je ne sais pas… peut-être devrais-je essayer de faire une potion de « Porte Magique ». Elle contient une magie de niveau un. Peut-être que je peux le faire de cette façon. »
……
« J’ai besoin d’Ajonc des Neiges… Peut-être devrais-je aller à Aalto. C’est la plus grande ville du continent occidental. Il y a aussi beaucoup de sorciers et de sorcières cachés. C’est dangereux, mais j’aurai quand même une chance. »
Jusqu’à présent, c’était tout ce que Lucien pouvait lire dans les notes. Il était très curieux de connaître son expérience à Aalto, mais il décida de terminer les quelques pages restantes plus tard ce soir.
Aujourd’hui, Lucien voulait aussi emprunter un dictionnaire de langue commune et l’ajouter à sa bibliothèque. Si tout se passait bien, Lucien pourrait commencer à apprendre la magie le week-end.
Son cœur était rempli d’espoir.