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Traducteur/éditeur : Oblivious
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◈ Le chevalier le plus faible est devenu Maître d’épée, mais uniquement dans les donjons ◈
Chapitre 30 : écuyer personnel — interlude
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Antenne de Campbell de l’Ordre de chevalerie de l’Aile Blanche.
« Vous avez fini de discuter ? »
« Oui. »
En sortant de la salle d’entraînement fermée, je tombai sur Cain, le chef d’antenne à l’air intimidant, qui m’accueillit.
Il tenait un roman sentimental ouvert dans une main. Il s’intitulait Toi, comme un loup, et moi.
Je fis exprès de ne pas le voir. J’avais eu la même réaction en le découvrant dans l’histoire originale, mais ce livre ne lui allait vraiment pas du tout.
Le chef d’antenne glissa un marque-page dans le livre, le referma et le fourra sous ses vêtements.
« Allons-y. »
Le chef d’antenne prit les devants et je le suivis. En chemin, je baissai les yeux vers ma main droite et me mis à réfléchir.
« Une couleur signature qui détruit l’énergie démoniaque… »
Était-ce la manifestation de mon moi profond ?
Enfin, exterminer les démonides était aussi un moyen d’éviter les mauvaises fins. Ça se tenait.
Je refermai la main en un poing, un sourire se dessinant sur mes lèvres.
« …Qui suis-je ? »
Un Expert de l’épée, un éveillé à l’aura et le détenteur d’une couleur signature.
… Hé.
« Pourquoi souriez-vous ? »
« Ah… Pour rien. »
Le chef d’antenne se retourna et me dévisagea avec méfiance. Je n’avais pourtant pas fait un bruit. Comment avait-il su que je souriais ?
Je poursuivis mon chemin, encore troublé, quand quelqu’un m’interpella.
« Hé, mon ami ! »
Il venait apparemment de terminer l’appel du matin. Un homme aux cheveux bleu marine et au visage malicieux s’approcha de moi d’un air chaleureux.
Je m’arrêtai.
« Simon, mon aîné ? »
C’était Simon Hasfield, l’adversaire que j’avais affronté en combat d’entraînement la veille.
Simon, le chef d’antenne et moi échangeâmes des saluts.
Le chef d’antenne me fit signe de la main que je pouvais discuter avec Simon.
Simon avait laissé retomber sa frange, ce qui lui donnait une tout autre allure que l’air sérieux qu’il avait affiché pendant notre combat, les cheveux plaqués en arrière.
« Vous vous sentez bien ? »
« Oui, je vais parfaitement bien. »
« Ah, tant mieux ! J’ai eu tellement peur quand ils vous ont emporté hier ! »
« Excusez-moi, mais… cette apparence, c’est une sorte de jeu de rôle ? »
« Hum ? »
« Vous avez l’air très différent de pendant le combat. »
« Ah. »
J’avais vraiment du mal à concilier cette version de lui avec l’homme posé qui m’avait affronté.
Simon sembla comprendre ce que je voulais dire, et ses yeux se plissèrent encore davantage.
« Il faut bien que je sois sérieux pendant un combat, mais… pour être franc, je vous aime bien. »
« … »
« Voilà tout. »
Ce senior…
« Il a compris le romantisme de la chose ! »
Le cliché du combat qui se termine en amitié ? J’y adhérais à fond.
Simon me tapota l’épaule.
« Mon ami ! Prends soin de toi. Il faut qu’on se donne à fond tant qu’on en a encore le temps, pas vrai ?! »
« Oui ! »
« Parfait ! Donnons-nous à fond ! »
« Oui ! Allons-y ! »
« C’est ça, allons-y ! »
Le chef d’antenne fronça les sourcils en silence, nous observant, Simon et moi, comme si nous étions des gens bizarres.
…
« Je vous en prie, enseignez-moi. »
Je m’entraînai l’un après l’autre contre les membres de l’Aile Blanche.
Contrairement au premier combat, la plupart m’affrontèrent dans un esprit bien plus proche d’un entraînement pédagogique.
Il était évident qu’ils avaient reçu de leur commandante l’ordre de m’enseigner.
Je m’efforçai de graver chaque instant dans ma mémoire.
Elise Lorendia observait l’escrime des membres de l’Aile Blanche et leur façon d’utiliser l’aura, puis s’exerçait en les imitant avec adresse.
Elise et moi mettions aussi en pratique ensemble ce que nous avions appris.
Et, contrairement à l’histoire originale, un grand changement s’était produit.
« Épée du Tonnerre déchaîné… Le nom semble bien choisi. Après tout, quand on a créé son propre style d’épée, on est libre de le nommer comme on veut. »
Lucia Silverbane, commandante de l’Ordre de chevalerie de l’Aile Blanche.
Dans l’histoire originale, elle aurait dû repartir depuis longtemps. Pourtant, elle avait repoussé son départ et était restée à l’antenne de Campbell pour m’enseigner en tête-à-tête.
Elle m’avait transmis ses propres réflexions et ses mouvements, m’expliquant comment manier mon aura et exécuter mes techniques.
Grâce à elle, l’Épée du Tonnerre déchaîné acquit peu à peu les bases d’un style d’épée.
Ainsi s’acheva l’expérience d’écuyer personnel de trois jours, et le quatrième matin arriva.
« Vous avez travaillé dur jusqu’au tout dernier jour. »
Dès la fin de l’appel du matin, la commandante de l’Aile Blanche nous convoqua, Elise et moi, dans son bureau. L’heure de l’entretien final était venue.
Nous étions assis chacun sur un canapé, une tasse de thé devant nous. De la vapeur s’en élevait.
« Cadette Elise, je suis désolée. J’ai fini par accorder beaucoup trop d’attention au cadet Ron. »
« Pas du tout. J’ai compris vos intentions, Commandante. Et j’ai beaucoup appris rien qu’en observant les aînés. »
Elise répondit avec un sourire radieux.
« Vous êtes si douée, cadette Elise, que je suis sûre que vous réussirez tout ce que vous entreprendrez. N’hésitez pas à venir me voir si vous avez la moindre question. »
« Merci. »
« Et vous, cadet Ron… »
La commandante de l’Aile Blanche me sourit avec douceur.
« Accepteriez-vous de me tenir régulièrement au courant de vos progrès, à partir de maintenant ? »
« Oui… ? Ah. »
Surpris, j’avais répondu avec beaucoup trop de désinvolture. Mais la commandante de l’Aile Blanche ne sembla pas s’en formaliser.
Elise me jeta un regard curieux. Elle avait dû trouver ça étrange, elle aussi.
« Sous quelle forme souhaitez-vous recevoir ces nouvelles ? »
« Hum, des lettres seraient préférables. Envoyez-les-moi directement. Vous pourrez aussi y glisser vos questions ou toute autre chose dont vous voudriez discuter. Je vous répondrai également. »
« … ? »
Un malaise s’installa dans la pièce.
Comment dire… ?
« C’est le genre de privilège qui me permet d’écrire directement à une commandante de rang brigadier général… ? »
Si quelqu’un à l’École des chevaliers m’embêtait, est-ce que je pouvais lui glisser dans une lettre un truc du genre : « Grande sœur Commandante, vous pourriez casser la gueule à cet enfoiré, bouhouhou » ?
« Terrifiant… »
J’avais là un sacré appui.
Bien sûr, je n’avais pas l’intention de profiter de la commandante de l’Aile Blanche par des moyens aussi puérils.
« Enfin, si elle veut que je lui écrive, c’est sûrement à cause de ma couleur signature. »
À sa place, je voudrais moi aussi suivre ma progression de près. J’étais devenu son bouée de sauvetage sans m’y attendre.
En même temps, elle ne pouvait sans doute pas me mettre la pression et me garder sous sa protection ; c’était probablement la limite de ce qu’elle pouvait faire.
« Oui ! Je vous écrirai des lettres bien détaillées et je vous les enverrai ! »
« Héhé, merci. »
La commandante de l’Aile Blanche posa devant sa bouche un poing légèrement fermé et sourit avec douceur.
« … ? »
À cet instant, je ressentis un chatouillement sur le dos de ma main. Un insecte ?
Je baissai les yeux et découvris qu’Elise me caressait doucement le dos de la main avec son index souple.
« Qu’est-ce qu’elle fabrique… ? »
La commandante de l’Aile Blanche avait sans doute remarqué, mais elle semblait prête à fermer les yeux sur l’une des bizarreries d’Elise.
Tandis que je restais là, tout seul, complètement déconcerté, je compris bientôt ce qu’Elise voulait dire.
« Des lettres ? »
Le doigt d’Elise traçait des mots sur le dos de ma main.
« Lettre… d’a… mour… hein… ? »
Une lettre d’amour, hein ?
Je plissai les yeux et lui lançai un regard en coin.
« Non, mais toi… »
Tu ne penses qu’à me taquiner dès que tu en as l’occasion… ?
Sans se soucier de mon air contrarié, Elise continua d’observer calmement la commandante de l’Aile Blanche, comme si de rien n’était.
…
Devant le portail de l’antenne de Campbell de l’Ordre de chevalerie de l’Aile Blanche.
Une calèche magique nous attendait.
Après avoir remercié les membres de l’Aile Blanche et leur avoir dit au revoir, Elise et moi rejoignîmes la calèche.
La commandante de l’Aile Blanche, sa secrétaire et le chef d’antenne étaient venus nous raccompagner.
Les membres semblaient surpris de voir la commandante nous raccompagner. Comme elle devait bientôt partir pour rattraper son retard, elle était même impeccablement habillée.
Cela prouvait qu’elle était elle-même très occupée. Je me sentis d’autant plus embarrassé.
J’avais l’impression que mon petit-déjeuner n’était toujours pas digéré…
Et en plus de ça…
Froufrou.
« Euh, Commandante… ? »
Sans dire un mot, la commandante de l’Aile Blanche rajusta mes vêtements, qui n’avaient pourtant rien de particulier.
Des regards lourds de sens affluaient de toutes parts.
À mes yeux, ce geste témoignait clairement d’une certaine affection. On aurait dit une mère qui faisait ses adieux à son fils avant un long voyage.
« Prends soin de toi, mon disciple temporaire. »
La commandante de l’Aile Blanche se pencha vers moi et m’adressa un sourire bienveillant en me disant au revoir.
Eh bien, c’était plutôt agréable.
Est-ce que je devais lui faire des adieux chaleureux, moi aussi ?
« Oui. Merci de m’avoir enseigné, Maître. »
« … »
Nous n’étions pas liés, maintenant ? Elle pouvait bien accepter une salutation aussi effrontée.
La commandante de l’Aile Blanche entrouvrit un instant les lèvres, puis sourit, satisfaite.
« C’est moi qui devrais vous remercier. J’ai été heureuse de vous rencontrer. À bientôt. »
« Oui ! »
Comme à l’aller, Elise et moi montâmes dans la calèche avec Simon et la membre au visage grave, puis nous prîmes la direction de l’École des chevaliers.
La commandante de l’Aile Blanche nous salua doucement de la main tandis que nous partions.
* * *
Après le départ de la calèche, Lucia Silverbane, commandante de l’Ordre de chevalerie de l’Aile Blanche, prit la parole.
« Chef d’antenne Cain. »
« Oui, Commandante. »
« Informez l’École des chevaliers Griffin qu’elle devra régulièrement me tenir au courant des études d’Elise Lorendia et de Ron Hazely. De plus, si l’un ou l’autre rencontre un problème, qu’on me le signale sans tenir compte de la procédure. C’est bien compris ? »
« Oui, j’ai compris. »
Lucia n’avait encore jamais témoigné autant de favoritisme envers qui que ce soit, ce qui surprit le chef d’antenne en son for intérieur.
Mais il comprit bientôt.
Il pouvait y avoir bien des raisons à cela, mais c’étaient les cadets qu’elle avait choisis. Il était naturel qu’elle s’attache à eux.
Malgré tout…
« Ces deux-là… Ils seront amoureux la prochaine fois que je les verrai. »
Le chef d’antenne se frotta le nez et sourit en silence, se remémorant Elise qui donnait des morceaux de pomme à Ron.
« Commandante, je crois qu’il est temps de partir pour le quartier général. »
« Oui, allons-y tout de suite. »
Lucia hocha la tête aux paroles de sa secrétaire aux cheveux courts. Il était temps de s’occuper du programme qu’elle avait repoussé pour enseigner à Ron.
Elles se mirent en route.
* * *
Dans la calèche magique qui roulait sans à-coups, je contemplai les champs de céréales par la fenêtre et me plongeai dans mes pensées.
« Il n’y a pas eu d’attaque de démonides. »
Je ne savais pas si c’était parce que la commandante de l’Aile Blanche avait protégé l’antenne de Campbell jusqu’au bout, si les choses étaient toujours censées se passer ainsi après la mort d’Orankel, ou si une autre raison l’expliquait.
Mais l’expérience d’écuyer personnel auprès de l’Ordre de chevalerie de l’Aile Blanche s’était achevée sans attaque de démonides, comme lors des première et deuxième parties d’Elwi.
« Violet a dû passer un sale moment. »
À mon retour, j’achèterais quelques friandises et passerais du temps avec elle. J’avais hâte de revoir Violet.
Mon regard glissa vers Elise. Elle était assise à côté de la membre au visage grave et regardait par la fenêtre.
« Quoi qu’il en soit, je suis content que tout se soit bien terminé. »
Après tout, si j’avais participé à cette expérience d’écuyer personnel, c’était avant tout pour protéger Elise.
« Ça ne veut pas dire que je peux me détendre, par contre. »
Je me remémorai le parcours de la troisième partie de l’histoire originale.
Après qu’Elise s’était alliée à l’Ordre de chevalerie de l’Aile Blanche pour vaincre le démonide Orankel, elle n’avait pas pu participer aux expériences d’écuyer personnel des autres ordres de chevalerie, car elle devait collaborer à l’enquête.
Mais cette fois, elle avait terminé sa première expérience sans aucun problème.
Les cadets pouvaient participer à trois expériences d’écuyer personnel au maximum. D’après le programme d’Elise, il lui restait encore deux ordres de chevalerie à visiter.
Autrement dit…
« Le chapitre un, acte sept n’est pas terminé. »
Rien ne garantissait que l’histoire suivrait le cours prévu, alors je pouvais difficilement baisser la garde si tôt.
« … Cela dit. »
La lumière du soleil tombait sur le visage d’Elise. Ses cheveux magenta ondoyaient légèrement dans la brise qui s’engouffrait à l’intérieur.
Elle était peut-être perdue dans ses pensées. Son visage, dépourvu de toute malice, me donna l’impression que j’allais perdre la tête.
« Elle est vraiment jolie… »
Voilà donc ce que signifiait être la protagoniste.
C’était vraiment impressionnant.
« ? »
À cet instant, Elise tourna vers moi ses yeux turquoise. Nos regards se croisèrent aussitôt. Elle avait dû remarquer que je la fixais grâce à son sens de l’aura.
Tandis que j’avalais ma salive, surpris, Elise m’adressa son sourire malicieux habituel.
D’ordinaire, elle m’aurait tout de suite taquiné, mais les membres de l’Aile Blanche nous accompagnaient ; elle ne semblait donc pas vouloir en parler.
Terriblement gêné, je me retournai vite vers la fenêtre.
« … »
« … »
Je jetai de nouveau un regard discret vers Elise. Comme si elle m’attendait, elle me sourit avec éclat, et nos yeux se croisèrent encore.
Je ne l’avais regardée qu’un instant. Combien de temps allait-elle continuer à me fixer ? Ça me mettait mal à l’aise.
Quelque chose semblait avoir changé dans son cœur à l’antenne de Campbell de l’Ordre de chevalerie de l’Aile Blanche… Mais je ne pouvais que me demander quoi.
« Ce n’est sûrement rien. »
Je décidai de ne pas y chercher de signification particulière.
Elise était naturellement malicieuse et sociable. Ne risquais-je pas de m’épuiser à trop interpréter ses gestes ?
Une fois de retour à l’École des chevaliers, tout redeviendrait comme avant.
Nous nous croiserions de temps en temps au terrain d’entraînement et échangerions quelques mots, mais, pour le reste, nous ne nous adresserions même pas la parole, comme si nous n’avions rien à voir l’un avec l’autre.
Je me fis cette réflexion et n’y prêtai pas davantage attention.
… Je compris bientôt à quel point je m’étais trompé.
« Ron, bonjour~ »
Le lendemain, dans une salle de cours de tactique de première année à l’École des chevaliers Griffin.
Sous le regard stupéfait des cadets de première année, Elise s’installa tout naturellement à ma droite, un grand sourire aux lèvres.
Fidèle à sa réputation de coqueluche de la classe, elle irradiait comme toujours d’un halo assez lumineux pour illuminer toute la salle.
Son joli sourire n’était adressé qu’à moi. Il était si éclatant que je croyais presque voir des fleurs éclore autour d’elle.
Violet Blackgarden, assise de l’autre côté de moi, avait l’air décontenancée, tandis que Turak, assis à côté d’elle, laissa échapper un « Hum ? » perplexe.
Lara Twislope, qui avait accompagné Elise, poussa un « Euh… !? » stupéfait.
« … Hein ? »
Sa tentative flagrante de se rapprocher me laissa complètement sans voix.
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