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Traducteur/éditeur : Oblivious
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◈ Le chevalier le plus faible est devenu un Maître de l’épée, mais seulement dans les donjons ◈
Chapitre 3 : Survivre à l’académie des chevaliers (2)
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L’École des chevaliers Griffin, l’institut impérial de formation des chevaliers-mages, ressemblait à une académie militaire de mon ancienne vie.
Les élèves y apprenaient la stratégie, les arts martiaux et la magie, tout en suivant un entraînement de type militaire.
Le problème, c’était… que l’entraînement était d’une intensité insensée.
« Un chevalier-mage impérial doit sans cesse gagner en puissance ! Combien de temps vous êtes-vous entraînés depuis l’examen d’entrée ? Avez-vous l’étoffe d’un chevalier ?… Comme annoncé lors de la réunion d’orientation, nous allons à présent vous mettre à l’épreuve ! »
Sur ces mots, l’instructeur fit courir les cadets de première année, moi compris, à travers les montagnes.
Ces dingues… !
Ils étaient tous ridiculement rapides.
Comme un streamer d’une plateforme vidéo de mon ancienne vie qui s’était filmé en train de faire un mukbang gargantuesque, ils auraient probablement pu se goinfrer en courant un marathon sans même être essoufflés.
L’instructeur désigna soudain le sommet de la montagne.
« La ligne d’arrivée se trouve là-haut ! Foncez ! Les trois premiers recevront chacun cinquante points de mérite, et les cadets classés de la quatrième à la dixième place en recevront chacun trente ! Vous savez tous à quel point ces points sont importants, n’est-ce pas ?! »
Une lueur s’alluma dans les yeux des cadets.
Ils rêvaient tous d’intégrer l’ordre de chevaliers-mages le plus prestigieux.
Plus leurs notes étaient bonnes et plus ils accumulaient de points de mérite à l’école des chevaliers, meilleures étaient leurs chances d’y parvenir.
« En revanche, tous ceux qui n’auront pas franchi la ligne d’arrivée dans les trente minutes après mon “Partez !” seront renvoyés ! Si vous manquez d’endurance, utilisez la magie, rampez, faites ce qu’il faut pour survivre ! Trouver un moyen de survivre en toute circonstance est aussi une aptitude indispensable à un chevalier ! »
Putain… !
Cette fichue école de chevaliers formait les meilleurs chevaliers-mages de l’Empire. Évidemment, elle n’allait pas se montrer indulgente.
Elle éliminait régulièrement les élèves qui n’étaient pas à la hauteur. On ne pouvait pas faire d’un individu quelconque un chevalier.
En effet. Devenir cadet dans cette école ne donnait que la possibilité minimale de devenir chevalier-mage.
Au diable l’histoire. Si je me fais virer maintenant, tout le reste ne servira à rien.
Si je ne pouvais pas rester à l’école des chevaliers, je ne pourrais pas intervenir dans bien des intrigues. Autant dire que la partie était terminée.
Comme un idiot, je n’avais pensé qu’à l’avenir du point de vue du joueur et j’avais négligé cette épreuve.
Le processus d’élimination n’avait été mentionné que dans l’histoire. Le joueur, lui, ne se faisait jamais renvoyer.
Ah, Maître, quand vous disiez que je n’avais aucune chance à l’école des chevaliers…
Ce n’est que maintenant que je comprends le sens profond de vos paroles…
« Vous, écuyers à moitié formés ! Vous avez compris ?! »
« Oui !! »
Les cadets crièrent comme s’ils étaient possédés.
« Allez, partez ! »
Fwhoosh !
Ouah !
Les cadets s’élancèrent dans un sprint effréné, soulevant de puissantes bourrasques. Mes cheveux et mes vêtements volèrent dans tous les sens.
La poussière se souleva partout et me fit tousser à plusieurs reprises.
Ces dingues ne couraient donc même pas à fond jusqu’ici ?
« J-je n’y arriverai pas… »
« Urgh ! Aaah ! »
« Haa, haa… Aaah… ! »
Bien sûr, pas mal de cadets étaient dans le même état que moi. L’un après l’autre, ils commencèrent à décrocher.
Certains s’assirent, d’autres s’effondrèrent. Ils se frappaient violemment les cuisses et retenaient leurs larmes.
Ils semblaient avoir moins de volonté que moi, ou des capacités comparables aux miennes.
Bientôt, mon corps atteignit lui aussi ses limites.
Heureusement que je me suis un peu amélioré…
[Statut]
- Rang : 1
- Corps : E+
- Mana : E+
- Royaume : Utilisateur de l’épée
Après plusieurs jours d’entraînement acharné, mes statistiques avaient progressé.
Grâce au succès spécial Un pas vers l’ultime, la voie de la progression s’était ouverte et mon rythme de croissance avait augmenté.
Si je n’avais même pas réussi à en arriver là, j’aurais depuis longtemps connu le sort des cadets qui décrochaient.
Je serrai les dents et courus. Mes poumons étaient comprimés. Mes jambes me faisaient un mal de chien.
Puis, je n’eus plus aucun doute.
Ah… ça ne va pas le faire.
À ce rythme, je n’atteindrais pas la ligne d’arrivée à temps.
Mais je n’avais pas l’intention d’abandonner.
Depuis que j’avais recouvré les souvenirs de mon ancienne vie, je gardais quelque chose en réserve. Le moment était venu de m’en servir.
Je regardai autour de moi.
… Là !
Un cadet aux cheveux brun cendré attira mon regard. Il était immense, autant par la taille que par la carrure, comme un ours.
Ses yeux étroits, son allure robuste et ses muscles épais étaient particulièrement impressionnants.
Il courait avec son corps massif sans que sa respiration ne soit le moins du monde perturbée. Il avait l’air parfaitement détendu.
Un Barbare.
C’était un personnage secondaire de l’œuvre originale.
Je ne connaissais pas les autres cadets, mais peut-être pourrais-je demander de l’aide à ce Barbare.
Je me forçai à m’approcher de lui.
« Ba… haa, Bar…bare… ! »
« Qu’y a-t-il ? »
Le Barbare se tourna vers moi et répondit d’une voix grave et méfiante.
À bout de souffle, je pris la parole.
« Faisons… un marché… ! »
« Un marché ? »
Froufrou.
« Tiens… ! »
Je sortis un morceau de viande séchée de sous mes vêtements.
Avant d’entrer à l’école des chevaliers, j’en avais préparé et emballé une grande quantité pour économiser. Après avoir recouvré mes souvenirs de mon ancienne vie, j’en avais délibérément gardé de côté.
Le Barbare fixa la viande séchée d’un air perplexe.
Comme je m’en souvenais, ce type adorait ça.
Qui n’aimait pas la viande séchée ? Mais à cette époque, il n’avait probablement pas les moyens de s’acheter ce genre d’en-cas et devait se contenter des repas gratuits de la cantine pour remplir son estomac.
« C’est tout ce que je peux t’offrir pour l’instant… ! Haa, tu pourrais… m’aider… ?! »
« J’aime bien la viande séchée, mais… je ne suis pas assez gentil pour aider un parfait inconnu pour un seul morceau. »
Le Barbare détourna de nouveau les yeux.
« Elle est faite avec de la viande de cerf-rhinocéros… ! »
La tête du Barbare tressaillit.
C’est ton morceau préféré.
Tu n’as pas d’amis qui t’en apporteraient.
Et moi, je te dis que je te le donne.
« … J’ai déjà exprimé ma volonté. Un guerrier ne parle pas deux fois. »
Espèce d’entêté. Ça n’allait pas être facile.
Je n’avais pas le choix.
Froufrou.
Les larmes aux yeux, je sortis la petite bourse remplie de viande séchée.
« Je te donne tout ça… ! »
« … ! »
Les yeux du Barbare s’agrandirent.
Il y avait apparemment trop de viande séchée pour qu’il puisse refuser à la légère.
« Je peux juste en goûter un morceau… ? »
Je le tenais ?
Quand je parvins enfin à hocher la tête, le Barbare prit un morceau dans la bourse et le mit en bouche.
Mâche, mâche.
Il savoura lentement la viande séchée, puis se tourna vers moi, une lueur résolue dans le regard.
« Laisse-moi te dire ceci. Moi, Turak, guerrier de la Tribu de la Crinière Bleue, je n’abandonne jamais un camarade. »
Waouh, c’est…
Quelle camaraderie incroyablement intéressée…
« Comment veux-tu que je t’aide ? »
« Pousse-moi… ! »
« Compris. »
Le Barbare posa son immense main contre mon dos et continua à me pousser, tout en suivant mon rythme.
Grâce à lui, il devint beaucoup plus facile de courir.
Ce n’était pas interdit. L’instructeur avait dit de survivre comme on le pouvait.
Pourtant, même avec cette force supplémentaire derrière moi, c’était toujours aussi difficile.
« Haa, haa… Urk… ! Je vais crever… ! »
« Tiens encore un peu. Viande séchée… non, camarade. »
Je sentis alors un léger contact.
Une autre main se posa sur mon dos.
Elle était bien plus petite que l’énorme main du Barbare.
« Euh… »
« Hum ? »
Une cadette s’était approchée discrètement par ma gauche.
Ses longs cheveux violet foncé retombaient en vagues.
Sa frange, à gauche, lui cachait un œil.
Son autre œil, découvert, fuyait le mien.
« Je vais aider aussi… »
Sa voix timide se glissa entre ses petites dents.
Elle manquait totalement d’assurance.
J’en fus surpris. Je la reconnus.
La nécromancienne… ?
Violet Blackgarden, mage noire et nécromancienne, était la fille d’une famille de mages réputée.
Elle était la seule à avoir pu sentir l’énergie démoniaque lors de l’incident du train.
Je me méfiai aussitôt.
Avait-elle deviné qui j’étais et s’était-elle approchée pour cette raison ? Avait-elle découvert un indice qui pouvait la pousser à me soupçonner ?
Je ne voulais pas qu’elle découvre mon secret alors que je ne lui faisais pas encore confiance.
« Continue… ! Tu fais tant d’efforts, tu ne peux pas te faire renvoyer… ! »
… Ce fut un cri timide.
Peut-être embarrassée, la nécromancienne détourna brusquement les yeux et marmonna à voix basse :
« Je suis désolée d’avoir dit ça alors que je ne vaux rien, et d’avoir été aussi présomptueuse… »
Elle semblait dévorée par le mépris d’elle-même.
Avait-elle vu le Barbare m’aider et décidé de venir me prêter main-forte ?
Contrairement à ceux qui avaient déjà décroché, peut-être voulait-elle m’aider parce que je continuais à tenir bon et à courir malgré mes limites.
Les gens la jugeaient mal parce qu’elle était une mage noire, mais elle était de nature gentille.
Qu’elle me soupçonne ou qu’elle soit bienveillante… quelle importance ?
Dans les deux cas, ça pouvait m’arranger.
La nécromancienne allait sentir mon mana par l’endroit où elle me touchait.
Elle allait ainsi obtenir la preuve que je n’étais pas celui qui avait abattu le démon dans le train.
« Haa, non, mer… ci… Haa, haa… »
« Vous trois… à ce rythme, vous allez tous arriver en retard, vous savez ? »
L’instructeur, qui courait à notre rythme, nous adressa un sourire mauvais.
« Haa, haa… ! »
Comme lorsqu’on presse jusqu’au bout un tube de dentifrice vide, comme lorsqu’on tord un chiffon sec pour en tirer une dernière goutte.
Je mis toute la force qu’il me restait dans mes jambes et courus aux côtés du Barbare et de la nécromancienne.
Bientôt, la ligne d’arrivée apparut, avec un autre instructeur posté devant.
« Dix, neuf, huit… ! »
L’instructeur jeta un œil à sa montre et lança le compte à rebours à voix haute, comme pour nous mettre la pression.
« On l’a fait !!! »
Nous franchîmes enfin la ligne d’arrivée.
Boum !
Mes jambes cédèrent aussitôt. Je m’écroulai face contre terre.
L’air pur de la montagne emplit mes poumons. Ah, mes côtes me faisaient mal…
« Oui ! On a réussi… ! »
« C’est vrai. »
« On a réussi ! Hihi ! »
Le Barbare était resté grave du début à la fin, tandis que la nécromancienne affichait un sourire radieux.
Ils n’ont même pas l’air fatigués…
Le Barbare devait sa forme à sa race, naturellement dotée de capacités physiques exceptionnelles.
Quant à la nécromancienne, elle avait probablement autant d’endurance grâce à son immense réserve de mana et à sa maîtrise de la magie de renforcement corporel.
… Je me sentis minable, tout à coup.
« C’est pas celui qui n’a pas réussi à casser la cible à l’examen d’entrée ? »
« Il a réussi à s’en sortir avec de l’aide. C’est impressionnant à sa façon, j’imagine… »
« Un Barbare et une mage noire… C’est quoi, cette association ? »
Peut-être parce que nous avions franchi la ligne d’arrivée de façon si remarquée, juste avant-derniers, j’entendis les cadets murmurer à notre sujet.
Je n’avais pas la force de répondre et, de toute façon, je n’en avais pas envie. Je les ignorai.
« Ugh, ngh… ! »
« Haa, haa… ! »
Les autres cadets arrivèrent eux aussi en retard.
Mais l’instructeur ne leur fit aucun cadeau.
« Tous les cadets dont je vais annoncer le numéro seront bientôt renvoyés. Numéros 10, 12, 22, 45, 61, 79… »
Dix cadets furent éliminés.
Les cadets recalés supplièrent qu’on leur accorde une autre chance, mais l’instructeur resta inflexible.
« Ne déshonorez pas l’Empire. Sachez rester à votre place et partez. »
Les cadets éliminés pleurèrent en silence, se mordirent les lèvres pour contenir leur colère ou protestèrent. Mais l’instructeur ne leur prêta aucune attention.
« Hé, numéro 17. »
« Cadet numéro 17, Ron Hazely ! »
L’instructeur baissa les yeux vers moi en affichant un large sourire. Je lui communiquai péniblement mon numéro et mon nom.
Putain. J’avais encore du mal à respirer.
« Vous avez échappé de justesse au renvoi. Félicitations ! Quelle arrivée émouvante ! Une camaraderie qui tire les larmes ! »
« Oui ! M-merci… ! »
Je savais que ce n’était pas un compliment sincère.
Puis une pointe de sérieux se glissa dans l’expression jusque-là enjouée de l’instructeur.
« … Vous avez peut-être survécu cette fois en comptant sur les capacités de vos camarades, mais si vous restez comme ça, rien ne garantit votre avenir. »
L’instructeur sourit de nouveau et cria :
« Alors redoublez d’efforts ! Compris, numéro 17 ?! »
« Oui… ! Compris… ! »
Je le savais déjà trop bien, mais l’entendre de vive voix me fit mal.
* * *
Violet était très timide en présence des autres.
Ce n’était pas dans sa nature.
Depuis qu’elle avait emprunté la voie de la magie noire, elle s’était peu à peu découragée, à force d’être montrée du doigt et dénigrée dans son dos.
En temps normal, elle n’aurait donc jamais choisi d’aider un autre cadet lors d’une course de fond où elle risquait elle-même le renvoi.
La nuit. Dortoir des filles.
Violet était assise, plongée dans ses pensées, enroulant ses longs cheveux violet foncé autour de ses doigts.
Un minuscule chiot squelettique, dont le corps était formé de mana rose cerisier, déambulait sur son bureau.
Je me demandais si c’était lui…
Elle cherchait la personne puissante qui avait abattu le démon lors de l’incident du train.
À l’époque, elle avait secrètement utilisé un petit esprit et de la magie pour fouiller le train de fond en comble.
Elle avait alors découvert un endroit du cadre d’une fenêtre où la poussière avait été balayée, laissant de légères empreintes de mains.
Ces marques laissaient penser que quelqu’un s’était agrippé au cadre avant de sortir par la fenêtre.
Ron, son camarade de classe, faisait partie des cadets assis dans ce secteur. Elle n’en était pas certaine, mais il était assez suspect pour mériter qu’elle s’intéresse à lui.
Pendant la course, elle s’était donc approchée de Ron à dessein et lui avait posé la main sur le dos sous prétexte de l’aider, afin de sentir son mana.
« Ce n’était pas lui. »
Le fait que Ron ait eu du mal à courir aurait pu passer pour une comédie convaincante.
Mais son mana était indéniablement faible et peu abondant.
C’était vraiment un cadet faible. Il n’avait pas joué la comédie pendant la course.
On ne peut pas cacher son mana simplement parce qu’on le souhaite…
Peut-être avait-elle manqué quelque chose. Peut-être avait-elle tiré une mauvaise conclusion à partir d’indices incomplets.
Après tout, l’autre personne était d’une puissance exceptionnelle.
C’était risible de croire qu’elle pouvait comprendre comment cette personne avait abattu le démon et quitté les lieux en se fiant seulement à ses propres raisonnements superficiels et à ses déductions.
Elle décida donc de ne pas trancher pour l’instant. Violet s’en tiendrait aux soupçons.
Le chiot squelettique pencha la tête. Au lieu d’aboyer, ses os s’entrechoquèrent.
Violet caressa le crâne du chiot squelettique.
Elle se remémora alors la course qu’elle avait faite aux côtés de Ron, le cadet le plus faible, et de Turak, le Barbare.
Quand même… comment dire ? C’était amusant.
Alors qu’elle avait voulu retrouver cette personne mystérieuse et puissante, elle avait sans le vouloir vécu un moment vraiment agréable.
Pour Violet, qui n’avait jamais eu un seul ami à cause de sa réputation de mage noire… travailler avec d’autres pour atteindre un objectif ressemblait à un rêve.
C’était rien de moins que la jeunesse romantique qu’elle n’avait fait qu’imaginer jusque-là.
Au moins, ces deux cadets la considéreraient peut-être comme quelqu’un de bien.
Violet sourit doucement.
« Peut-être que moi aussi, je pourrais me faire des amis… Hihi… »
[Maître, ne souriez pas. Vous avez l’air flippante, c’est désagréable.]
« Hum ? »
Comme s’il n’en pouvait plus, le chiot squelettique réprimanda sérieusement sa maîtresse.
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