Chapitre 761
Chapitre 0719 Départ
Traducteur : Jay_Forestieri
Éditeur : Tseirp
Il se trouva justement que Ryo quittait le château royal à cet instant précis.
Ce n’était absolument pas parce qu’il avait surpris une conversation dans la salle à manger du château au sujet d’« une délicieuse crêperie qui venait d’ouvrir » et qu’il avait décidé d’aller y jeter un œil.
Non, bien sûr que non. Absolument pas.
Lorsqu'il franchit le seuil, il trouva trois visages familiers et une boîte devant la porte du château.
Apparemment, un vieil homme vêtu de rouge se plaignait, un jeune homme et une jeune femme observaient la scène avec des sourires en coin, tandis que la boîte, elle, restait là, silencieuse.
Un garde se trouvait également là, mais il n'affichait aucune arrogance ni aucune morgue. Au contraire, il semblait terriblement confus, comme s'il tentait d'exprimer qu'il n'y avait tout simplement aucun moyen de contourner la situation...
Les gardes du château royal étaient, par essence, des hommes intègres.
Ainsi, afin d'épargner aux deux parties davantage d'ennuis, Ryo intervint.
« Hum, Merlin-san ? »
« Hm ? Oh, l'enfant favori du Roi des fées... non, pardonnez-moi. Puisque nous sommes au château royal, je devrais vous appeler Duc Rondo. »
« Non, Ryo suffit. Plus important encore, que se passe-t-il ? »
« Eh bien, c'est assez simple. J'ai demandé à voir ma vieille connaissance, le Roi Abel, mais le garde à la porte a refusé de me laisser passer. »
Expliqua Merlin.
Derrière lui, Roman et Nadia arboraient toujours des sourires crispés.
Ils comprenaient probablement que rencontrer le roi n'était pas exactement une chose que l'on pouvait faire avec autant de désinvolture.
« C'est pourquoi je lui dis que nous avons déjà envoyé un message à nos supérieurs, alors je vous prie de patienter encore un peu. Votre Grâce, pourriez-vous leur demander de patienter également ? »
Apparemment, un autre garde était déjà parti en courant pour faire son rapport à son supérieur ou organiser une audience.
Avec un peu plus de temps, ils seraient probablement laissés passer...
« Ah... alors que diriez-vous si je prenais la responsabilité de les emmener moi-même auprès d'Abel ? Ils se connaissent, et Abel voudrait certainement les voir de toute façon. »
« Cela serait-il vraiment acceptable, Votre Grâce ? »
« Oui, laissez-moi faire. Dites simplement à votre supérieur que le duc Rondo les a emmenés auprès du roi. »
Ryo adressa un signe de tête au garde.
« Oh, je vous remercie infiniment. »
« Désolé pour le dérangement, Ryo-san. »
« Merci, Ryo-san. »
« Comme on pouvait s'y attendre de la part de celui qui m'a scellé. »
Merlin, Roman et Nadia le remercièrent, tandis que Regna, depuis l'intérieur du cercueil, semblait impressionné.
Le garde manqua de faire un bond en arrière lorsqu'une voix s'éleva soudainement de la boîte, mais ce petit détail demeura un secret.
C'est ainsi que Ryo guida le trio, accompagné d'une boîte, jusqu'au bureau du roi.
Lorsque Ryo revint à peine cinq minutes après son départ, Abel parut perplexe, mais dès qu'il vit les trois personnes et la boîte qui le suivaient, il comprit.
Néanmoins, la requête de Merlin le fit pencher la tête sur le côté.
« Roi Abel, me permettriez-vous de vous accompagner dans les Nations occidentales ? »
« Merlin-dono, vers les Nations occidentales ? »
Abel jeta un regard à Ryo.
Ryo secoua précipitamment la tête.
Bien entendu, il n’avait encore rien dit à Merlin ni à quiconque du projet d’Abel d’embarquer sur le Skidbladnir pour naviguer vers l’ouest.
Ce regard d’Abel signifiait clairement : « Leur as-tu dit ? »
« J’ai appris qu’un navire d’exploration des Nations occidentales était arrivé. S’il s’agit d’un navire d’exploration, cela signifie qu’il retournera là-bas, n’est-ce pas ? J’aimerais que vous me laissiez monter à bord. »
« Je vois. »
Abel hocha la tête à l’explication de Merlin.
Comme prévu, les rumeurs concernant le Skidbladnir avaient déjà atteint la capitale royale et s’étaient propagées parmi les citoyens à une vitesse stupéfiante.
Le gouvernement du Royaume n’avait encore rien annoncé officiellement, mais de telles rumeurs se répandaient d’elles-mêmes.
« Pour être franc, vous accueillir à bord ne serait pas difficile. Mais... êtes-vous deux d’accord avec cela ? »
En disant cela, Abel regarda Roman et Nadia qui se tenaient derrière Merlin.
Tous deux ne pouvaient retourner dans les Nations occidentales, ayant fui l'Église occidentale.
Peut-être cela changerait-il un jour, mais pour l'heure, les tensions n'étaient pas suffisamment retombées...
« Nous préférerions que Merlin-san reste ici... »
« Mais la décision de Merlin-san est irrévocable... »
Roman et Nadia secouèrent la tête de concert.
« Je vous ai déjà vus unis par les liens du mariage. Je n'ai plus aucun regret. De plus, il serait impoli de m'immiscer dans la vie de jeunes mariés... »
déclara Merlin.
C'était vrai. Tandis que Ryo et Abel avaient été envoyés dans les Nations orientales, Roman et Nadia s'étaient mariés.
En tant que simples civils, ils avaient apparemment célébré une petite cérémonie dans la Cité de Rune.
« Et puis, j'ai laissé mon donjon sans surveillance tout ce temps. Si je n'y retourne pas de temps à autre, il va bouder. »
« Un donjon peut bouder ? »
marmonna Ryo, surpris, ne sachant si Merlin parlait au sens propre ou figuré.
« Pour être honnête, j'avais songé à emprunter le pouvoir de ce cercueil, comme je l'avais fait pour le départ de l'enfant chéri du Roi des fées. Mais celui-ci a refusé de coopérer. »
« Évidemment. J'aiderais celui qui m'a scellé. Ce droit lui revient. Je pourrais même prêter l'oreille aux paroles du Roi Démon. Mais je n'ai absolument aucune raison de vous aider, toi, l'homme en rouge. »
« Tu vois ce que je veux dire ! Tu me suis depuis tout ce temps, et quand j'ai enfin besoin de ton aide, tu refuses ! »
Merlin fulmina face à la réponse de Regna.
Vu de l'extérieur, cependant, ils étaient tous deux également fautifs.
« Et si nous demandions à Nadia-san, en tant que Roi Démon, de parler à Regna-san pour vous... ? »
« Non. »
« Hein... ? Pourquoi ? »
« C'est tout, non. »
Merlin rejeta catégoriquement la suggestion de Ryo.
Nadia affichait un sourire embarrassé.
Et à en juger par l'expression de Roman, il en allait de même pour lui...
« Un grand-père qui ne souhaite pas que son petit-enfant voie sa faiblesse... »
Ryo murmura ces mots si doucement que personne ne l'entendit.
Merlin lança un regard noir au cercueil, puis se tourna vers Ryo.
« Enfant favori du Roi des fées, lève le sceau de ce cercueil. »
« Hein ? »
La proposition était si soudaine que Ryo ne put s'empêcher de laisser échapper un cri ridicule.
« Je vais montrer ma puissance à cet imbécile et le forcer à se soumettre. »
« Hah. Vas-y, si tu penses en être capable. »
« Non, absolument pas. Le château royal serait rayé de la carte. »
Merlin lança le défi, Regna l'accepta, et d'une manière ou d'une autre, Ryo finit par être le seul être raisonnable dans la pièce.
Abel, qui était resté silencieux jusqu'à présent, prit enfin la parole.
« Vous avez raison, je ne peux permettre un combat ici. Dans ce cas... Merlin-dono, et celui qui se trouve dans cette boîte... Regna-dono, n'est-ce pas ? Je pense qu'il serait préférable de vous accorder à tous deux la permission d'embarquer sur le Skidbladnir. Nous partons dans dix jours. »
La décision du roi.
Tous trois inclinèrent la tête.
« C’était à deux doigts de la catastrophe. »
Une fois que les trois personnes — et la boîte — furent parties, seuls Ryo et Abel restèrent dans le bureau du roi.
Bien entendu, Abel était le maître des lieux, et d’innombrables documents attendaient encore sa signature...
« J’avais entendu dire que Merlin-dono était un Djinn calme... »
« Il semble qu’il manque de sommeil, alors peut-être est-il irritable. »
« Il manque de sommeil ? »
Abel pencha la tête, intrigué par l’explication de Ryo.
« Il paraît que les Djinns dorment et s’éveillent selon des cycles qui se comptent en siècles. Mais Merlin-san affirme ne pas avoir dormi depuis des milliers d’années. Cet Akuma, Jean-Jacques, l’avait déjà mentionné. Les Djinns s’affaiblissent lorsqu’ils manquent de sommeil. Il semblerait donc qu’il soit dans un état de faiblesse en ce moment. »
« Il n’avait pas l’air faible le moins du monde. Comme on pouvait s’y attendre d’un Djinn. »
Abel secoua la tête.
« Alors Abel, tu dois t'assurer de dormir suffisamment, toi aussi. Le manque de sommeil n'est pas bon pour toi. »
« Je vais bien. Depuis mon retour des Nations de l'Est, j'ai pu dormir assez. »
Cette réponse.
Ryo fut stupéfait.
Et cela lui en donna la certitude.
« Comme je le pensais, Abel, tu t'es ramolli ! »
« Hm ? »
« Auparavant, tu aurais corps et âme consacré ta vie à diriger le Royaume. Au point de n'avoir presque plus le temps de dormir.
Et maintenant... cela. Quelle tragédie ! »
« Pour une raison qui m'échappe, j'ai l'impression d'être critiqué. »
« Le peuple du Royaume s'épuise à la tâche chaque jour pour survivre, et pendant ce temps, le roi Abel se tourne les pouces. »
« Je ne me tourne pas les pouces. C'est toi qui as dit que le manque de sommeil était mauvais, Ryo. Je t'ai dit que je dormais suffisamment, et maintenant tu me critiques pour cela ? Cela n'a aucun sens. »
L'argument d'Abel était tout à fait raisonnable.
« Un vrai roi Abel devrait être enseveli sous la paperasse, passant chaque heure de son éveil à signer des documents. »
« Voilà qui dépeint une image bien malheureuse d'un roi. »
« C'est précisément ce genre de chose qui attire la sympathie du peuple. »
« Je ne sais pas pour la sympathie, mais comparé à l'époque précédant notre envoi dans les Nations orientales, j'ai effectivement plus de temps désormais. »
« C'est parce que le système d'approbation a changé pendant notre absence. Sa Majesté l'ancien roi et le Premier ministre signent également des documents... »
« Exactement. C'est pourquoi je peux me permettre de me rendre dans les Nations occidentales. »
« C'était donc là ton objectif depuis le début ! »
« Mon objectif ? »
« Il est possible que Garwin nous ait envoyés dans les Nations orientales juste pour que tu puisses organiser tout cela. Toute cette affaire était une conspiration du roi Abel ! »
« Ouais... tu pousses le bouchon un peu loin. »
Abel écarta la théorie farfelue de Ryo avec aisance.
« Laissons cela de côté, Abel. L'ancien roi et le Premier ministre ont peut-être donné leur accord, mais Rihya a-t-elle vraiment, sincèrement approuvé ? »
« Tu parles du voyage dans les Nations occidentales ? »
« Oui. Nous sommes partis pendant une année entière après avoir été envoyés dans les Nations orientales... »
« E-eh bien... elle a donné son accord. »
Abel répondit, mais son regard fuyait.
« C'est un mensonge ! Les yeux en disent plus long que les mots. Les tiens viennent de parcourir toute la pièce. »
« Non, je ne mens pas. Comme je l'ai dit plus tôt, elle a accepté à la condition que tu serves de garde du corps. Mais... elle m'a fait promettre qu'à mon retour, nous ferions tous les trois, Noah inclus, le tour du Royaume ensemble. »
« Comme on pouvait s'y attendre de la part de Rihya... Elle savait qu'il était impossible de t'arrêter, alors elle a exigé quelque chose en retour. Elle est bien meilleure en négociation que le roi Abel. »
« Je le pense aussi. »
Ryo parla avec admiration, et Abel acquiesça en signe d'accord.
Mais soudain, une pensée traversa l'esprit d'Abel.
« Et toi, Ryo ? Est-ce que tout ira bien pour toi ? »
« Moi ? Que veux-tu dire ? »
« Sera. »
« Elle m'a demandé de lui rapporter des souvenirs. »
« O-oh. »
« Apparemment, elle a visité les Nations occidentales il y a fort longtemps. Elle m'a donc raconté toutes sortes de choses. »
« Comme on pouvait s'y attendre d'une elfe. »
Abel hocha la tête avec admiration.
Les elfes vivaient apparemment bien plus longtemps que les humains.
Ni Ryo ni Abel ne connaissaient leur espérance de vie exacte.
Mais ils savaient que la grand-mère de Sera, Baba-sama, la Grande Ancienne de la forêt occidentale, avait vécu plus de deux mille ans.
Quant à son âge précis... personne n'avait jamais osé le demander.
Dix jours plus tard, Whitnash.
L'endroit était si bondé qu'on aurait pu le confondre avec un grand festival portuaire.
Il avait été annoncé qu'à midi aujourd'hui, le navire du royaume amarré là partirait pour les Nations occidentales.
Et ce n'était pas tout : le roi Abel Ier lui-même serait à bord pour effectuer une visite officielle.
Auparavant, grâce à l'envoyé dépêché conjointement par les Nations centrales, les relations avec les Nations occidentales s'étaient améliorées.
Ce voyage avait pour but de renforcer davantage ces liens.
Parmi les citoyens du royaume, un sentiment d'espoir avait commencé à se répandre, celui que le royaume s'étendrait désormais jusqu'aux Nations occidentales.
L'avenir de la nation était radieux !
Un tel espoir était en train de naître.
Donner de l'espoir au peuple était l'un des devoirs du dirigeant d'une nation.
À cet égard, Abel remplissait son rôle de roi à la perfection.
Dans un coin, là où les fonctionnaires du gouvernement s'étaient rassemblés.
Un homme en robe blanche et une femme elfe discutaient.
« Ainsi, tu comptes même aller jusqu’au Continent Sombre. Je n’y suis jamais allée moi-même, alors je t’envie. »
« Oui, un jour... une fois qu’une route maritime officielle sera établie, nous irons ensemble. »
« Vraiment ? Tu le promets ? Absolument ? »
« O-oui, bien sûr. »
Surpris par l’intensité de Sera, Ryo sourit et lui fit la promesse.
Dans un autre coin, le capitaine et les officiers du Skidbladnir étaient présentés au roi Abel Ier.
« Avoir l’honneur d’accueillir à bord le renommé roi Abel est notre plus grand plaisir. »
« Capitaine Paulina, je m’en remets à vous. »
Abel salua la femme capitaine, dont les cheveux blond terne coupés court et les yeux noirs perçants laissaient une forte impression.
Paulina poursuivit en présentant son équipage.
« Voici mon second, Yaya. En toute situation, lui ou moi commanderons le navire. »
« Je suis Yaya. Votre Majesté Abel, je vous en prie, confiez-nous le Skidbladnir. »
« Vice-capitaine Yaya, je compte sur vous. »
Il avait à peu près le même âge que Paulina, était un peu plus petit, mais dégageait une impression de vivacité et d'énergie.
Finalement, Paulina présenta le premier officier.
« Voici le premier officier Rochea. Elle prendra la tête de l'ouverture de la route maritime entre les Nations occidentales et les Nations centrales. »
« Je suis Rochea, premier officier. C'est un honneur de participer à l'établissement de cette route entre les Nations occidentales et les Nations centrales, une voie qui perdurera pendant des décennies, peut-être même des siècles. »
« Certes, Rochea-dono. Pour le bien de tous les navires qui suivront, je compte sur vous pour trouver la route la plus sûre. »
Normalement, un premier officier gérait la plupart des tâches de navigation pratique du navire, mais à bord du Skidbladnir, qui servait à la fois de voyage d'essai et de reconnaissance avancée, le développement de la route elle-même faisait également partie de ses fonctions.
Derrière Abel, lors de ces présentations, se tenaient la reine Rihya et le prince Noah.
Noah n'avait que trois ans, mais il contemplait son père, le roi Abel, avec des yeux brillants.
Souriant doucement, Rihya lui caressa la tête.
On exige beaucoup de ceux qui naissent dans la royauté, et parfois ces exigences peuvent même être inhumaines… comme celle de ne pas avoir la liberté de choisir sa propre voie.
Malgré tout, il régnait là une atmosphère familiale chaleureuse.
Depuis un autre recoin, deux capitaines de compagnie des Chevaliers Royaux observaient la scène.
En temps normal, une compagnie des Chevaliers Royaux se composait de cinquante chevaliers.
Cependant, pour cette escorte royale, vingt-cinq chevaliers d'élite avaient été sélectionnés dans chaque compagnie, formant un total de cinquante hommes.
C'est ainsi qu'il y avait deux capitaines de compagnie.
Zack Cooler et Scotty Cobook.
Les deux capitaines, anciens camarades d'école d'Abel, allaient diriger les chevaliers en tant qu'escorte pour son voyage vers les Nations occidentales.
« Je ne trahirai pas la confiance de Sera-sama ! »
« Zack, Sera-dono n'a rien à voir avec cette mission. »
« Cela n'a aucune importance ! »
« Je ne sais sincèrement plus de quoi tu parles. »
Depuis les troubles dans la capitale royale, Zack nourrissait des sentiments non partagés pour Sera.
Bien entendu, il ne les lui avait jamais avoués.
Au lieu de cela, il avait pris la résolution de devenir un chevalier digne de se tenir à ses côtés... et il vivait chaque jour selon ce vœu.
Son ami Scotty l'observait avec un regard chaleureux et indulgent.
Il savait que Sera et Ryo étaient épris l'un de l'autre.
Cela lui laissait des sentiments mitigés... mais, en fin de compte, il se contenta de secouer la tête et de garder le silence.
Leur supérieur, Dantan, Capitaine des Chevaliers Royaux, posa ses mains sur leurs épaules par derrière.
« Je compte sur vous. »
« Laissez-nous faire ! »
« Nous le protégerons au péril de nos vies. »
Dantan les encouragea, Zack hocha la tête et Scotty inclina le buste.
Et dans le dernier recoin se tenait un trio étrange, accompagné d'une boîte, une combinaison inhabituelle pour des membres du gouvernement.
« Roman, Nadia, vivez heureux ensemble. »
« Merlin-san, prenez soin de vous également. »
« Revenez nous voir, je vous en prie. »
Merlin, Roman et Nadia échangèrent leurs adieux.
La scène ressemblait trait pour trait à un grand-père faisant ses adieux à son petit-fils et à sa petite-fille par alliance.
Le cercueil observait la scène en silence.
Pour le dire gentiment, c'était un spectacle pour le moins étrange.
Une fois toutes ces scènes jouées, le roi Abel monta enfin à bord du Skidbladnir.
Naturellement, l'embarquement du roi était en soi une cérémonie.
Il s'agissait de se montrer au peuple. De leur donner de l'espoir pour l'avenir du Royaume.
Cela aussi faisait partie du devoir d'un souverain.
Au lieu de grimper à bord par l'échelle de corde suspendue au navire, Abel emprunta la passerelle... l'escalier temporaire mis en place pour l'occasion.
Alors qu'il montait, il salua de la main la foule rassemblée au port.
« Votre Majesté ! »
« Vive le roi Abel ! »
« Bon voyage ! »
Au milieu de ces acclamations tonitruantes, le Skidbladnir, transportant le roi Abel et ses compagnons, prit le départ pour les Nations occidentales.