Chapitre 568
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Chapitre 0533 Bonheur et malheur
Traducteur : Jay_Forestieri
Éditeur : Tseirp
Quatre jours plus tard, dans la ville de Boago.
« Nous nous sommes fait débarquer du navire… »
« Eh bien, nous ne sommes pas les seuls. Tous les aventuriers ont été renvoyés. On n'y peut rien. »
« Mais le contrat initial prévoyait de nous emmener jusqu'à la capitale impériale ! Mon plan de "voyage facile vers la capitale impériale" est tombé à l'eau ! Je vais porter plainte ! »
« Quel genre de plan était-ce… ? Et puis, nous avons reçu une indemnité conséquente en plus des frais de rupture de contrat. On n'y peut rien. »
« Abel, tu ne fais que répéter "on n'y peut rien" ! Où est ton esprit combatif ?! »
« Ouais, je n'en ai pas. »
Ryo et Abel, tout comme les autres aventuriers, furent contraints de quitter le navire dans la ville de Boago.
Ryo comptait sur un voyage tranquille jusqu'à la capitale impériale par la mer, alors ce changement de programme soudain ne lui plaisait guère.
« Le capitaine et l'équipage avaient l'air assez tristes. Probablement à cause du travail d'approvisionnement en eau douce et des droits d'accès à la douche sur le pont. »
« Le capitaine et son équipage étaient de bonnes personnes, à la base. Ce n'était pas qu'une question de pots-de-vin. »
En réponse à la remarque d'Abel, Ryo rétorqua en affirmant sa foi en la bonté intrinsèque des gens.
Les gens sont fondamentalement bons !
« Les supérieurs qui nous ont virés devraient souffrir quand l'équipage se retournera contre eux ! »
« J'ai du mal à croire que tu sois fondamentalement bon, Ryo… »
Après avoir évacué leur frustration, ils durent faire face à la réalité.
Tous deux devaient se rendre à la capitale impériale, puis retourner vers les Nations centrales.
« Y a-t-il des chariots en partance pour la capitale impériale ? »
« Peut-être… mais ça coûtera de l'argent. »
« Nous sommes riches ! Nous avons aussi de l'argent à la banque. »
« Je ne sais même pas à quel point nous sommes riches. Et si nous dépensions trop et que nous le regrettions plus tard ? Ce pays, Darwei, est immense. Il faudra beaucoup d'argent pour en sortir. »
Abel s'exprimait avec un pragmatisme très terre-à-terre.
« Pour un roi, Abel, tu es bien économe. Tu devrais dire quelque chose comme : "Je vais dépenser sans compter pour faire tourner l'économie !" »
« Je n'ai pas ce genre d'argent. »
« Ce devrait être l'Association d'entraide des aventuriers dont ils nous ont parlé, non ? »
« Aventuriers : en cas de problème, allez à la guilde. »
Abel et Ryo arrivèrent devant ce qui servait de guilde dans les pays de l'Est : l'Association d'entraide.
Lorsqu'ils franchirent le seuil…
« Waouh, quelle foule. »
« Les combats de requêtes du matin devraient être terminés à cette heure-ci. »
Il était à peine 11 heures.
Avoir près de 100 aventuriers ici était inhabituel…
« Hé, je crois que je reconnais certains d'entre eux. »
« Ah… ce sont les mêmes que nous. Ceux qui ont été débarqués du navire. »
« Je vois. Tout le monde a eu la même idée. »
En effet, les aventuriers qui grouillaient dans l'association étaient ceux dont les contrats avaient été rompus suite à l'annulation de la mission d'escorte de la princesse.
« Devrions-nous attendre qu'ils soient servis ? »
« Cette pièce, là-bas, a attiré mon attention. »
Abel pointa du doigt une pièce séparée sur le côté gauche de l'entrée.
« Il est écrit "Magasin d'équipement" ? »
« On dirait bien. Allons voir ça. »
Abel prit les devants.
Et Ryo le suivit.
Le magasin d'équipement était exactement ce que son nom suggérait, proposant des armes, des armures et une variété de potions.
« Ils ont un sacré choix. »
« Ouais. Même si on n'achète rien, c'est amusant de regarder. »
En tant qu'épéiste, Abel avait toujours aimé admirer les armes et les armures.
Ryo ne s'en était rendu compte que récemment.
Abel saisit différents objets, les inspectant un par un.
Mais il ne semblait pas avoir l'intention d'acheter quoi que ce soit.
Pendant ce temps, Ryo cherchait quelque chose de précis.
Quelque chose qu'il voulait acheter s'il le trouvait.
Et soudain…
« Trouvé ! »
« Hmm ? Ah, une carte. »
Entendant la voix enthousiaste de Ryo, Abel se tourna vers lui.
Elle n'était pas particulièrement détaillée.
Elle listait simplement les villes, les routes principales et les points de contrôle, mais l'avoir ferait une énorme différence.
« Si nous devons voyager par voie terrestre jusqu'à la capitale impériale, cela nous sera utile. Et même si nous trouvons un autre itinéraire, nous devrons certainement voyager par terre pour atteindre les Nations centrales. Alors, je me suis dit qu'il nous en fallait une. »
« Certainement. Bien vu, Ryo. »
« Hé, ce n'est rien de spécial. »
Ryo rougit devant le compliment.
La carte en main, les deux hommes eurent le sentiment de s'être assuré un avenir radieux.
Tout le monde dans ce monde n'avait pas un avenir radieux.
Cette nuit-là, dans une chambre de la résidence de la princesse à Boago, une réunion de coordination de la garde se tenait.
Parmi les participants se trouvaient le vice-ministre Snus, le secrétaire Bal, la capitaine Bizis et le chef de l'équipe d'escorte du ministère des Rites, le capitaine Wie Su, récemment arrivé.
Après avoir échangé les salutations, le capitaine Wie Su soupira et s'adressa au vice-ministre Snus.
« Ce n'est peut-être pas quelque chose que je devrais vous dire, monsieur, mais l'équipage du navire nous lance des regards hostiles. »
Wie Su et Snus avaient souvent travaillé ensemble, ils se connaissaient donc bien.
C'est pourquoi ils parlaient franchement de diverses questions.
« Eh bien, nous avons forcé 80 personnes à quitter le navire le premier jour. Je comprends pourquoi l'équipage en veut à l'équipe d'escorte du ministère des Rites… Je ne m'attends pas à ce qu'ils nous accueillent à bras ouverts, mais tout de même, c'est frustrant. »
« Je suis désolé, Wie Su. C'est entièrement ma faute… et celle du quartier général du ministère des Rites. »
Le vice-ministre Snus répondit avec une grimace, bien au-delà d'un simple sourire ironique.
Tout en parlant, il jeta un coup d'œil à la capitaine Bizis, qui était également présente.
Bizis avait les yeux fermés, adoptant une attitude indifférente.
En d'autres termes, Snus exposait essentiellement la honte de son propre département, mais Bizis semblait vouloir faire semblant de n'avoir rien entendu.
Dans son cœur, Snus remercia silencieusement Bizis.
« Le vice-ministre et le quartier général ? »
« Quand la nouvelle équipe d'escorte du ministère des Rites est arrivée, nous avons renvoyé les aventuriers que nous avions précédemment engagés sur le navire… et c'est ce qui a causé le problème. »
« Les aventuriers étaient le problème ? Il s'est passé quelque chose avec eux ? »
« Non, il n'y a eu aucun problème avec les aventuriers. Ils ont fait leur travail avec beaucoup de diligence. Le problème, c'est que l'un d'eux était un magicien de l'attribut eau… et son renvoi est la racine de tout cela. »
Snus laissa échapper un profond soupir.
« Mais vous ne l'avez renvoyé que parce que vous suiviez les ordres du quartier général, n'est-ce pas ? Nous sommes arrivés, donc il n'avait plus besoin de rester. C'est tout à fait raisonnable… »
« C'est vrai, mais… ce magicien était crucial. Pour ce qui est de fournir de l'eau douce. »
Snus expliqua alors comment ce magicien de l'attribut eau en particulier avait, à lui seul, approvisionné en eau douce les tonneaux de toute la flotte et avait même rempli le bain du premier navire.
« C'est tout à fait comme le Seigneur Rowon. »
Le capitaine Wie Su hocha la tête avec admiration après avoir entendu l'histoire.
« L'homme qui a utilisé seul une stratégie d'inondation pour balayer l'armée rebelle ? Je ne sais pas si ce magicien est au même niveau que l'un des Six Saints, mais il est vrai qu'il a considérablement réduit la charge de travail des marins. »
Snus laissa échapper un nouveau soupir.
« Sans une personne aussi précieuse… je peux comprendre ce que ressentent les marins. Cela dit, comme il s'agissait d'un ordre officiel du quartier général du ministère des Rites, vous n'aviez pas d'autre choix que de le renvoyer, vice-ministre. »
« C'est exact. »
« Si vous ne l'aviez pas fait… le quartier général aurait reçu le rapport et vos perspectives de carrière auraient été ruinées, n'est-ce pas ? Les marins, et même les capitaines, ne comprennent probablement pas cet aspect-là. »
Le capitaine Wie Su fronça les sourcils en parlant.
Assise à proximité, la capitaine Bizis de l'unité d'escorte de la princesse écoutait les yeux fermés, semblant désintéressée.
Cependant, intérieurement, elle était loin d'être calme.
À l'origine, à cette heure précise, elle était censée rencontrer ce magicien de l'attribut eau.
Elle aurait pu lui demander tant de choses…
Mais maintenant, le magicien avait quitté le navire.
Elle se remémora sa conversation plus tôt dans la journée avec La Wu, capitaine du dixième navire.
« Il a quitté le navire ? Pourquoi ?! »
« C'était un ordre du vice-ministre Snus. Ou plutôt, une instruction du quartier général du ministère des Rites. Quoi qu'il en soit, cela ne change rien… les bureaucrates sont vraiment inflexibles. »
Bizis avait élevé la voix malgré elle.
La Wu répondit avec une expression tout aussi insatisfaite.
Le départ du magicien n'avait profité à personne.
« Comment suis-je censée rapporter cela à Son Altesse… ? »
Bizis s'affaissa, découragée.
En la voyant dans un tel état, même La Wu eut de la peine pour elle.
« Eh bien, puisqu'il a quitté le navire et qu'il ne rencontrera aucune connaissance… je suppose que je peux au moins vous dire son nom. »
« Oui, s'il vous plaît ! Juste son nom ! »
« Assurez-vous simplement que cela reste entre vous, Son Altesse et personne d'autre. Le nom du magicien est Ryo-dono. »
« Ryo-dono ! Oh, merci infiniment ! Bien sûr, seulement Son Altesse et moi… non, j'inclurai Mifa-dono également — juste nous trois. »
« Oui, ces trois-là, ça devrait aller. »
Ainsi, Bizis fit son rapport à la princesse pendant l'une de ses courtes pauses.
Bien que Son Altesse ait simplement dit : « Ce n'est pas grave s'il est déjà parti », Bizis tenait tout de même à rapporter son nom.
« Hein ? Ryo ? C'est… »
« Oui. Je crois que c'est le même Ryo-san qui est le compagnon d'Abel-sensei… »
« …Quoi ? »
La princesse Shio Fen pencha la tête, confuse, tandis que Mifa murmurait quelque chose, laissant Bizis comme la seule incapable de suivre la conversation.
« Abel-sensei… c'est le maître d'escrime de Mifa-dono, n'est-ce pas ? »
« Oui. Et le magicien qui voyage avec Abel-sensei est Ryo-san. Maintenant que j'y pense, c'est un magicien de l'attribut eau. »
« Ce Ryo-dono… utilise-t-il une épée ? »
« Hmm… je ne suis pas sûre. C'est un magicien, après tout… Du moins, je ne l'ai jamais vu en utiliser une… »
Mifa s'interrompit avant de lever soudainement les yeux, comme si elle venait de réaliser quelque chose.
« Maintenant que vous en parlez… j'ai vu Ryo-san s'entraîner avec une épée une fois. Il la balançait en disant que c'était du "suburi*" » (Note du traducteur : mouvements de pratique)
« Suburi ? »
Peu familière avec le terme, Bizis pencha la tête, confuse.
« C'est un mouvement d'entraînement, qui consiste à frapper vers le bas de manière répétée. »
Alors qu'elle expliquait, Mifa prit une posture avec les deux mains comme si elle tenait une épée, puis démontra une frappe vers le bas.
Plusieurs fois.
« C'était si fluide… maintenant que j'y pense, peut-être que Ryo-san utilise bien une épée. »
Mifa hocha la tête à plusieurs reprises en se remémorant la scène.
« Mais… il a délibérément caché son nom, n'est-ce pas ? Même au capitaine du navire. Pourquoi ? S'il nous l'avait dit, nous aurions pu le rencontrer. »
« C'est probablement pour ça. »
La princesse Shio Fen répondit avec un rire.
« Mifa, tu as été envoyée en voyage, mais il s'est retrouvé sur la même flotte… peut-être s'est-il senti embarrassé à l'idée de te revoir après ça. Probablement pas seulement Ryo-dono, mais Abel-sensei également. »
« …Maintenant que vous le dites, il a effectivement dit quelque chose à propos de se sentir embarrassé. »
La princesse Shio Fen avait deviné juste, et Bizis se souvint de sa conversation avec Ryo lors de leur rencontre.
« On n'y peut rien. Peut-être nous recroiserons-nous quelque part. »
Dit Shio Fen avec un sourire.
C'était là le contenu de leur conversation plus tôt dans la journée.
(Quelle erreur, quelle erreur, quelle erreur !)
Bizis hurla dans son esprit.
(Même si Mifa et Son Altesse l'ont accepté, elles voulaient clairement le voir. Pas seulement Ryo-dono, mais aussi Abel-sensei… Et j'ai gâché cette chance. Quelle erreur !)
Bien que ce ne fût pas de sa faute, la nature intrinsèquement sérieuse de Bizis ne lui permettait pas de laisser passer cela.
Le monde, semblait-il, suivait rarement les souhaits de chacun.
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