Chapitre 557
Chapitre 0523 Défense du palais détaché
Traducteur : Jay_Forestieri
Éditeur :
« Ne reculez pas ! Si nous battons en retraite maintenant, ils enfonceront nos lignes d'un seul coup ! »
Le capitaine Milan, de la 7e escouade de la garde, cria pour maintenir la ligne défensive.
L'assaut initial des pillards avait déjà coûté la vie au commandant de la garde du palais.
Par conséquent, Milan assurait le commandement par intérim, coordonnant la défense de la porte principale aux côtés des gardes du palais restants.
Cependant…
(Ils sont trop nombreux.)
Il parvint à peine à garder cette pensée pour lui.
Malgré leurs efforts, les défenseurs étaient submergés par le nombre.
Bien que la force individuelle des gardes du palais et de l'escouade d'escorte surpassât celle de leurs ennemis, l'écart numérique était tout simplement insurmontable.
Cernés et dépassés, les défenseurs tombaient les uns après les autres…
Milan dirigeait la bataille tout en combattant sur la ligne de front.
Son corps était déjà couvert de coupures.
Il n'avait pas une seconde pour boire une potion de soin.
« Ils n'ont pas encore commencé à utiliser la magie ou la sorcellerie, c'est la seule raison pour laquelle nous tenons encore… »
Jusqu'ici, la bataille n'était qu'un affrontement pur et simple entre combattants au corps à corps.
Les magiciens et les sorciers avaient des limites liées à leurs réserves de mana*. (Note du traducteur : Pouvoir magique)
Une fois épuisés, ils ne pouvaient plus combattre.
Dans le Royaume de Bosuntar, de telles forces étaient souvent réservées aux moments critiques.
Jusque-là, ils étaient maintenus à l'arrière.
Cela signifiait que l'ennemi disposait encore de réserves.
La véritable victoire ne serait acquise que lorsque ces magiciens et sorciers seraient contraints de se dévoiler.
Mais leur apparition risquait aussi de briser la ligne défensive d'un seul coup.
Les batailles de groupe étaient toujours une entreprise complexe.
Cela dit, dans une mêlée aussi chaotique, il y avait moins de menaces à redouter.
Comme les attaques à longue portée à l'arc.
Bien que les attaques magiques à distance pussent encore frapper, les magiciens de l'ennemi n'avaient pas encore rejoint la mêlée.
Ainsi, seuls les archers devaient être pris en compte.
Pourtant, tirer des flèches avec précision dans un tel corps à corps était difficile… ou du moins, cela aurait dû l'être…
« Argh ! »
Une flèche s'enfonça profondément dans l'épaule gauche du capitaine Milan.
« Capitaine ! »
« Ne venez pas ici ! Maintenez la ligne ! »
Surpris, l'un des subordonnés de Milan l'interpella.
Mais Milan lui hurla de ne pas s'approcher.
Chaque soldat tenait à peine sa position.
Si ne serait-ce qu'un seul quittait son poste pour l'aider, la ligne risquait de s'effondrer.
Le regard perçant de Milan se fixa sur l'archer responsable.
C'était le chef des forces d'attaque progressant vers la porte principale.
Un homme dont le nom aurait été entendu au moins une fois par quiconque s'intéressait aux affaires martiales dans la capitale.
« Général Feo Shu… même un homme de votre stature… Pourquoi ? »
Bien qu'il comprît la situation intellectuellement.
Le général Feo Shu était un allié du duc Kang et, bien qu'officiellement à la retraite, il restait un conseiller des forces de Kang.
Mais autrefois, il avait servi sous le précédent roi en tant que général célèbre, connu sous le nom de « Bouclier de la Nation ».
Voir un tel homme participer à cet assaut…
Remplissait Milan d'incrédulité et de rage.
Même s'il comprenait, il ne pouvait l'accepter.
Un homme capable de participer à une telle atrocité ne méritait aucun respect, quels que fussent ses exploits passés.
« Hmph. »
Milan trancha la flèche logée dans son épaule avec l'épée qu'il tenait dans sa main droite.
La pointe resta incrustée dans sa chair.
Il serait difficile de l'extraire plus tard, mais il n'avait pas le choix.
La hampe saillante gênerait ses mouvements d'épée.
Son bras gauche était désormais presque inutile.
Mais cela n'avait pas d'importance.
Il ne pouvait laisser l'ennemi percer.
Il défendrait cette porte, même au prix de sa vie.
La détermination de Milan revigora à la fois la 7e escouade de la garde et les gardes du palais, les inspirant à continuer le combat.
Mais alors, une autre flèche trouva sa cible.
« Argh ! »
La même archerie précise et dévastatrice continuait de décimer les défenseurs…
« Général Feo Shu… »
Milan prononça à nouveau le nom, sa frustration évidente.
Réalisant que Milan avait commencé à lui accorder une attention particulière…
Feo Shu déplaça sa visée vers d'autres cibles.
Chaque tir en abattait un autre.
Soit en les tuant sur le coup, soit en les rendant incapables de combattre.
« C'est mauvais. »
Milan observa le champ de bataille avec gravité.
En quelques minutes, la moitié de leurs forces était incapable de continuer le combat.
Si d'autres tombaient, la ligne s'effondrerait et la porte principale serait submergée.
Les assaillants semblaient le comprendre.
« Chargez ! »
« Uoooh ! »
L'ennemi lança un assaut total.
« Tenez la ligne ! C'est le moment critique ! »
Cria Milan.
La 7e escouade de la garde et les gardes du palais se battirent avec une détermination désespérée.
Ils continuaient de bouger pour éviter d'être encerclés… bien que chaque mouvement leur infligeât de nouvelles blessures…
« C'est mauvais ! »
Milan vit le flanc droit de la ligne défensive faiblir.
Ni la gauche ni le centre ne pouvaient épargner de renforts.
Même Milan lui-même était pleinement engagé.
(Ils vont percer !)
Pensa Milan, se préparant au pire.
Le sang gicla dans l'air.
Les pillards tombaient les uns après les autres.
Un éclair cramoisi déchira le champ de bataille.
Teignant le sol de rouge.
Milan remarqua à peine une silhouette fonçant devant lui, abattant les ennemis sur son passage.
En quelques instants, dix assaillants furent vaincus.
Finalement, Milan vit clair.
« Abel-dono ! »
« Désolé de vous avoir fait attendre ! »
C'était Abel, le maître de Mifa, maniant une épée magique cramoisie brillant d'un éclat vif.
Abel continuait de tailler à travers l'ennemi, criant en combattant.
À chaque coup d'épée, un adversaire était neutralisé, souvent sans même un véritable choc de lames.
« Quelle maîtrise. Vraiment, le maître de Mifa-sama. »
Un seul homme changea le cours de la bataille.
De tels exploits étaient concevables pour un magicien.
Mais Abel était un épéiste.
Un guerrier solitaire sauvant une défense presque rompue et neutralisant des dizaines d'ennemis en quelques instants.
Mais les assaillants ne restèrent pas les bras croisés.
Clang !
Pour la première fois depuis longtemps, l'épée d'Abel s'entrechoqua avec une autre.
« Le chef des pillards, je présume. »
« Je n'ai jamais entendu parler d'un épéiste comme vous au service de la princesse. »
Celui qui affrontait Abel n'était autre que le général Feo Shu.
Bien qu'âgé, il restait le « Bouclier de la Nation ».
Un homme bien au-dessus des soldats ordinaires.
« Je suis juste venu par hasard à la tea party de la princesse. Pas de chance, je suppose. »
« Quel est votre nom ? »
« Vous ne savez pas, assaillant ? C'est une courtoisie universelle de se présenter d'abord quand on demande le nom de quelqu'un. »
Répondit Abel avec un ton ironique.
Cette façon de parler ressemblait à celle d'un certain magicien de l'attribut eau…
Si ses vieilles connaissances avaient été présentes, elles l'auraient sûrement remarqué.
« Conseiller de l'armée du duc Kang, Feo Shu. »
« Je vois. Je suis Abel, du Royaume de Knightley. »
« Knightley des Nations centrales ? Celui dont chantent les ménestrels ? On dit que l'escrime du roi, maniant l'épée magique à l'éclat cramoisi, est inégalée dans le pays. Le nom du roi… Abel le Premier… »
Le général Feo Shu fronça les sourcils en murmurant.
« Si j'étais lui, que feriez-vous ? Vous rendriez-vous ? »
« Nope ! Ce navire a déjà quitté le port. »
« Alors, il n'y a qu'une chose à faire pour un épéiste. »
« En effet, laissons parler les épées ! »
Leurs lames s'entrechoquèrent avec une férocité croissante.
Le général Feo Shu, aux cheveux et à la barbe entièrement blancs, était à un âge que l'on pourrait qualifier de vieillard plutôt que d'homme d'âge mûr.
Pourtant, son épée et son regard conservaient leur force.
Même face à Abel, il ne perdait pas en puissance.
(Je vois, il est fort. Malgré ses près de soixante-dix ans, manier une épée ainsi… Ce n'est pas l'épée d'un pur épéiste. Un commandant, alors ? Oui, l'épée d'un commandant… pas celle qui abat les ennemis en chargeant, mais une épée destinée à garantir qu'un commandant ne soit jamais vaincu. En tant que roi moi-même, peut-être devrais-je être ainsi aussi.)
Abel gloussa légèrement, avec autodérision.
Il se souvint des nombreuses fois où Dontan, le capitaine des Chevaliers Royaux, l'avait réprimandé depuis qu'il était devenu roi.
Un commandant suprême ne doit jamais tomber.
Pour cette raison, charger dans les lignes de front ennemies était quelque chose que Dontan souhaitait ardemment le voir arrêter.
(Il est fort. Bien trop fort. Encore plus que je ne l'étais dans ma jeunesse… Je pensais que les chansons des ménestrels exagéraient, mais cette épée surpasse effectivement toutes les autres. Est-il vraiment le Roi Abel ? Je ne sais pas pourquoi il est ici dans les Nations orientales, mais… peu importe. Je dois l'arrêter, même au prix de ma propre vie… affronter un tel adversaire dans une destruction mutuelle ne serait pas si mal. Non, ce serait un honneur.)
Le général Feo Shu sourit aussi faiblement, son expression teintée d'autodérision.
Abel pouvait sentir cette résolution fugace.
(Il prépare quelque chose.)
Pour Abel, c'était une bonne nouvelle.
Il s'apprêtait à déclencher une attaque majeure.
Si c'était le cas, la contrer était une seconde nature pour un épéiste comme Abel.
En réalité, le temps pressait.
(La voilà !)
Au moment même où Abel l'anticipa, Feo Shu combla la distance en un instant et abattit son épée avec une force incroyable.
Abel bloqua le coup et verrouilla les épées avec lui.
Et alors—
Un sort fut lancé par le groupe de pillards.
La magie visait à la fois Abel et Feo Shu, désormais verrouillés dans un combat rapproché !
L'intention était claire.
Éliminer Abel en même temps que Feo Shu.
Cet atout devait avoir été prévu dès le départ.
Le général Feo Shu avait envoyé un signal presque imperceptible, que même Abel n'avait pas remarqué, et le plan fut exécuté sans hésitation.
À cet instant, Abel vit le général Feo Shu fermer les yeux.
Était-ce une résignation face à la mort ?
« Art de l'épée : Ombre Absolue ! »
Mais Abel n'avait aucune intention de tomber ici.
Il déclencha l'Art de l'épée : Ombre Absolue.
Une technique d'épée qui esquivait toutes les attaques à distance.
C'était l'une des techniques de plus haut niveau.
Comme ses effets le suggéraient.
Plus de dix sorts offensifs.
Abel les esquiva tous, tandis que le corps du général Feo Shu fut frappé et transpercé.
Feo Shu s'effondra au sol.
Abel, cependant, l'ignora et chargea droit au cœur du groupe de pillards.
Il savait déjà qui avait lancé les sorts.
Il lui fallut moins d'une minute pour les neutraliser.
Chaque magicien et sorcier fut vaincu.
Presque au même moment, le capitaine Milan et la 7e escouade de la garde, ainsi que les gardes, mirent en déroute les pillards restants.
La situation sous contrôle, Abel retourna auprès du général Feo Shu tombé au sol.
« …Tuez-moi. »
Râla faiblement le général, du sang coulant de sa bouche.
« Non, je ne vous tuerai pas. J'ai besoin de vous vivant comme prisonnier. »
Déclara fermement Abel.
« Vous voulez me faire vivre dans la honte ? »
« Vivez et assumez vos responsabilités. Pour avoir échoué à arrêter le duc Kang et ses alliés. »
Le général Feo Shu murmura faiblement, bien que le ton d'Abel fût dépourvu de tout reproche.
« Capitaine Milan ! »
« Oui, Abel-dono ! »
« Faites du général Feo Shu un prisonnier. Assurez-vous qu'il ne meure pas. »
« Compris ! »
Le capitaine Milan hocha la tête.
Et commença à administrer une potion de soin.
« Je retourne auprès de la princesse. Je vous laisse le reste ! »
Dit Abel, puis il partit en courant.
À présent, il en était certain.
Il y avait une autre force visant directement la princesse.
Cela expliquait pourquoi le général Feo Shu avait tenté d'arrêter Abel, même au prix de sa propre vie.
Si Feo Shu était mort plus tôt, les forces d'attaque auraient perdu leur commandant.
Même si Abel avait été éliminé, leur objectif ultime résidait dans les chambres intérieures du palais détaché, avec la princesse Shio Fen.
Pour un commandant, risquer sa vie dans une manœuvre sacrificielle sans s'assurer que l'objectif principal était atteint n'avait aucun sens.
Mais s'il existait une force distincte, une qui réussirait même si Feo Shu mourait…
Et ainsi, Abel courut.
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