Chapitre 391
Chapitre 0375 Entracte – Développements dans l’Empire de Debuhi
Traducteur : Jay_Forestieri
Éditeur : Tseirp
Il y a deux ans, Rupert VI abdiqua et son fils aîné, Helmut VIII, monta sur le trône en tant que nouvel Empereur.
L’ancien Empereur Rupert annonça son retrait de toutes les affaires politiques, et l’autorité réelle de l’Empire passa entièrement entre les mains d’Helmut VIII et de son entourage.
Certes, il n’y avait rien à redire à cela.
Helmut avait constitué son entourage durant ses années en tant que prince héritier, avait appris à gouverner les territoires qui lui avaient été confiés et avait acquis l’expérience et les succès nécessaires à cette fin.
Il deviendrait Empereur et dirigerait le pays avec sagesse.
Prenant tout son temps pour accumuler les victoires.
Mais Helmut ne pouvait attendre.
L’ombre de son illustre prédécesseur planait encore sur lui.
L’ancien Empereur Rupert VI n’avait que vingt ans lorsqu’il monta sur le trône.
Par la suite, il renforça davantage le puissant Empire, réforma les aristocrates qui osaient défier son autorité, ne serait-ce qu’un peu, et obtint un pouvoir ainsi qu’une puissance économique absolus.
Lorsque Rupert VI abdiqua et qu’Helmut VIII monta sur le trône, il ne restait plus aucun aristocrate dans l’Empire pour contester l’autorité impériale ; le pouvoir et l’ascendant de l’Empereur étaient déjà immenses.
Il était peut-être inévitable qu’Helmut s’impatiente face aux réalisations grandioses de son prédécesseur.
Il n’avait qu’une seule idée en tête.
Que pouvait-il faire pour surpasser les grands accomplissements de son prédécesseur ?
Que pouvait-il faire pour surpasser son prédécesseur ?
C’est une question qui s’est répétée à travers de nombreuses histoires, dans de nombreux mondes, et pas seulement par Helmut VIII.
Certains bâtirent des structures gigantesques.
D’autres construisirent des bibliothèques pour accumuler le savoir.
Et d’autres encore… envahirent les pays voisins pour étendre leurs territoires.
« Un échec ? »
Demanda Helmut VIII, une pointe de mécontentement perceptible dans sa voix.
« Mes excuses. »
Flora Leisenheimer, commandante de la 10e Armée Impériale, inclina la tête et s’excusa.
Elle s’inclina profondément, mais son expression ne changea pas d’un iota.
Son conseiller Elmer, qui se tenait juste derrière elle, ne s’y trompa pas.
Flora ne ressentait pas la moindre once de remords.
En premier lieu, elle était opposée à cette opération.
À un moment donné, elle avait demandé à l’Empereur de reconsidérer sa décision.
Mais l’opération fut menée malgré tout.
Et avec elle aux commandes.
Il se pourrait même qu’on lui en fasse porter la responsabilité…
« Assez. Vous êtes dispensée. »
« Entendu. Veuillez m’excuser. »
Sans plus attendre, Flora et son conseiller Elmer quittèrent la pièce.
Le bureau de la commandante de la 10e Armée Impériale.
« L’Empereur devient trop impatient. »
Flora Leisenheimer, commandante de la 10e Armée Impériale, fronça les sourcils en buvant son café.
Son conseiller était assis en face d’elle sur le canapé.
« Elmer, qu’en penses-tu ? »
L’homme appelé Elmer répondit en haussant les épaules.
« Fondamentalement, les choses devraient s’améliorer avec le temps, mais… La direction prise n’est certainement pas encourageante. Sa Majesté se compare arbitrairement à l’empereur précédent. Même si c’est inévitable… Et il n’y a personne autour pour le ramener à la raison. Depuis que le comte Hans Kirchhoff a été évincé, plus personne n’ose exprimer son opinion. Ils sont tous terrifiés, et je ne peux pas leur en vouloir. »
« Cela ne fait que trois ans depuis la guerre avec le Royaume. Et bien que le Royaume ait subi des dommages considérables, l’Empire n’est en aucun cas sorti indemne. Zut, alors que nous avions enfin réussi à établir une atmosphère amicale grâce à la délégation conjointe envoyée dans les Nations occidentales. »
« Eh bien, en tant qu’Empereur… s’il pouvait réussir à conquérir le Royaume, un exploit que son prédécesseur n’a pas réussi à accomplir. S’il parvenait à cela, ce serait certainement l’une des plus grandes réalisations, surpassant celles de son prédécesseur. »
« Pour ma part, je ne veux pas que nos soldats soient sacrifiés pour une telle chose. »
Les derniers mots de Flora ressemblaient davantage à un murmure.
Bien sûr, un outil d’alchimie était installé dans la pièce pour empêcher toute écoute indiscrète, mais tout de même.
Elle ne pouvait s’empêcher de baisser la voix…
« Dis-moi, Elmer. Quelle est la situation dans les Pays du Corridor ? »
« Ce n’est pas du tout encourageant. Ce roi de la tribu des cavaliers les a tous conquis. Apparemment, il nourrit une rancune envers l’Empire à cause de l’ancien empereur. Jusqu’à présent, les Pays du Corridor et les Nations centrales entretenaient rarement des relations, mais c’est une autre histoire avec la "tribu équestre". Leur zone d’activité est complètement différente. Ils sont à surveiller de près. »
Elmer répondit à la question de Flora avec un froncement de sourcils.
« Il n’y a vraiment aucune raison de chercher querelle à l’ouest et au sud en même temps… »
Elmer ne put s’empêcher d’acquiescer aux murmures de Flora.
À la périphérie de la capitale impériale, le terrain d’entraînement de la 12e Armée Impériale.
« À quoi pense Sa Majesté Impériale… nous ordonnant, à nous, les Ombres, de rejoindre la 10e Armée au lieu de la 12e ! »
La voix ne semblait pas colérique.
Cependant, elle était empreinte de frustration.
La voix appartenait au général Rancias, commandant de la 12e Armée.
Bossabo, un archer devenu le second de Rancias deux ans plus tôt, écoutait sa plainte.
Bossabo, affecté à la 12e Armée en raison de ses talents divins à l’arc, était très estimé par Rancias pour sa capacité à coordonner en tant que lieutenant et, dans certains cas, à diriger l’armée entière ; il avait gagné sa confiance absolue.
Eh bien, cela expliquait pourquoi c’était lui qui écoutait ses doléances…
Cependant, Bossabo, qui était dans la trentaine, était assez expérimenté pour savoir qu’écouter les plaintes de son supérieur faisait partie du travail.
« J’imagine que cela signifie que vous n’avez pas encore regagné la confiance de l’Empereur. »
C’était aussi un homme qui n’avait aucun problème à dire les choses qui fâchent.
« Bien sûr, je vous laisse le soin d’appuyer là où ça fait mal… »
Le général Rancias s’inclina, le visage sombre.
« Après la guerre avec le Royaume, la moitié de ceux qui sont revenus de la forêt des Elfes ont quitté l’armée. Après une telle expérience, qui peut les blâmer… D’un autre côté, il est vrai que la force de la 12e Armée en a été ébranlée. Bien que nous entraînions de nouvelles recrues, l’art de l’"Ombre" n’est pas facile à maîtriser. »
En disant cela, Rancias laissa échapper un profond soupir.
Il sait.
Il sait très bien, en réalité.
À quel point il est extrêmement difficile de regagner la confiance une fois qu’elle est perdue.
Et qu’il ne faisait que s’accrocher à leur gloire passée.
Mais tout de même…
N’est-ce pas la nature humaine que de chercher à retrouver cette gloire ?
« Nous allons reconstruire l’armée, et elle sera meilleure qu’avant ! »
« … Oui, mon général. »
Le général Rancias secoua la tête à plusieurs reprises avant de prononcer ces mots, et son second, Bossabo, qui pouvait déjà imaginer les entraînements rigoureux à venir, retarda sa réponse d’un instant.
En effet… beaucoup de choses sont tout simplement inévitables…
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