Chapitre 377
Chapitre 0361 Foi
Traducteur : Jay_Forestieri
Éditeur : Tseirp
Ryo l’avait remarqué.
Parmi les regards posés sur lui, il y en avait certains qu’il avait déjà croisés auparavant.
Cependant, si leurs mouvements, leur conduite… leur carrure et leur respiration étaient identiques à ceux d’autrefois, leur « façon de se mouvoir » semblait légèrement différente.
Il n’avait pourtant utilisé le <Sonar passif> que pour ne pas les effrayer…
Et puis, la précision du <Sonar passif> s’était améliorée par rapport à avant.
Tout cela grâce à un entraînement constant !
Si Ryo s’était donné tant de mal pour attirer toute cette attention avec ses <Wagons>, c’était justement pour pouvoir sonder les environs discrètement grâce au <Sonar passif>.
L’attention des gens gravite inévitablement vers les <Wagons> les plus voyants.
Personne ne se douterait qu’une personne se livrant à un tel manège puisse, dans le même temps, effectuer des sondages par magie sonar…
Ryo interrogea le moine Karle qui marchait devant lui.
« Qu’y a-t-il au troisième étage, de l’autre côté de cette cour ? »
« Euh… »
La réaction de Karle fut inhabituelle.
Ryo se sentit mal à l’aise. Il n’aurait pas dû poser cette question.
« C-cette zone est un recoin où nous, les moines, n’avons pas le droit de mettre les pieds. Si possible, Monsieur Ryo, vous ne devriez même pas songer à vous en approcher… »
Sa voix tremblait légèrement.
« Très bien. Je n’irai pas. »
À ces mots, le moine Karle poussa un soupir de soulagement.
Il semblait sincèrement inquiet pour Ryo.
Quel brave garçon.
Il existe des gens bien comme Karle, et des individus terribles comme celui qui avait lancé ce regard…
Lorsqu’il les avait rencontrés précédemment, il les avait pris pour des « évêques ».
Même parmi les « prêtres », il semblait y avoir différentes sortes d’individus.
Ryo lui-même n’avait jamais été hostile à la religion, ni, à l’inverse, particulièrement absorbé par elle.
Lorsqu’il était sur Terre, il avait lu ce qu’on appelle la « Bible » dans le cadre de ses études.
Tant l’Ancien que le Nouveau Testament.
C’était attendu d’un étudiant en histoire occidentale.
Certains de ses camarades de classe avaient fini par occuper des postes de prêtres principaux dans des sanctuaires célèbres.
Il y avait aussi un professeur de japonais qui avait repris un temple existant depuis l’ère Muromachi.
En conclusion, certains sont bons et d’autres non, peu importe qu’ils soient impliqués dans la religion ou non.
Il s’était permis de tirer une telle conclusion.
Dans ce contexte, le moine devant lui, le propriétaire du regard, ou le cardinal Graham, qui est un peu louche et parfois effrayant, ne sont pas si différents.
C’est vrai.
Pour commencer, les notes d’alchimie noire dont Ryo avait hérité provenaient de Hassan, le fondateur de l’« Ordre » des Assassins.
Après tout, même les assassins ne sont pas forcément de mauvaises personnes…
…Rayez cela, les assassins sont bel et bien de mauvaises personnes.
« Monsieur Graham, voici les documents d’aujourd’hui. »
« Oh, merci, bon travail. »
Ryo avait accompli sa tâche avec succès aujourd’hui encore.
À partir de là, il s’agissait d’affaires personnelles.
C’est ainsi qu’il posait parfois de petites questions au cardinal qui lui faisait face.
« Monsieur Graham, puis-je vous poser une question ? »
« Hmm ? De quoi s’agit-il ? Je n’ai pas beaucoup de temps aujourd’hui, mais quelques minutes suffiront. »
Graham occupait une position proche du sommet de l’Église occidentale en tant que cardinal, mais il n’était pas submergé de paperasse comme un certain roi.
On lui avait dit un jour qu’une grande partie du travail d’un cardinal se faisait oralement, et non par écrit.
Merveilleux !
Alors, comme il n’avait pas beaucoup de temps, Ryo décida d’aller droit au but.
« Je veux en savoir plus sur Cesare, le troisième évêque sous les ordres directs du Pape. »
« C’est… »
Graham, naturellement, ne s’attendait probablement pas à une telle question.
Il resta sans voix.
Ryo était tombé sur cette information, bien sûr, parce qu’elle avait été mentionnée dans une conversation lorsqu’il avait sauvé la vie du capitaine Bangan et de la vice-capitaine Amalia dans la République de Mafalda.
« Il est l’un des quatre évêques qui dirigent l’escouade d’assassinat sous le contrôle direct du Pape. »
C’était à peu près tout ce que Ryo savait sur la position de Cesare.
« Avant de répondre, pourriez-vous me dire comment vous connaissez Cesare, Monsieur Ryo ? »
« Oh, c’est vrai. En fait, j’étais dans la République de Mafalda il y a quelque temps à la demande de Monsieur Hugh, et nous avons eu un petit accrochage… »
« Ne me dites pas… avez-vous vaincu Cesare ? Et l’avez-vous ensuite remis aux autorités de la République ? »
« Oui, on dirait que vous êtes au courant. »
« Je vois… »
L’explication de Ryo avait dû donner à Graham matière à réflexion.
Après avoir réfléchi un instant, il poursuivit.
« Il se murmurait que Cesare avait été capturé par la République. Bien qu’il se soit échappé quelques jours plus tard. »
« Oui, c’est exact. »
En effet, il avait reçu cette explication à l’Agence des Services Secrets où il s’était arrêté avant de quitter la République.
Graham commença à expliquer ce qu’il en était de Cesare et des quatre évêques.
« Ils sont appelés les “Quatre Évêques du Pape”. Comme leur nom l’indique, ils sont directement sous les ordres de Sa Sainteté le Pape, ils possèdent donc un statut et un pouvoir inégalés par les autres évêques. Dans certains cas, même plus que les archevêques qui leur sont hiérarchiquement supérieurs. Leurs noms sont Abelardo, Brigitta, Cesare et Dionisi. Chacun d’eux dirige une escouade d’assassinat d’environ vingt hommes, menant des opérations secrètes, comme l’ingérence dans la République cette fois-ci. »
Graham coupa son discours à ce moment-là, s’humecta la gorge avec du café et continua.
« Les escouades d’assassinat qu’ils dirigent ne sont pas là pour plaisanter, mais ce qui est plus menaçant encore, c’est le haut niveau de capacité de combat individuel que ces quatre-là possèdent. On dit qu’ils peuvent s’infiltrer dans la chambre à coucher du dirigeant d’un pays et lui trancher la tête pendant son sommeil… À tel point que certains disent qu’ils sont l’une des raisons pour lesquelles la plupart des nations occidentales ne défient pas la volonté de l’Église. »
« Je vois… »
Ryo hocha la tête aux explications de Graham.
« En gros, ils disent qu’ils n’opèrent pas au sein de ce Palais Papal. En raison d’une sorte de “restrictions” ou quelque chose du genre. Mais personnellement, je n’y crois pas. Monsieur Ryo aussi… enfin, avec votre puissance de combat, vous devriez vous en sortir, mais soyez tout de même prudent. Car ils pourraient ne pas nécessairement s’en prendre à vous individuellement. »
« Bien sûr. Je garderai cela à l’esprit. »
« Moine Karle. »
Graham appela d’une voix légèrement plus forte, et Karle, qui attendait apparemment dans la pièce voisine, entra.
« Oui, Votre Éminence. »
« Veuillez escorter Monsieur Ryo à l’extérieur. Je me dirige vers une étude avec les membres du Huitième Ordre Sacerdotal. »
« Compris. »
Le cardinal Graham, dans le couloir en route vers son étude avec le Huitième Ordre Sacerdotal.
« Cardinal Graham. »
« Ah, Cardinal Adolfito, bonjour. »
L’homme appelé Adolfito avait la soixantaine, mesurait environ 150 centimètres, avait le crâne entièrement rasé et, d’une certaine manière, dégageait une… présence impressionnante qu’on ne pouvait ignorer.
Et bien sûr, il souriait.
Parmi les douze cardinaux, il était dit qu’il était celui qui se spécialisait dans les tactiques détournées, très versé dans les opérations secrètes, et qu’il utiliserait n’importe quel moyen pour atteindre ses objectifs…
Il serait très difficile de concilier une telle réputation avec son apparence.
Bien sûr, cela était vrai non seulement pour Adolfito, mais aussi pour les autres cardinaux.
Aucun d’entre eux n’avait la moindre trace de méchanceté… et à juste titre.
Car ils étaient des prêtres de haut rang de l’Église occidentale.
Puisque quelqu’un qui dégage une telle présence maléfique ne pourrait jamais accéder à une position élevée.
Évidemment.
Et il va sans dire que l’on pouvait en dire autant de Graham.
« Vous dirigez-vous vers votre réunion d’étude ? »
« Oui. Avec les membres du Huitième Ordre Sacerdotal, sur le Sacrement de New-sama. »
Adolfito demanda avec un sourire, et Graham répondit avec un sourire.
New-sama est le fondateur de l’Église occidentale.
« Les écrits du Cardinal Graham sur New-sama sont tous hautement acclamés. J’aimerais être inclus dans vos recherches un jour. »
« Bien sûr, quand vous voulez. »
Adolfito dit avec un sourire, et Graham répondit avec un sourire.
« Eh bien, dans ce cas. »
« Oui, si vous voulez bien m’excuser. »
Ils échangèrent des salutations et se séparèrent.
Avec le sourire aux lèvres, bien entendu.
Naturellement, il n’y eut aucun claquement de langue, aucun soupir, aucun murmure, rien.
Même leur respiration était normale.
C’est tout le Palais Papal, ça.
(C’est, et cela a toujours été, un environnement étouffant.)
Pensa Graham en lui-même sans changer d’expression, de respiration, et bien sûr, de rythme.
Ce n’est que lorsqu’il pensait au Fondateur New, qu’il vénérait du fond du cœur, visualisait ses sacrements et examinait le chemin qu’il avait parcouru, qu’il trouvait une véritable guérison.
(Cet endroit s’est tellement éloigné de la vision de New-sama…)
Graham soupira intérieurement et se dirigea vers son étude.
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