Chapitre 37
Chapitre 0037 Viande séchée
Traducteur : Tseirp
Un moment de détente après le dîner.
Bien qu’ils fussent en plein voyage, leurs nerfs n’auraient pas tenu s’ils étaient restés sur le qui-vive en permanence.
Se détendre quand l’occasion se présente et rester vigilant quand il le faut. C’était là l’essentiel.
« Un monstre végétal qui crache un poison paralysant… et qui est invisible… c’est la première fois que j’entends parler d’une telle créature. »
Même Abel, qui possédait une expérience considérable en tant qu’aventurier, ne connaissait pas ce genre de monstre.
« Il n’y avait pas de monstres végétaux de ce type dans la région où je vivais. »
« Les monstres végétaux apparaissent généralement dans des zones assez concentrées puisqu’ils ne se déplacent pas comme les monstres animaux. Les gens ne les rencontrent que rarement. Mais certains aventuriers ne chassent que les monstres végétaux. »
« Hoho. Est-ce qu’ils laissent tomber des matériaux intéressants ? »
« Oui, des ingrédients d’alchimie ou des matériaux pour des outils magiques. »
« L’alchimie m’intéresse beaucoup ! »
Ryo exprima son admiration pour l’alchimie, qu’il n’avait jamais vue auparavant, les yeux pétillants.
« Il semble qu’il soit assez difficile de devenir un alchimiste accompli. »
« C’est justement ce que je veux ! À force de persévérance, on finit toujours par réussir ! »
Abel ne comprit pas le sens de cette expression, mais décida de passer outre.
« Au fait, comment Ryo as-tu fait pour te protéger du poison paralysant de ce monstre ? »
En effet, Abel trouvait cela étrange.
Abel portait un objet qui lui permettait de se remettre d’états anormaux.
Il pouvait neutraliser un poison ordinaire instantanément.
Le poison paralysant de cette fois-ci était si puissant qu’il avait affecté son corps, bien que légèrement, au point de le faire mettre un genou à terre.
Cependant, Ryo ne semblait pas avoir été affecté par le poison.
« Non, je n’ai rien fait de particulier. »
Oui, Ryo n’avait rien fait.
Cela dit, il n’avait jamais cherché à développer une résistance aux poisons.
En premier lieu, Ryo n’avait jamais trouvé d’« Herbe détoxifiante » autour de chez lui.
(Je me demande pourquoi rien ne s’est passé. La bénédiction du Roi des Fées de l’Eau… non, je ne peux pas supposer que ce monde possède de telles bénédictions… peut-être…)
« Est-ce l’effet de cette robe ? »
Il trouva une explication plausible et tenta sa chance.
Il n’y avait aucun moyen de le vérifier, alors pour le moment, il remercia simplement la personne qui la lui avait offerte.
(Merci, Maître.)
« Oh, c’est plausible. Au premier coup d’œil, elle ressemble à une robe normale, mais elle ne l’est certainement pas. »
« Abel, ta façon de formuler les choses est étrange. »
« Eh bien, je sais, mais je n’y peux rien, je ne peux l’exprimer que comme ça. »
« Je remerciais juste mon maître dans mon cœur de m’avoir donné ceci. »
« Oh, c’est bien, car la gratitude est importante. »
Au moment où il entendit cela, le visage de Ryo fut empli d’étonnement.
« Abel a dit quelque chose de sensé… »
« Hé, oh, ce que je dis est toujours sensé ! »
« C’est un schéma classique : seul celui qui parle le pense. »
« Je n’ai pas envie d’entendre ça de ta part ! »
Dès le lendemain, ils commencèrent à préparer de la viande séchée pour la traversée de la montagne.
Pendant qu’ils étaient dans les bois, ils voulurent chasser le lapin et le sanglier.
Il y avait beaucoup de lapins et de sangliers dans les forêts, mais on en trouvait rarement dans les prairies.
Ryo n’avait jamais entendu parler de telles habitudes sur Terre, mais lorsqu’il posa la question à Abel,
« C’est comme ça. »
Il obtint une réponse laconique.
En deux jours environ, ils réussirent à en chasser cinq de chaque.
C’était largement suffisant pour la part de viande séchée de deux personnes.
Le « sel » était indispensable pour préparer la viande séchée.
Et il en fallait une quantité décente.
À l’origine, il aurait voulu la faire tremper dans de la sauce soja, mais… il n’en avait pas sous la main.
On n’y pouvait rien, alors il saupoudra la viande tranchée de sel et de poivre noir, puis la fit sécher pendant environ 3 jours.
C’était tout.
« C’est assez facile, n’est-ce pas ? »
« Oui, c’est parce que nous avons fait de la viande séchée simple, celle que les aventuriers préparent en chemin. Dans le pire des cas, ils la font uniquement avec du sel, alors avoir du poivre est déjà une sacrée chance. »
« Je suis content qu’il y ait eu du poivre dans la forêt de Rondo. »
Ryo hocha la tête en disant cela.
Tous deux se dirigèrent vers le nord, vers la chaîne de montagnes, en tenant des tiges de glace fabriquées par Ryo sur lesquelles était embrochée la viande séchée, afin de la faire sécher tout en marchant.
Soit dit en passant, en dehors de la viande, les peaux furent « tannées » par Ryo pour en faire une cape pour Abel et des « vêtements de rechange » pour Ryo.
C’était parce qu’Abel avait fait remarquer qu’il serait pénible de traverser une montagne couverte de neige sans cape.
Le simple fait d’avoir une cape augmenterait considérablement la protection contre le froid.
De plus, Ryo se fabriqua… des vêtements avec l’apparence d’un « Kantogi ».
Il s’agissait essentiellement d’une grande peau de Sanglier Majeur tannée avec un trou au milieu pour la tête.
S’il l’attachait autour de la taille avec du lierre pour remplacer une ceinture, il obtenait un vêtement identique au « Kantogi » de la période Yayoi.
Ryo portait la robe que lui avait donnée le Dullahan, il n’avait donc pas besoin de cape.
Au lieu de cela, il fabriqua un « Kantogi » à porter sous sa robe, doublant ainsi la chaleur.
Grâce à cela, ils avaient tous deux considérablement amélioré leur capacité à se protéger du froid.
« Hé, Ryo, ces sacs que tu as fabriqués avec la cape… »
« Oui, je prévois d’y mettre la viande séchée pour la transporter avec nous. »
On pouvait dire qu’il s’agissait de la taille standard pour un sac à bandoulière.
« Si c’est plus grand que ça, ce sera difficile quand Abel sera au combat, n’est-ce pas ? »
« Eh bien, c’est vrai… mais même en mettant les deux sacs ensemble, on dirait que toute la viande séchée ne rentrera pas. »
« Oui, on n’y peut rien. Ce qui ne rentre pas… »
« Oui, on n’y peut rien. »
C’était du gaspillage de les jeter, mais ils ne pouvaient pas faire autrement. Abel le pensait aussi.
« Nous porterons ce qui ne rentre pas à la main. »
« ……Quoi ? »
« Nous en mangerons tous les jours, donc plus nous avancerons, moins nous en aurons, n’est-ce pas ? Nous pouvons finir ce que nous avons dans les mains en premier. »
Les yeux d’Abel devinrent des points.
« Mais je ne peux pas me battre si j’ai les mains prises… »
« Je me battrai pendant ce temps-là. »
Ryo hocha la tête avec une résolution sombre.
En fait, lorsqu’ils eurent fini de ranger la viande séchée dans les sacs, il ne leur restait qu’environ une journée de réserve à porter à la main.
Il va sans dire qu’Abel fut soulagé que ce ne soit que dans cette mesure.
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