Chapitre 361
Chapitre 0345 La peur de la mer
Traducteur : Jay_Forestieri
Éditeur : Tseirp
Le lendemain.
Un dîner appétissant, un sommeil réparateur et un petit-déjeuner délicieux.
C’était tout simplement parfait.
Après avoir mangé, Ryo fit quelques étirements légers et s’apprêtait à quitter l’auberge… mais quelqu’un se tenait à l’extérieur, près de l’entrée.
Immobile, comme figé.
C’était l’homme qui, la veille, se faisait appeler le « Chef de Bureau ».
Lorsque Ryo sortit de l’auberge.
« Je vous présente mes plus sincères excuses ! »
Il s’inclina profondément en prononçant ces mots.
Il semblait qu’il eût reçu confirmation de son identité.
Entre hier et aujourd’hui, cela avait été plutôt rapide.
« On dirait que vous avez obtenu vos réponses ? »
« Oui, en effet. Votre Excellence, je suis vraiment navré pour l’incident survenu… »
« Allons au salon, nous ne devrions pas rester plantés là à discuter. »
Ryo se dirigea vers le salon où il avait dégusté ce délicieux gâteau la veille.
Le Chef de Bureau lui emboîta le pas.
En réalité, il semblait que le Chef de Bureau fût accompagné de subordonnés ou d’escortes dans les environs, qui le suivirent également.
Dix personnes au total.
Ryo commanda à nouveau le « Gâteau du mois au tableau noir » et un café moka.
Le Chef de Bureau et ses subordonnés ne prirent que du café.
Même lorsque Ryo leur demanda directement : « Et vous, messieurs ? »
Ils durent penser qu’il serait déplacé de commander quelque chose alors que leur supérieur ne l’avait pas fait.
Ils refusèrent donc poliment.
Il semble que la hiérarchie au travail soit toujours un fardeau, quel que soit l’endroit…
Ryo savoura son gâteau et son café avec délectation.
Le gâteau était tout aussi merveilleux que la veille.
Pendant tout ce temps, le Chef de Bureau resta silencieux.
Il était toujours en proie à des sueurs froides.
On ne pouvait pas l’en blâmer.
Il avait tenté d’arrêter injustement le Premier Duc d’une grande puissance… c’est-à-dire le numéro deux du pays, même si ledit pays se trouvait dans les lointaines Nations centrales.
De plus, il l’avait totalement ignoré lorsqu’il lui avait dit : « Si vous vous excusez maintenant, je vous pardonnerai ».
Dans la plupart des pays, c’était un crime de lèse-majesté. En d’autres termes, passible de la peine capitale.
Dans certains pays, la famille entière était condamnée pour ce crime.
C’est ainsi que fonctionnait l’aristocratie…
Finalement, Ryo prit la parole.
« Alors… concernant vos excuses, Chef de Bureau… »
« Oui… »
Le Chef de Bureau déglutit nerveusement.
« Je ne connais pas les lois de la République, mais dans le Royaume, c’est un crime capital… et cela entraîne donc la peine de mort. »
Il avait vérifié auprès du Roi Abel la veille, il en était donc certain.
« Oui… C’est la même chose dans la République… »
Visiblement, il s’agissait d’une faute grave.
« Je vois. Cependant, il est facile de comprendre que le Chef de Bureau ait pu agir par excès de zèle pour le bien de son pays ou de ses subordonnés. Par conséquent, cette fois-ci, je suis prêt à laisser passer l’affaire, à une condition. »
« V-Vraiment… ? »
« Bien entendu. »
Ryo hocha la tête avec un sourire.
« Alors, quelle est cette condition… ? »
Si elle s’avérait trop difficile, le Chef de Bureau se retrouverait coincé dans un nouveau dilemme…
« C’est très simple, en réalité. J’ai entendu dire que la République possédait une industrie de transport maritime florissante. De plus, votre flotte de navires s’aventure jusqu’au Continent Sombre. Et vous traversez même des mers où les monstres pullulent. J’aimerais découvrir votre technologie maritime par moi-même. »
« Hein… »
« Bien sûr, il n’est pas nécessaire qu’il s’agisse d’un secret d’État, quelque chose au niveau civil me conviendrait parfaitement. Si possible, ce qui se fait de mieux dans le domaine civil serait idéal. »
Ryo s’en souvenait encore.
Il n’avait pas oublié l’existence de monstres tels que le Kraken dans ces eaux.
Pourtant, les pêcheurs continuaient d’y naviguer pour pêcher.
Et même le village de pêcheurs autrefois dirigé par des vampires était censé posséder une protection contre les monstres marins.
Si tel était le cas, un pays doté d’un système de transport maritime aussi développé devait posséder une technologie avancée.
Bien sûr, le Chef de Bureau en face de lui se retrouverait dans une situation délicate s’il lui demandait de divulguer des secrets d’État.
Mais, comme ce n’était pas le cas… il devrait pouvoir l’accommoder dans une certaine mesure.
Le Chef de Bureau réfléchit un instant et hocha la tête.
« Je comprends. Si cela vous convient au niveau civil… ma famille dirige une entreprise de transport maritime. Je n’ai pas repris l’affaire familiale car j’ai choisi cette voie, mais mon frère cadet en a hérité, je vais donc essayer de lui en parler. »
« Ohh ! »
C’était véritablement une situation gagnant-gagnant.
Cet après-midi-là, Ryo se rendit à la Compagnie Maritime Franzoni.
C’était la maison familiale de Bonifacio Franzoni, Chef de Bureau des Services Secrets.
Soit dit en passant, Ryo avait déjà été retiré de la liste de surveillance des Services Secrets.
Comme ils avaient déjà procédé à diverses vérifications.
C’était une bonne nouvelle pour Ryo, mais il semblait y avoir un problème du côté des Services Secrets…
Il apparaissait que des agents des Services Secrets étaient attaqués au sein même de la République.
En effet, « Cesare » et les autres, la veille, ne cherchaient pas seulement à tuer Ryo, mais aussi le Capitaine Bangan et la Vice-Capitaine Amalia.
D’ailleurs, ceux qui avaient attaqué en premier et avaient été gelés visaient le capitaine et la vice-capitaine…
Tant de choses se tramaient en coulisses entre les pays.
Ryo se rendit donc seul à la Compagnie Maritime Franzoni, mais il y fut traité avec beaucoup de courtoisie.
Très tôt le matin, le Chef de Bureau avait fait la demande, ajoutant même la condition supplémentaire : « le meilleur du meilleur, autant que possible ».
Il semblait que le Chef de Bureau n’était pas une si mauvaise personne.
Bien que Ryo eût unilatéralement conclu qu’il devait être un individu terrible puisqu’il était à la tête d’une agence de renseignement…
Pendant que Ryo attendait avec impatience de découvrir la technologie maritime à la Compagnie Franzoni, une discussion sérieuse se tenait dans la salle de conférence de la résidence officielle du Chef de la République.
« Donc, en résumé… la guerre est inévitable. »
« Oui, Conseiller Suprême. Les première et deuxième armées du Royaume-Uni de Stachen ont déjà quitté la capitale et se dirigent vers nos frontières. De plus, nous sommes informés que la marine du Royaume-Uni a également quitté le port. »
Le Chef d’État-Major Rash répondit à la question du Conseiller Suprême, Lord Burley.
« La première armée signifie que le Roi lui-même mène les troupes… »
Le Chef d’État borgne, Columbano della Russo, grommela.
Le Royaume-Uni de Stachen était l’une des grandes puissances de l’Ouest.
En particulier, il était même considéré comme l’un des cinq premiers en termes de puissance militaire.
Le Royaume-Uni de Stachen et la République de Mafalda s’étaient affrontés à maintes reprises par le passé.
En tant que nation maritime, la République était imbattable dans les batailles navales, mais moins redoutable lors des combats terrestres.
Ils les avaient repoussés à chaque fois, mais non sans payer le prix fort.
Un voisin très encombrant.
Et cette fois-ci…
« Nous ne pouvons ignorer les mouvements des membres de l’église qui se sont infiltrés dans le pays. »
Mentionna le Conseiller Suprême, Lord Burley.
Oui, cette fois, l’Église s’était glissée assez profondément dans la République.
C’était parce qu’ils savaient que l’armée de la République était dans un état bien pire que par le passé, et ils y voyaient une opportunité d’en finir avec la République une fois pour toutes.
Et maintenant, le plus grand problème de la République.
« Les… golems sont-ils toujours inopérants ? »
« Oui… »
Les cinquante golems qui constituaient la pierre angulaire de la défense de la République étaient tous hors service…
Et la cause en était inconnue.
Bien sûr, c’était le secret d’État le mieux gardé, mais l’Église comme le Royaume-Uni avaient dû mettre la main sur l’information d’une manière ou d’une autre.
Soudain, la porte de la salle de conférence s’ouvrit et un homme muni d’un rapport entra précipitamment.
« Monsieur, nous avons un problème ! »
Le rapport fut immédiatement remis au Chef d’État Columbano.
Il le lut.
« Quoi… »
Il le relut.
Puis il tendit le rapport à Lord Burley, le Conseiller Suprême, à ses côtés.
« Le Corps des Golems de la Théocratie de Van De Vie a quitté la Théocratie… ? Je suppose qu’ils se dirigent vers notre pays. »
« Il semble que la Théocratie soit déterminée à détruire la République… »
« Je dois dire qu’ils étaient tous très intéressants. »
« Je suis heureux que nous ayons pu répondre à vos attentes. »
Le bureau du président de la Compagnie Maritime Franzoni.
Ryo et Girolamo Franzoni, le président de la compagnie, étaient assis à la table de réception.
Ryo s’était rendu dans le bureau du président car la visite était terminée et le président lui-même souhaitait le saluer personnellement.
Bien que Girolamo fût le président, son frère lui avait demandé de le traiter avec politesse.
De plus, c’était un Premier Duc venant des Nations centrales…
C’était une personne auprès de qui il devait s’assurer de la satisfaction.
Et les deux parties étaient ravies.
Ryo s’apprêtait à prendre congé lorsqu’il entendit une voix forte provenant du couloir.
« Absolument pas ! Avec ce genre de conception, ça coulera en un rien de temps. Vous ne comprenez donc pas, cette eau est… »
Après cela, la voix semblait dire autre chose, mais cela ne parvint pas jusqu’à leurs oreilles…
Puis, il vit le président Girolamo sourire.
« Sir Andersen… sa voix est forte comme toujours. »
« Andersen ? »
Ce nom lui disait quelque chose.
C’est vrai, la personne à qui il avait remis la lettre la veille était… Neil Andersen.
« Vous ne voulez pas dire Sir Neil Andersen, n’est-ce pas ? »
« Oh ? Le Duc Rondo connaîtrait-il Sir Andersen ? »
« Oui, nous nous sommes rencontrés hier… »
Cependant, comme il l’avait rencontré non pas en tant que Duc Rondo, mais en tant qu’aventurier ayant livré une lettre dans le cadre d’une mission, Ryo hésitait un peu à savoir s’il devait le rencontrer ici ou non.
Mais la situation ne lui laissa pas le temps de décider.
On frappa fort à la porte et, avant que le président Girolamo ne puisse répondre, celle-ci s’ouvrit et Neil Andersen entra.
« Président, je suis désolé, mais cette conception ne… oups, vous receviez un invité, pardon, je n’avais pas réalisé… hmm ? Je crois que vous étiez chez moi hier… Sir Ryo, n’est-ce pas ? »
« Oui, c’est bien moi, Monsieur Andersen. Ravi de vous revoir. »
« Sir Andersen, voici Son Excellence le Duc de Rondo du Royaume de Knightley. »
Expliqua le président Girolamo.
Peut-être parce qu’il n’avait pas mentionné une telle chose lorsqu’ils s’étaient rencontrés la veille, Neil Andersen déclara, les yeux écarquillés d’étonnement :
« Oh waouh… le Royaume… »
Ryo se sentit un peu mal à l’aise.
Il ne pouvait pas mettre le doigt sur la raison exacte de ce malaise… mais on pouvait dire que ce sentiment n’avait rien à voir avec l’annulation magique.
Mais il y avait quelque chose dans les paroles de Neil Andersen…
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