Chapitre 356
Volume 2, Partie 4, République de Mafalda
Chapitre 0340 Premier Duc
Traducteur : Tseirp
((Normalement, lors de déplacements entre des villes comme ceux-ci, on devrait croiser un groupe de jeunes nobles attaquées par des bandits ou des monstres, ce qui permettrait de les secourir et de nouer de bonnes relations avec les notables locaux… mais il ne se passe absolument rien.))
((Hé, si ce genre de chose arrivait fréquemment, on ne pourrait pas qualifier le pays de convenable, n'est-ce pas ? Cela signifierait que l'ordre public s'est totalement effondré…))
((Pff… Abel n'a aucune appréciation pour la nature éphémère de la beauté.))
((De quoi diable parles-tu…))
Les pensées empreintes de pitié de Ryo et la réplique d'Abel.
C'étaient des scènes vraiment banales.
À l'intérieur de la calèche en route pour la République de Mafalda depuis la Capitale Sainte de Marlomar.
Bien entendu, la calèche était affrétée, alors Ryo sirotait élégamment son café… tout en échangeant ces conversations troublantes avec Abel via la « Résonance de l'Âme ».
La preuve qu'il ne faut pas se fier aux apparences.
Cela dit, avec beaucoup d'argent, du café parfumé et en tant que mage en robe, il devait être l'un des passagers les plus distingués de la calèche !
((Est-ce vraiment le cas ?))
Sa Majesté le Roi Épéiste, qui n'était pas présent, souleva des doutes, mais Ryo n'en eut cure.
Tant que vous affichez une telle prestance, les autres vous percevront ainsi.
Adoptez une mine digne, et le monde vous accordera de la valeur !
Dans l'après-midi, Ryo franchit enfin la frontière de la République de Mafalda et s'apprêtait à entrer dans le pays.
Il avait traversé deux pays depuis la Capitale Sainte de Marlomar, mais comparée à eux, la sécurité aux frontières semblait y être extrêmement stricte.
((Abel, la sécurité aux frontières est très rigoureuse.))
((Hoho. Si je me souviens bien, cette République est le seul pays qui s'oppose aux volontés de l'Église Occidentale, n'est-ce pas ?))
((Eh bien, plutôt que de dire qu'elle s'oppose à leurs volontés… ils pratiquent une séparation totale entre la religion et la politique.))
((Fumu… honnêtement, est-il possible de bâtir un pays de cette manière ?))
((Que veux-tu dire ?))
((Le gouvernement d'une nation exige la raison par la loi, et l'émotion par la religion…))
Ce qu'Abel disait était, en un sens, la base de la gouvernance nationale historique.
Même sur Terre, l'idée de séparer l'Église de l'État fut prônée… mais à strictement parler, une telle nation n'existe pas.
Comme dans un pays communiste…
Ou lorsque le président d'un pays démocratique prête serment, il pose sa main sur la Bible… il n'y a donc pas un millimètre de séparation entre la politique et la religion.
Cela dit, la religion n'est pas une mauvaise chose.
((La théorie de gouvernance qu'Abel a apprise est en réalité étonnamment réaliste. La religion en soi n'est pas une mauvaise chose du tout. Mais ce dont il faut se méfier, c'est si les forces religieuses interviennent trop dans la politique. Garde l'œil ouvert !))
((Bi-bien sûr…))
Une séparation stricte de l'Église et de l'État est impossible, et en fait, il n'existe pas beaucoup de pays dans l'histoire dont on puisse dire qu'ils ont réussi à le faire…
Néanmoins, il serait plus aisé de gouverner un pays s'il existait un certain degré de séparation entre la politique et la religion.
Eh bien, il y eut aussi des cas où l'empereur lui-même tenta d'incorporer la religion dans le pays, comme à la fin de l'Empire romain.
Soit dit en passant, si vous creusez davantage pour réfléchir à ce que cela signifie pour le peuple… l'histoire devient complexe.
Tandis que Ryo songeait à ces choses, l'inspection frontalière arriva à son tour.
Le conducteur de la calèche descendit, et après quelques formalités, on frappa à la porte.
« Veuillez entrer. »
« Excusez-moi. »
Lorsque Ryo eut prononcé ces mots, la porte s'ouvrit et un garde entra.
C'était une calèche assez spacieuse.
« Ne le prenez pas mal, c'est mon devoir de vous demander ceci. Possédez-vous un laissez-passer frontalier délivré par la République ou une carte d'identité ? »
Une question très polie.
Un garde arrogant et un échange difficile, aboutissant à l'utilisation d'une grande magie pour forcer le passage… Ryo, qui avait imaginé un tel scénario, fut pris au dépourvu.
((Hé, si cela arrivait, tu aurais des ennuis, Ryo !))
Quelque part, un Roi disait quelque chose de ce genre.
Soit dit en passant, Ryo n'avait évidemment pas de laissez-passer délivré par la République.
Ce qu'il avait sous la main était…
« Alors, ceci. »
Il lui montra le « Sceau Sacré » qu'il avait emprunté à l'époque où il s'était rendu dans la ville du Donjon de l'Ouest.
Jusqu'à présent, même en traversant deux pays, ce « Sceau Sacré » n'avait posé aucun problème.
Mais il était à la République de Mafalda…
Les yeux du garde se plissèrent.
« Je suis désolé. Le Sceau Sacré nécessite un certain temps pour être examiné. »
Son ton était poli, mais le contenu de sa réponse était sévère.
« Eh… eh bien, combien de temps cela prendrait-il ? »
« Environ une semaine. »
« Si longtemps ! »
Les mots franchirent ses lèvres involontairement.
« Hmm… »
Ryo était désemparé.
Puis, il entendit une révélation !
((La plaque de ton titre de Duc de Rondo ne ferait-elle pas l'affaire ?))
((Tu as raison !))
Le garde s'apprêtait à appeler ses camarades à l'extérieur.
« Ah, alors ceci. »
Ryo tendit précipitamment la plaque d'identification qui pendait autour de son cou comme un collier.
« Hein… ? Oh, vous étiez un noble ? Attendez un instant. »
Après que le garde eut dit cela, il s'adressa à quelqu'un à l'extérieur.
« Apportez-moi le registre d'enquête. »
Quelques minutes plus tard.
« Royaume de Knightley… Duc de Rondo… Premier Duc…? Votre Excellence, veuillez excuser ce retard. L'enquête est terminée, veuillez entrer. »
« Très bien, merci pour votre travail. »
Ryo entra dans la République de Mafalda.
« Le Premier Duc du Royaume de Knightley ? Quand on dit Knightley, les Nations Centrales… pourquoi un tel personnage est-il ici… Ah, une mission des Nations Centrales voyageait vers la Cité Sainte, n'est-ce pas ? Mais, le Premier Duc ? En personne ? Eh bien, il a montré sa plaque d'identification, c'était donc le Duc lui-même… Mais il a montré le Sceau Sacré en premier. Je ne comprends pas… Burley, qu'en penses-tu ? »
« Aucune idée… même si tu me le demandes… Pour l'instant, nous n'avons pas d'autre choix que de surveiller la situation et de voir comment les choses évoluent. »
La capitale de la République de Mafalda, la résidence officielle du chef de l'État, et le bureau du chef de l'État.
Une conversation entre le chef de l'État Columbano della Russo et le Conseiller Suprême Lord Burley.
Le chef de l'État, Columbano, mesure 190 centimètres et pèse 90 kilogrammes.
Plutôt que de l'appeler le chef de la République, il serait plus approprié de le qualifier d'épéiste de première ligne.
Il est dans la quarantaine avancée, a la peau sombre et les cheveux coupés court… ses cheveux brun foncé commencent déjà à se mêler de gris.
Et son trait le plus distinctif est probablement son œil gauche… il porte un cache-œil par-dessus.
D'une certaine manière, il serait peut-être plus adapté à un rôle de chef pirate qu'à celui d'épéiste de première ligne…
Columbano était à l'origine un homme de la mer.
À l'inverse, le Conseiller Suprême Lord Burley était assis sur le canapé.
On dit qu'il a près de quatre-vingts ans, mais ses yeux sont toujours perçants.
Ses longs cheveux blancs sont attachés en arrière, et on peut dire que son visage dégage une impression d'intelligence.
Si vous regardez attentivement, vous pouvez apercevoir un grand bâton utilisé par les mages à proximité…
« Cependant, c'est certainement un timing étonnamment désagréable. »
« C'est vrai…… »
Le chef de l'État Columbano laissa échapper un soupir profond.
Puis, il passa ses doigts sur sa tempe.
C'était son habitude lorsqu'il réfléchissait à des choses qui lui déplaisaient.
« En ce moment, alors que nous sommes au bord de la guerre… »
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